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Génération Z et parentalité : 57 % des hommes veulent devenir père, contre 45 % des femmes selon le Pew Research Center

Groupe de jeunes adultes hétérogènes discutant autour d'une table, avec symboles de carrière, amitié et famille flottant au-dessus, illustrant les priorités de la génération Z.

Aux États-Unis, une enquête sur les 18-34 ans sans enfants bouscule les clichés : les jeunes hommes affichent désormais plus souvent l’envie de devenir parents que les jeunes femmes.

Ce renversement des attentes autour de la parentalité ressort d’une étude menée par la chercheuse Carolina Aragão pour le centre de recherche américain Pew Research Center, relayée par le site italien commentimemorabili.it. L’enquête, réalisée aux États-Unis, interroge des jeunes adultes de 18 à 34 ans sans enfants sur leur désir de fonder une famille, leur rapport au mariage et leurs priorités pour mener une vie jugée réussie.

Une génération Z où les hommes se projettent plus que les femmes comme parents

Chez les jeunes Américains de 18 à 34 ans sans enfants, 57 % des hommes déclarent vouloir devenir parents un jour, contre 45 % des femmes. Cet écart net surprend, car il va à rebours de l’image traditionnelle d’un désir maternel présenté comme naturel et universel, face à des hommes supposés plus réticents à s’engager.

Au total, 51 % des jeunes adultes sans enfants veulent des enfants, 30 % hésitent et 18 % rejettent clairement l’idée de devenir parents.

La génération étudiée ne se détourne donc pas massivement de la parentalité, mais une part importante reste indécise. L’incertitude concerne près d’un tiers des répondants, un niveau élevé qui traduit un rapport moins automatique au fait de fonder une famille que chez leurs aînés.

Le poids du corps, du temps et de la carrière pour les femmes

Pour les jeunes femmes interrogées, la parentalité ne se résume pas à un projet affectif. Elle s’accompagne de conséquences très concrètes sur leur corps, leur emploi du temps et leur trajectoire professionnelle. La grossesse, l’accouchement, la récupération physique, les congés et les éventuels temps partiels pèsent avant tout sur elles.

L’étude rappelle aussi la persistance du carico mentale, que l’on peut traduire par charge mentale : une organisation permanente de la vie domestique et familiale qui repose encore largement sur les femmes. Planning des rendez-vous médicaux, suivi scolaire, gestion des courses, organisation des loisirs, anticipation des imprévus… autant de tâches invisibles qui rendent la maternité moins neutre et plus coûteuse en énergie.

Le travail de soin et la charge mentale continuent de retomber de façon disproportionnée sur les femmes, ce qui rend la décision d’avoir un enfant plus lourde pour elles que pour les hommes.

Face à ce déséquilibre, certaines préfèrent retarder, redimensionner voire renoncer au projet d’enfant, sans pour autant rejeter l’idée de famille au sens large : cercle d’amis très soudé, couple sans enfants, ou famille recomposée plus tardive.

Des parents moins pressants sur la question des enfants

L’étude du Pew Research Center montre aussi que la pression familiale à avoir des enfants s’atténue fortement chez ces jeunes adultes américains. Deux tiers d’entre eux, soit 67 %, disent ne pas ressentir de pression particulière de la part de leurs propres parents pour qu’ils aient des enfants.

Seuls 19 % évoquent une certaine pression et 14 % disent en ressentir beaucoup. Les différences entre hommes et femmes restent limitées, ce qui suggère un changement culturel plus global autour de la parentalité : moins de discours du type « tu dois me donner des petits-enfants » et davantage de liberté laissée aux choix individuels.

La parentalité n’apparaît plus comme une obligation familiale incontournable mais comme une option parmi d’autres dans la vie adulte.

Ce recul de la pression parentale accompagne le report des grandes étapes de la vie familiale : départ du foyer, installation en couple, mariage éventuel, projet d’enfant. Tout s’étire dans le temps, sans calendrier imposé.

