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Au dernier salon automobile chinois, les 4×4 les plus admirés ne sont ni des Jeep ni des Land Rover : voici ce qu’ils cachent

Au dernier salon automobile chinois, les 4x4 les plus admirés ne sont ni des Jeep ni des Land Rover : voici ce qu'ils cachent

Au salon de Chengdu, en Chine, des SUV massifs au look de baroudeurs occidentaux ont volé la vedette aux modèles emblématiques habituels.

Au récent salon automobile de Chengdu, en Chine, des constructeurs locaux ont aligné une série de gros 4×4 au style très « occidental », inspirés des Jeep, Land Rover ou Toyota Land Cruiser, mais truffés de technologies maison. Un phénomène que met en lumière le site spécialisé New Atlas, en montrant comment ces marques chinoises réinventent le 4×4 de luxe à leur façon.

En Chine, le 4×4 « à l’occidentale » devient une obsession

Depuis une dizaine d’années, l’industrie automobile chinoise multiplie les projets spectaculaires : berlines électriques à quatre chiffres de puissance, hybrides rechargeables à l’autonomie record, intérieurs couverts d’écrans. Désormais, une nouvelle marotte s’impose : le gros SUV carré, musclé, inspiré des références occidentales de l’off-road premium.

Au salon de Chengdu, ce phénomène saute aux yeux. Les stands des marques locales donnaient presque l’impression d’un jeu géant de « trouve le Defender ». Silhouettes rectangulaires, ailes bodybuildées, pneus costauds, roue de secours sur le hayon : tout rappelle les icônes que sont le Land Rover Defender, le Range Rover, le Toyota Land Cruiser ou encore certains modèles Jeep.

Les constructeurs chinois reprennent les codes visuels des 4×4 occidentaux, mais y greffent des mécaniques hybrides et électriques très avancées.

Cette stratégie n’est pas un simple copier-coller technique. Le cœur des véhicules reste profondément chinois : plateformes hybrides sophistiquées, grosses batteries, autonomie théorique gigantesque et électronique omniprésente à bord.

BYD Fangchengbao Ti 9 : le « Range Rover » à 2 300 km d’autonomie

Parmi les stars du salon, New Atlas met en avant le BYD Fangchengbao Ti 9, un imposant SUV qui reprend les codes de la catégorie dominée par le Range Rover. Long de plus de 5,20 m avec un empattement dépassant 3,10 m, il mise sur une carrosserie très anguleuse, des arches de roues marquées et des porte-à-faux courts pour dégager une vraie présence sur la route.

Derrière cette allure de 4×4 de luxe, le Ti 9 cache surtout un argument choc : une autonomie combinée annoncée de 2 300 km. Le chiffre résulte d’une chaîne de traction hybride rechargeable avancée, mêlant moteur thermique et moteurs électriques, avec une grosse capacité énergétique globale.

Avec une autonomie théorique d’environ 1 430 miles, le Ti 9 affiche une portée supérieure à bien des SUV de luxe occidentaux deux fois plus chers.

BYD, déjà géant mondial de la voiture électrique, utilise ce modèle pour montrer que l’on peut marier le fantasme du SUV de prestige à la Land Rover avec des performances d’autonomie spectaculaires, au moins sur le papier.

GAC Yue 7 : le Defender comme modèle assumé

Autre attraction relevée par New Atlas : le GAC Yue 7. Ici, la filiation stylistique avec le Land Rover Defender actuel est encore plus flagrante. Le Yue 7 adopte :

  • une caisse très droite et carrée ;
  • des passages de roues massifs ;
  • un avant vertical et robuste ;
  • une roue de secours fixée à l’arrière.

Le constructeur ne cherche pas à masquer son inspiration : le modèle ressemble à un mélange de Defender et de Land Cruiser, passé ensuite entre les mains d’une équipe de design chinoise.

Sous cette carrosserie rétro, pourtant, rien de très classique. Le Yue 7 embarque un système hybride rechargeable associant un moteur essence turbo 1,5 litre à deux moteurs électriques, pour une puissance totale annoncée autour de 536 chevaux. Il dispose d’une transmission intégrale i-4WD et de trois blocages de différentiel, un équipement qui lui donne des ambitions tout-terrain réelles sur le papier.

