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Honda ouvre son garage secret : 19 modèles de collection partent aux enchères, la plupart sans prix de réserve

Honda ouvre son garage secret : 19 modèles de collection partent aux enchères, la plupart sans prix de réserve

À Nelson, en Nouvelle-Zélande, Honda vide une partie de sa collection historique : 19 voitures emblématiques vont changer de mains aux enchères caritatives.

Honda Nouvelle-Zélande a décidé de tourner une page majeure de son histoire industrielle à Nelson. Comme le rapporte le site spécialisé Carscoops, la fermeture de son site historique s’accompagne d’une opération inédite : une vente aux enchères de 19 modèles issus de la Honda Heritage Collection, avec une grande partie mise en vente sans prix de réserve et l’intégralité des recettes reversée à des associations locales.

Un site historique ferme après 46 ans d’activité à Nelson

Le site de Nelson, sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, appartient à l’histoire de l’automobile locale depuis 46 ans. Il n’a pas toujours assemblé des Honda : à l’origine, l’usine montait des modèles British Leyland, dont des Triumph, Jaguar, Rover ou encore Austin.

En 1980, l’installation est reconfigurée pour produire des modèles Honda. Ce changement reflète alors l’orientation du marché néo-zélandais, de plus en plus tourné vers les constructeurs japonais. Pendant près de deux décennies, Nelson reste un centre de production important pour la marque.

En 1998, tout change : la Nouvelle-Zélande supprime ses droits de douane sur les importations automobiles. Assembler localement n’a plus de sens économique. L’activité industrielle cesse, et le site est reconverti en centre national de distribution pour Honda, un rôle qu’il conservera durant plus de vingt ans avant d’être finalement mis en vente.

La fermeture de Nelson entraîne l’ouverture partielle du « coffre-fort » de Honda : 19 véhicules de collection sortent de l’ombre pour être proposés au public.

Honda ouvre une partie de sa Heritage Collection

Au fil des années, le site de Nelson a abrité une collection privée de modèles emblématiques de la marque. Une sorte de museum interne, où reposaient aussi bien des icônes sportives que des berlines de tous les jours préservées comme au premier jour.

Honda garde dans son patrimoine les pièces les plus prestigieuses. L’originale NSX, la S2000 et l’Integra Type R restent dans la collection permanente. En revanche, 19 autres modèles jugés plus « accessibles » sont confiés à la plateforme d’enchères Trade Me, très populaire en Nouvelle-Zélande.

  • 19 voitures issues de la Honda Heritage Collection mises en vente
  • Partenariat avec le site d’enchères Trade Me
  • Une majorité des lots sans prix de réserve
  • Recettes intégralement reversées à des œuvres caritatives locales

Pour les passionnés, l’intérêt est double : accéder à des modèles rarement proposés sur le marché, souvent avec un historique limpide, tout en finançant des associations néo-zélandaises.

La vedette : une Honda Civic Type R EK9 de 2000

La star incontestée de cette dispersion est une Honda Civic Type R de première génération, codée EK9. Ce modèle, réservé à l’origine au Japon, figure aujourd’hui parmi les sportives compactes les plus recherchées des années 2000.

L’exemplaire proposé a été importé du Japon en Nouvelle-Zélande. Il affiche 154 000 km au compteur, un kilométrage conséquent mais cohérent avec un usage normal, et se présente dans la teinte emblématique Championship White. À l’intérieur, les célèbres baquets rouges signés Recaro sont toujours en place.

Sous le capot, on retrouve le quatre-cylindres atmosphérique 1,6 litre B16B, connu pour son appétit pour les hauts régimes. La voiture n’est toutefois pas totalement d’origine : un propriétaire précédent lui a ajouté une admission et un échappement de type aftermarket, modifications classiques dans le milieu des Honda sportives.

La Civic Type R EK9 de 2000, en Championship White avec sièges Recaro rouges et moteur B16B, constitue le lot le plus convoité de la vente.

Des versions pistées et une Jazz RS préparée

À côté de cette icône des années 2000, deux autres Civic Type R uniquement destinées à un usage circuit sont proposées. L’une date de 2005, l’autre de 2022. Ces autos, non homologuées pour la route, s’adressent clairement aux amateurs de journées piste ou aux collectionneurs souhaitant aligner des modèles représentatifs de l’évolution de la Type R.

Les amateurs de petites sportives pourront aussi s’intéresser à une Honda Jazz RS équipée d’une boîte manuelle. Ce modèle bénéficie d’améliorations signées Mugen, le préparateur officiel lié à Honda, ce qui renforce son intérêt auprès des passionnés de la marque.

Accord : des berlines préservées comme des capsules temporelles

La vente ne se limite pas aux sportives. Honda met également en avant plusieurs Accord de différentes générations, dont certaines affichent des kilométrages étonnamment faibles.

Une Accord LXi de 1995 quasi neuve

L’un des lots les plus intrigants est une Honda Accord LXi de 1995. Assemblée localement à Nelson, cette berline bordeaux revendique seulement 7 600 km. Pour une cinquième génération d’Accord, il s’agit très probablement d’un des plus faibles kilométrages encore disponibles sur le marché international.

Cette version est animée par un quatre-cylindres 2,2 litres associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Un choix mécanique qui parlera aux conducteurs attachés au plaisir de conduire, à une époque où les transmissions automatiques se généralisaient déjà.

Une Accord de 1989 bien équipée et peu roulée

Autre curiosité, une Accord violette de 1989, elle aussi assemblée en Nouvelle-Zélande, affiche 33 147 km. Elle se distingue par un niveau d’équipement élevé pour l’époque : sellerie cuir, toit ouvrant, vitres électriques, rétroviseurs à réglage électrique.

