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Les psychologues sont unanimes : ce n’est pas en les refoulant qu’on apaise ses émotions, voici ce qui fonctionne vraiment

Une personne en détente, les yeux fermés, avec une expression paisible, illustrant la pratique de l'autohypnose et la gestion bienveillante des émotions.

Colère, tristesse, angoisse… En France, les spécialistes de la santé mentale tirent la même alerte : étouffer ses émotions les aggrave au lieu de les calmer.

Le livre « Faire la paix avec ses émotions » de Kevin Finel, mentionné par l’éditeur français Leduc, s’inscrit dans un constat largement partagé par les psychologues : apprendre à gérer ses émotions ne consiste pas à les faire taire. Il s’agit plutôt de les comprendre, de les sentir et de les utiliser comme des signaux. Cette approche, très présente dans la thérapie actuelle, intéresse directement les lecteurs français confrontés à un climat anxiogène, entre actualité tendue et pression du quotidien.

Refouler ses émotions : une stratégie qui se retourne contre soi

Notre quotidien ressemble à un fil d’actualité permanent. Informations anxiogènes, tensions sociales, inquiétudes économiques, conflits géopolitiques : chaque jour apporte son lot de motifs d’inquiétude. Les réseaux sociaux, en France comme ailleurs, amplifient encore ce phénomène en exposant en continu les émotions des autres, souvent les plus extrêmes.

Dans ce contexte, beaucoup adoptent la même tactique : serrer les dents, « prendre sur soi », ignorer ce qui se passe à l’intérieur. Or, la psychologie moderne montre qu’un tel réflexe ne calme rien. Au contraire, le refoulement émotionnel augmente la tension intérieure, fatigue l’organisme et finit par resurgir sous forme de colère explosive, d’anxiété diffuse ou de troubles somatiques.

Ignorer une émotion ne la fait pas disparaître. Elle se déplace, se cache, se transforme… mais continue d’agir.

C’est l’un des messages au cœur de l’ouvrage de Kevin Finel, spécialiste de l’hypnose et de la pédagogie du changement. L’auteur rappelle qu’en France, comme dans de nombreux pays occidentaux, on apprend à lire, écrire et compter, mais rarement à ressentir. Résultat : face à la colère, la tristesse ou la peur, beaucoup se sentent démunis et n’ont que deux réflexes possibles, tout aussi inefficaces : exploser ou se couper de ce qu’ils ressentent.

Apprendre à ressentir : une compétence psychologique oubliée

Le livre « Faire la paix avec ses émotions », présenté par l’éditeur Leduc, propose de considérer les émotions non comme des ennemies, mais comme des informations. La colère peut devenir une énergie de protection ou de changement, la tristesse un signal d’alerte sur un besoin non comblé, la peur une boussole intérieure qui indique un danger ou une limite à respecter.

Pour les psychologues, ce basculement de regard est central. Une émotion n’est pas un problème en soi, c’est une réaction du corps et du cerveau à une situation perçue. Tenter de la faire taire revient à éteindre une alarme sans se demander pourquoi elle s’est déclenchée.

Apaiser une émotion, ce n’est pas la faire taire, c’est la laisser se dire correctement pour qu’elle puisse s’apaiser d’elle-même.

Dans ce cadre, Kevin Finel propose une « pédagogie du ressenti » : apprendre à repérer les sensations dans le corps, à mettre des mots sur ce qui se passe, à laisser l’émotion suivre son cycle naturel plutôt que la bloquer. Cette idée rejoint ce que défendent nombre de psychothérapeutes en France : la régulation émotionnelle est une compétence qui se travaille, comme un muscle.

Transformer plutôt que supprimer : un autre rapport aux émotions

L’ouvrage évoqué par Leduc affirme une position claire : vouloir supprimer ses émotions est vain. Ce qui fonctionne, d’après les approches cliniques actuelles, consiste plutôt à :

  • reconnaître ce que l’on ressent, même si c’est inconfortable ;
  • accepter l’émotion comme un signal, sans se définir par elle ;
  • chercher le message qu’elle porte (besoin, limite, valeur touchée) ;
  • laisser au corps le temps de traverser cette émotion ;
  • agir ensuite avec plus de clarté, une fois le pic émotionnel passé.

Cette démarche ne promet aucune « recette miracle », insiste le texte de présentation. Il s’agit davantage d’une exploration progressive de son monde intérieur, adaptée à la singularité de chacun. Chaque personne dispose de ses propres déclencheurs, de sa propre histoire, de sa manière spécifique de ressentir.

L’autohypnose, l’outil phare mis en avant par Kevin Finel

Au fil du livre, Kevin Finel, figure reconnue de l’hypnose en France, met en avant un outil précis : l’autohypnose. Cette pratique, proche de la méditation de pleine conscience sur certains aspects, vise à créer un état de concentration modifiée pour dialoguer plus facilement avec ses sensations et ses émotions.

L’éditeur Leduc présente le livre comme une invitation à « dialoguer avec votre monde intérieur » grâce à des exercices d’autohypnose. L’idée : apprendre à se mettre volontairement dans un état de détente et de focalisation, puis observer ce qui se passe à l’intérieur sans jugement, avec curiosité.

L’autohypnose sert ici de passerelle : elle aide à faire de la place à ce que l’on ressent, au lieu de l’écarter.

