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Il transforme une vieille Yamaha en grand-bi : ce vélo du XIXe siècle devient le plus rapide du monde

Il transforme une vieille Yamaha en grand-bi : ce vélo du XIXe siècle devient le plus rapide du monde

En Angleterre, un jeune ingénieur a passé des centaines d’heures sur une Yamaha R6 pour ressusciter un étonnant vélo géant d’inspiration victorienne.

Au Royaume-Uni, un passionné de mécanique a décidé de fusionner moto sportive moderne et vélo du XIXe siècle pour créer un engin unique. Comme le raconte le site d’actualités insolites Oddity Central, ce Britannique affirme avoir construit le grand-bi motorisé le plus rapide du monde, à partir d’une Yamaha R6 d’environ vingt ans totalement métamorphosée.

Un rêve de grand-bi devenu projet fou

L’ingénieur s’appelle Greg Mitchell et vit à Swindon, en Angleterre. Il raconte que tout a commencé… pendant son sommeil. Après avoir regardé des vidéos sur YouTube, il s’endort en ayant en tête des images de motos et de vélos d’époque. La nuit suivante lui donne l’idée de sa vie.

L’ingénieur britannique affirme avoir imaginé son « SuperFarthing » en rêve, avant de le concrétiser en près de 750 heures de travail.

« L’idée m’est venue dans un rêve, a expliqué Greg Mitchell au magazine spécialisé Motorcycle News (MCN). Je me suis endormi devant des vidéos YouTube puis j’ai rêvé que je fabriquais ce vélo. Je me suis réveillé et je l’ai immédiatement notée. Je ne sais pas dessiner, alors j’ai utilisé une IA pour générer une maquette, et là j’ai su qu’il fallait que je le construise. »

Le principe : transformer une moto de série, une Yamaha R6 âgée d’une vingtaine d’années, en reproduction moderne de grand-bi, ce vélo emblématique de la fin du XIXe siècle avec une roue avant géante et une petite roue arrière.

Un clin d’œil au grand-bi, symbole de l’ère victorienne

Le grand-bi, apparu dans les années 1870, a longtemps symbolisé la modernité des villes industrielles anglaises. Sa gigantesque roue avant permettait de parcourir plus de distance à chaque tour de pédale, au prix d’une stabilité précaire et de chutes spectaculaires. Il sera rapidement supplanté par le « vélo de sécurité » à deux roues de taille comparable, ancêtre de la bicyclette actuelle.

Dans son projet, Greg Mitchell ne cherche pas à faire une réplique historique fidèle, mais à reprendre l’allure générale de ces vélos géants en y ajoutant un moteur de moto sportive. Il baptise sa création « SuperFarthing », clin d’œil à l’appellation anglaise d’origine.

Un budget limité, mais beaucoup d’acier

Au départ, l’ingénieur envisage une structure en aluminium. Très vite, un calcul simple le ramène à la réalité : rien qu’en matière première, la facture dépasserait les 4 000 livres sterling, soit environ 5 000 dollars. Il fouille alors son terrain et récupère plusieurs centaines de kilos d’acier stockés là.

  • Matériau initialement envisagé : aluminium, abandonné pour son coût.
  • Matériau finalement utilisé : acier de récupération trouvé chez lui.
  • Temps total de travail : environ 750 heures, selon Greg Mitchell.
  • Base mécanique : une Yamaha R6 d’environ vingt ans.

Le cœur du projet réside dans la roue avant géante, qui rappelle visuellement celle d’un grand-bi. Elle pèse 165 kg et se compose de 420 pièces usinées une par une. Greg Mitchell construit aussi un énorme bras oscillant vertical pour relier cette roue au châssis de la moto, profondément modifié.

Une ancienne Yamaha R6 métamorphosée

La Yamaha R6 choisie pour ce projet n’a plus grand-chose à voir avec la sportive d’origine. Greg Mitchell passe des dizaines d’heures à déplacer les organes essentiels de la moto afin de les adapter à la nouvelle architecture « grand-bi ».

Il repositionne l’échappement et le radiateur, perce pas moins de 890 trous individuels dans différentes pièces pour gagner du poids ou fixer des éléments, et teste plusieurs configurations avant d’arriver à un prototype complet. L’objectif : construire rien de moins que le grand-bi motorisé le plus rapide du monde.

