Sorti d’abord sur Xbox et PC, le RPG spatial Starfield arrive enfin sur PS5 aux États-Unis et en Europe, dans des conditions loin d’être idéales.
Selon le site spécialisé Les Numériques, le titre de Bethesda a réalisé un démarrage remarqué sur la console de Sony, mais terni par une avalanche de bugs signalés partout dans le monde, notamment en France, dès la première semaine.
Un ancien symbole de la stratégie Xbox qui atterrit chez Sony
Starfield représentait l’un des piliers de la stratégie Xbox. À sa sortie initiale en septembre 2023, le jeu n’était disponible que sur Xbox Series et PC, avec une mise en avant massive dans le Game Pass. L’annonce d’une version PS5, attendue depuis des mois par une partie des joueurs, marquait déjà un tournant dans la politique d’exclusivités de Microsoft.
Cette arrivée sur PS5 ne s’est pas faite immédiatement. Le RPG spatial a conservé plus de deux ans d’exclusivité sur l’écosystème Xbox et PC avant de franchir la frontière vers la console concurrente. Entre-temps, le jeu avait déjà connu un cycle complet : engouement massif au lancement, critiques mitigées sur la durée, baisse progressive de la fréquentation.
Le 7 avril 2026, Starfield est finalement lancé sur PS5. Une date stratégique : le titre bénéficie d’une base de joueurs déjà installée sur Xbox et PC, mais vise clairement un nouveau public, composé de joueuses et joueurs restés fidèles à la console de Sony et qui n’avaient jamais pu y toucher.
En une semaine, Starfield écoule 140 000 copies sur PS5 pour 7,7 millions de dollars de chiffre d’affaires, selon Alinea Analytics, cité par Les Numériques.
Pour un jeu déjà disponible depuis plus de deux ans ailleurs, ce démarrage reste solide. Il montre qu’un public PS5 attendait encore ce blockbuster spatial, malgré les critiques accumulées depuis 2023.
Un lancement correct, mais loin des ambitions initiales
Ces 140 000 ventes sur PS5 contrastent avec les scores atteints lors du lancement initial. Les Numériques rappelle que Starfield avait « explosé les compteurs » à sa sortie en 2023. Sur PC, rien que sur Steam, le titre cumulait déjà 3,7 millions de copies vendues avant même son arrivée sur PS5, pour un total de plus de 15 millions de joueurs toutes plateformes confondues.
Deux ans plus tard, le paysage a changé. En mars 2026, le jeu ne rassemblait plus que 3 000 à 5 000 joueurs simultanés sur Steam. Pour un RPG présenté comme le successeur naturel des grandes licences de Bethesda, comme The Elder Scrolls ou Fallout, cette chute d’engagement interroge.
Les reproches reviennent souvent :
- techniquement daté, avec un moteur vieillissant ;
- structure de jeu jugée trop proche de Skyrim, mais transposée dans l’espace ;
- boucles de gameplay répétitives, malgré un contenu massif.
Résultat, l’arrivée sur PS5 intervient à un moment où la « hype » a largement reflué. Pour un RPG de cette taille, Les Numériques estime que les chiffres PS5 restent en-dessous des attentes initiales placées dans la licence.
Une version PS5 lancée avec une grosse mise à jour
Bethesda n’a pas sorti Starfield sur PS5 tel qu’il existait en 2023. Le portage s’accompagne de la mise à jour baptisée Free Lanes, présentée comme la plus importante depuis la sortie du jeu. Elle répond à l’une des demandes les plus insistantes de la communauté : pouvoir voler manuellement entre les planètes, au lieu de se contenter de transitions et de chargements.
Cette mise à jour s’accompagne également d’un nouveau contenu payant, le DLC Terran Armada. Le duo Free Lanes + Terran Armada, combiné à la sortie PS5, a eu un effet mécanique sur les ventes PC : 55 000 copies supplémentaires de Starfield se sont écoulées sur Steam, pour 2,3 millions de dollars de revenus additionnels. Le cumul de chiffre d’affaires sur la plateforme de Valve dépasse désormais les 200 millions de dollars.
Avec la sortie PS5, la mise à jour Free Lanes et le DLC Terran Armada, Starfield tente de relancer sa dynamique commerciale sur toutes les plateformes.
Cette stratégie illustre la volonté de Bethesda de prolonger la vie du titre. Le studio promet depuis le début un suivi « aussi long que celui de Skyrim ». La question demeure : cet investissement a-t-il encore un sens si la base active de joueurs se réduit, en particulier sur PC ?
Un portage PS5 miné par les bugs et les plaintes
Le principal frein au succès du lancement sur PS5 ne vient pas du contenu, mais de la qualité technique du portage. Les retours des joueuses et joueurs sur la console de Sony sont particulièrement sévères. Les problèmes évoqués sont nombreux : plantages fréquents, sauvegardes corrompues, écrans de chargement qui se figent.
Ces dysfonctionnements touchent à la fois la PS5 « classique » et la PS5 Pro. Sur le PlayStation Store, 16 % des évaluations de Starfield se situent entre une et deux étoiles, un niveau très bas pour un titre de cette envergure. Plusieurs messages laissent entendre une expérience quasiment injouable pour certains.
Un joueur indique par exemple que son jeu plante « toutes les deux minutes », même après plusieurs tentatives de réinstallation. Des demandes de remboursement affluent sur le PlayStation Store, signe d’un mécontentement réel et organisé.
