En Bolivie, une équipe de vitesse tente de franchir la barre vertigineuse des 400 mph sur une moto fusée de plus de 1 000 chevaux.
Le média italien Canale 510 rapporte que le team Top 1 vise, en octobre, un nouveau record mondial de vitesse sur deux roues sur le Salar d’Uyuni, en Bolivie. Avec à son guidon l’Américain Rocky Robinson, déjà détenteur du record FIM depuis 2010, l’équipe veut repousser une limite symbolique et terrifiante : les 400 miles par heure, soit environ 644 km/h, sur une moto carénée posée à quelques centimètres du sol.
Une équipe obsédée par la barrière des 400 mph
Selon Canale 510, le team Top 1 se prépare à « écrire un nouveau chapitre » de la vitesse terrestre. Objectif affiché : dépasser la « magique et dangereuse » barrière des 400 mph, jamais franchie officiellement par une moto.
La mission du team Top 1 : transformer un record déjà historique de 606 km/h en un saut inédit vers 644 km/h et plus, sur deux roues seulement.
Le dernier assaut remonte à 2023. Depuis, les ingénieurs et le pilote affinent chaque détail : réglages moteurs, gestion de la stabilité, stratégie de run sur la distance immense du Salar d’Uyuni. Le projet est porté par Mike Akatiff, concepteur et propriétaire de la machine, qui consacre depuis plus de vingt ans sa carrière à un seul objectif : faire reconnaître officiellement son engin comme la moto la plus rapide du monde.
Un record FIM qui tient depuis 2010
La Fédération internationale de motocyclisme (FIM) homologue ces records de vitesse sur terre. En 2010, Rocky Robinson a établi le record actuel en atteignant 606 km/h (376 mph) avec la même machine, sur le célèbre lac salé de Bonneville, aux États-Unis. Ce record reste imbattu depuis seize ans, rappelle Canale 510.
Record actuel FIM vitesse moto : 606 km/h (376 mph)
Pilote : Rocky Robinson
Lieu historique : Bonneville Salt Flats, États-Unis
Nouvelle tentative : Salar d’Uyuni, Bolivie
Vitesse visée : plus de 400 mph (environ 644 km/h)
Pour un lecteur français, ce type de record s’apparente aux chronos de pointe en Formule 1 ou aux tentatives de record de vitesse sur rails : un domaine de niche, mais où chaque kilomètre/heure gagné représente des années de travail, des budgets conséquents et une prise de risque extrême.
Pourquoi la Bolivie remplace Bonneville
Le choix du Salar d’Uyuni n’est pas anodin. Cette immense plaine de sel, la plus grande du monde, offre un terrain quasi parfait pour ce genre de tentative. Canale 510 souligne que ses conditions permettraient d’aller « au-delà des possibilités offertes par la piste de Bonneville ».
Salar d’Uyuni : une surface salée gigantesque, dure et presque parfaitement plane, où la distance ne manque pas pour lancer une fusée à deux roues vers les 400 mph.
Un terrain qui pousse les machines à l’extrême
Le Salar est réputé pour sa surface particulièrement plate et sa capacité à offrir de longues lignes droites sans obstacle. Pour un engin comme ACK Attack, qui a besoin de kilomètres pour accélérer, stabiliser, puis freiner, cette distance est cruciale.
La météo y joue aussi un rôle déterminant : vent, humidité et température peuvent faire la différence entre un run historique et une tentative avortée. L’équipe doit trouver une fenêtre où le vent latéral reste faible, la surface suffisamment sèche et la visibilité maximale.
ACK Attack, la « fusée » à deux roues de plus de 1 000 chevaux
La machine choisie par le team Top 1 a un nom : ACK Attack. D’après Canale 510, il s’agit d’un véritable « capolavoro di ingegneria estrema », un capolavoro d’ingénierie poussée à la limite.
ACK Attack mesure plus de six mètres de long. La moto roule à quelques centimètres du sol dans une coque profilée en fibre de carbone et Kevlar, pensée pour fendre l’air avec un minimum de traînée. Tout est conçu pour réduire la résistance du vent : forme très allongée, nez effilé, silhouette de torpille.
Deux moteurs de Suzuki Hayabusa profondément modifiés
Le cœur du monstre repose sur deux moteurs issus de la Suzuki Hayabusa, une sportive déjà connue pour ses vitesses de pointe élevées sur route. Dans ACK Attack, ces moteurs sont presque méconnaissables.
Deux blocs de Hayabusa montés en tandem
Chaque moteur équipé d’un turbocompresseur
Préparation lourde pour fonctionner ensemble, parfaitement synchronisés
Puissance totale : largement plus de 1 000 chevaux, selon Canale 510
À ces niveaux de puissance, l’enjeu ne se limite plus à « aller vite ». La moindre vibration, une petite variation de grip ou une turbulence aérodynamique peuvent dérégler la trajectoire. L’ingénierie se concentre donc sur trois points clés : stabilité, traction, sécurité.
Au-delà de 560 km/h, explique l’article, « même la moindre turbulence peut être fatale ». Chaque élément de la machine est pensé pour éviter ce point de rupture.
Pour tenir sa ligne à très haute vitesse, ACK Attack bénéficie d’ailes stabilisatrices judicieusement placées. Leur rôle : maintenir l’engin dans son axe sans le faire décoller, comme pourrait le faire l’aérodynamique d’un avion.
La répartition des masses est « millimétrique », précise Canale 510. Poids, centre de gravité, position du pilote : tout est calculé pour que la moto reste directionnellement stable, sans louvoiement ni amorce de guidonnage.
La quête de traction sur le sel
Sur un lac salé, la surface est dure mais peut être glissante. L’équipe utilise donc des pneumatiques spécialement conçus, adaptés à cette texture si particulière. Le pilotage s’apparente à une opération chirurgicale : l’accélérateur doit être dosé de manière ultra précise pour éviter le patinage.