Mariage : encore désiré, mais loin d’être une priorité absolue

L’étude s’intéresse aussi aux jeunes de 18 à 34 ans qui ne sont pas mariés. Là encore, le tableau est nuancé : 69 % d’entre eux disent vouloir se marier un jour, 23 % restent incertains et 8 % déclarent ne pas vouloir du mariage. Hommes et femmes se situent à des niveaux proches.

La pression familiale à se marier est, elle aussi, relativement faible : 73 % des jeunes interrogés ne ressentent aucune pression de leurs parents sur ce sujet, 15 % en ressentent un peu et 12 % beaucoup. Le mariage reste donc un projet largement souhaité, mais il ne s’impose plus comme passage obligé.

  • 69 % veulent se marier un jour
  • 23 % hésitent
  • 8 % excluent le mariage
  • 73 % disent ne subir aucune pression parentale pour se marier

Ce décalage entre désir et priorité ressort avec force dans une autre enquête du Pew Research Center, menée en 2023. Elle montre que, lorsqu’on demande aux jeunes adultes ce qui compte vraiment pour une vie épanouie, la place du mariage et des enfants se retrouve reléguée au second plan.

Ce qui compte vraiment pour les jeunes Américains : travail et liens sociaux

En 2023, seuls 22 % des jeunes interrogés considèrent la parentalité comme un élément fondamental pour mener une vie satisfaisante. Ils sont encore moins nombreux, 20 %, à juger le mariage crucial pour une existence « réussie ».

Pour la génération Z américaine, la satisfaction professionnelle (68 %) et la présence d’amis proches (62 %) constituent les deux piliers d’une vie jugée accomplie.

La hiérarchie des priorités se structure désormais autour de deux axes : un travail jugé intéressant, suffisamment stable et cohérent avec ses valeurs ; et un réseau relationnel de qualité, avec des amitiés fortes. Les obligations familiales traditionnelles, autrefois très valorisées, arrivent derrière.

Élément de vie Part des jeunes qui le jugent fondamental
Un travail satisfaisant 68 %
Des amis proches 62 %
Avoir des enfants 22 %
Le mariage 20 %

La famille ne disparaît pas du paysage, mais elle n’est plus le seul horizon de la vie adulte. La réalisation de soi passe par la carrière, l’autonomie et la qualité des liens sociaux en dehors du couple et des enfants.

Quelle situation en France sur la parentalité des jeunes générations ?

Les chiffres cités par le Pew Research Center concernent les États-Unis, mais certains mécanismes trouvent un écho en France. Les études de l’Insee et de l’Ined montrent par exemple un recul de l’âge moyen à la maternité et à la paternité, ainsi qu’une progression du nombre de personnes sans enfants à la fin de leur vie féconde.

La notion de charge mentale est très présente dans le débat français, avec des constats proches : répartition inégale des tâches domestiques, organisation de la vie familiale assumée surtout par les femmes, impact sur la carrière. Les écarts de temps passé aux tâches ménagères et au soin aux enfants entre les sexes restent bien documentés en France.

Comme aux États-Unis, la parentalité ne va plus forcément de soi. Des sondages récents montrent une hausse de la proportion de jeunes adultes qui envisagent éventuellement de ne pas avoir d’enfants, ou repoussent cette décision à plus tard. Les raisons évoquées en France rejoignent en partie celles observées outre-Atlantique : inquiétudes financières, coût du logement, contraintes professionnelles, enjeux écologiques, désir de préserver sa liberté.

La question de la conciliation entre travail et vie familiale se pose aussi avec acuité. Les dispositifs français (congé maternité, congé paternité, modes de garde, prestations familiales) diffèrent de ceux des États-Unis, mais le résultat ressenti sur le terrain reste souvent similaire : ce sont encore majoritairement les femmes qui adaptent leurs horaires, prennent des temps partiels ou interrompent leur carrière.

