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Deux araignées envoyées dans la Station spatiale internationale : ce que les scientifiques ont vu dans leurs toiles les a surpris

Une araignée sauteuse observée dans un environnement de microgravité à bord de la Station spatiale internationale, avec ses fils de soie visibles et une mouche des fruits à proximité.

En 2012, deux petites araignées sauteuses ont embarqué pour la Station spatiale internationale, aux États-Unis, pour une expérience inattendue.

Envoyées à bord de l’ISS par la NASA, ces « spidernautes » ont été observées pendant plusieurs semaines afin de comprendre comment elles chassent et se déplacent en apesanteur, rapporte le média britannique Discover Wildlife. Les scientifiques ne s’attendaient pas à ce qu’elles réussissent aussi bien à s’adapter aux conditions extrêmes de la microgravité.

Deux « spidernautes » en orbite pour tester la microgravité

En 2012, deux araignées sauteuses individuelles ont quitté la Terre pour rejoindre la Station spatiale internationale. Il s’agissait :

  • d’une araignée sauteuse Johnson baptisée Nefertiti ;
  • d’une araignée sauteuse zébrée nommée Cléopâtre.

Leur objectif : servir de modèles vivants pour étudier l’adaptation du comportement de chasse et des déplacements à la microgravité. Sur Terre, ces araignées utilisent des bonds précis et une excellente vision pour capturer leurs proies, principalement des mouches. Dans l’espace, la quasi-absence de gravité menace de désorienter leurs repères.

Les deux araignées ont été envoyées dans l’ISS pour voir comment leurs techniques de chasse et de locomotion se modifiaient en apesanteur, sur une durée record de 100 jours.

Selon Discover Wildlife, les astronautes n’ont pas mis longtemps à voir Nefertiti passer à l’action. Malgré un environnement radicalement différent de son habitat naturel, elle a rapidement réussi à chasser et capturer ses drosophiles, des mouches des fruits, sans montrer de signes apparents de désorientation.

Une chasse presque « normale » dans un environnement totalement inhabituel

L’un des enjeux de cette mission consistait à vérifier si des animaux habitués à utiliser la gravité comme repère pouvaient compenser son absence en se fiant à d’autres informations sensorielles. Les araignées sauteuses, connues pour leurs déplacements vifs et leurs bonds millimétrés, représentaient un modèle idéal.

Les observations menées à bord de l’ISS ont montré que Nefertiti parvenait à :

  • repérer sa proie à distance, grâce à sa vue particulièrement développée ;
  • ajuster sa trajectoire de chasse malgré l’absence de « haut » et de « bas » ;
  • se stabiliser et se repositionner en utilisant ses soies et ses fils de soie comme points d’ancrage.

Le comportement de Cléopâtre, l’araignée sauteuse zébrée, a lui aussi été étudié durant le séjour en orbite, mais la source ne détaille pas la façon dont elle chassait, ni d’éventuelles différences avec Nefertiti. Discover Wildlife insiste surtout sur la capacité globale de ces animaux à gérer la désorientation potentielle liée à la microgravité.

Un record de durée en orbite pour une araignée

La mission des deux araignées a établi un record : 100 jours passés dans l’espace, ce qui constitue, d’après Discover Wildlife, la plus longue durée jamais atteinte par une araignée en orbite.

Avec ses 100 jours dans l’ISS, la mission de Nefertiti a établi un record de longévité spatiale pour une araignée.

Au terme de ce séjour, les deux animaux ont entamé leur voyage de retour vers la Terre. Cléopâtre n’a pas survécu à ce retour, mais Nefertiti, elle, a franchi une étape historique : elle est devenue la première araignée à revenir vivante de l’espace et à se réadapter à la gravité terrestre.

Nefertiti, première araignée à survivre au voyage aller-retour

Une fois de retour sur Terre, Nefertiti a prouvé qu’un petit animal ayant passé plusieurs semaines en microgravité pouvait à nouveau composer avec la pesanteur. Discover Wildlife souligne qu’elle s’est réadaptée avec succès à la gravité.

Cette réadaptation soulève des questions scientifiques importantes : les systèmes nerveux et musculaires d’animaux de petite taille peuvent-ils encaisser de tels changements sans séquelles majeures ? Dans le cas de Nefertiti, l’expérience montre une réelle plasticité.

Après ce « marathon » spatial, la petite araignée était destinée, selon le média britannique, à une retraite paisible. Elle a été confiée au National Museum of Natural History de Washington, un musée d’histoire naturelle comparable au Muséum national d’histoire naturelle à Paris.

De retour aux États-Unis, Nefertiti a été placée dans un terrarium sur mesure au National Museum of Natural History, où elle est morte quatre jours plus tard.

Le musée a conçu un enclos spécialement adapté pour l’ex-astronaute à huit pattes. Le public a ainsi pu l’observer brièvement, avant sa mort survenue seulement quatre jours après son installation à Washington.

Pourquoi envoyer des araignées dans l’espace ?

L’article de Discover Wildlife replace cette mission dans un contexte plus large : depuis des décennies, des animaux de différentes espèces sont envoyés dans l’espace afin de préparer et d’accompagner l’exploration humaine. Chiens, souris, primates, mais aussi méduses ou insectes ont déjà pris part à ces recherches.

L’objectif n’est pas seulement symbolique. Les animaux servent à :

  • tester l’impact de l’apesanteur sur le développement, la reproduction et le comportement ;
  • comprendre comment les systèmes nerveux et musculaires s’adaptent quand la gravité disparaît ;
  • préparer d’éventuelles installations de longue durée en orbite ou sur d’autres astres.