Jetour Traveler 7 : le baroudeur adouci et très puissant

Jetour, autre marque chinoise, présentait le Traveler 7, lui aussi dans la veine Defender. Le véhicule affiche une silhouette haute et rectangulaire, des flancs droits, des arches élargies, un pare-brise vertical et une roue de secours suspendue au hayon. Les designers ont toutefois arrondi légèrement l’ensemble, avec des pare-chocs et élargisseurs d’ailes couleur carrosserie et des phares ronds reliés par une fine barre lumineuse horizontale.

Là encore, l’architecture technique tranche avec le look « old school ». Le Traveler 7 adopte une motorisation hybride rechargeable plus radicale encore : un quatre cylindres essence turbo 1,5 litre combiné à trois moteurs électriques, pour environ 771 chevaux et 835 Nm de couple. Le constructeur annonce :

  • environ 245 km d’autonomie électrique (cycle chinois CLTC) ;
  • jusqu’à 1 400 km d’autonomie totale théorique.

Sur le papier, ce 4×4 au look rétro dispose donc de performances dynamiques et d’endurance qui rivalisent avec les grandes routières haut de gamme.

BAIC Taitan 700 : une interprétation chinoise de la Jeep

Pour les amateurs de Jeep, les stands chinois avaient aussi une réponse : le BAIC Taitan 700. Long d’environ 5,04 m, basé sur un châssis à échelle, ce SUV affiche un museau large et vertical, une calandre chromée à trois ouvertures principales et des projecteurs intégrés dont la signature évoque les Jeep Grand Cherokee, avec en prime une roue de secours fixée sur la porte arrière.

Comme les autres, il repose sur une base hybride rechargeable, avec un moteur essence 1,5 litre turbo associé à deux moteurs électriques, pour 524 chevaux et 624 Nm de couple. BAIC revendique environ 220 km d’autonomie électrique (cycle CLTC) et 1 340 km de portée totale. L’engin reçoit des blocages de différentiel avant et arrière, un verrouillage central « intelligent » et des amortisseurs à azote réglables, typiques d’un SUV prévu pour encaisser des conditions difficiles.

Au salon de Chengdu, les 4×4 inspirés des Jeep, Defender et Land Cruiser affichaient quasi systématiquement des hybrides rechargeables très endurants.

Copie ou réinterprétation : ce que visent vraiment les marques chinoises

Les modèles alignés à Chengdu suivent tous le même schéma : reprendre le langage visuel des grands 4×4 occidentaux pour proposer le même imaginaire d’aventure et de luxe, tout en y intégrant des technologies de moteur et de batterie made in China. L’objectif ne semble pas de dupliquer la technique des marques historiques, mais d’« importer » leur charge émotionnelle pour l’adapter au marché local.

Certains puristes du design y voient une dérive. À force de multiplier les SUV cubiques inspirés des mêmes références, le paysage automobile risque de se standardiser autour de quelques silhouettes. New Atlas souligne que le risque existe de voir chaque constructeur considérer qu’« avoir l’air baroudeur » se résume à coller une carrosserie carrée sur n’importe quelle plateforme.

Pour une partie du public, ce mouvement a pourtant un côté libérateur. Pendant des décennies, accéder à un Defender bien équipé, à un Mercedes Classe G ou à un Land Cruiser restait réservé à des budgets très élevés. Les nouveaux SUV chinois cherchent à offrir un fantasme proche, mais à des tarifs plus accessibles, en jouant sur l’échelle industrielle et la maîtrise des technologies électrifiées.

Ce que cela signifie pour un conducteur français

Aucun de ces modèles n’est, à ce stade, officiellement commercialisé en France. Toutefois, le mouvement observé en Chine peut intéresser les automobilistes français sous plusieurs angles.

D’abord, ces SUV montrent jusqu’où peut aller la combinaison d’une petite cylindrée essence et de plusieurs moteurs électriques pour offrir à la fois puissance élevée et très grande autonomie théorique. Le principe existe déjà dans l’Hexagone via les hybrides rechargeables, mais souvent avec des autonomies électriques bien plus modestes.

Ensuite, ces véhicules illustrent une tendance qui pourrait influencer le marché européen : proposer des 4×4 au look très statutaire, avec une image d’aventure et de luxe, tout en s’appuyant sur des systèmes hybrides pour rester dans des niveaux d’émissions plus acceptables, au moins sur les cycles d’homologation.