Charge mentale, travail de soin : des notions clés pour comprendre les choix des jeunes

La charge mentale désigne tout ce travail invisible qui consiste à anticiper, planifier et coordonner la vie quotidienne du foyer. Elle ne se limite pas à « faire » les tâches, mais englobe la responsabilité de penser à chacune d’elles, de les hiérarchiser, d’alerter quand quelque chose manque. Les recherches soulignent que cette charge pèse surtout sur les femmes, même lorsque les hommes participent davantage aux tâches concrètes.

Le travail de soin recouvre quant à lui les soins aux enfants, mais aussi à des proches âgés ou malades. Il peut être professionnel ou familial, rémunéré ou non. Dans les foyers, ce travail reste largement féminisé. Pour une jeune femme qui se projette, combiner ce rôle avec une carrière ambitieuse peut apparaître comme un défi, ce qui contribue à rendre le projet d’enfant plus incertain.

Ces deux notions aident à comprendre pourquoi, dans l’enquête du Pew Research Center, les jeunes hommes se disent plus souvent prêts à devenir parents que les jeunes femmes. Sans vivre physiquement la grossesse et en supportant moins le poids de la coordination familiale, ils se projettent plus facilement dans la paternité.

Une génération qui redéfinit la réussite et la famille

L’ensemble des données mises en avant par commentimemorabili.it et tirées des études du Pew Research Center dessine une Génération Z qui ne rejette pas la famille, mais qui la remet à sa place parmi d’autres objectifs. La carrière, l’autonomie et les liens amicaux occupent le devant de la scène, tandis que parentalité et mariage deviennent des choix individuels, et non plus des passages obligés.

Pour les lecteurs français, cette évolution interroge directement l’organisation de la société : partage des tâches, conditions de travail, accès aux modes de garde, soutien aux jeunes parents. Autant de leviers qui, s’ils évoluent, pourraient peser sur le désir d’enfant des générations à venir, des deux côtés de l’Atlantique.

Questions fréquentes

Pourquoi les hommes de la génération Z veulent-ils plus devenir parents que les femmes ?

L'étude du Pew Research Center attribue cette différence au fait que la maternité impose des conséquences concrètes aux femmes : grossesse, accouchement, impact professionnel, et surtout charge mentale persistante (organisation des rendez-vous, suivi scolaire, gestion domestique) qui reposent largement sur elles, tandis que les hommes supportent ces responsabilités de manière moins systématique.

Quel pourcentage de jeunes adultes sans enfants rejettent complètement la parentalité ?

Selon l'enquête, 18 % des jeunes adultes américains de 18 à 34 ans sans enfants rejettent clairement l'idée de devenir parents, tandis que 30 % hésitent et 51 % envisagent d'avoir des enfants.

Les parents exercent-ils toujours une pression sur leurs enfants pour avoir des petits-enfants ?

Non, la pression familiale s'est fortement atténuée : 67 % des jeunes adultes interrogés déclarent ne pas ressentir de pression de leurs parents pour avoir des enfants, seuls 19 % en mentionnent une certaine et 14 % beaucoup, suggérant un changement culturel vers plus de liberté individuelle.

Le mariage reste-t-il un objectif important pour la génération Z américaine ?

Le mariage est largement souhaité (69 % des jeunes non mariés veulent se marier un jour), mais il n'est plus une priorité absolue pour une vie réussie : seuls 20 % le jugent crucial, loin derrière la satisfaction professionnelle (68 %) et l'amitié (62 %).

Ces tendances s'observent-elles aussi en France ?

Oui, selon les études de l'INSEE et l'INED, on observe en France des mécanismes similaires : recul de l'âge moyen à la maternité et paternité, augmentation des personnes sans enfants, persistance de la charge mentale inégalement répartie, et hausse des jeunes adultes envisageant de ne pas avoir d'enfants ou repoussant cette décision.
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