Discover Wildlife rappelle par exemple que la NASA a déjà envoyé plus de 2 000 méduses juvéniles dans l’espace. À leur retour, les chercheurs ont étudié les générations suivantes, nées en microgravité, pour voir comment elles se comportaient une fois de retour dans l’océan.

Des enseignements pour de futurs écosystèmes spatiaux

Le média cite également d’autres expériences menées en orbite, notamment sur des plantes comme les mousses, fixées sur la Station spatiale internationale. Les chercheurs ont indiqué que les résultats les avaient « véritablement étonnés », au point d’y voir un point de départ pour imaginer des écosystèmes complets en environnement extraterrestre, sur la Lune ou sur Mars.

Les araignées comme Nefertiti et Cléopâtre s’inscrivent dans cette logique. Ce sont des prédateurs de petite taille, capables de contrôler des populations d’insectes. Pour des habitats futurs, fermés et autosuffisants, comprendre comment de tels prédateurs se comportent en apesanteur peut s’avérer précieux.

Quelles recherches en France sur les animaux dans l’espace ?

Les expériences décrites par Discover Wildlife se déroulent dans le cadre de missions pilotées par les États-Unis et leur agence spatiale, la NASA, à bord de l’ISS. En Europe, l’Agence spatiale européenne (ESA), dont la France est un acteur clé, participe elle aussi à des études sur le vivant en orbite.

Pour un lecteur français, le parallèle le plus direct concerne les expériences de biologie spatiale menées avec la contribution du Centre national d’études spatiales (CNES). Le CNES, équivalent français de la NASA, collabore régulièrement avec l’ESA pour :

  • étudier les effets de l’impesanteur sur le corps humain, notamment pour les astronautes européens comme Thomas Pesquet ;
  • tester la croissance de certaines plantes en orbite ;
  • analyser le comportement de micro-organismes et de petites espèces animales.

La France a aussi une longue histoire d’envoi d’animaux dans l’espace, notamment la chienne Ratnik et le célèbre chat Félicette dans les années 1960, à bord de fusées-sondes, bien avant l’ISS. Ces missions visaient déjà à mesurer les réactions du vivant à des conditions extrêmes, même si les moyens techniques n’avaient rien à voir avec ceux utilisés aujourd’hui pour des araignées ou des méduses en microgravité.

Ce que ces « spidernautes » apprennent aux chercheurs

Les expériences sur des araignées sauteuses n’apportent pas uniquement des images spectaculaires d’animaux en apesanteur. Elles renseignent très concrètement les chercheurs sur la capacité d’adaptation des sens, des réflexes et de la coordination motrice.

Point étudié Intérêt scientifique
Orientation sans gravité Comprendre comment un animal compense la disparition du repère « haut/bas ».
Stratégies de chasse Voir si les séquences de poursuite et de capture se modifient.
Utilisation de la soie Analyser si les fils servent davantage de lignes de vie et de stabilisation.
Retour à la gravité Observer la réversibilité des adaptations après un long séjour en orbite.

Pour la recherche spatiale, ces données complètent celles obtenues sur des espèces plus proches de l’être humain, comme les rongeurs ou certains primates. Elles aident à mieux cerner ce qui, dans le comportement, dépend strictement de la gravité, et ce qui repose surtout sur la vision, l’équilibre interne ou d’autres capteurs sensoriels.

Pour un lecteur français, ces expériences rappellent que la préparation des missions longues, vers Mars par exemple, ne concerne pas seulement les astronautes. Elle implique aussi la mise au point d’écosystèmes capables de fonctionner sur des mois ou des années, avec des chaînes alimentaires complètes. Des prédateurs minuscules comme Nefertiti peuvent, à cette échelle, fournir des indices précieux sur la façon dont ces futurs écosystèmes réagiront loin de la Terre.

Questions fréquentes

Pourquoi la NASA a-t-elle envoyé des araignées dans l'espace ?

Les araignées ont été envoyées pour étudier comment les animaux s'adaptent à la microgravité, notamment en matière de chasse, de déplacement et de comportement. Cette recherche aide à préparer d'éventuelles installations de longue durée en orbite ou sur d'autres astres comme la Lune ou Mars.

Comment Nefertiti a-t-elle réussi à chasser sans gravité ?

Nefertiti a utilisé sa vue particulièrement développée pour repérer ses proies à distance, a ajusté sa trajectoire de chasse malgré l'absence de haut et bas, et s'est stabilisée en utilisant ses fils de soie comme points d'ancrage.

Qu'est devenue Nefertiti après son retour sur Terre ?

Après avoir franchi le trajet de retour, Nefertiti s'est réadaptée avec succès à la gravité terrestre. Elle a été placée au National Museum of Natural History de Washington dans un terrarium spécialisé, où elle est morte quatre jours après son arrivée.

Quelle est l'importance scientifique de cette mission ?

Cette mission a démontré que les systèmes nerveux et musculaires des petits animaux possèdent une plasticité leur permettant de s'adapter à des changements environnementaux extrêmes. Ces résultats aident à concevoir des écosystèmes complets et autosuffisants pour les futurs habitats spatiaux.

Pourquoi Cléopâtre n'a-t-elle pas survécu au retour ?

L'article ne précise pas les raisons de la mort de Cléopâtre lors du trajet de retour vers la Terre.
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