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L’« Ozempic naturel » que votre corps fabrique gratuitement : une nutritionniste explique comment l’activer

L'« Ozempic naturel » que votre corps fabrique gratuitement : une nutritionniste explique comment l'activer

Alors que les injections d’Ozempic se banalisent en Espagne, une pharmacienne-nutritionniste rappelle qu’une hormone naturelle offre un effet voisin.

Dans un entretien relayé par le média économique espagnol Expansión, la pharmacienne et diététicienne-nutritionniste Salena Sainz présente son livre « La revolución del GLP-1 Natural ». Elle y détaille comment stimuler, grâce à l’alimentation, au sommeil et à l’activité physique, le GLP-1, cette hormone intestinale que les médicaments comme Ozempic ou Mounjaro imitent pour traiter l’obésité et le diabète.

Le GLP-1, cette hormone que l’on confond avec un médicament

En Espagne, comme dans d’autres pays, le sigle GLP-1 est sorti des cabinets d’endocrinologie pour s’inviter dans les dîners entre amis. En toile de fond, le succès fulgurant d’injections à base de semaglutide ou de tirzépatide, commercialisées notamment sous les noms d’Ozempic, Wegovy ou Mounjaro.

Salena Sainz, fondatrice du centre Naturae Nutrición, s’attache d’abord à corriger un malentendu qui fausse le débat de santé publique.

Le GLP-1 n’est pas un médicament, mais une hormone produite par notre propre intestin. Les médicaments ne font qu’imiter son action.

Elle rappelle que cette hormone ne se limite pas à « couper la faim ». Le GLP-1 intervient dans :

  • la régulation de la glycémie (taux de sucre dans le sang) ;
  • la sensation de satiété ;
  • le ralentissement du vidage de l’estomac ;
  • l’équilibre global du métabolisme.

Autrement dit, les injections ne remplissent pas un réservoir vide : elles activent un mécanisme déjà présent dans l’organisme.

« L’injection ne vous injecte pas du GLP-1. Le médicament n’alimente pas un réservoir, il déclenche un système que le corps possède déjà », résume-t-elle.

Cette mécanique n’est toutefois pas stable. Sainz souligne que l’obésité, la sédentarité, le stress chronique ou une alimentation de faible qualité peuvent freiner la libération naturelle de GLP-1. Son livre part de ce constat : certains comportements « éteignent » cette hormone, d’autres l’« allument ».

Ozempic : ni ennemi, ni solution miracle

Dans son ouvrage, l’experte espagnole ne tombe ni dans le rejet total des médicaments, ni dans l’enthousiasme naïf. Elle insiste au contraire sur leur intérêt dans des situations bien encadrées.

« Ce sont une option extraordinaire pour de nombreux patients lorsqu’ils sont bien indiqués, mais ils doivent s’accompagner de changements de mode de vie », affirme-t-elle.

Son inquiétude porte surtout sur l’usage précipité et isolé du traitement. Elle rappelle deux éléments régulièrement décrits dans les études : les effets indésirables, en particulier digestifs, pendant la prise, et l’effet rebond quand le médicament est arrêté sans aucune modification des habitudes.

Selon elle, le médicament :

  • réduit l’appétit tant qu’il est injecté ;
  • n’apprend pas à composer un repas équilibré ;
  • ne modifie ni la relation à la nourriture ni le rapport au corps ;
  • ne remplace pas l’activité physique ni le travail sur le sommeil ou le stress.

Dans ces conditions, si alimentation, composition corporelle, exercice et repos n’évoluent pas, la probabilité de reprendre une partie du poids perdu à l’arrêt de l’injection reste élevée.

L’objectif, insiste Sainz, « ne devrait pas être de dépendre toujours d’un médicament, mais de profiter de cette fenêtre d’opportunité » pour reconstruire des bases durables.

Sortir la prise de poids du registre de la culpabilité

Une autre idée forte du livre consiste à s’attaquer à la vision morale de la surcharge pondérale. Pour la pharmacienne-nutritionniste, continuer à expliquer l’obésité par la seule « faiblesse de caractère » ne tient plus.

« Nous continuons à penser que l’obésité est un problème de manque de volonté, alors qu’il s’agit en réalité d’une maladie complexe », rappelle-t-elle.

Elle cite comme facteurs entremêlés :

  • les hormones ;
  • l’inflammation chronique ;
  • la génétique ;
  • le stress ;
  • la qualité du sommeil ;
  • la microbiote intestinale ;
  • l’environnement alimentaire et social.

Réduire le message à « mange moins et bouge plus » revient, selon elle, à simplifier à l’extrême et à culpabiliser les patients. Elle défend au contraire une approche progressive, qui consiste à mieux comprendre son corps, puis à le soigner avec des habitudes soutenables.

Diez habitudes pour réactiver l’« Ozempic naturel »

Dans « La revolución del GLP-1 Natural », Sainz structure son programme en dix habitudes concrètes pour restaurer l’équilibre métabolique. Une grande partie de ce travail commence bien avant l’assiette : dans les rayons du supermarché et dans les placards de la cuisine.

Ce que l’on garde à portée de main finit tôt ou tard dans l’estomac : activer le GLP-1 commence donc au moment des courses.

Elle encourage à rendre visibles et accessibles les aliments bruts, tout en gardant les produits ultra‑transformés hors du champ visuel. L’idée est simple : faire de l’option la plus pratique aussi la plus favorable au métabolisme, en privilégiant les produits de saison, moins coûteux et mieux adaptés aux besoins de l’organisme selon la période de l’année.

