EUROTEL

Elle a passé 104 jours dans l’espace pour la NASA : l’astronaute révèle enfin combien elle était payée

Elle a passé 104 jours dans l'espace pour la NASA : l'astronaute révèle enfin combien elle était payée

Ancienne astronaute de la NASA, Nicole Stott, qui a passé plus de trois mois en orbite, lève le voile sur un salaire bien moins élevé qu’on l’imagine aux États-Unis.

Invitée par le média en ligne britannique LADbible, la retraitée de la NASA Nicole Stott a raconté son quotidien dans l’espace… et surtout ce que lui rapportait financièrement une mission de plusieurs mois à bord de la Station spatiale internationale. Son témoignage, qui concerne les salaires pratiqués aux États-Unis, casse l’image de métier « en or » souvent associée aux astronautes.

Une carrière d’exception, mais pas un salaire de star

Nicole Stott, aujourd’hui âgée de 62 ans, fait partie des rares personnes à avoir séjourné longuement en orbite. Elle a passé au total 104 jours dans l’espace pour la NASA, l’agence spatiale américaine. Avant de monter à bord de la Station spatiale internationale (ISS), elle a dû suivre le parcours classique des astronautes : longues études scientifiques, expérience aéronautique, puis plusieurs années de formation spécialisée.

Elle rappelle que devenir astronaute ne se décide pas du jour au lendemain. Il faut d’abord décrocher un diplôme en sciences, en ingénierie ou dans un domaine technique, puis accumuler des heures de vol ou d’expérience de recherche. Une fois sélectionné, un candidat doit encore se préparer environ deux ans pour pouvoir être envoyé en mission.

Tout cela pour un métier qui comporte des risques réels : lancement et rentrée atmosphérique, microgravité prolongée avec ses conséquences sur la santé, éloignement de la famille pendant des mois, et charge de travail intense à bord de l’ISS.

Nicole Stott rappelle que les astronautes de la NASA restent avant tout des « fonctionnaires de l’État » américains, avec un salaire plafonné par la grille publique.

« On ne devient pas astronaute pour gagner beaucoup d’argent »

Interrogée par LADbible sur le salaire des astronautes, Nicole Stott ne fait pas de détour. À la question « combien paie la NASA ? », elle répond d’abord, sans hésiter : « Pas beaucoup ». Elle souligne que, malgré le caractère spectaculaire de leur métier, les astronautes appartiennent à la fonction publique fédérale aux États-Unis.

Elle insiste sur ce statut : « Fonctionnaire de l’État », résume-t-elle, pour expliquer que la rémunération suit une grille de salaires comme pour d’autres employés du gouvernement américain. Selon de nombreux rapports cités dans l’article de LADbible, un astronaute de la NASA peut espérer un salaire moyen d’environ 152 258 dollars par an, soit environ 112 000 livres sterling, avec un montant qui varie selon l’expérience et l’ancienneté.

Pour un lecteur français, cette rémunération peut sembler confortable. Mais rapportée au niveau de responsabilité, à la rareté des compétences, au temps de formation et aux risques encourus, elle reste en deçà de l’image fantasmée du métier d’astronaute multimillionnaire. Nicole Stott résume la réalité en une phrase : « On ne devient pas astronaute pour être très bien payé ».

Un salaire comparable à d’autres hauts profils scientifiques

Aux États-Unis, ce niveau de rémunération place les astronautes à peu près au niveau des cadres supérieurs ou de certains ingénieurs et chercheurs expérimentés du secteur privé, sans pour autant atteindre les revenus des dirigeants d’entreprise ou des stars de la tech. L’attrait du poste repose donc davantage sur la vocation, le prestige scientifique et l’expérience unique du vol spatial que sur le revenu mensuel.

Le salaire dépend aussi du grade au sein de la grille fédérale américaine. Les astronautes ne sont pas payés « à la mission » ou « à la journée passée dans l’espace », mais comme des employés à temps plein, qu’ils soient au sol, en entraînement ou en orbite.

Un astronaute de la NASA gagne en moyenne environ 152 000 dollars par an, bien loin des montants souvent fantasmés autour de cette profession.

Et en Europe, combien gagne un astronaute de l’ESA ?

LADbible cite également des chiffres concernant l’Agence spatiale européenne (ESA), qui regroupe plusieurs pays, dont la France. Selon le site spécialisé Space Crew, un astronaute débutant de l’ESA peut toucher un salaire de départ d’environ 54 416 livres sterling par an. Ce montant évolue ensuite avec l’expérience et la progression de carrière.

Tout comme pour la NASA, il s’agit de postes publics. Les astronautes européens restent des agents d’organismes financés par l’argent des contribuables et ne relèvent pas d’un contrat privé ultra-rémunérateur. L’ESA encadre donc leurs salaires dans un cadre réglementaire, avec des évolutions de grade et d’ancienneté.