Les spécialistes confirment ce constat. Dans son analyse technique, le média Digital Foundry parle de « beaucoup trop » de bugs et appelle Bethesda à corriger au plus vite la version PS5, estimant que l’état actuel du jeu ne correspond pas à ce que les joueurs sont en droit d’attendre sur une console de cette génération.
Digital Foundry juge l’état de Starfield « inacceptable » sur PS5 et pointe une surcharge de bugs, de plantages et de problèmes de stabilité.
La réaction de Bethesda face à la colère des joueurs
Face à la multiplication des témoignages, Bethesda Game Studios a fini par réagir publiquement sur le réseau X, anciennement Twitter. Le studio explique être « au courant » des problèmes de crash rapportés sur PS5 et affirme avoir réussi à les réduire à « un petit nombre de causes » identifiées.
L’équipe annonce préparer un hotfix, c’est-à-dire un correctif rapide, qu’elle vise à déployer dans la semaine qui suit ces premiers signaux d’alerte. Aucune explication technique précise n’accompagne ce message, ni détail sur la nature exacte des bugs qui provoquent ces plantages.
Cette situation rappelle la « tradition Bethesda » largement commentée dans le milieu : à chaque grand lancement, un flot de bugs vient perturber les premières semaines, voire les premiers mois. Skyrim avait été largement critiqué à sa sortie pour ses problèmes techniques, Fallout 76 a connu un démarrage très difficile, et la première sortie de Starfield sur Xbox et PC n’y a pas échappé.
Les Numériques résume cette fatalité par une formule inspirée de la saga Fallout : « Bugs. Bugs Never Change ». Pour le studio américain, la sortie PS5 ne fait que prolonger une réputation déjà ancienne en matière de stabilité technique, malgré deux années de développement supplémentaires pour adapter le jeu à la console de Sony.
Ce que cela change pour les joueurs français sur PS5
En France, les joueuses et joueurs PS5 constituent une part importante du marché console. Jusqu’ici, ceux qui ne disposaient pas d’une Xbox ou d’un PC suffisamment puissant ne pouvaient pas tester Starfield. Cette sortie ouvre donc, sur le papier, l’accès à l’un des grands RPG narratifs de la génération actuelle.
Concrètement, un joueur ou une joueuse française sur PS5 se retrouve aujourd’hui face à un choix délicat :
- se laisser tenter par l’univers et la promesse de liberté de Starfield, enrichi de la mise à jour Free Lanes ;
- ou attendre que Bethesda déploie plusieurs correctifs pour améliorer la stabilité et réduire les risques de plantages et de sauvegardes perdues.
Les demandes de remboursement qui remontent via le PlayStation Store montrent que certains joueurs tentent déjà de se protéger face à une expérience jugée non conforme à leurs attentes. En France comme ailleurs, cette procédure dépend de la politique de Sony, qui reste souvent stricte une fois le jeu téléchargé et lancé, même si des exceptions existent en cas de dysfonctionnements majeurs.
Xbox, PS5 et exclusivités : une frontière qui s’effrite
L’arrivée de Starfield sur PS5 s’inscrit dans un contexte plus large d’évolution de la stratégie de Microsoft. L’éditeur ouvre progressivement certaines de ses licences à d’autres plateformes, alors que la frontière entre « exclusivités » et « titres multiplateformes » se floute avec le temps.
Pour les joueuses et joueurs français, cette tendance signifie qu’un investissement dans une seule console garantit moins qu’avant l’accès à tous les grands RPG du moment. A contrario, cela limite les frustrations habituelles liées aux titres verrouillés sur une machine pendant toute leur durée de vie.
| Plateforme | Période clé évoquée | Indicateur donné |
|---|---|---|
| Xbox / PC | Septembre 2023 (lancement) | Plus de 15 millions de joueurs, 3,7 millions de copies sur Steam |
| Steam (PC) | Mars 2026 | 3 000 à 5 000 joueurs simultanés |
| PS5 | Première semaine après sortie (avril 2026) | 140 000 copies vendues, 7,7 millions de dollars de revenus |
RPG spatial, bugs et attentes : un cocktail à gérer avec prudence
Pour un lecteur français curieux de se lancer dans Starfield, quelques repères pratiques s’imposent. Un RPG de ce type implique souvent des dizaines, voire des centaines d’heures de jeu. Les bugs signalés sur PS5 peuvent donc avoir un impact très concret : perdre une sauvegarde après 30 ou 40 heures représente un risque réel et douloureux.
Dans ce contexte, certains joueurs choisissent une approche pragmatique :
- attendre les premiers retours détaillés sur la stabilité du jeu après les prochains correctifs ;
- suivre les mises à jour de Bethesda, qui a déjà montré par le passé qu’il pouvait redresser la barre sur la durée ;
- profiter éventuellement d’une baisse de prix ou d’une promotion future quand la version sera mieux maîtrisée.
Pour d’autres, la curiosité pour l’univers, les quêtes, les possibilités de construction de vaisseaux ou d’exploration de systèmes entiers l’emporte sur les réserves techniques, quitte à accepter quelques plantages. L’expérience Starfield reste fondée sur une promesse : incarner un explorateur ou une exploratrice de l’espace dans un monde ouvert massif, fait de planètes, de factions et de choix de dialogues aux conséquences variables.
Les prochains mois diront si la combinaison de la mise à jour Free Lanes, du DLC Terran Armada et des correctifs PS5 suffira à relancer durablement la machine, en France comme à l’international, ou si Starfield restera surtout l’exemple d’une exclusivité Xbox arrivée trop tard et dans un état trop fragile sur la console de Sony.