Entre la roue avant de 165 kg, le bras oscillant vertical et près de 900 perçages, la R6 d’origine a laissé place à une machine radicalement différente.

Une fois l’ensemble assemblé, vient le moment de vérité : le premier essai sur route. C’est là que le rêve se confronte à la physique.

Un engin spectaculaire… mais presque inconduisible

Dès les premiers mètres, l’ingénieur comprend que son SuperFarthing est tout sauf docile. La hauteur de la machine, le poids massif concentré à l’avant et la géométrie très particulière la rendent extrêmement instable.

Pour qu’elle reste verticale, Greg Mitchell installe deux petites roues latérales, des stabilisateurs similaires à ceux d’un quad ou d’un tricycle, prévus au départ pour se rétracter hydrauliquement. Il imagine d’abord pouvoir les relever en roulant.

Mais après quelques essais, il change totalement d’avis : rouler sans ces stabilisateurs revient, selon lui, à « un suicide avec des étapes en plus ». Résultat : la fonction permettant de les lever disparaît, et les petites roues latérales restent en permanence au sol.

Autre difficulté : même avec le guidon braqué au maximum, la machine ne veut tout simplement pas tourner. La fourche se déforme sous l’effort, au point que la moto va tout droit. Le moindre dévers de la route entraîne la machine dans sa pente, malgré les efforts du pilote pour corriger la trajectoire.

Retour à la planche à dessin

Face à ces problèmes, Greg Mitchell reprend quasiment tout l’avant de la moto. Il remplace la fourche par un ensemble rigide, renforce le cadre et ajoute un système de direction assistée hydraulique.

Pour garder le contrôle, le pilote actionne des boutons au guidon qui pilotent une direction assistée hydraulique, afin de contrer les pentes de la route.

Concrètement, des boutons montés sur le guidon commandent la direction assistée pour aider la machine à ne pas « tomber » du côté du dévers. Sans ce système, la moto suivrait naturellement la pente de la route, poussée par le poids de la roue avant.

« Au départ, je pensais la conduire une fois et ne plus jamais remonter dessus, raconte-t-il. En réalité, ce n’est pas aussi épouvantable qu’on pourrait l’imaginer. Avec les stabilisateurs baissés, c’est un peu comme piloter un quad très haut perché. »

Sur un court tronçon, il parvient déjà à atteindre environ 50 mph, soit environ 80 km/h, tout en estimant que son engin a un potentiel bien supérieur.

Pas homologué sur route en Angleterre

Le SuperFarthing reste pour l’instant un prototype de démonstration. En Angleterre, il n’est pas homologué pour circuler sur route ouverte. La raison est précise : sa roue avant est pleine, non pneumatique, ce qui ne répond pas aux exigences de la réglementation britannique pour un véhicule routier.

Greg Mitchell aimerait pourtant le tester sur un circuit parfaitement plat, sans bosses ni dévers. Dans ces conditions, il espère pouvoir se passer en partie de son système de direction assistée hydraulique, qu’il juge peu intuitif : piloter une moto en appuyant sur des boutons pour corriger la trajectoire reste très éloigné d’une conduite classique, surtout à haute vitesse.

Le Britannique estime que, dans un environnement contrôlé et avec suffisamment de distance, son grand-bi motorisé pourrait atteindre environ 140 mph, soit plus de 220 km/h. Une affirmation qui, pour l’instant, n’a pas été vérifiée par un chronométrage officiel.

Que représenterait un tel engin en France ?

En France, un véhicule aussi atypique poserait de nombreuses questions réglementaires. Pour circuler sur route, une moto doit répondre au code de la route et obtenir une réception par l’administration, procédure proche de l’homologation.

La présence de stabilisateurs permanents, très proches de petites roues, placerait probablement l’engin dans une zone grise entre moto, tricycle motorisé et quad. L’usage d’une roue pleine non pneumatique à l’avant viendrait également compliquer toute démarche de mise en circulation.

En pratique, un prototype de ce type aurait davantage sa place sur :

  • un circuit fermé utilisé pour des démonstrations ou des événements d’« engineering » ;
  • une piste d’essai privée appartenant à un constructeur ou à un préparateur ;
  • un salon ou un musée consacré à l’histoire du cycle et de la moto.

