Une enquête réalisée au Royaume-Uni affirme que les hommes atteindraient leur maturité émotionnelle bien après les femmes. L’écart annoncé fait réagir.
Commandée par la chaîne Nickelodeon et largement relayée en 2013 par la presse britannique, cette étude sur la maturité émotionnelle relance un débat qui traverse tous les couples. Publiée au Royaume-Uni, elle avance un âge précis pour les femmes et pour les hommes, avec onze années d’écart entre les deux, rapporte ce sondage britannique au ton à la fois ludique et provocateur.
Une étude britannique qui met le couple face à ses décalages
Réalisée sur un panel de Britanniques, l’enquête commandée par Nickelodeon s’intéresse à la manière dont chaque personne perçoit sa propre maturité émotionnelle, mais aussi celle de son ou sa partenaire. Objectif : comprendre si hommes et femmes grandissent au même rythme sur le plan affectif.
Les réponses dessinent un fossé net. Les femmes interrogées décrivent un quotidien où la charge mentale reste massivement à leur charge : organisation de la vie de tous les jours, décisions importantes, gestion des tensions familiales ou de couple. Beaucoup disent avoir l’impression de « gérer » à deux… mais souvent presque seules.
Pour une large partie des participantes, le couple ressemble parfois à une équipe déséquilibrée, où l’une anticipe, planifie et rassure, pendant que l’autre suit le mouvement.
Ce ressenti ne se limite pas aux tâches domestiques. Il touche aussi la capacité à se remettre en question, à reconnaître ses torts, ou à tenir compte de l’impact de ses comportements sur l’autre. Au cœur de la critique : une forme d’adolescence prolongée chez certains hommes adultes.
L’âge précis avancé pour les hommes et les femmes
Le chiffre mis en avant par ce sondage britannique a fait le tour des médias anglo-saxons. Selon les résultats, les femmes atteindraient leur maturité émotionnelle complète à 32 ans. Pour les hommes, le cap serait atteint bien plus tard, autour de 43 ans.
Onze années séparent donc, en moyenne, la maturité émotionnelle féminine et masculine telle que perçue par les personnes interrogées. Ce décalage amuse, agace, ou confirme, selon les réactions, des expériences vécues dans de nombreux couples.
Huit femmes sur dix estiment que les hommes gardent toujours une part enfantine qui ne disparaît jamais totalement.
Un homme sur quatre reconnaît lui-même être immature, signe qu’une partie des hommes se sait en décalage sur ce terrain.
Dans ce sondage britannique, la maturité émotionnelle masculine serait en moyenne atteinte plus de dix ans après celle des femmes : 43 ans contre 32 ans.
Les auteurs de l’enquête, relayés par la presse britannique, en tirent un constat : dans beaucoup de couples hétérosexuels, l’un des partenaires n’évolue pas au même rythme que l’autre sur le plan émotionnel, ce qui crée des tensions durables.
Des comportements concrets derrière le sentiment d’immaturité
Au-delà des chiffres, ce sont les comportements décrits qui retiennent l’attention. Les femmes interrogées au Royaume-Uni mettent en avant plusieurs attitudes récurrentes chez leur partenaire masculin :
difficulté à anticiper les conséquences de ses actes ;
tendance à éviter les conversations sérieuses, surtout en cas de conflit ;
peu d’engagement sur le long terme, ou décisions repoussées indéfiniment ;
participation limitée aux responsabilités domestiques ou émotionnelles.
Ce décalage transforme parfois la relation amoureuse en relation asymétrique. L’une des personnes du couple porte la réflexion, organise le quotidien, gère les émotions de chacun et tente de préserver l’équilibre général. L’autre se laisse porter, voire esquive les sujets difficiles.
Les chiffres fournis dans le sondage vont dans ce sens :
près d’un quart des femmes disent se sentir seules au moment de prendre des décisions importantes concernant le couple ou la famille ;
trois femmes sur dix expliquent avoir rompu en raison d’un manque de maturité émotionnelle de leur partenaire ;
près d’une femme sur deux affirme s’être déjà sentie plus mère que compagne vis-à-vis de son conjoint.
Pour près d’une femme sur deux interrogée, la relation amoureuse finit parfois par ressembler à une relation parent-enfant.
Ce type de déséquilibre finit souvent par user la relation, non par manque d’amour, mais par épuisement émotionnel. À force de jouer le rôle de pilier, certaines finissent par se retirer.
Une enquête ludique, loin d’une étude scientifique stricte
Les résultats de cette enquête doivent être maniés avec prudence. Il ne s’agit pas d’un travail scientifique publié dans une revue spécialisée, mais d’un sondage commandé par une chaîne de télévision jeunesse. Le panel reste limité, la méthodologie n’est pas détaillée, et le contexte est exclusivement britannique.
Les chiffres ne peuvent donc pas être généralisés à tous les pays, ni à tous les couples. Ils éclairent plutôt un ressenti, une perception genrée de la maturité émotionnelle, dans un environnement culturel donné.
Pour apporter un autre regard, des travaux de neuroscientifiques de l’Université de Cambridge sont rappelés : selon ces chercheurs, le cerveau humain atteint globalement son apogée autour de 32 ans. À cet âge, les zones impliquées dans la prise de décision, la régulation des émotions et l’anticipation des conséquences seraient, en moyenne, arrivées à maturité.
Les neurosciences suggèrent que notre cerveau fonctionne réellement comme un cerveau d’adulte autour de 32 ans, quel que soit le genre.
La maturité émotionnelle ne dépend donc pas seulement du sexe ou de l’éducation, mais aussi du développement neurologique, commun à tous. Ensuite, chacun progresse à son rythme, selon son histoire personnelle, son environnement et le travail qu’il accepte ou non de fournir sur lui-même.
