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Tous les chats ont un trait de psychopathie, selon une nouvelle étude : voici pourquoi ce comportement les a aidés à survivre

Chat orange regardant avec intensité, yeux écarquillés, posture tendue suggérant un comportement prédateur ou joueur typique des traits psychopathiques félins.

Une équipe de chercheurs britanniques avance qu’un certain « grain de folie » serait présent chez tous les chats domestiques, héritage direct de leurs ancêtres sauvages.

Publiée fin 2021 et relayée par le magazine portugais Visão, une étude menée au Royaume‑Uni affirme que tous les chats présenteraient au moins un trait de personnalité associé à la psychopathie. Loin d’accuser votre félin de dangerosité, ce travail cherche surtout à mieux comprendre ces comportements, hérités des chats sauvages, pour apaiser la cohabitation avec les humains.

Une étude britannique qui veut prendre la mesure du « chat psychopathe »

L’étude a été conduite par des scientifiques de l’université de Liverpool et de l’université John Moores de Liverpool, au Royaume‑Uni. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Journal of Research in Personality.

Les chercheurs sont partis d’une question que beaucoup de propriétaires se posent en observant un chat qui griffe sans prévenir, attaque les chevilles ou réveille la maison en pleine nuit : « et si mon chat était un psychopathe ? »

Pour y répondre, l’équipe a conçu un questionnaire destiné aux propriétaires, présenté comme la première véritable grille d’évaluation des tendances psychopatiques chez le chat domestique.

CAT‑Tri+ : un test de 46 questions pour évaluer la personnalité féline

Le questionnaire, baptisé CAT‑Tri+, comporte 46 affirmations décrivant des comportements typiques. Les maîtres doivent dire, sur une échelle de un à cinq, dans quelle mesure chaque affirmation correspond à leur animal.

  • « Mon chat tourmente sa proie au lieu de la tuer immédiatement » ;
  • « Mon chat vocalise fort (par exemple miaule ou hurle) sans raison apparente » ;
  • « Mon chat est très excitable (par exemple il s’agite beaucoup et devient maladroit) ».

Au total, 2 042 propriétaires de chats ont participé à l’étude. Ces réponses ont servi de base pour structurer l’outil de mesure autour d’un modèle déjà utilisé chez l’être humain, appelé modèle triarchique de la psychopathie.

Le questionnaire CAT‑Tri+ ne « diagnostique » pas un chat dangereux, il mesure différents niveaux de traits comme l’aisance sociale, l’impulsivité ou l’agressivité.

Selon Rebecca Evans, auteure principale de l’étude citée par Visão, le questionnaire a été construit à partir d’exemples de comportements rapportés par les propriétaires, puis organisés selon ce modèle triarchique.

Cinq dimensions pour décrire la « psychopathie » chez le chat

Le modèle triarchique humain repose sur trois grands axes : l’« audace », la « méchanceté » et la « désinhibition ». Les chercheurs britanniques les ont adaptés aux spécificités félines pour aboutir à cinq facteurs :

  • l’audace ;
  • la méchanceté ;
  • la désinhibition ;
  • la relation avec les autres animaux de compagnie ;
  • la relation avec l’humain.

Dans ce cadre, la « méchanceté » renvoie à l’absence d’empathie et à une tendance à l’agressivité. La « désinhibition » traduit des difficultés à se contrôler, par exemple une incapacité à se calmer ou à respecter des limites fixées par le propriétaire.

L’« audace », elle, se manifeste par une domination sociale marquée et des niveaux de peur très faibles : le chat explore sans hésiter, s’impose aux autres animaux et n’est guère impressionné par les bruits ou les inconnus.

Pour les chercheurs, la quasi‑totalité des chats présenterait au moins un de ces traits, avec des intensités très variables, comme c’est déjà le cas pour les traits de caractère chez l’être humain.

Un atout pour survivre, hérité du chat sauvage

Les résultats de l’étude amènent les chercheurs à une conclusion surprenante : « il est probable que tous les chats aient un élément de psychopathie », résume Rebecca Evans. Mais ce n’est pas un « bug » de leur personnalité. Ce serait au contraire un héritage adaptatif.

Selon l’équipe, ces traits auraient amélioré les chances de survie des ancêtres sauvages des chats domestiques. Un félin plus audacieux et moins inhibé chassait mieux, défendait plus efficacement son territoire et avait davantage d’opportunités de reproduction.

Autrement dit, le chat capable de tourmenter longuement une proie, de s’imposer face à un rival ou de tester sans cesse les limites de son environnement tirait un bénéfice direct de ces comportements. Notre chat de salon conserverait aujourd’hui cette « boîte à outils » comportementale, même si son cadre de vie a radicalement changé.

Limiter les abandons et les euthanasies grâce à une meilleure compréhension

Au‑delà de la curiosité scientifique, Rebecca Evans espère, toujours selon Visão, que ses travaux auront un impact concret sur le sort des chats domestiques. L’objectif affiché : améliorer la relation entre humains et félins et, à terme, réduire le nombre d’animaux abandonnés dans les refuges.

Elle rappelle qu’au Royaume‑Uni, environ 38 % des abandons de chats en refuge seraient liés à des problèmes de comportement, notamment l’agressivité et la « désobéissance ». Ces deux aspects correspondent précisément à ce que les chercheurs classent dans la méchanceté et la désinhibition.

Les comportements jugés « insupportables » par certains propriétaires sont souvent l’expression de traits de personnalité félins très marqués, pas forcément le signe d’un animal irrécupérable.

La scientifique souligne aussi que l’euthanasie des animaux jugés indésirables reste une cause majeure de mortalité chez le chat domestique. Mieux connaître le profil comportemental d’un animal permettrait d’anticiper les difficultés, d’adapter l’environnement et, parfois, d’éviter la rupture.

