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Il achète une assiette 4,99 dollars dans une friperie : les experts confirment qu’elle date du XVIIIe siècle et vaut des milliers d’euros

Il achète une assiette 4,99 dollars dans une friperie : les experts confirment qu'elle date du XVIIIe siècle et vaut des milliers d'euros

Dans l’Illinois, un habitué des friperies tombe sur une assiette discrète dans un magasin Goodwill. Son instinct lui souffle d’y regarder de plus près.

Aux États-Unis, un simple passage dans une friperie Goodwill a changé la donne pour John Carcerano, un nettoyeur de tapis et chineur chevronné. Comme le rapportent le New York Post et l’hebdomadaire américain Newsweek, cet habitué des “thrift stores” a déboursé 4,99 dollars pour une assiette qui s’est révélée être une pièce de porcelaine chinoise du XVIIIe siècle, estimée à plusieurs milliers d’euros.

Un passage banal en friperie qui tourne au coup de maître

John Carcerano, basé dans l’Illinois, fréquente les friperies depuis trente-cinq ans. Ce jour-là, il fouille les rayons d’un magasin Goodwill, une chaîne caritative très répandue aux États-Unis. Sur une étagère, il remarque une pile d’assiettes. En dessous d’un modèle moderne, un plat au style plus ancien attire son regard.

Le prix affiché est modeste : 4,99 dollars, soit l’équivalent d’un peu plus de 4 euros. Il la prend en main, observe sa forme rectangulaire chanfreinée et ses motifs, puis décide d’utiliser son téléphone pour creuser la piste.

En quelques minutes, une assiette vendue 4,99 dollars se transforme, grâce à une recherche en ligne et à l’œil averti d’un chineur, en artefact du XVIIIe siècle valorisé à plusieurs milliers d’euros.

Avec l’application Google Lens, qui permet de rechercher des objets à partir d’une photo, il retrouve une assiette similaire. Celle-ci vient de se vendre pour 4 400 dollars, selon Newsweek, soit plusieurs milliers d’euros. Il comprend alors qu’il tient peut-être un trésor.

“En cinq minutes, j’ai su que j’avais quelque chose de précieux”

Interrogé par Newsweek, le collectionneur raconte ce moment de bascule. La comparaison avec une vente récente lui permet d’estimer le potentiel du plat. Il ne tergiverse pas et se rend à la caisse.

« Je savais en cinq minutes que j’avais quelque chose de précieux », confie-t-il au média américain. Il ajoute qu’à sa connaissance, « seuls deux exemplaires de ce type ont été vendus lors des cinquante dernières années d’enchères ».

Pour un chineur expérimenté comme lui, la rareté apparente de l’objet justifie d’aller plus loin. Son objectif n’est plus seulement la bonne affaire, mais la vérification formelle de ce qu’il soupçonne déjà.

Experts et grandes maisons de vente confirment une pièce du XVIIIe siècle

Souhaitant authentifier l’assiette, John Carcerano se tourne vers plusieurs maisons de ventes aux enchères réputées. Il se rend notamment chez Sotheby’s à New York, l’une des maisons les plus connues dans le domaine de l’art et des antiquités.

Les spécialistes examinent alors le plat et confirment sa nature : il s’agit d’un « plat rectangulaire chanfreiné armorié d’exportation chinoise », daté de la période Qianlong de la dynastie Qing, soit vers 1775. Cette période correspond à un moment de forte production de porcelaine destinée à l’exportation vers l’Europe et l’Amérique du Nord.

D’autres acteurs du marché de l’art confirment cette expertise. Les équipes de Bonhams et de Leslie Hindman, à Chicago, valident à leur tour l’authenticité de la pièce. Elles estiment sa valeur entre 4 000 et 6 000 dollars. En monnaie européenne, cela représente plusieurs milliers d’euros.

Les experts de plusieurs maisons de ventes, dont Sotheby’s à New York, concluent à un plat d’exportation chinoise de la période Qianlong, aux alentours de 1775, estimé entre 4 000 et 6 000 dollars.

