Sur le tarmac de Roissy-Charles-de-Gaulle, en région parisienne, deux avions de ligne se sont accrochés lors d’une manœuvre au sol.
Vendredi 2 octobre, un avion de la compagnie low-cost EasyJet a percuté un Airbus A320 d’Air Serbia sur l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, en France. L’incident, décrit comme rare, n’a pas fait de blessés, mais a entraîné l’évacuation des passagers et une inspection technique des appareils, rapporte le site du Figaro.
Un accrochage en pleine manœuvre sur le tarmac
L’incident s’est produit sur l’aire de trafic de Roissy-Charles-de-Gaulle, l’un des principaux aéroports européens. L’avion EasyJet, en cours de manœuvre au sol, a heurté un Airbus A320 exploité par la compagnie nationale serbe Air Serbia.
L’accrochage a eu lieu au niveau des ailes. Sur la photo largement relayée sur les réseaux sociaux, on distingue clairement l’extrémité de l’aile droite de l’Airbus A320 d’Air Serbia touchée par le « sharklet » de l’avion EasyJet. Le sharklet est ce petit aileron vertical situé en bout d’aile, conçu pour améliorer l’aérodynamisme et réduire la consommation de carburant.
La collision a eu lieu entre le sharklet de l’appareil EasyJet et l’extrémité de l’aile droite de l’Airbus A320 d’Air Serbia, alors que l’avion manœuvrait sur l’aire de trafic.
À ce stade, aucun détail n’a été communiqué sur la phase exacte de la manœuvre : roulage vers la piste, arrivée au parking ou déplacement encadré par le personnel au sol. Ces éléments devront être précisés par l’enquête annoncée.
Passagers évacués et inspection immédiate de l’Airbus
Si aucun blessé n’est à déplorer, l’incident a tout de même entraîné une série de mesures de sécurité. Les passagers et les membres d’équipage d’Air Serbia ont été invités à quitter l’avion.
La compagnie serbe a tenu à rassurer rapidement. Dans un communiqué cité par Le Figaro, Air Serbia indique : « Tous les passagers et membres d’équipage d’Air Serbia sont en sécurité ». Le ton se veut apaisant, alors que les images de l’accrochage circulent déjà en ligne.
Air Serbia affirme que « tous les passagers et membres d’équipage […] sont en sécurité » et que les procédures ont été appliquées sur le tarmac de Roissy.
L’Airbus A320 endommagé a été retiré du service pour inspection. Des techniciens doivent évaluer précisément l’étendue des dégâts sur la structure de l’aile et sur le sharklet impliqué dans le choc. En aviation commerciale, la moindre détérioration visible sur une zone sensible comme le bord d’aile impose un contrôle minutieux avant tout nouveau départ.
Une enquête ouverte pour retracer la chronologie des faits
Air Serbia a indiqué collaborer avec « les services compétents et les parties concernées » pour comprendre ce qui s’est passé sur le tarmac parisien. Une enquête a été ouverte afin d’établir la chronologie exacte des événements.
Ce type d’investigation permet en général d’examiner plusieurs points :
- la trajectoire de l’avion en manœuvre sur l’aire de trafic ;
- les consignes données par le contrôle aérien et le personnel de piste ;
- les échanges radio entre les équipages et la tour ;
- les éventuels facteurs météo ou de visibilité ;
- le respect des procédures au sol par les compagnies et les assistants d’escale.
L’objectif sera de déterminer si l’incident résulte d’une erreur humaine, d’un problème de communication ou d’un concours de circonstances défavorable. Les responsabilités, s’il y en a, seront établies à l’issue de ces investigations.
Un incident rare, mais connu dans l’aviation civile
Les collisions au sol entre avions de ligne restent peu fréquentes dans les grands aéroports, où les procédures sont très strictes et fortement encadrées. Elles n’en représentent pas moins un risque pris très au sérieux par les autorités aéronautiques.
Sur les aéroports très denses comme Roissy-Charles-de-Gaulle, le roulage des avions obéit à des règles précises : itinéraires balisés, marquages au sol, signaux lumineux, assistance d’agents au sol et instructions détaillées des contrôleurs. Malgré ces garde-fous, des accrochages matériels peuvent survenir, en particulier lors :
- des rotations rapides entre deux vols ;
- des manœuvres dans des zones encombrées ;
- des déplacements par faible visibilité ou de nuit.
Les collisions au sol impliquent rarement des blessés, mais elles entraînent souvent des dégâts coûteux, des retards et des perturbations sur le programme des vols.
