Liquide vaisselle, huile d’olive sur le tableau de bord, WD-40 sur les freins : ces astuces auto de TikTok peuvent coûter 7 050 livres, selon une étude britannique
Au Royaume-Uni, une étude alerte sur des astuces auto virales sur TikTok, présentées comme économiques, mais potentiellement ruineuses.
Une enquête du courtier en assurance auto britannique ChoiceQuote, relayée par un média en ligne spécialisé, détaille comment certains « hacks » de #CarTok, très populaires sur TikTok, peuvent conduire à des pannes graves, à un échec au contrôle technique britannique (MOT) et à une facture totale estimée à 7 050 livres, soit plus de 8 000 euros.
Des “astuces” TikTok qui se transforment en casse-tête mécanique
Sur TikTok, des vidéos accumulent des millions de vues en promettant des solutions rapides et bon marché aux petits soucis du quotidien avec sa voiture. Selon ChoiceQuote, ces pratiques, loin d’être anodines, peuvent provoquer des dégâts irréversibles sur des véhicules modernes, bien plus complexes qu’une citadine des années 1990.
En suivant ces conseils viraux, un automobiliste britannique s’expose à environ 7 050 livres de réparations professionnelles, alerte l’étude de ChoiceQuote.
Les chercheurs de ChoiceQuote se sont penchés sur les dix tendances d’entretien auto les plus populaires sur TikTok. Leur verdict est sans appel : derrière l’argument du « cheap fix » se cachent souvent des risques sérieux pour l’électronique, la carrosserie ou le système de freinage.
Le “master reset” de batterie qui peut griller l’électronique
Parmi les « astuces » les plus coûteuses, ChoiceQuote pointe le « master battery reset », censé effacer gratuitement des voyants moteur gênants. Le principe : débrancher les câbles de la batterie pendant un moment pour « remettre le système à zéro ».
Sur une voiture ancienne, très peu informatisée, cette manipulation pouvait passer sans trop de dégâts. Sur un véhicule moderne équipé d’un réseau numérique complexe, avec architecture de type bus CAN, l’impact peut être tout autre.
Risque de surtension au moment de la coupure ou du rebranchement.
Endommagement possible de l’unité de contrôle électronique (ECU).
Corruption du codage de la clé ou du système d’antidémarrage.
ChoiceQuote évalue le remplacement d’un tel système entre 1 000 et 2 500 livres, uniquement pour cette « remise à zéro » sauvage.
Liquide vaisselle et huile d’olive : la cuisine ne fait pas bon ménage avec la carrosserie
L’étude souligne aussi la mode, très présente sur TikTok, d’utiliser des produits de cuisine pour « bichonner » sa voiture. Un réflexe présenté comme malin, mais qui peut coûter cher.
Le liquide vaisselle qui décape… la protection de la peinture
Des créateurs conseillent ainsi le liquide vaisselle en remplacement du shampoing auto, jugé trop cher. Or ces détergents sont formulés pour attaquer les graisses de cuisson les plus tenaces.
Appliqués sur une carrosserie, ils décapent la cire protectrice et les produits de protection, laissant le vernis et le métal beaucoup plus exposés aux agressions extérieures. À terme, cela favorise l’oxydation et la corrosion.
Selon ChoiceQuote, l’usage répété de liquide vaisselle pour laver son auto peut entraîner environ 200 livres de dégâts liés à la détérioration des protections et à l’apparition de rouille.
Huile d’olive sur le tableau de bord : un “brillant” qui prépare les dégâts
Autre tendance mise en avant par l’étude : appliquer de l’huile d’olive sur le tableau de bord pour lui redonner un aspect « comme neuf ». Le produit donne effectivement un effet brillant immédiat, ce qui séduit sur une courte vidéo.
Mais ChoiceQuote avertit : toute huile organique agit comme une loupe en concentrant les rayons ultraviolets sur les matériaux plastiques. À la longue, cela accélère la décoloration, le fendillement et la dégradation du revêtement intérieur.
Les dommages esthétiques et matériels sur la planche de bord et les habillages intérieurs peuvent, selon l’étude, dépasser 1 000 livres si des éléments doivent être remplacés.