La France compte plusieurs collectionneurs et associations dédiées aux vélos anciens, y compris au grand-bi historique. Leur pratique reste toutefois très différente : les grands-bis utilisés lors de rassemblements ou de défilés sont des vélos à pédales, sans moteur, conçus pour rouler à des vitesses bien inférieures à celles visées par le SuperFarthing de Greg Mitchell.

Grand-bi, moto et risques spécifiques

Le grand-bi d’origine présentait déjà un risque élevé de chute : le centre de gravité était très haut, placé presque au-dessus de la roue avant. Une simple pierre, un nid-de-poule ou un coup de frein un peu trop appuyé pouvaient projeter le cycliste par-dessus la roue, la fameuse « cabriole » redoutée des amateurs de l’époque.

En ajoutant un moteur de Yamaha R6, donc des accélérations et une vitesse maximale bien plus élevées, ces risques se trouvent multipliés. L’utilisation de stabilisateurs latéraux, d’un cadre renforcé et d’une direction assistée hydraulique ne supprime pas ces contraintes physiques, mais cherche à les contenir.

Element Grand-bi historique SuperFarthing de Greg Mitchell
Mode de propulsion Pédalage humain Moteur de Yamaha R6
Roue avant Grande, jante fine, pneu plein ou basique 165 kg, non pneumatique, 420 pièces usinées
Stabilité Précaire, risque de basculement vers l’avant Stabilisateurs latéraux obligatoires
Vitesse typique Modérée, liée à la force du cycliste Environ 80 km/h déjà atteints, potentiel annoncé autour de 220 km/h

Une vitrine de créativité mécanique

Malgré ses limites pratiques, le SuperFarthing impressionne par le niveau d’ingénierie mis en œuvre. La roue avant gigantesque, la structure verticale, les multiples pièces usinées et l’intégration de la mécanique de la Yamaha R6 en font une sorte de vitrine de savoir-faire pour son créateur.

Pour un lecteur français, ce type de projet illustre la manière dont certains passionnés transforment les motos de série en véritables pièces uniques. À l’instar des préparateurs qui retapent d’anciennes machines en café racers, scramblers ou bobbers, Greg Mitchell a choisi une voie beaucoup plus radicale, en s’inspirant d’un symbole de l’histoire du cycle.

Le grand-bi, aujourd’hui objet de collection et de reconstitution historique, sert ici de prétexte à un exercice de style technique. Entre nostalgie victorienne, culture moto et expérimentation, ce « vélo » de 165 kg à l’avant, capable théoriquement d’atteindre des vitesses de route, rappelle aussi les limites physiques et réglementaires auxquelles se heurtent les engins les plus extrêmes.

Questions fréquentes

Comment Greg Mitchell a-t-il eu l'idée du SuperFarthing ?

L'ingénieur affirme avoir imaginé le concept en rêve après s'être endormi en regardant des vidéos YouTube de motos et vélos d'époque. À son réveil, il a noté l'idée et utilisé une IA pour générer une maquette avant de construire le prototype.

Pourquoi le grand-bi a-t-il été aussi difficile à piloter ?

La hauteur de la machine, le poids massif de 165 kg concentré à l'avant et la géométrie particulière la rendent extrêmement instable. La fourche se déforme sous l'effort de braquage, empêchant la moto de tourner correctement.

Quelles solutions ont été apportées pour le rendre pilotable ?

Greg Mitchell a ajouté deux petites roues latérales stabilisatrices restant en permanence au sol, remplacé la fourche par un ensemble rigide, renforcé le cadre et installé un système de direction assistée hydraulique commandée par boutons pour contrer les dévers de la route.

Le SuperFarthing peut-il circuler légalement sur les routes anglaises ?

Non, le prototype n'est pas homologué au Royaume-Uni car sa roue avant est pleine et non pneumatique, ce qui ne respecte pas la réglementation britannique pour les véhicules routiers.

Quelle vitesse le SuperFarthing a-t-il atteinte lors des essais ?

Sur un court tronçon, Greg Mitchell a réussi à atteindre environ 50 mph, soit environ 80 km/h, estimant que l'engin a un potentiel bien supérieur.
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