Si la roue motrice perd son adhérence, la moto peut se mettre en travers ou perdre brutalement de la vitesse, compromettant le run. La gestion de la traction fait donc partie des défis centraux de la tentative.
Le pilote enfermé dans une capsule blindée
À cette vitesse, aucun casque ni combinaison classique ne suffiraient. La sécurité de Rocky Robinson repose sur une capsule fermée et renforcée, intégrée dans la coque de la moto.
Allongé dans une capsule blindée, Rocky Robinson roule avec une réserve d’oxygène, une cage anti-retournement et un système anti-incendie, comme dans un mini sous-marin terrestre.
Le pilote adopte une position couchée pour réduire au maximum la surface exposée au vent. La capsule dispose :
d’une robuste cage antivibrations et anti-renversement ;
de systèmes intégrés d’extinction d’incendie ;
d’une alimentation autonome en oxygène.
L’objectif est simple : maximiser les chances de survie si un incident se produit au moment où la moto frôle les 600 ou 650 km/h. La structure doit résister à un choc, à un retournement, voire à un départ de feu causé par des éléments mécaniques en surchauffe.
Ce que représente un tel record pour un lecteur français
En France, les records de vitesse sur terre relèvent surtout de la culture des passionnés et des ingénieurs. Ils se situent à la frontière entre sport mécanique et recherche appliquée : aérodynamique, matériaux, gestion de la puissance, sécurité avancée.
On peut les comparer aux tentatives de record automobile réalisées avec des prototypes comme les bolides de type « streamliner » ou aux recherches sur les trains à très grande vitesse. Ces records n’ont pas d’impact direct sur la vie quotidienne, mais certains savoir-faire se diffusent ensuite vers l’industrie : conception de coques, optimisation de flux d’air, structures de protection renforcées.
La situation en France : des vitesses réglementées et des records très encadrés
En France, les vitesses maximales sur route sont strictement limitées par le Code de la route. Les records de vitesse se tentent sur des pistes fermées ou des installations spécifiques, souvent sous contrôle de fédérations sportives ou d’organismes publics.
Pour les motos, la Fédération française de motocyclisme (FFM) encadre les compétitions et homologations. Les records de vitesse purs sur sol salé, comme ceux visés par Rocky Robinson, ne se pratiquent pas sur le territoire, faute de sites comparables à Bonneville ou au Salar d’Uyuni.
Les projets français se concentrent plutôt sur :
la performance sur circuit (courses de vitesse, endurance) ;
la sécurité routière et les systèmes d’aide au pilotage ;
les nouvelles motorisations (électrique, hydrogène) plutôt que la seule quête de pointe absolue.
Les vitesses évoquées par le team Top 1 dépassent très largement celles des championnats moto classiques, y compris MotoGP. On parle ici de prototypes extrêmes, conçus uniquement pour le record, sans usage routier ni commercial direct.
Pourquoi ces records continuent de fasciner
Les tentatives comme celle de Top 1 rappellent les grandes heures des records sur le lac salé, quand voitures et motos se disputaient les titres mondiaux à coups de kilomètres/heure supplémentaires. Elles matérialisent une question simple : jusqu’où peut-on aller sans tout casser, ni la machine, ni l’humain ?
Pour les ingénieurs, ces projets servent de laboratoire. Tester une coque en fibre de carbone-Kevlar à plus de 600 km/h permet de mieux comprendre comment les matériaux se comportent en condition extrême. Affiner une aérodynamique à ces vitesses nourrit ensuite, parfois, des applications plus « classiques » : carénages de motos sportives, protections dans l’automobile, voire structures de protection dans des secteurs comme l’aéronautique.
Pour les passionnés de moto comme pour un public plus large, l’idée de rouler à 644 km/h sur deux roues soulève une autre question : quel niveau de préparation mentale et physique faut-il pour appuyer sur l’accélérateur dans ces conditions ? Rocky Robinson, déjà recordman du monde, incarne ce profil très particulier de pilote prêt à revenir dans une capsule fermée pour tenter d’ajouter une poignée de miles par heure à un record déjà historique.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Quel est le record actuel de vitesse en moto reconnu par la FIM ?
Le record FIM est de 606 km/h (376 mph), établi par Rocky Robinson en 2010 sur le lac Bonneville aux États-Unis. Ce record n'a pas été battu depuis seize ans.
Pourquoi le Salar d'Uyuni en Bolivie est-il choisi plutôt que Bonneville ?
Le Salar d'Uyuni, la plus grande plaine de sel du monde, offre une surface plus dure, plus plane et des possibilités au-delà de celles de Bonneville, avec une distance suffisante pour accélérer, stabiliser et freiner une machine extrême.
Comment le pilote Rocky Robinson est-il protégé à ces vitesses extrêmes ?
Robinson est enfermé dans une capsule blindée intégrée à la moto, équipée d'une cage anti-renversement, d'une réserve d'oxygène autonome et de systèmes anti-incendie, fonctionnant comme un mini sous-marin terrestre.
De quoi se compose le moteur de la moto ACK Attack ?
ACK Attack utilise deux moteurs de Suzuki Hayabusa profondément modifiés, montés en tandem avec turbocompresseurs, produisant ensemble largement plus de 1 000 chevaux et synchronisés pour fonctionner parfaitement ensemble.
Qu'est-ce qui rend cette tentative si dangereuse techniquement ?
Au-delà de 560 km/h, la moindre turbulence aérodynamique ou variation d'adhérence peut être fatale. L'équipe doit trouver l'équilibre impossible entre stabilité, traction sur le sel glissant et sécurité du pilote.