Comment utiliser le CAT‑Tri+ pour mieux vivre avec son chat

Les créateurs du questionnaire proposent que l’outil soit utilisé non seulement par les propriétaires, mais aussi par les vétérinaires et les refuges. Il pourrait servir de base à des conseils personnalisés sur l’aménagement du logement ou le choix des activités.

Rebecca Evans donne un exemple concret : un chat qui obtient un score élevé sur l’axe de l’audace peut tirer profit de grands arbres à chat et de griffoirs en hauteur. Le questionnaire suggère en effet qu’un chat audacieux aime particulièrement explorer et grimper.

Les réponses permettent aussi d’identifier des tendances indésirables – agressions répétées, destruction, difficultés avec les autres animaux – pour travailler sur leur gestion, avec un vétérinaire ou un comportementaliste.

Psychopathie : un mot choc pour des traits bien définis

Dans le langage courant, « psychopathe » évoque souvent une personne dangereuse ou violente. En psychologie, le terme renvoie plutôt à un ensemble de traits de personnalité : faible empathie, impulsivité, recherche de sensations, absence de peur dans certaines situations.

Chez le chat, les chercheurs reprennent cette logique mais l’adaptent : ce qui serait considéré comme un problème chez l’humain peut rester, chez un animal, un simple style comportemental, parfois gênant en appartement, mais cohérent avec une origine de prédateur solitaire.

Ce que cela change pour les propriétaires français

En France, les problématiques sont proches de celles du Royaume‑Uni. Les refuges et les associations de protection animale signalent régulièrement que des chats sont abandonnés pour des comportements jugés ingérables : griffades sur les meubles, morsures, malpropreté, attaques de jeu trop brutales.

Il existe des équivalents français au type d’approche développé autour du CAT‑Tri+ : vétérinaires, éducateurs félins et comportementalistes animaliers utilisent déjà des questionnaires et des grilles d’observation pour dresser un profil d’animal, sans parler forcément de « psychopathie ».

  • Un vétérinaire peut vérifier qu’aucune douleur ou maladie n’explique un changement brutal de comportement.
  • Un comportementaliste félin propose souvent une analyse fine de l’environnement (espace vertical, cachettes, accès à la litière, interactions avec les humains).
  • Les refuges tentent de mieux évaluer le tempérament des chats avant leur adoption pour éviter les retours.
  • Le travail mené à Liverpool apporte une structure scientifique supplémentaire, qui pourrait inspirer de nouveaux outils en France pour mieux évaluer les profils « difficiles » et adapter le foyer d’accueil.

    Quelques pistes concrètes pour cohabiter avec un chat au caractère bien trempé

    À partir des axes décrits dans l’étude, les professionnels du comportement félin recommandent généralement plusieurs leviers d’action, sans prétendre « corriger » la personnalité du chat :

    • Canaliser l’audace : multiplier les zones en hauteur, les cachettes, les plateformes d’observation. Un chat qui peut grimper et surveiller son territoire se montre souvent plus apaisé.
    • Gérer la désinhibition : instaurer des routines (heures de repas, séances de jeu), éviter les punitions physiques qui renforcent la peur et l’excitation.
    • Réduire la méchanceté apparente : repérer les situations qui déclenchent l’agressivité (contact imposé, bruit, autre animal) et offrir des alternatives, comme des coins tranquilles ou des jouets à mordre.
    • Travailler la relation humain‑chat : respecter les signaux d’agacement (oreilles rabattues, queue qui fouette), limiter les manipulations forcées, surtout avec les enfants.

    Ces approches s’appuient sur une idée centrale que vient conforter l’étude britannique : chaque chat possède une combinaison de traits de personnalité, avec un niveau plus ou moins élevé sur chacun des axes. Mieux repérer cette combinaison permet de proposer au félin un cadre de vie adapté, plutôt que de vouloir le transformer en « chat parfait » qui n’existe pas.

    Pour un lecteur français, l’intérêt de ces travaux tient moins au mot choquant de « psychopathie » qu’à la grille de lecture qu’ils offrent : voir dans certaines attitudes déroutantes le prolongement d’une personnalité féline façonnée par l’évolution, et non un simple caprice ou un défaut d’éducation. Une fois ce prisme adopté, la cohabitation a souvent davantage de chances de s’apaiser.

    Questions fréquentes

    Cela signifie-t-il que tous les chats sont dangereux ?

    Non. L'étude mesure des traits de personnalité, pas la dangerosité. Ces comportements sont des héritages adaptatifs qui peuvent être gênants en appartement, mais ils reflètent simplement les origines de prédateur solitaire du chat.

    Qu'est-ce que le questionnaire CAT-Tri+ ?

    C'est un test de 46 affirmations où les propriétaires évaluent sur une échelle de 1 à 5 dans quelle mesure chaque comportement correspond à leur chat. Il mesure cinq dimensions : audace, méchanceté, désinhibition, relation avec les autres animaux et relation avec les humains.

    Comment utiliser ces résultats pour mieux vivre avec son chat ?

    Les résultats permettent d'adapter l'environnement (arbres à chat en hauteur pour un chat audacieux) et d'identifier des tendances problématiques à travailler avec un vétérinaire ou un comportementaliste.

    Pourquoi les chats héritent-ils de ces traits de psychopathie ?

    Ces traits amélioraient les chances de survie des ancêtres sauvages : un félin audacieux chassait mieux, défendait son territoire plus efficacement et avait plus d'opportunités de reproduction.

    Quel est l'objectif final de cette recherche ?

    Améliorer la relation entre humains et félins, réduire les abandons en refuge en aidant les propriétaires à comprendre et adapter leur environnement aux traits comportementaux de leur chat, et limiter les euthanasies.
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