  • Aux États-Unis, un astronaute de la NASA est un fonctionnaire fédéral.
  • En Europe, un astronaute de l’ESA est un agent d’une organisation intergouvernementale.
  • Dans les deux cas, la motivation principale reste la mission scientifique, pas la rémunération.

Un quotidien éprouvant à bord de l’ISS, même pour les tâches les plus banales

Au-delà de la question du salaire, Nicole Stott a profité de son entretien avec LADbible pour raconter des aspects très concrets de la vie en orbite. Elle évoque notamment un sujet souvent tabou mais qui intrigue beaucoup : comment aller aux toilettes dans l’espace.

En l’absence de gravité, rien ne tombe naturellement. Les astronautes utilisent donc des dispositifs spécifiques. Pour uriner, ils se servent d’un entonnoir relié à un tube, qui permet d’aspirer et de diriger le liquide. Pour le reste, ils doivent s’attacher soigneusement à un siège spécialement conçu pour maintenir le corps en place.

Elle reconnaît que les débuts ne sont pas simples : « C’est un peu désordonné au début », confie-t-elle. Les gestes du quotidien, très simples sur Terre, deviennent une suite de procédures techniques en apesanteur.

À bord de la Station spatiale internationale, même aller aux toilettes nécessite un équipement dédié et une période d’adaptation, raconte l’ancienne astronaute.

Une eau potable… issue des déchets liquides

L’autre détail qui marque souvent les esprits concerne la gestion de l’eau. Dans l’ISS, les ressources sont limitées. Chaque kilo lancé en orbite coûte cher, ce qui impose de recycler au maximum. Nicole Stott explique que les « déchets liquides » – essentiellement l’urine – sont filtrés et transformés en eau potable pour les membres d’équipage.

Elle précise que la majorité de ces liquides recyclés redevient de l’eau propre, consommée ensuite par les astronautes pour boire ou préparer des aliments. Un de ses collègues, l’astronaute américain Don Pettit, résume ce processus par une formule restée célèbre : « Le café d’hier devient le café d’aujourd’hui ». Une manière imagée de rappeler jusqu’où va le recyclage à bord.

Ce système de récupération de l’eau n’est pas anecdotique : il conditionne l’autonomie de la station et la durée des séjours en orbite. Sans ce recyclage, il faudrait lancer bien davantage d’eau depuis la Terre, pour un coût considérable.

Quelle situation pour les astronautes liés à la France ?

Pour un lecteur français, la comparaison se fait naturellement avec les astronautes européens ayant un passeport français, comme Thomas Pesquet. Ces derniers sont recrutés par l’ESA, même s’ils restent souvent associés au Centre national d’études spatiales (CNES), l’agence spatiale française.

Leur statut est similaire à celui de Nicole Stott sur le plan administratif : ils sont employés d’un organisme public, sélectionnés lors de campagnes de recrutement extrêmement exigeantes. Ils suivent des années de formation, puis alternent missions en orbite, entraînement, travaux au sol et représentation publique.

En France, il n’existe pas de grille de salaires autonome réservée à « l’astronaute français ». Les montants dépendent des règles de l’ESA et des accords entre l’agence et les États membres. Ce sont donc des fonctions très spécialisées, mais qui restent intégrées au cadre global de la fonction publique internationale.

Organisation Pays / zone Statut des astronautes
NASA États-Unis Fonctionnaires fédéraux américains
ESA Europe (dont la France) Agents d’une organisation publique intergouvernementale

Un métier guidé par la vocation scientifique plus que par l’argent

Le témoignage de Nicole Stott, relayé par LADbible, rappelle que les astronautes ne sont pas rémunérés au niveau des risques et de l’aura médiatique que leur métier peut laisser imaginer. Ils se rapprochent davantage de la figure du chercheur ou de l’ingénieur hautement qualifié que de celle de la star surpayée.

Pour ceux qui envisagent ce type de carrière, l’enjeu principal reste donc ailleurs : contribution à la recherche scientifique, participation à des expériences en orbite, préparation des futures missions vers la Lune ou Mars, et volonté d’ouvrir la voie à de nouvelles technologies utiles sur Terre.

La vie en apesanteur illustre aussi un autre aspect : la nécessité d’optimiser chaque ressource. Le recyclage poussé de l’eau, la gestion stricte des consommables, la réutilisation des équipements servent d’exemple pour les technologies environnementales terrestres. Les systèmes développés pour l’ISS inspirent déjà des solutions de traitement de l’eau ou d’économie d’énergie sur notre planète.

Pour un lecteur français, ce récit montre enfin que, derrière les images spectaculaires de décollages et de sorties extravéhiculaires, le métier d’astronaute reste un travail de long terme, encadré par des règles publiques, avec des salaires importants mais loin d’être extravagants. La véritable « récompense » tient surtout à ces 104 jours passés à observer la Terre depuis l’orbite, à mener des expériences et à repousser, petit à petit, les limites de notre présence dans l’espace.

Défiler vers le haut