L’eau bouillante pour les bosses : un choc thermique aux conséquences durables
Nombreuses sont les vidéos qui montrent un internaute versant de l’eau bouillante sur une bosse de carrosserie avant d’utiliser une ventouse ou un déboucheur de lavabo pour la « remettre en forme ».
ChoixQuote explique que ce type de manipulation crée un choc thermique brutal sur la peinture et la tôle :
Risque de microfissures ou de craquelures du vernis et de la peinture.
Étirement permanent du métal, qui ne retrouve pas sa forme d’origine.
Affaiblissement localisé de la protection anticorrosion.
Le coût estimé pour rattraper ces dégâts, avec une réparation de carrosserie et une remise en peinture soignées, est chiffré à environ 800 livres.
WD-40 sur les freins : l’astuce la plus dangereuse
La pratique la plus inquiétante, d’après ChoiceQuote, consiste à pulvériser du WD-40 sur les disques de frein pour supprimer un couinement ou limiter la rouille de surface.
Le WD-40 est un solvant pénétrant et lubrifiant. Lorsqu’il imprègne les plaquettes de frein, très poreuses, celles-ci absorbent le produit. La surface de friction perd alors une partie essentielle de son adhérence.
Résultat possible d’un tel « hack » : perte quasi totale de la capacité de freinage et risque réel de défaillance complète du système, prévient l’étude.
Au-delà du danger immédiat pour la sécurité, un freinage contaminé doit être intégralement remis en état, avec remplacement des plaquettes, parfois des disques, et contrôle global. La facture peut grimper très vite, sans compter l’échec assuré au MOT, équivalent britannique du contrôle technique.
Garantie, contrôle technique et responsabilité : l’avertissement de ChoiceQuote
Chris Galloway, responsable du trading chez ChoiceQuote, insiste sur les conséquences à long terme de ces bricolages vus en vidéo. Il met en garde contre les réparations maison qui touchent à la structure ou à l’électronique du véhicule.
« Le moyen le plus sûr et le plus rentable d’entretenir votre voiture consiste à faire confiance aux spécialistes du commerce automobile qui disposent des bons outils et des connaissances nécessaires pour effectuer le travail en toute sécurité », a-t-il déclaré, cité par ChoiceQuote.
L’étude rappelle qu’une intervention non conforme peut :
Faire sauter la garantie constructeur ou la garantie commerciale.
Entraîner un échec immédiat au MOT en cas de contrôle.
Engager la responsabilité de l’automobiliste en cas d’accident lié à un défaut d’entretien.
Et en France : quels risques avec ces astuces TikTok ?
En France, ces pratiques poseraient des enjeux similaires. Le contrôle technique français, équivalent du MOT, vérifie l’efficacité du freinage, l’état de la carrosserie structurelle, certains points d’éclairage et, de plus en plus, des éléments liés à la sécurité.
Un système de freinage contaminé par un lubrifiant pourrait entraîner une contre-visite, voire une interdiction temporaire de circuler si le véhicule est jugé dangereux. Un tableau de bord abîmé ou une peinture craquelée ne bloque pas, à lui seul, le contrôle technique, mais peut révéler un accident mal réparé ou une corrosion avancée, ce qui alerte les contrôleurs.
Sur le plan de l’assurance, un assureur français peut, dans certains cas, contester une prise en charge s’il apparaît qu’un sinistre résulte directement d’une modification ou d’une réparation non conforme aux préconisations du constructeur ou à la réglementation.
Pour l’entretien courant, les automobilistes français disposent de plusieurs alternatives encadrées :
Réseaux de constructeurs, soumis à des procédures et outils spécifiques à chaque modèle.
Centres auto et garages indépendants, qui appliquent les normes en vigueur.
Contrats d’entretien ou extensions de garantie qui exigent un suivi dans des ateliers agréés.
Ces dispositifs n’empêchent pas d’utiliser des tutoriels en ligne pour des tâches simples (vérifier un niveau, changer une ampoule accessible, aspirer l’habitacle), mais les conseils touchant à l’électronique ou au freinage restent, en France comme au Royaume-Uni, à forte responsabilité.