Pour les amateurs de carrosseries originales, la vente comprend également une Accord Aerodeck de 1987. Cette version adopte une silhouette de break de chasse trois portes, aujourd’hui très rare, qui intéressera autant les collectionneurs que les passionnés de design automobile atypique.

City, Civic : du microcar au modèle lunaire

Une Honda City de 1988 pour les fans de mini-urbaines

Parmi les modèles les plus attachants figure une Honda City de 1988. Cette microcitadine, repeinte en bleu vif, affiche seulement 24 000 km. Elle constitue une proposition originale pour qui cherche une petite voiture rétro utilisable au quotidien, avec une image décalée.

Une Civic GTi rare et une Civic « lune » à plus de 400 000 km

Le catalogue comprend aussi une Civic GTi de 1987, assemblée localement. Cette version sportive, aujourd’hui peu courante, devrait attirer les amateurs de youngtimers japonaises.

À l’exact opposé en matière d’usage, une Civic de cinquième génération, berline compacte de 1992, affiche 418 563 km. C’est une version de base, motorisée par un 1,3 litre associé à une boîte manuelle, assemblée en Nouvelle-Zélande et restée entre les mains d’un seul propriétaire depuis l’origine.

Avec 418 563 km, la Civic de 1992 a parcouru davantage que la distance Terre–Lune, un argument vivant en faveur de la fiabilité revendiquée par Honda.

Honda avait conservé cette voiture au sein de sa collection comme démonstration concrète de la durabilité de ses modèles. Sa présence dans la vente illustre une autre facette de l’histoire de la marque : celle des voitures « de tous les jours » capables de durer plusieurs centaines de milliers de kilomètres.

Une vente caritative, sans prix de réserve pour la plupart des lots

Sur les 19 véhicules proposés, 16 font déjà l’objet d’enchères actives sur la plateforme Trade Me. La fin des ventes est programmée au 29 juillet, ce qui laisse quelques jours aux enchérisseurs potentiels, en Nouvelle-Zélande ou ailleurs, pour se positionner.

La plupart de ces voitures n’ont pas de prix de réserve. Le principe est simple : la meilleure offre l’emporte, même si la somme reste en dessous des attentes initiales. Dans ce cas, la motivation de Honda n’est pas de maximiser le montant, mais de financer des associations locales tout en confiant ces modèles à des passionnés.

Type de modèle Années clés Caractéristique notable
Civic Type R 2000, 2005, 2022 EK9 de route, deux versions piste
Accord 1987, 1989, 1995, 1998 Kilométrages très faibles, Aerodeck rare
Civic « usage quotidien » 1982, 1992, 1994 Une Civic à plus de 418 000 km
City 1988 Microcitadine 24 000 km
Jazz RS années 2000 Préparation Mugen, boîte manuelle

Que représente cette vente pour un passionné français ?

Pour un lecteur en France, ces enchères ont lieu à plus de 18 000 km, mais elles donnent une indication sur la manière dont une filiale peut gérer son patrimoine roulant. En France, les constructeurs disposent aussi de collections historiques, souvent rattachées à des musées ou à des services « patrimoine » : c’est le cas pour Renault Classic ou le Conservatoire Citroën par exemple.

Comme en Nouvelle-Zélande avec Honda, ces structures préservent des modèles emblématiques, mais procèdent parfois à des cessions ponctuelles, généralement via des ventes spécialisées, lorsque certains véhicules ne sont plus jugés stratégiques pour la collection ou sont en double exemplaire.

Pour un Français qui souhaiterait acheter l’un de ces modèles néo-zélandais, la question du transport et de l’homologation se pose. L’importation depuis la Nouvelle-Zélande implique un transport maritime, puis des formalités douanières et d’immatriculation. Les règles varient selon l’âge du véhicule et sa conformité aux normes européennes, mais les youngtimers japonaises, comme la Civic Type R EK9, intéressent déjà de nombreux importateurs spécialisés en France.

Collectionner une Honda ancienne : usage, risques et avantages

Pour un amateur, posséder une Honda de collection offre plusieurs avantages concrets. La marque bénéficie d’une solide réputation de fiabilité mécanique, comme le montre la Civic de 1992 à plus de 418 000 km. Les pièces restent souvent disponibles, surtout pour des modèles produits à grande échelle comme l’Accord ou la Civic.

Un modèle au kilométrage très faible, comme l’Accord LXi de 1995 à 7 600 km, peut être utilisé pour des sorties occasionnelles, des rassemblements ou des événements de voitures anciennes. À l’inverse, une auto très kilométrée mais bien entretenue illustre l’endurance des mécaniques Honda, mais nécessite une surveillance accrue des organes d’usure : suspension, joints, faisceaux électriques, corrosion éventuelle.

Le risque pour l’acheteur réside moins dans la technologie que dans la distance avec le lieu de vente. Examiner une voiture située en Nouvelle-Zélande reste compliqué pour un Européen. Dans ce contexte, les vidéos détaillées, comme celles diffusées par la chaîne locale Kiwi Car Life, aident à apprécier l’état général, sans se substituer à une expertise sur place.

Pour un collectionneur français, cette opération menée par Honda Nouvelle-Zélande montre enfin qu’une grande marque peut concilier stratégie industrielle, transmission de patrimoine et soutien aux associations. Un signal qui pourrait inspirer d’autres constructeurs à ouvrir, eux aussi, leurs « garages secrets » au bénéfice du public et d’actions caritatives.

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