Ce montant reste théorique tant que le plat n’est pas passé en salle des ventes, mais il illustre l’ampleur de la plus-value potentielle par rapport aux 4,99 dollars déboursés chez Goodwill.

Une pièce rare… et dans un état presque parfait

Au-delà de l’âge et de l’origine, un autre élément joue en faveur de l’objet : son état de conservation. John Carcerano le souligne lui-même auprès de Newsweek. Selon lui, l’assiette n’a pratiquement jamais été utilisée.

« Ce qui distingue mon assiette, c’est son état : on n’a jamais mangé dedans, elle n’a pas servi ; aucune rayure. Elle est impeccable », explique-t-il.

Sur le marché des antiquités, une pièce ancienne en parfait état voit souvent sa valeur grimper. Les éclats, fissures ou restaurations peuvent au contraire faire chuter les estimations. Dans ce cas précis, la combinaison de la rareté, de l’origine historique et de l’état quasi parfait renforce l’intérêt du plat auprès des collectionneurs.

Des groupes de passionnés en renfort

Avant de se projeter vers une éventuelle vente, le chineur décide aussi de consulter des communautés spécialisées. Il partage des photos sur des groupes dédiés à la porcelaine chinoise sur Facebook, où des amateurs éclairés et des professionnels échangent régulièrement.

Là encore, les réactions vont dans le même sens : l’assiette semble bien rare et cohérente avec les productions de la période indiquée. Pour John Carcerano, ces confirmations successives renforcent sa conviction qu’il a mis la main sur une pièce d’exception.

Le patient travail de chine d’un habitué des thrift stores

Si le hasard joue un rôle, l’expérience de John Carcerano pèse lourd dans l’histoire. Ce n’est pas sa première visite chez Goodwill : depuis trente-cinq ans, il écume les magasins de seconde main à la recherche d’objets sous-évalués.

Il décrit à Newsweek une méthode précise. Il n’hésite pas à rester plusieurs heures dans les rayons, à scruter chaque nouveau chariot apporté par les employés avant qu’il ne soit déchargé.

« J’attends parfois quelques heures l’arrivée des chariots. C’est mieux de les regarder dès qu’ils sortent, car une fois les articles en rayon, la plupart des bonnes pièces sont déjà parties », explique-t-il.

Cette stratégie lui permet de repérer les objets de valeur avant les autres clients. L’usage systématique d’outils numériques comme Google Lens complète désormais son expertise visuelle, en lui donnant accès rapidement à des références de ventes passées ou à des catalogues en ligne.

Pourquoi certaines pièces rares finissent en friperie

Comment une assiette de la fin du XVIIIe siècle, produite en Chine pour l’exportation, peut-elle se retrouver au milieu de vaisselle banale dans un magasin caritatif américain ? Plusieurs scénarios sont plausibles.

  • Un héritage mal identifié, où les descendants ignorent la valeur réelle de certains objets.
  • Un don massif à une association, sans tri fin, après un déménagement ou une succession.
  • Une ancienne collection dispersée au fil du temps, les pièces se retrouvant mélangées à des effets courants.

Dans ce type de situation, les bénévoles ou employés chargés de trier les dons se fient généralement à l’apparence générale. Une assiette ancienne, mais en bon état et sans signature évidente, peut être rangée avec de la vaisselle ordinaire et affichée à un prix standard.

Chiner des trésors en France : quels équivalents et quelles précautions ?

Pour un lecteur français, l’histoire de John Carcerano fait écho à d’autres trouvailles réalisées dans les brocantes, les dépôts-ventes ou les magasins solidaires comme Emmaüs. La logique reste similaire : des objets de valeur peuvent passer inaperçus lorsque les donateurs ou les vendeurs ne maîtrisent pas le marché des antiquités.

