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Chercher un partenaire pour son argent : une étude révèle que ce n’est pas un comportement féminin, mais un trait lié à la psychopathie

Chercher un partenaire pour son argent : une étude révèle que ce n'est pas un comportement féminin, mais un trait lié à la psychopathie

Une étude menée en Europe montre que la recherche d’un partenaire pour son argent n’est pas réservée aux femmes et renvoie surtout à des profils de personnalité très particuliers.

Publiée dans la revue scientifique Personality and Individual Differences et relayée par le site spécialisé PsyPost, cette recherche menée en Autriche, en Allemagne et en Pologne démonte le cliché de la « chasseuse de millionnaires ». Elle décrit le « gold digging » comme une stratégie relationnelle calculée, présente chez les deux sexes, et étroitement associée à des traits de personnalité sombres comme la psychopathie et le narcissisme.

Une étude européenne pour comprendre les motivations cachées des relations intéressées

L’étude a été conçue par deux psychologues, Lennart Freyth et Peter K. Jonason, rattachés à des institutions de sciences du comportement et sociales en Autriche, en Allemagne et en Pologne. Leur objectif : comprendre ce qui pousse certaines personnes à entrer en couple avant tout pour l’argent, le statut ou les avantages matériels, quitte à sacrifier la qualité du lien affectif.

Le travail de Lennart Freyth prolonge des recherches précédentes sur les applications de rencontre comme Tinder, analysées comme des « parades numériques », où chacun se met en scène pour attirer des partenaires sans véritable engagement émotionnel. Ces travaux avaient déjà montré que les individus ayant une stratégie de séduction très opportuniste et à court terme y trouvent souvent leur compte.

Cette fois, l’équipe a choisi de se concentrer sur les stratégies ouvertement « prédatrices » en matière amoureuse.

Les chercheurs définissent le « gold digging » comme une stratégie où l’on accepte de renoncer à une relation épanouissante pour maximiser les gains matériels tirés du partenaire.

Un questionnaire qui force à choisir entre amour et avantages matériels

Les données ont été recueillies auprès de 351 participants initialement, inscrits à un cours universitaire en Allemagne. Après l’exclusion de dix personnes ayant répondu trop rapidement, l’échantillon final comprenait 341 volontaires : 105 hommes et 236 femmes, âgés en moyenne d’une trentaine d’années.

Les chercheurs ont utilisé une méthode dite « ipsative » : les participants devaient faire une série de choix forcés entre deux profils de partenaires hypothétiques :

  • un partenaire axé sur le soutien émotionnel et la qualité de la relation ;
  • un partenaire apportant des bénéfices matériels ou un avantage concret, mais sans promesse d’intimité ni de stabilité affective.

Cette approche permettait de voir qui, face à un dilemme clair, était prêt à sacrifier une relation potentiellement heureuse pour des avantages financiers ou matériels.

Psychopathie, narcissisme, sadisme : le poids de la « tétrade sombre »

En parallèle, les scientifiques ont évalué ce que la psychologie nomme la « tétrade sombre » de la personnalité :

  • narcissisme : sentiment de supériorité et besoin d’admiration ;
  • machiavélisme : manipulation cynique des autres pour atteindre ses objectifs ;
  • psychopathie : impulsivité, froideur affective, absence de remords ;
  • sadisme : plaisir à voir souffrir autrui.

Les participants ont aussi indiqué leur orientation politique, la taille de leur ville d’origine et leur « valeur de partenaire » auto-évaluée, c’est-à-dire la manière dont ils se perçoivent sur le marché de la séduction.

Les résultats sont sans ambiguïté pour les chercheurs : le « gold digging » est fortement associé à la psychopathie, signe d’une stratégie amoureuse particulièrement imprudente et dénuée d’empathie.

Lennart Freyth explique que certains résultats étaient « sans bruit » dans les données, notamment le lien entre or intérêt et psychopathie, ce qui, selon lui, reste rare en psychologie.

Les femmes légèrement plus concernées, mais un comportement avant tout humain

En analysant les scores, les chercheurs ont observé que les femmes obtenaient, en moyenne, des résultats un peu plus élevés que les hommes sur la mesure du « gold digging ». Mais ce comportement était bien présent dans les deux sexes.