Dans le cas présent, aucune victime n’est signalée, ce qui confirme que la violence de l’impact est restée limitée. En revanche, les coûts de réparation d’un bout d’aile ou d’un sharklet, auxquels s’ajoutent l’immobilisation de l’appareil et la réorganisation des vols, peuvent rapidement grimper pour une compagnie.
Que se passe-t-il pour les passagers concernés ?
Lors d’un accrochage de ce type, les passagers sont en général maintenus à bord dans un premier temps, le temps de sécuriser la zone, puis invités à débarquer. Leur vol peut être retardé de plusieurs heures ou tout simplement annulé si la compagnie doit changer d’appareil.
Les compagnies aériennes appliquent alors leurs règles d’assistance : redistribution sur d’autres vols, hébergement si nécessaire, bons de repas et, dans certains cas, indemnisation selon la réglementation en vigueur. La source ne détaille pas le sort précis des passagers d’Air Serbia après leur débarquement, ni l’ampleur des retards occasionnés depuis Roissy.
Ce que cela change pour un voyageur au départ d’un aéroport français
Pour un passager français ou voyageant depuis la France, ce type d’incident rappelle surtout à quel point la sécurité au sol reste encadrée. À Roissy comme dans les autres grands aéroports français, les compagnies, les assistants d’escale et les aiguilleurs du ciel travaillent sous la supervision d’autorités nationales et européennes.
En cas de problème sur le tarmac entraînant des dommages matériels, plusieurs principes s’appliquent :
- l’appareil endommagé ne repart pas tant qu’il n’est pas totalement contrôlé ;
- les passagers sont informés de l’incident et pris en charge ;
- les autorités spécialisées, comme le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), peuvent être associées si l’événement le justifie ;
- les retours d’expérience alimentent ensuite l’amélioration des procédures locales.
La réglementation européenne sur les droits des passagers encadre par ailleurs les indemnisations possibles en cas de retard prolongé ou d’annulation, selon l’origine du problème et la responsabilité de la compagnie. Ce cadre s’applique aussi bien à une low-cost comme EasyJet qu’à une compagnie nationale étrangère desservant un aéroport français.
Roissy, hub stratégique et environnement complexe pour les manœuvres
Roissy-Charles-de-Gaulle figure parmi les premiers aéroports européens en nombre de passagers et de mouvements d’avions. Cette intensité rend la gestion du trafic au sol particulièrement exigeante, avec :
- un enchevêtrement de pistes et de taxiways ;
- une cohabitation entre grandes compagnies, low-cost et vols cargo ;
- des contraintes de ponctualité fortes ;
- une activité continue, de jour comme de nuit.
Dans un environnement aussi dense que Roissy, la moindre erreur de trajectoire ou de communication au sol peut suffire à provoquer un accrochage matériel.
Les compagnies qui y opèrent, comme EasyJet ou Air Serbia, s’appuient donc sur des équipages formés, des procédures strictes de roulage et un encadrement permanent par les services de l’aéroport et du contrôle aérien.
Sharklet, aile et inspection : ce que les techniciens vont vérifier
Le point d’impact décrit par Le Figaro met en lumière un élément technique souvent méconnu des passagers : le sharklet. Cet aileron vertical situé en bout d’aile limite les turbulences, ce qui réduit la consommation de carburant et améliore la stabilité. Sa forme et sa position en font aussi un point de contact potentiel lors d’un accrochage au sol.
Lors d’une inspection après collision, les équipes de maintenance se penchent notamment sur :
| Zone contrôlée | Objectif du contrôle |
|---|---|
| Sharklet | Rechercher fissures, déformations, arrachement partiel |
| Structure d’aile | Vérifier l’intégrité des longerons et du revêtement |
| Commandes de vol | S’assurer qu’aucun mécanisme n’est bloqué ou endommagé |
| Capteurs en bout d’aile | Contrôler que les instruments restent fiables |
Selon le diagnostic, les réparations peuvent aller du simple remplacement d’une pièce à des interventions plus lourdes, imposant l’immobilisation prolongée de l’appareil. Pour une compagnie, cette indisponibilité pèse directement sur le programme des vols et l’organisation des équipages.
L’incident survenu à Roissy rappelle que, même sans blessé et sans spectaculaire sortie de piste, la sécurité aérienne repose sur une multitude de détails, depuis les trajectoires au sol jusqu’à l’état du moindre aileron en bout d’aile. Chaque heurt, chaque anomalie fait l’objet d’une analyse poussée, afin de limiter le risque de répétition sur un tarmac où se croisent chaque jour des dizaines de milliers de voyageurs.









