En avril, en France, quelques interventions ciblées sur la rhubarbe suffisent à changer l’abondance et la taille des tiges estivales.
Alors que les premières pousses percent la terre, le site britannique Express.co.uk relaie les conseils du jardinier Luke Dejahang pour préparer la rhubarbe au printemps. Trois actions simples, réalisées dès le mois d’avril, conditionnent en grande partie la vigueur des touffes et la générosité des récoltes, y compris dans les jardins français.
Nettoyer la couronne de rhubarbe sans la recouvrir
À la sortie de l’hiver, les touffes repartent, mais elles restent fragiles. Le premier geste consiste à faire place nette autour de chaque pied. Luke Dejahang recommande de dégager soigneusement la couronne, la zone d’où partent les tiges.
Un bon nettoyage autour de la couronne limite la concurrence, laisse la lumière atteindre le sol et prépare la plante à produire de grosses tiges.
Concrètement, il s’agit de retirer :
- les vieilles feuilles mortes, parfois collées au sol et en décomposition ;
- les mauvaises herbes qui profitent de la même humidité que la rhubarbe ;
- les débris végétaux accumulés pendant l’hiver.
Le spécialiste conseille de désherber sur environ un mètre autour du pied. Ce rayon limite la concurrence des racines voisines et offre une zone de terre souple, idéale pour le développement des pétioles, ces tiges charnues que l’on récolte pour la cuisine.
Supprimer hampes florales et feuilles abîmées
La rhubarbe a tendance à produire de hautes hampes florales. Visuellement spectaculaires, elles fatiguent pourtant la plante. Toute l’énergie se dirige alors vers la floraison au détriment des tiges.
Dès qu’un bourgeon floral apparaît, le conseil reste clair : le couper au ras, dès son apparition. Cette taille concentre les ressources dans les pétioles, qui gagnent en longueur et en diamètre. Les feuilles abîmées ou pourries sont aussi retirées, en prenant soin de ne pas blesser le collet.
Dans de nombreux jardins, un paillis épais est posé à l’automne pour protéger les racines du froid. Au printemps, ce même paillis peut devenir un handicap s’il étouffe la couronne ou empêche le sol de se réchauffer.
Le paillis d’hiver doit être allégé pour permettre à la terre de gagner en température, tout en gardant la couronne visible et bien aérée.
On enlève donc la plus grande partie de cette couverture autour du pied, tout en laissant une fine protection sur la périphérie pour limiter l’évaporation et les levées de mauvaises herbes.
Nourrir et hydrater généreusement la rhubarbe au printemps
La rhubarbe figure parmi les vivaces gourmandes. Elle puise beaucoup de nutriments pour produire rapidement des tiges épaisses. Au printemps, un apport organique généreux joue le rôle de repas complet.
Selon les conseils relayés par Express.co.uk, le compost bien mûr reste la base. Une brouette pour 1 m² ou deux bonnes pelletées autour de chaque pied constituent une dose de référence. Le compost est simplement griffé en surface pour ne pas perturber les racines déjà actives en profondeur.
Un apport de compost bien mûr au printemps nourrit le pied en continu et soutient une croissance forte et régulière.
Luke Dejahang recommande aussi un engrais riche en azote, apporté au printemps. Cet élément stimule la croissance des parties aériennes, donc des tiges. Utilisé en complément du compost, il donne, selon lui, « un excellent coup de fouet » à la plante et garantit une croissance « forte et fructueuse ».
Engrais liquides, cendres de bois et gestion de l’eau
En avril, les racines reprennent déjà leur activité. Un travail du sol trop profond risquerait de les blesser. Dans ce contexte, l’emploi d’un engrais liquide spécial fruits et légumes, dilué dans l’eau d’arrosage, limite les risques de dommages sur les racines.
Une fine poignée de cendres de bois, riche en potasse, peut également être répandue autour du pied, en petite quantité, pour soutenir la floraison et la résistance des tissus. L’usage doit rester modéré, car les cendres rendent le sol plus alcalin.
Côté arrosage, la rhubarbe apprécie une terre fraîche, mais sans excès d’eau. L’objectif est d’éviter les à-coups hydriques qui stressent la plante et réduisent le calibre des tiges.
- La terre ne doit pas sécher en profondeur.
- Les excès d’arrosage prolongés sont à éviter pour limiter les risques de pourriture.
Vers la fin du printemps, un paillage organique de 5 cm (paille, feuilles sèches, tontes bien sèches) permet de maintenir l’humidité et de protéger le sol du soleil. Là encore, le collet doit rester découvert pour éviter l’asphyxie.
