Les autorités italiennes envisagent de serrer la vis contre les piétons scotchés à leur écran, avec une amende ciblant l’usage du smartphone en traversée.
En Italie, le ministère des Transports prépare une réforme du Code de la route qui pourrait frapper directement les piétons distraits par leur téléphone. Selon le média suisse 20 Minuten, un projet prévoit de sanctionner ceux qui traversent la chaussée les yeux rivés sur leur écran, avec une amende annoncée de 75 euros. Le texte, encore à l’étude, suscite déjà un vif débat sur la sécurité routière et la responsabilité des usagers.
Ce que prévoit la réforme du Code de la route italien
Le ministère des Transports italien travaille actuellement sur une vaste révision du « Codice della Strada », l’équivalent italien du Code de la route. Plus de 100 associations et organisations sont invitées à donner leur avis sur ce projet, signe que le gouvernement veut afficher une large consultation.
Au cœur de la réforme figure une mesure très symbolique : l’interdiction d’utiliser certains appareils électroniques en traversant la rue. Le magazine de l’Automobile Club d’Italie (ACI) a analysé le texte en préparation et décrit le dispositif envisagé.
L’Italie envisage d’interdire l’usage du smartphone, de la tablette ou de l’ordinateur portable pendant la traversée d’une chaussée, même sur un passage piéton, avec à la clé une amende de 75 euros.
Concrètement, l’interdiction viserait :
les smartphones,
les tablettes,
les ordinateurs portables,
« tout autre appareil similaire » pouvant détourner l’attention.
Cette règle s’appliquerait à toute traversée de rue, y compris sur un passage pour piétons. L’idée est de limiter au maximum les distractions au moment critique où un piéton se trouve au milieu de la circulation.
En revanche, l’usage du téléphone resterait permis sur le trottoir. Un piéton pourrait donc consulter ses messages, ses réseaux sociaux ou un plan de navigation, à condition de le faire avant ou après avoir traversé, et non en plein milieu de la chaussée.
Écouteurs et kits mains libres : tolérés sous conditions
Le projet ne vise pas l’ensemble des usages numériques. Les écouteurs et les dispositifs mains libres resteraient autorisés, à condition de ne pas couper totalement la personne de son environnement sonore et visuel.
Le texte envisagé prévoit par ailleurs des dérogations en cas de situation d’urgence. Un appel vital ou un contact avec les secours pourrait donc échapper à la sanction, même en traversant, à la condition que cette exception soit reconnue par les autorités.
Situation
Autorisé / Interdit (projet en Italie)
Regarder son smartphone en traversant un passage piéton
Interdit, amende possible de 75 euros
Taper un message sur une tablette au milieu de la chaussée
Interdit, amende possible de 75 euros
Utiliser un téléphone à l’arrêt sur le trottoir
Autorisé
Marcher avec des écouteurs en restant attentif
Autorisé
Appel en situation d’urgence pendant la traversée
Exception possible
Une amende annoncée à 75 euros, mais encore incertaine
Le projet fixe pour l’instant un montant d’amende de 75 euros en cas d’infraction. Il ne s’agit pas d’une simple idée sur la table : ce chiffre apparaît déjà dans la version de travail présentée aux associations.
Les piétons surpris en train d’utiliser leur téléphone ou un appareil similaire en traversant risqueraient une sanction financière de 75 euros, si la réforme est adoptée dans sa forme actuelle.
La mesure reçoit un soutien clair de Roberto Merli, président de l’association italienne de sécurité routière « Condividere la strada della Vita ». Interrogé par le quotidien italien Corriere della Sera, il juge cette contrainte totalement justifiée et estime que cette amende représente « vraiment le minimum » pour inciter les usagers à rester attentifs en traversant.
Pour l’heure, aucune amende n’est appliquée. Les associations disposent jusqu’au 13 septembre pour rendre leur avis sur l’ensemble du projet. Le ministère des Transports doit ensuite revoir le texte. Une version définitive est attendue à la mi-octobre, avant l’ouverture de la phase politique, au cours de laquelle le Parlement italien devra trancher.
Le montant de 75 euros pourrait donc encore évoluer, tout comme le périmètre exact de l’interdiction. Rien ne garantit que la version finale reprendra intégralement la proposition initiale.
L’Italie dans un mouvement international contre le « piéton connecté »
20 Minuten rappelle que l’Italie n’est pas la première à se pencher sur le cas des « zombis du smartphone », ces piétons absorbés par leur écran. D’autres pays ou villes ont déjà légiféré sur le sujet.
En Lituanie, l’usage du téléphone en traversant une rue peut déjà être sanctionné par une amende.
À Honolulu, sur l’île de Hawaï, une règle similaire vise depuis 2017 les piétons qui regardent leur écran au moment de traverser.
Dans la ville japonaise de Yamato, l’utilisation du smartphone en marchant dans l’espace public est interdite depuis 2020, même si aucune amende n’est prévue.
Ces exemples montrent une préoccupation commune : la multiplication des accidents liés à l’inattention, y compris lorsque le piéton, habituellement perçu comme la victime, se met lui-même en danger en réduisant sa vigilance.