En France, les amateurs de chine se tournent souvent vers :

  • les vide-greniers et brocantes, où particuliers et brocanteurs écoulent meubles, vaisselle et bibelots ;
  • les salles des ventes locales, où certaines pièces sous-estimées restent accessibles ;
  • les ressourceries et structures associatives, proches de Goodwill dans leur fonctionnement.

Le principe reste identique : un bon œil, un peu de culture générale et le recours à des outils de recherche d’images peuvent faire la différence. Un chineur français pourra, comme John Carcerano, photographier un cachet, un décor ou une forme particulière, puis la comparer avec des objets référencés dans des catalogues ou sur des sites de ventes aux enchères.

Avant une revente, l’étape de l’expertise reste centrale. En France, elle peut être assurée par un commissaire-priseur, un expert indépendant ou un spécialiste rattaché à une maison de ventes. Une estimation préalable permet de fixer une fourchette de prix et de choisir le lieu de vente le plus adapté : enchères publiques, galerie, plate-forme spécialisée.

Ce que cette histoire dit du marché des antiquités et des nouvelles technologies

Le cas de ce plat chinois met en lumière la manière dont le marché des antiquités évolue à l’ère du numérique. Les applications de reconnaissance d’images, comme Google Lens, donnent à un amateur des informations qui, autrefois, nécessitaient des années de pratique ou l’accès à des ouvrages spécialisés.

Cette facilité d’accès ne remplace pas le jugement humain, mais elle offre des indices rapides. Un chineur peut ainsi :

  • repérer un motif, une forme ou une signature intrigante ;
  • l’identifier grossièrement grâce à une recherche d’images ;
  • confirmer ensuite l’authenticité auprès de professionnels.
  • L’exemple de John Carcerano montre aussi le rôle croissant des communautés en ligne de passionnés, qui partagent leurs connaissances gratuitement. Des groupes spécialisés sur les réseaux sociaux constituent un premier filtre utile avant de se tourner vers une expertise payante.

    Pour les chineurs, l’enjeu reste de concilier patience, curiosité et prudence. Patience, car les trouvailles de ce type restent rares. Curiosité, pour s’intéresser à des objets qui ne paient pas de mine. Prudence, enfin, afin d’éviter les contrefaçons et les erreurs d’appréciation, en s’appuyant à chaque étape sur des professionnels reconnus quand une pièce semble sortir du lot.

    Questions fréquentes

    Comment John Carcerano a-t-il identifié l'assiette comme une pièce rare ?

    Il a d'abord observé sa forme rectangulaire chanfreinée et ses motifs distinctifs, puis a utilisé Google Lens pour effectuer une recherche d'image en quelques minutes. Cette recherche lui a montré une assiette similaire vendue 4 400 dollars, confirmant son intuition.

    Quels experts ont authentifié l'assiette ?

    Plusieurs grandes maisons de ventes aux enchères ont validé l'authenticité : Sotheby's à New York, Bonhams et Leslie Hindman à Chicago. Tous ont confirmé qu'il s'agissait d'un plat d'exportation chinoise de la période Qianlong, datant d'environ 1775.

    À combien a-t-on estimé la valeur de l'assiette ?

    Les experts l'ont estimée entre 4 000 et 6 000 dollars, soit plusieurs milliers d'euros. Cependant, cette valeur reste théorique jusqu'à ce que l'objet soit vendu en salle des ventes.

    Pourquoi l'état de conservation de l'assiette augmente-t-elle sa valeur ?

    L'assiette n'a pratiquement jamais été utilisée et ne porte aucune rayure, éclat ou restauration. Sur le marché des antiquités, une pièce ancienne en parfait état voit généralement sa valeur augmenter significativement.

    Comment une assiette du XVIIIe siècle peut-elle se retrouver en friperie ?

    Plusieurs scénarios sont plausibles : un héritage mal identifié où les descendants ignorent sa valeur, un don massif sans tri fin après une succession, ou une ancienne collection dispersée au fil du temps.
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