Diviser les touffes âgées pour relancer la production
Avec les années, certaines touffes de rhubarbe produisent des tiges plus fines et moins nombreuses. Ce signe traduit souvent un épuisement localisé du pied et une densité excessive de bourgeons.
Pour les pieds âgés de trois ou quatre ans, Luke Dejahang recommande la division. Selon lui, « si la plante a environ trois à quatre ans, il est conseillé de la diviser car cela encouragera une nouvelle croissance de la rhubarbe ».
La division des vieux pieds redonne de la vigueur aux touffes et permet de replanter de nouveaux sujets plus productifs.
La période idéale se situe en dormance, de la fin de l’automne au début du printemps. Le pied est alors déterré et divisé en plusieurs éclats, chacun portant au moins un ou deux bourgeons et une portion de racines. Ces fragments sont ensuite replantés dans un sol riche, à bonne distance les uns des autres.
En avril, cette opération reste possible, mais de façon partielle. Le jardinier conseille de prélever un ou deux éclats en bordure de touffe seulement, quitte à accepter une récolte un peu plus légère la même année. La plante dispose ainsi de temps pour se reconstituer avant l’été.
Récolter au bon moment et avec le bon geste
Une fois ces soins prodigués, les premières tiges deviennent récoltables entre avril et la mi-juillet, lorsqu’elles dépassent 25 cm. Luke Dejahang insiste sur un repère visuel : « plus la couleur rouge de la rhubarbe est profonde, plus les tiges seront savoureuses ».
La manière de couper les tiges compte aussi. Il recommande de « saisir les tiges près de la base et de tirer légèrement sur le côté pour éviter d’endommager la plante ». Ce geste permet d’arracher le pétiole à son point d’attache, sans laisser de moignon susceptible de pourrir.
Une récolte menée tige par tige, en tirant à la base, ménage le pied et prolonge sa durée de vie au jardin.
Les tiges se consomment en compote, tartes, crumbles ou confitures. Les feuilles, riches en oxalates, ne sont pas utilisées en cuisine et rejoignent le compost, à condition d’être bien mélangées à d’autres matières.
Ce que ces conseils changent pour les jardins en France
Les recommandations relayées par Express.co.uk concernent un jardinier au Royaume-Uni, mais elles s’appliquent directement au climat de nombreuses régions françaises, où la rhubarbe se cultive en pleine terre.
En France, les jardiniers amateurs suivent des principes similaires :
- un nettoyage minutieux du pied au printemps, avec suppression des hampes florales ;
- un apport de compost ou de fumier bien décomposé pour enrichir le sol ;
- une division tous les quelques années pour conserver des touffes vigoureuses.
Les structures de conseil comme les associations de jardiniers, les clubs de jardinage ou les réseaux de jardins partagés diffusent ce type de pratiques. Elles insistent souvent sur l’adaptation au climat local : dans les régions chaudes, la gestion de l’eau et du paillage devient prioritaire, alors que dans les zones plus fraîches, la protection hivernale et la date de reprise au printemps jouent un rôle central.
Quelques repères pratiques pour réussir la rhubarbe au jardin
Pour aider un lecteur français à se repérer, voici quelques points concrets, en complément des conseils de Luke Dejahang :
| Aspect | Pratique recommandée |
|---|---|
| Exposition | Situation ensoleillée ou mi-ombre légère, surtout en climat chaud |
| Sol | Profond, riche en matière organique, restant frais l’été |
| Entretien de printemps | Nettoyage, apport de compost, allègement du paillis |
| Arrosage | Régulier en période sèche, sans excès d’eau stagnante |
| Division | Tous les 3 à 4 ans environ, hors période de pleine végétation |
| Période de récolte | D’avril à mi-juillet, quand les tiges dépassent 25 cm |
Un autre point souvent évoqué concerne la durée de vie d’un pied. Bien conduit, un sujet peut rester en place de nombreuses années. Le trio nettoyage-nourrissage-division limite les baisses de régime et prévient les maladies liées à l’épuisement ou à la stagnation d’humidité autour du collet.
Pour les jardiniers débutants, la rhubarbe offre une culture relativement accessible. Les gestes décrits par le média britannique et applicables en France structurent un calendrier clair : entretien en avril, suivi de l’humidité, éventuellement division ciblée, puis récoltes régulières jusqu’au cœur de l’été. Une organisation qui favorise des tiges à la fois tendres et abondantes tout au long de la saison.