L’équipe insiste sur ce point : il ne s’agit pas d’une stratégie spécifiquement féminine, mais d’un mode de fonctionnement humain qui émerge dans certains contextes.

Pour les auteurs, le « gold digging » relève d’une stratégie dite de « vie rapide » : chercher des bénéfices personnels immédiats plutôt que construire des relations réciproques et durables.

Les chercheurs soulignent aussi que, chez les femmes qui obtiennent des scores élevés de « gold digging », un autre trait apparaît fréquemment : le sadisme. Autrement dit, une partie de ces profils ne se contente pas de tirer profit des partenaires, mais pourrait aussi se montrer indifférente ou hostile à leur souffrance.

Ville, études, orientation sexuelle : les contextes qui favorisent ce comportement

Au-delà des différences entre hommes et femmes, plusieurs facteurs se retrouvent chez les personnes les plus enclines à choisir l’argent plutôt que l’intimité :

  • vivre en grande ville ;
  • être étudiant ;
  • se déclarer non hétérosexuel ;
  • avoir une très haute opinion de sa propre valeur sur le marché amoureux.

Lennart Freyth précise que ces éléments se retrouvent chez les deux sexes, avec une nuance : les étudiantes présentent des scores particulièrement élevés sur l’échelle de « gold digging » par rapport à leurs homologues masculins.

Quand la politique s’en mêle : profils de droite, profils de gauche

Les auteurs ont également observé des combinaisons surprenantes entre attitudes relationnelles et positionnement politique, dans le contexte de cette population majoritairement jeune et plutôt orientée à gauche.

Chez les femmes, un groupe se détache : des étudiantes se déclarant de droite, en « pleine période reproductive » selon les termes de Freyth, et présentant des niveaux élevés de « gold digging ». Les chercheurs avancent l’idée que ce profil pourrait refléter une stratégie motivée, ces personnes étant susceptibles de viser des partenaires jugés plus travailleurs ou plus stables économiquement.

À l’inverse, les hommes se disant plutôt de gauche déclarent la plus forte « valeur de partenaire » auto-évaluée, mais ne se montrent pas particulièrement intéressés par le fait de profiter matériellement d’autrui.

Les auteurs avancent l’hypothèse que certains hommes se présentant comme empathiques et vulnérables adopteraient cette image pour augmenter leur attractivité, sans pour autant recourir à des tactiques de prédation financière.

Les chercheurs parlent même d’une première observation empirique d’un comportement qu’ils qualifient de « performatif masculin » et rapprochent d’un phénomène connu en biologie sous le nom de « kleptogamie », une stratégie reproductive indirecte décrite chez certaines espèces.

Que signifie « psychopathie » dans ce contexte ?

En langage courant, le mot « psychopathe » est souvent utilisé à tort pour désigner toute personne toxique. En psychologie, il désigne un ensemble de caractéristiques bien précises :

  • forte impulsivité dans les décisions ;
  • manque d’empathie pour les autres ;
  • faible sentiment de culpabilité ;
  • tendance à se focaliser sur le gain immédiat.

Dans cette étude, l’association entre psychopathie et « gold digging » signifie que les personnes prêtes à sacrifier systématiquement la qualité de la relation pour de l’argent ont souvent un rapport très froid aux émotions et aux besoins de leurs partenaires.

Pour un lecteur français, cette distinction rappelle que, dans un couple, la répétition de comportements intéressés, sans prise en compte de l’autre, peut traduire non pas une simple « exigence matérielle », mais une dynamique plus profondément dénuée d’empathie.

Quelle lecture pour les relations amoureuses en France ?

L’étude ne porte pas spécifiquement sur la France, mais les mécanismes décrits – stratégies de vie rapides, personnalités à tétrade sombre, recherche d’avantages matériels – sont considérés comme généraux et transposables à d’autres pays occidentaux.

Dans le contexte français, les relations qui reposent principalement sur le statut social ou le confort matériel ne relèvent d’aucun délit. En droit, c’est la contrainte, la fraude ou l’abus de faiblesse qui sont encadrés, pas la motivation financière en tant que telle.