Dans la présentation de l’ouvrage, il est question d’une « approche accessible, profonde et concrète ». Pas de promesses spectaculaires, mais un entraînement régulier pour :

  • ralentir le flot des pensées automatiques ;
  • identifier plus finement les sensations physiques associées aux émotions ;
  • repérer les automatismes (se fermer, s’énerver, fuir) ;
  • tester de nouvelles réponses plus adaptées aux situations.
  • Cette méthode rejoint des tendances fortes de la psychologie actuelle, où l’on travaille de plus en plus avec le corps et les sensations, et pas uniquement avec les pensées.

    Ce que cela change pour un lecteur en France

    En France, la prise en charge des troubles anxieux et dépressifs repose principalement sur les psychologues, les psychiatres, les médecins généralistes et différentes formes de psychothérapie. L’hypnose et l’autohypnose restent des pratiques complémentaires, souvent proposées en cabinet par des professionnels formés, parfois intégrées à des hôpitaux ou à des structures de soins.

    La démarche mise en avant par Kevin Finel et relayée par Leduc peut intéresser les lecteurs français pour plusieurs raisons :

    • elle n’exige pas de suivi lourd, mais un entraînement personnel régulier ;
    • elle peut s’articuler avec une thérapie classique (thérapie cognitive et comportementale, psychanalyse, thérapie humaniste, etc.) ;
    • elle s’inscrit dans une tendance plus large d’éducation émotionnelle, encore peu enseignée à l’école.

    Pour autant, les professionnels rappellent que ces outils ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique lorsque la souffrance devient intense : épisodes dépressifs, crises de panique, idées suicidaires ou troubles sévères nécessitent une évaluation par un spécialiste. L’autohypnose ou les exercices de ressenti peuvent alors venir en complément, jamais en substitut.

    Comment reconnaître qu’on refoule ses émotions ?

    Dans l’esprit des approches décrites par Kevin Finel et par de nombreux psychologues français, plusieurs indices peuvent alerter :

    Signe observable Ce que cela peut indiquer
    Dire souvent « ça va » alors que le corps est tendu Habitude de minimiser ou d’ignorer le ressenti réel
    Exploser pour des broutilles Accumulation d’émotions non exprimées qui finissent par déborder
    Fatigue chronique, tensions musculaires récurrentes Effort constant pour garder le contrôle et contenir ce qui se passe à l’intérieur
    Difficulté à nommer ce que l’on ressent Manque d’habitude à observer et identifier ses émotions

    Pour y faire face, les psychologues recommandent souvent des exercices simples : mettre un mot sur l’émotion (« je suis en colère », « je me sens triste »), localiser dans le corps où elle se manifeste, lui accorder quelques minutes d’attention sans distraction, ou encore l’écrire sur un carnet. Autant de stratégies compatibles avec l’autohypnose, qui permet d’installer un cadre mental propice à ce type de travail intérieur.

    Un enjeu concret : santé, relations, décisions

    Derrière ce débat sur le refoulement se cache un enjeu très concret pour les Français : mieux gérer ses émotions améliore la santé, la qualité des relations et la clarté dans les choix de vie. Les travaux en psychologie montrent que ceux qui reconnaissent plus facilement leurs émotions et savent les réguler ont en moyenne :

    • moins de conflits chroniques dans le couple ou au travail ;
    • une meilleure capacité à poser des limites sans agressivité ;
    • une plus grande flexibilité face aux changements ;
    • un risque moindre d’épuisement émotionnel.

    L’ouvrage « Faire la paix avec ses émotions », tel que présenté par Leduc, s’inscrit dans cette dynamique. Il s’adresse à ceux qui se sentent dépassés par ce qu’ils vivent intérieurement, sans chercher à « corriger » leurs émotions, mais à les rendre enfin audibles. Une approche en phase avec ce que défendent de nombreux psychologues : ce n’est pas en serrant les dents que la tempête intérieure se calme, c’est en apprenant à écouter ce qu’elle vient dire.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que le refoulement émotionnel et pourquoi est-ce nuisible ?

    Le refoulement consiste à ignorer ou à étouffer ses émotions, croyant les faire disparaître. Or, la psychologie moderne montre que cette stratégie aggrave la situation en augmentant la tension intérieure et en laissant l'émotion resurgir sous d'autres formes, comme la colère explosive ou l'anxiété diffuse.

    Comment reconnaître qu'on refoule ses émotions ?

    L'article mentionne des indices alertant notamment dire souvent « ça va » alors que le corps exprime autre chose. Autres signes possibles : une fatigue persistante, des réactions disproportionnées, ou l'apparition de troubles somatiques.

    Qu'est-ce que l'autohypnose et comment aide-t-elle à gérer les émotions ?

    L'autohypnose est un état de concentration modifiée proche de la méditation de pleine conscience, qui permet de dialoguer avec ses sensations et émotions sans jugement. Elle aide à ralentir les pensées automatiques, à identifier les sensations physiques et à tester de nouvelles réponses adaptées.

    L'autohypnose peut-elle remplacer un suivi médical ou psychologique ?

    Non. Les professionnels rappellent que l'autohypnose et les exercices de ressenti sont des outils complémentaires qui ne remplacent pas un suivi lorsque la souffrance est intense : dépression, crises de panique ou troubles sévères nécessitent une évaluation par un spécialiste.

    Comment fonctionnent les émotions selon la nouvelle approche proposée ?

    Les émotions sont considérées comme des signaux informatifs plutôt que des problèmes. La colère signale un besoin de protection, la tristesse un besoin non comblé, la peur une limite à respecter. Le travail consiste à laisser l'émotion suivre son cycle naturel après avoir compris son message.
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