La maturité émotionnelle, de quoi parle-t-on exactement ?
Le sondage britannique repose sur des perceptions, mais le terme de « maturité émotionnelle » recouvre des éléments assez concrets. On peut notamment citer :
la capacité à reconnaître ses émotions, sans les nier ni les projeter sur l’autre ;
la faculté à entendre un désaccord sans se sentir agressé ;
l’aptitude à s’excuser sincèrement et à modifier son comportement ;
le fait d’assumer ses responsabilités, au lieu de chercher systématiquement des excuses ;
la possibilité de différer une envie immédiate pour un objectif plus important pour le couple ou la famille.
Ces compétences émotionnelles se construisent avec le temps, l’éducation, l’expérience et parfois l’accompagnement par un professionnel (psychologue, thérapeute de couple). Elles ne sont pas figées : un adulte jugé immature peut gagner en stabilité émotionnelle, s’il accepte de se remettre en question.
Ce que cette étude britannique dit (et ne dit pas) aux lecteurs français
Pour un lecteur vivant en France, ce sondage britannique n’a pas valeur de photographie universelle des couples. Il reste ancré dans la société du Royaume-Uni, avec ses propres normes de genre, ses habitudes de couple et sa culture émotionnelle.
En France, aucune grande étude publique ne fixe un âge précis de « maturité émotionnelle » pour les hommes et pour les femmes. Les spécialistes français des relations de couple insistent plutôt sur des dynamiques similaires à celles décrites au Royaume-Uni : charge mentale souvent portée par les femmes, inégalités dans la gestion du quotidien, difficulté pour certains hommes à aborder les émotions sans gêne.
Les lecteurs français peuvent toutefois y trouver un miroir partiel : lorsque la répartition des responsabilités devient trop déséquilibrée, la relation se fragilise. Dans l’Hexagone, comme au Royaume-Uni, des psychologues et thérapeutes de couple alertent régulièrement sur ces tensions invisibles qui minent le lien amoureux.
Comment repérer un décalage de maturité émotionnelle dans le couple ?
Même si aucun âge officiel ne vient trancher, certains signaux reflètent souvent un écart de maturité émotionnelle au sein d’un couple :
l’un refuse systématiquement les discussions sérieuses ou les remet à plus tard ;
les mêmes disputes reviennent sans évolution, parce que rien ne change concrètement ;
les décisions majeures (déménagement, enfant, finances) reposent toujours sur la même personne ;
l’un se comporte régulièrement comme un adolescent, l’autre comme un parent ;
l’humour ou la dérision servent en permanence à éviter les sujets profonds.
Face à ce type de schéma, des professionnels recommandent souvent d’exprimer clairement ses limites : préciser ce qui n’est plus acceptable, dire ce que l’on attend d’une relation adulte et, si nécessaire, solliciter une aide extérieure.
Pourquoi l’écart d’âge annoncé fait autant réagir
L’idée que les hommes ne seraient « vraiment » mûrs qu’à 43 ans déclenche des réactions contrastées. Certains y voient un simple cliché sexiste, qui enferme hommes et femmes dans des caricatures. D’autres estiment qu’il s’agit d’une exagération amusante d’une réalité plus nuancée.
Le succès de ce sondage britannique tient aussi au fait qu’il met des mots chiffrés sur des frustrations souvent tues. De nombreuses femmes y reconnaissent des situations déjà vécues, tandis que certains hommes admettent, parfois avec humour, se sentir en retard sur le plan émotionnel par rapport à leur partenaire.
Pour autant, la maturité émotionnelle ne se résume pas à une date d’anniversaire. Deux personnes du même âge peuvent se trouver à des stades très différents, en fonction de leur parcours, de leurs responsabilités passées, ou des épreuves traversées.
Cette enquête commandée par Nickelodeon au Royaume-Uni agit donc comme un révélateur. Elle ne délivre pas une vérité scientifique, mais met en lumière un ressenti massif : dans de nombreux couples, la question n’est pas seulement « s’aime-t-on ? », mais « grandit-on au même rythme ? ».
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Quel âge pour la maturité émotionnelle selon cette étude ?
L'enquête britannique situe la maturité émotionnelle des femmes à 32 ans et celle des hommes à 43 ans. Cependant, les neurosciences indiquent que le cerveau humain atteint son apogée autour de 32 ans, quel que soit le genre.
Est-ce une étude scientifique fiable ?
Non, il s'agit d'un sondage commandé par une chaîne de télévision jeunesse, non publié dans une revue scientifique spécialisée. Le panel est limité, la méthodologie peu détaillée, et les résultats ne peuvent être généralisés au-delà du contexte britannique.
Quels comportements révèlent un manque de maturité émotionnelle ?
L'article cite l'incapacité à anticiper les conséquences de ses actes, la fuite face aux conversations sérieuses, le manque d'engagement long terme, et la participation limitée aux responsabilités domestiques et émotionnelles.
Pourquoi les femmes se sentent-elles souvent plus mères que compagnes ?
Près d'une femme sur deux interrogée affirme ressentir cette dynamique, causée par un déséquilibre où l'une des personnes porte la réflexion, organise le quotidien et gère les émotions, tandis que l'autre se laisse porter ou esquive les sujets difficiles.
La maturité émotionnelle peut-elle s'améliorer avec le temps ?
Oui, ces compétences émotionnelles se construisent avec le temps, l'éducation, l'expérience et parfois l'accompagnement professionnel. Un adulte jugé immature peut gagner en stabilité émotionnelle s'il accepte de se remettre en question.