En Italie, des psychologues montrent que choisir la mer ou la montagne révèle notre façon de gérer stress, énergie et relations sociales.
Le site d’actualités italien ViaggiNews s’est penché sur une question en apparence banale : pourquoi certains ne jurent que par la mer, quand d’autres ne se ressourcent qu’en montagne ? Derrière ce choix de vacances, expliquent les psychologues cités par le média, se cachent des mécanismes profonds liés à l’angoisse, au besoin de changement, à la recherche de détente ou d’adrénaline.
Le voyage, bien plus qu’un simple déplacement
Les spécialistes de la psychologie du voyage rappellent que partir n’est jamais un geste anodin. Cette branche de la psychologie étudie la façon dont les déplacements influencent le bien-être psychologique et les raisons qui poussent les individus à choisir un type de séjour plutôt qu’un autre.
Selon les éléments rapportés par ViaggiNews, le voyage répond à plusieurs besoins :
rompre avec la routine quotidienne jugée étouffante ;
vivre de nouvelles expériences qui stimulent la curiosité ;
favoriser une forme de croissance personnelle ;
accompagner un désir de changement plus large dans sa vie.
Les psychologues italiens cités expliquent que ces motivations générales ne suffisent pas à comprendre pourquoi, au moment de réserver, certains se tournent presque toujours vers la plage, tandis que d’autres choisissent automatiquement les sommets.
La destination de vacances, mer ou montagne, agit comme un révélateur silencieux de notre état intérieur et de nos besoins psychologiques du moment.
Mer : confort, lenteur et besoin de socialisation
Les recherches mentionnées par ViaggiNews, dont certaines menées en Italie, convergent sur un point : les paysages marins ont des caractéristiques très spécifiques qui parlent au cerveau.
Un environnement qui favorise le relâchement
La luminosité intense, la vue dégagée sur l’horizon, le bruit régulier des vagues, le mouvement de l’eau : tous ces éléments sont associés à une forme de ralentissement. Ils facilitent la détente, voire un certain « engourdissement » volontaire, comme si l’on acceptait de mettre son esprit sur pause.
Pour les psychologues interrogés, la mer devient ainsi un espace privilégié pour ceux qui cherchent avant tout à :
se couper mentalement de leurs obligations ;
diminuer la charge mentale et les ruminations ;
retrouver un rythme plus lent, presque somnolent ;
ne rien faire sans culpabiliser.
Face au stress ou à l’anxiété, le bord de mer fonctionne souvent comme une « zone de confort psychologique », plus accessible que des activités plus intenses.
Plage bondée, signe d’un besoin de contact
Les images de plages estivales en Italie, avec leurs rangées de transats, leurs bars animés et leurs groupes d’amis, renvoient aussi à un autre besoin : la socialisation. Dans l’analyse relayée par ViaggiNews, les psychologues estiment que la foule, le bruit des conversations et l’ambiance festive attirent celles et ceux qui souhaitent :
se sentir entourés, moins seuls ;
faire des rencontres, même superficielles ;
se fondre dans un groupe plutôt que de s’isoler ;
laisser les interactions se créer spontanément, sans effort particulier.
Le choix de la mer peut donc refléter à la fois une quête de repos et un besoin d’être au milieu des autres, sans obligations formelles.
Montagne : action, vitalité et retrait du bruit social
La montagne renvoie à une tout autre symbolique. D’après les travaux évoqués par ViaggiNews, ses caractéristiques géomorphologiques – reliefs marqués, dénivelés, sentiers escarpés – suscitent immédiatement l’idée d’action.
Un décor qui invite à bouger
Randonnées, escalade, ski, balades en forêt : l’environnement montagnard appelle le mouvement. Pour les psychologues, cette dimension active répond davantage aux personnes en quête :
d’adrénaline et de stimulation physique ;
de défis personnels, même modestes ;
de sensations de dépassement de soi ;
d’une impression de vitalité retrouvée.
La montagne séduit particulièrement ceux qui veulent se sentir « vivants », en sollicitant leur corps et en sortant de la passivité du quotidien.
Silence, nature et envie de fermeture
Autre point souligné par les psychologues italiens : le silence. À la montagne, les bruits de la nature – vent, eau, craquement des branches – dominent largement les voix humaines. Cette ambiance plus feutrée symbolise une forme de retrait.
Choisir la montagne peut ainsi traduire :
un besoin de limiter les interactions sociales ;
l’envie de se recentrer sur un petit cercle, voire sur soi-même ;
la recherche d’une bulle à l’écart du tumulte ;
la volonté de réfléchir, faire le point, se reconnecter à ses sensations.
La montagne devient alors un espace privilégié pour ceux qui aspirent à une énergie plus « intérieure », mêlant effort physique et retrait des sollicitations permanentes.
Anxiété, fatigue ou quête d’énergie : ce que dit votre choix
Les spécialistes cités par ViaggiNews synthétisent ces observations autour de quelques grands facteurs psychologiques.