Aspect Chine (exemples du salon de Chengdu) France (tendance générale)
Style Fortement inspiré des Defender, Land Cruiser, Jeep SUV plus arrondis, quelques modèles néo-rétro
Motorisations Hybrides rechargeables très puissants, autonomie élevée Hybrides rechargeables, mais autonomie plus limitée en général
Positionnement Luxueux visuellement, avec volonté de prix plus bas que les icônes occidentales Offre large, de l’entrée de gamme aux modèles premium européens

En France, les SUV imposants restent soumis à des contraintes fortes : normes d’émissions, malus écologique, coût d’usage plus élevé, restrictions possibles dans certaines zones urbaines. La tendance des constructeurs européens va plutôt vers la réduction des cylindrées, l’électrification progressive et, pour certains, le recentrage sur des gabarits plus mesurés, même lorsque l’allure reste musclée.

Un 4×4 ultra-techno sous des formes très classiques

Le contraste entre le style très « rétro baroudeur » et les chaînes de traction ultra-modernes mérite d’être souligné. À l’extérieur, ces SUV chinois jouent à fond la carte du tout-terrain traditionnel : angles marqués, garde au sol généreuse, accessoires robustes. À l’intérieur et sous la carrosserie, la réalité est celle de véhicules très sophistiqués, bardés d’électronique et dépendants de grosses batteries.

Pour un conducteur, cela se traduit potentiellement par :

  • des trajets du quotidien réalisés en mode 100 % électrique, si la recharge est régulière ;
  • des voyages au long cours facilités par la combinaison du moteur thermique et de la batterie ;
  • des capacités hors route importantes, grâce aux blocages de différentiel et aux amortisseurs pilotés ;
  • une complexité mécanique accrue, qui peut poser la question du coût d’entretien à long terme.

Ce type d’architecture accentue aussi la masse des véhicules. Un 4×4 hybride rechargeable de ce genre cumule châssis robuste, batterie importante et équipements tout-terrain, ce qui peut jouer sur la consommation réelle et l’usure des trains roulants lorsque l’on s’éloigne des conditions idéales des cycles d’homologation.

Un terme technique à retenir : le cycle CLTC

Les autonomies annoncées pour ces SUV s’appuient sur le cycle CLTC, la procédure officielle chinoise de mesure de consommation et d’autonomie. Ce cycle est généralement plus favorable que les normes européennes comme le WLTP. Les chiffres spectaculaires vus à Chengdu doivent donc être lus comme des valeurs optimistes, obtenues dans des conditions normalisées qui ne reflètent pas forcément l’usage réel.

Pour un lecteur français, il faut garder en tête qu’un SUV qui annonce 220 km d’autonomie électrique en CLTC offrirait, dans un environnement européen, une valeur nettement inférieure en conditions réelles, avec autoroute, variations de température et charge à bord.

Le salon de Chengdu montre toutefois une direction claire : la Chine associe sans complexe design inspiré et innovations maison, et mise sur le 4×4 hybride rechargeable longue portée comme produit d’appel, y compris pour séduire à terme des marchés extérieurs, dont l’Europe fait partie.

Questions fréquentes

Pourquoi les constructeurs chinois reprennent-ils le design des 4x4 occidentaux ?

Ils cherchent à importer la charge émotionnelle et l'imaginaire d'aventure associés aux modèles prestigieux comme le Defender ou le Range Rover, pour les adapter au marché local avec une technologie chinoise avancée et théoriquement à meilleur prix.

Quel est le SUV chinois avec la plus grande autonomie présenté à Chengdu ?

Le BYD Fangchengbao Ti 9 affiche l'autonomie la plus impressionnante avec 2 300 km théoriques grâce à son système hybride rechargeable associant moteur thermique et moteurs électriques avec une grosse capacité énergétique.

Les SUV chinois possèdent-ils des capacités tout-terrain réelles ?

Sur le papier, oui : le GAC Yue 7 embarque trois blocages de différentiel et transmission intégrale i-4WD, tandis que le BAIC Taitan 700 reçoit des blocages avant et arrière avec verrouillage intelligent et amortisseurs réglables.

Y a-t-il un risque de standardisation du design automobile avec ces modèles ?

Oui, selon New Atlas, le paysage automobile risque de se standardiser autour de silhouettes carrées similaires si chaque constructeur se contente de coller une carrosserie rectangulaire sur n'importe quelle plateforme.

Quelle est la puissance du Jetour Traveler 7 ?

Le Traveler 7 combine un quatre-cylindres essence turbo 1,5 litre avec trois moteurs électriques pour développer environ 771 chevaux et 835 Nm de couple, avec une autonomie totale théorique jusqu'à 1 400 km.
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