En revanche, les psychologues français qui travaillent sur les relations dites « toxiques » décrivent régulièrement des schémas proches de ceux mis en avant par cette étude :

  • séduction rapide et très valorisante ;
  • prise de contrôle économique ou matérielle ;
  • dévalorisation de la victime ;
  • incapacité à reconnaître la souffrance infligée.

Les traits de personnalité mis en lumière par l’équipe de Lennart Freyth – psychopatiques, narcissiques, parfois sadiques – recoupent en partie les profils dénoncés dans les témoignages français sur les violences psychologiques ou sur les relations d’emprise.

Limites de la recherche et pistes pour la suite

Les auteurs restent prudents sur la portée de leurs conclusions. L’échantillon était composé en grande majorité de jeunes adultes, étudiants et plutôt orientés à gauche politiquement. D’autres effets pourraient donc exister dans des populations plus âgées ou socialement différentes.

Autre limite : il s’agit d’une étude transversale, c’est-à-dire réalisée à un moment donné. Elle ne permet pas d’affirmer, par exemple, que le développement de la psychopathie conduit à devenir « gold digger ». Elle se contente de constater une association très forte entre ces éléments.

Pour les chercheurs, cette première enquête offre surtout un « premier regard » sur le principe même du « gold digging » en tant que stratégie sociale, et non comme simple caricature sexiste.

Lennart Freyth indique qu’il souhaite désormais élargir son travail à des cadres plus généraux de prise de décision sociale, dans une perspective évolutionniste. Il distingue notamment les préférences « adaptatives » pour des partenaires disposant de ressources – ce qui peut être rationnel dans certains contextes – de stratégies jugées « potentiellement inadaptées », comme l’exploitation systématique des autres.

Ce que cette étude change dans la façon de voir le « partenaire intéressé »

Pour un lecteur, la principale leçon tient dans le renversement du cliché : le « partenaire intéressé » n’est pas une figure féminine caricaturale, mais un profil qui peut concerner hommes et femmes, avec un socle psychologique commun.

Sur le plan pratique, ces résultats invitent à rester attentif à certains signaux dans la vie amoureuse : un partenaire qui privilégie constamment les avantages matériels, refuse tout compromis émotionnel et montre peu d’empathie s’inscrit dans un registre qui approche ce que décrit l’étude.

À l’inverse, le simple fait de se soucier de la stabilité économique d’un futur conjoint ne relève pas en soi de la psychopathie. Les chercheurs distinguent clairement une préférence raisonnable pour un partenaire « ressource » d’une stratégie prédatrice, où l’autre n’est vu que comme un portefeuille.

Questions fréquentes

Le « gold digging » est-il réellement un comportement réservé aux femmes ?

Non, selon cette étude. Si les femmes obtiennent des scores légèrement plus élevés, ce comportement est bien présent chez les deux sexes. Il s'agit d'une stratégie humaine qui émerge dans certains contextes plutôt que d'une caractéristique spécifiquement féminine.

Quel lien existe-t-il entre le « gold digging » et la psychopathie ?

L'étude montre une association forte et sans ambiguïté entre le choix de partenaires pour leurs avantages matériels et la psychopathie, caractérisée par l'impulsivité, la froideur affective et l'absence de remords. C'est un lien rare et significatif en psychologie.

Quels profils sont les plus enclins à ce comportement ?

Les personnes les plus susceptibles de choisir l'argent plutôt que l'intimité affective vivent généralement en grande ville, sont étudiants, se déclarent non hétérosexuels, ou ont une très haute opinion de leur propre valeur sur le marché amoureux.

Qu'est-ce que la « tétrade sombre » de la personnalité ?

C'est un ensemble de quatre traits psychologiques : le narcissisme (sentiment de supériorité), le machiavélisme (manipulation cynique), la psychopathie (froideur affective) et le sadisme (plaisir à voir souffrir autrui). L'étude montre que le « gold digging » est associé à ces traits.

Y a-t-il des différences politiques entre les personnes adoptant ce comportement ?

Oui, l'étude révèle des profils surprenants : certaines jeunes femmes de droite présentent des scores élevés de « gold digging », tandis que les hommes de gauche auto-évaluent leur valeur de partenaire plus élevée sans pour autant chercher à en tirer profit matériellement.
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