Objectif Choix à privilégier Effet recherché
Protéger la masse musculaire Protéines de qualité (œufs, poissons, viandes non transformées, légumineuses) Maintien du métabolisme de base, effet coupe-faim
Alimenter la microbiote Légumes, légumineuses, fruits entiers, céréales complètes Production de substances bénéfiques, meilleure satiété
Soutenir les hormones de satiété Gras de qualité : huile d’olive, fruits à coque, poisson gras Repas plus rassasiants, moindre grignotage

Le livre détaille ensuite ses dix piliers, qui interagissent avec la sécrétion naturelle de GLP-1 :

  • Réduire consciemment le stress : lien entre stress, dopamine et pulsions alimentaires, avec des pratiques ciblées pour apaiser l’anxiété face à la nourriture.
  • Respecter le sommeil et le rythme circadien : rôle de la mélatonine, du nombre de repas, et place éventuelle du jeûne intermittent.
  • Diminuer l’inflammation de bas grade : ce « feu silencieux » associé aux pics de glucose, à la ménopause et à la fatigue.
  • Soigner la microbiote intestinale : fibres dites « prébiotiques » comme carburant préféré des bonnes bactéries.
  • Activer le métabolisme de façon physiologique : ralentissement naturel avec l’âge, importance des voies métaboliques et du mouvement.
  • Trouver l’activité physique qui suit dans la durée : le mouvement comme « médecine hormonale », avec des ajustements lors des périodes de stress intense.
  • Limiter les éléments qui désorganisent la biologie : certains aliments ultra‑transformés et les perturbateurs endocriniens.
  • Prioriser les aliments qui nourrissent et régulent : assiettes complètes combinant protéines, fibres et bonnes graisses.
  • Introduire des alliés naturels de la sécrétion de GLP-1 : nutriments, antioxydants, aliments fermentés et probiotiques.
  • Utiliser la supplémentation avec discernement : plantes et composés comme la curcumine, la cannelle, la berbérine ou le thé vert, en rappelant la nécessité de la prudence.
  • Des gestes simples à intégrer à chaque repas

    Pour les personnes qui ne savent pas par où commencer, Sainz met en avant quelques actions immédiates. La première consiste à garantir une portion de protéine de qualité à chaque repas, afin de prolonger la satiété et de préserver la masse musculaire.

    Deuxième axe : augmenter franchement les apports en fibres via les légumes, les légumineuses, les fruits entiers et les céréales complètes. Ces fibres nourrissent la microbiote et aident à stabiliser les variations de glycémie, ce qui favorise la sécrétion de GLP-1.

    Elle invite aussi à cesser de diaboliser les graisses dites « bonnes » : huile d’olive, fruits à coque, graines ou poissons gras, qui rendent les repas plus satisfaisants sans encourager la surconsommation lorsqu’ils sont intégrés à une assiette équilibrée.

    Conserver et renforcer la masse musculaire, notamment avec des exercices de renforcement, est un frein majeur à l’effet rebond après une perte de poids.

    L’activité physique ne se résume pas au cardio. Les séances de musculation ou de renforcement sont présentées comme indispensables pour maintenir le métabolisme de base et limiter la reprise de poids à moyen terme. S’ajoutent un vrai travail sur le sommeil, souvent perturbé chez les personnes en restriction calorique, et une gestion active du stress, qui pousse aux envies de manger et freine la production naturelle de GLP-1.

    Dernier point clé : réapprendre progressivement la relation à la nourriture pendant la phase de perte de poids, pour que les nouveaux automatismes persistent lorsque les régimes stricts ou les traitements s’arrêtent.

    Qu’est-ce que cela change pour un lecteur français ?

    Si le livre de Salena Sainz s’adresse d’abord au public espagnol, son message rejoint les préoccupations des soignants français. En France, les médicaments à base de GLP-1 sont avant tout prescrits dans le cadre du diabète de type 2 ou, dans certaines situations, de l’obésité, sous la responsabilité d’endocrinologues ou de diabétologues.

    Les principes évoqués restent comparables : les injections ne remplacent ni l’éducation thérapeutique, ni l’activité physique adaptée, ni un accompagnement diététique sur le long terme. Les diététiciens-nutritionnistes français, comme leurs homologues espagnols, insistent sur la qualité de l’alimentation, la place des fibres, l’équilibre des macronutriments et le travail sur le comportement alimentaire.

    Pour un lecteur français, l’intérêt de cette approche dite d’« Ozempic naturel » réside surtout dans le changement de regard : considérer la perte de poids comme un travail hormonal et métabolique global, et non comme une simple épreuve de volonté. Les recommandations pratiques décrites par Sainz (cuisine orientée vers les produits bruts, renforcement musculaire, protection du sommeil, gestion du stress) s’alignent sur les axes généralement mis en avant dans les programmes hospitaliers d’éducation nutritionnelle.

    Un projet éditorial avec une dimension solidaire

    Au-delà du contenu scientifique et pratique, le livre de Salena Sainz s’accompagne d’un engagement associatif. Une partie des bénéfices de « La revolución del GLP-1 Natural » sera reversée à Amara Cantabria, une association espagnole qui accompagne les familles d’enfants atteints de cancer.

    La phrase qui résume sa démarche, citée par Expansión, tient en quelques mots : « La santé ne doit pas avoir de prix ».

    En liant un sujet très médiatisé, celui des injections amaigrissantes, à un travail patient sur les habitudes et à un soutien concret à des familles confrontées à la maladie grave, la pharmacienne-nutritionniste cherche à replacer la discussion sur l’amaigrissement dans une perspective plus large : celle d’une santé globale, accessible et moins dépendante des produits coûteux.

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