État intérieur dominant
Destination privilégiée
Besoins auxquels la destination répond
Stress élevé, anxiété, épuisement
Mer
Confort, lenteur, sentiment de sécurité, repos mental
Besoin de coupure avec la routine
Plutôt mer
Possibilité de ne rien faire, distance symbolique avec le quotidien
Recherche d’adrénaline et de défis
Montagne
Activités physiques, montée d’adrénaline, dépassement de soi
Quête de vitalité et d’énergie
Montagne
Air frais, effort, sensation de « recharge » active
Les psychologues italiens soulignent que ces tendances ne sont pas des règles rigides. Une même personne peut alterner mer et montagne selon les périodes de sa vie, son niveau de fatigue ou ses préoccupations du moment.
Ce que l’on réserve sur un site de voyage raconte souvent l’état émotionnel dans lequel on se trouve au moment de cliquer.
Et en France, que disent les recherches sur vacances et bien-être ?
Si l’article de ViaggiNews s’appuie sur des travaux en partie menés en Italie, les observations rejoignent des résultats connus en France. Les psychologues et psychiatres français qui s’intéressent au bien-être confirment généralement que les environnements naturels ont un effet réel sur le stress et l’humeur.
Plusieurs éléments reviennent régulièrement dans les études menées en France :
le contact avec la mer, comme l’observation de l’horizon et le bruit régulier des vagues, diminue la tension perçue ;
la marche en montagne ou en forêt favorise l’attention, la concentration et la sensation d’énergie ;
la réduction du bruit urbain contribue à faire baisser la fatigue mentale ;
le simple fait de planifier des vacances améliore déjà le moral chez certaines personnes.
Les institutions françaises de santé publique rappellent par ailleurs que les périodes de repos, qu’elles soient passées en bord de mer, à la campagne ou en altitude, ont un rôle dans la prévention du burn-out. Sans chiffrer précisément l’effet, les spécialistes invitent souvent à alterner phases d’activité et véritables moments de coupure.
Mer et montagne, deux façons complémentaires de se ressourcer
L’analyse relayée par ViaggiNews ne met pas en concurrence les deux types de séjours. Elle montre plutôt qu’ils répondent à des besoins différents, parfois successifs. Une personne très épuisée pourra privilégier la mer une année, puis, une fois reposée, choisir la montagne pour retrouver de la dynamique.
Certains vacanciers combinent d’ailleurs les deux approches. Par exemple, quelques jours de randonnée puis une fin de séjour au bord de l’eau. Cette alternance permet de :
profiter du coup de fouet physique et mental des activités en altitude ;
terminer par une phase de relâchement plus passif, sur la plage ;
répondre à des besoins différents au sein d’un même voyage ;
varier les environnements et les interactions sociales.
La psychologie du voyage, encore peu connue du grand public, apporte un éclairage utile : prendre le temps de se demander ce dont on a réellement besoin avant de réserver. Un environnement apaisant, du bruit et de la fête, de grands espaces silencieux, un défi sportif léger ou intense… Ces questions aident à aligner destination, budget et état intérieur.
Pour un lecteur français comme pour un touriste italien, le véritable enjeu n’est pas de trancher une bonne fois pour toutes entre mer et montagne. L’enjeu consiste plutôt à identifier dans quel décor vous aurez le plus de chances, cette année, de faire redescendre la pression ou de retrouver l’énergie qui vous manque au quotidien.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi choisir la mer plutôt que la montagne pour les vacances ?
Selon les psychologues, le choix de la mer reflète généralement un besoin de confort, de lenteur et de détente. Les caractéristiques sensorielles de l'environnement marin (luminosité, horizon dégagé, bruit régulier des vagues) favorisent le relâchement et le repos mental, particulièrement chez les personnes stressées ou anxieuses.
Qu'est-ce que le choix de la montagne révèle sur nous ?
Choisir la montagne indique généralement une quête d'adrénaline, de défis et de vitalité. L'environnement montagnard, avec ses reliefs et ses sentiers escarpés, invite au mouvement et appelle les personnes cherchant à sortir de la passivité, à se sentir vivantes et à vivre une expérience de dépassement de soi.
La plage bondée attire-t-elle vraiment les personnes sociables ?
Oui, selon les psychologues italiens interrogés, la foule, le bruit des conversations et l'ambiance festive de la plage attirent ceux qui souhaitent se sentir entourés et faire des rencontres, même superficielles, sans obligations formelles.
Une même personne peut-elle préférer la mer une année et la montagne l'autre ?
Absolument. Les psychologues soulignent que ces tendances ne sont pas des règles rigides. Une même personne peut alterner mer et montagne selon son niveau de fatigue, ses préoccupations du moment ou l'état émotionnel dans lequel elle se trouve au moment de réserver.
Les études françaises confirment-elles ces observations sur la psychologie des vacances ?
Oui, les psychologues et psychiatres français confirment que les environnements naturels ont un effet réel sur le stress et l'humeur. Le contact avec la mer diminue la tension perçue, tandis que la marche en montagne favorise la concentration et la sensation d'énergie.