Ce que révèle le phénomène #CarTok sur l’entretien automobile
L’essor de #CarTok illustre la recherche de solutions rapides et peu coûteuses face à la hausse du coût de la vie et de la main-d’œuvre dans les garages. Beaucoup d’internautes cherchent à économiser sur les révisions, les lavages ou de petites réparations esthétiques.
Les experts rappellent toutefois que les véhicules modernes sont devenus de véritables systèmes informatiques roulants. L’ECU, ou calculateur moteur, gère de nombreux paramètres (injection, allumage, dépollution, parfois aides à la conduite). Une coupure d’alimentation brutale, comme dans le « master battery reset », peut donc avoir des conséquences bien plus étendues que sur une voiture ancienne aux systèmes majoritairement mécaniques.
À l’inverse, des opérations jugées anodines – laver une carrosserie, faire briller un tableau de bord – impliquent désormais des traitements et matériaux spécifiques. Les produits ménagers, agressifs ou gras, ne sont tout simplement pas conçus pour ces usages.
Quelques repères pratiques pour éviter les mauvaises surprises
Pour un automobiliste français intrigué par ces vidéos TikTok, quelques principes simples permettent de limiter les risques :
Vérifier si le conseil émane d’un professionnel identifié (garagiste, carrossier, préparateur reconnu).
Comparer ce qui est proposé avec le manuel d’entretien du véhicule.
Se méfier de toute manipulation touchant aux freins, à l’airbag, à la direction ou à l’électronique embarquée.
Utiliser des produits spécifiquement conçus pour l’automobile (shampoing auto, nettoyant plastique, rénovateur de pneus…).
Un exemple concret : pour une bosse légère de carrosserie, la réparation par débosselage sans peinture chez un professionnel peut coûter moins cher qu’une reprise complète, tout en évitant les risques liés à l’eau bouillante et aux ventouses improvisées. De même, un léger couinement de frein peut être lié à l’usure normale des plaquettes ou à de la poussière, que seul un contrôle en atelier permet de diagnostiquer correctement.
Dans le cas du WD-40, ce produit reste utile pour dégripper des serrures, traiter certains mécanismes extérieurs ou chasser l’humidité sur des parties métalliques non critiques. Son emploi sur des surfaces de friction comme les freins va, en revanche, à l’encontre de sa fonction et des règles de sécurité routière les plus basiques.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi le WD-40 sur les freins est-il dangereux ?
Le WD-40 est un lubrifiant qui imprègne les plaquettes de frein poreuses et réduit leur adhérence. Cela provoque une perte quasi totale de capacité de freinage et un risque réel de défaillance complète du système, menaçant la sécurité routière.
Quel est l'impact du liquide vaisselle sur la carrosserie ?
Le liquide vaisselle décape la cire protectrice et les produits de protection de la peinture car il est formulé pour attaquer les graisses tenaces. À terme, cela expose le vernis et le métal aux agressions extérieures, favorisant l'oxydation et la corrosion, pour environ 200 livres de dégâts.
Pourquoi appliquer de l'huile d'olive sur le tableau de bord est-il problématique ?
L'huile organique agit comme une loupe en concentrant les rayons ultraviolets sur les matériaux plastiques, accélérant la décoloration, le fendillement et la dégradation du revêtement intérieur. Les remplacements d'éléments peuvent dépasser 1 000 livres.
Quelles sont les conséquences légales et administratives de ces bricolages ?
Ces interventions non conformes risquent d'annuler la garantie constructeur, d'entraîner un échec au contrôle technique et d'engager la responsabilité de l'automobiliste en cas d'accident lié à un défaut d'entretien.
Le reset batterie pour éteindre les voyants peut-il abîmer ma voiture moderne ?
Oui, débrancher la batterie sur un véhicule moderne équipé d'un réseau numérique complexe risque une surtension, l'endommagement de l'unité de contrôle électronique ou la corruption du codage de la clé. Le remplacement de ce système coûte entre 1 000 et 2 500 livres.