Pourquoi les autorités s’inquiètent des écrans chez les piétons
Regarder son téléphone en traversant réduit fortement la capacité à repérer une voiture qui arrive trop vite, un vélo à contresens ou une trottinette surgissant d’un trottoir. Le temps de réaction diminue, tout comme la perception des bruits du trafic, surtout si des écouteurs recouvrent les oreilles.
En visant le moment très précis de la traversée, les autorités italiennes cherchent à couper court à ce type de comportement à risque, tout en laissant une marge de liberté sur le trottoir. L’objectif affiché par les promoteurs de la réforme : responsabiliser tous les usagers de la route, pas uniquement les conducteurs.
Quelles règles en France pour les piétons distraits par leur téléphone ?
En France, aucun article spécifique du Code de la route ne sanctionne aujourd’hui le simple fait de regarder son smartphone en traversant un passage piéton. Un piéton absorbé par son écran ne risque pas, pour l’instant, une amende comparable à celle envisagée en Italie.
Le Code de la route impose toutefois des règles de prudence aux piétons, notamment l’obligation d’utiliser les passages piétons lorsqu’ils sont disponibles à proximité et de ne pas s’engager de manière dangereuse sur la chaussée. En cas d’accident, le comportement du piéton peut entrer en ligne de compte dans la répartition des responsabilités.
La loi française encadre déjà l’usage d’appareils audio pour certains usagers. Les conducteurs de véhicules motorisés n’ont pas le droit de porter des écouteurs ou un casque audio sur les oreilles au volant. Cette règle ne s’applique pas aux piétons, qui peuvent circuler avec des écouteurs, même en traversant, tant qu’ils respectent le reste du Code de la route.
Le débat qui s’ouvre en Italie pourrait néanmoins alimenter des discussions en France. La question posée est la même : jusqu’où aller dans la régulation des comportements individuels, et à partir de quel moment la distraction devient-elle un risque suffisant pour justifier une amende ciblée ?
Un enjeu de vocabulaire : piéton distrait ou infraction routière ?
Dans le débat italien, un terme revient régulièrement : l’« inattention » au volant comme à pied. Les autorités cherchent à classer le fait de regarder son téléphone en traversant, non plus comme une simple maladresse, mais comme un comportement assimilable à une infraction routière.
Pour un lecteur français, cela revient à considérer le piéton non seulement comme un usager vulnérable, mais aussi comme un acteur pouvant être sanctionné de façon autonome pour un manque de vigilance, même sans accident. Cette approche pourrait modifier la perception des responsabilités en ville, notamment dans les zones où la cohabitation entre voitures, vélos, trottinettes et piétons s’intensifie.
Quels effets concrets à attendre si la mesure est adoptée en Italie ?
Si la réforme italienne aboutit dans sa version actuelle, un piéton qui consulte son smartphone en traversant s’exposerait à un contrôle de la police municipale ou de la police routière, avec une contravention de 75 euros à la clé. Cette somme se situe dans un ordre de grandeur proche de certaines amendes routières déjà en vigueur pour les conducteurs.
Une telle sanction pourrait modifier des habitudes bien ancrées. Beaucoup de piétons consultent aujourd’hui des applications de navigation, des messages ou des réseaux sociaux tout en traversant, souvent sans en percevoir le danger. Le simple risque d’une amende pourrait encourager certains à s’arrêter sur le trottoir pour regarder leur écran avant de repartir.
Cette mesure soulève aussi une question pratique : comment les forces de l’ordre distingueront-elles un simple coup d’œil à l’écran d’un usage continu du téléphone, ou une urgence légitime d’un geste d’inattention ? Le texte, une fois finalisé, devra être assez clair pour éviter les contestations à répétition.
Pour les piétons qui voyagent en Italie, l’enjeu serait très concret : adapter leur comportement, comme ils le font déjà pour les limitations de vitesse ou le port de la ceinture. La traversée de rue, souvent banalisée, deviendrait un moment où la loi impose de lâcher l’écran quelques secondes, sous peine de payer cher son manque de vigilance.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Quels appareils seraient interdits en traversant en Italie ?
Le projet vise les smartphones, les tablettes, les ordinateurs portables et tout autre appareil similaire pouvant détourner l'attention, mais uniquement pendant la traversée de la chaussée.
Pourrait-on utiliser son téléphone sur le trottoir sans risque d'amende ?
Oui, l'usage du téléphone resterait permis sur le trottoir. Les piétons pourraient consulter leurs messages, leurs réseaux sociaux ou un plan avant ou après avoir traversé.
Quel est le calendrier de cette réforme en Italie ?
Les associations disposent jusqu'au 13 septembre pour rendre leur avis, le ministère doit revoir le texte, et une version définitive est attendue à la mi-octobre avant que le Parlement italien ne tranche.
Est-ce que la France a des règles similaires ?
Non, la France n'a pas d'article spécifique sanctionnant le simple fait de regarder son téléphone en traversant un passage piéton. Le comportement peut toutefois être pris en compte en cas d'accident.
Pourquoi les autorités s'inquiètent-elles des écrans chez les piétons ?
Regarder son téléphone en traversant réduit fortement la capacité à repérer une voiture, un vélo ou une trottinette, diminue le temps de réaction et la perception des bruits du trafic.