EUROTEL

Emails au travail : voici la formule de politesse qui agace le plus vos collègues, et vous l’utilisez sans doute déjà

En France, un mot glissé machinalement à la fin d’un courriel professionnel peut irriter une partie des salariés et dirigeants.

Les formules de politesse restent un repère dans les échanges de travail, mais leur répétition peut aussi donner l’impression d’un message automatique. Une enquête menée par l’institut FLASHS pour Hostinger auprès de salariés et dirigeants du secteur tertiaire français éclaire les habitudes qui agacent le plus dans les boîtes de réception.

Une formule omniprésente qui lasse une partie des salariés

La formule la plus souvent pointée par les personnes interrogées est aussi l’une des plus répandues dans les échanges professionnels : « Cordialement ». Selon l’étude réalisée en 2024 par FLASHS pour Hostinger, 21 % des répondants disent être agacés par cette clôture de message.

« Cordialement » arrive en tête des formules de fin de courriel jugées irritantes par les participants à l’enquête.

Le résultat peut surprendre. Le terme demeure associé à une forme de neutralité professionnelle. Il permet de conclure rapidement un message sans excès de familiarité ni lourdeur. À force d’apparaître partout, parfois dans des échanges brefs ou tendus, il peut pourtant sembler impersonnel à certains destinataires.

Deux autres expressions reviennent dans les réponses recueillies :

  • « Au plaisir de vous lire », jugée agaçante par 14 % des participants ;
  • « Salutations distinguées », citée par 13 % des sondés.

Ces réactions ne signifient pas que ces formulations seraient incorrectes. Elles montrent surtout que la politesse écrite ne se réduit pas à une recette fixe. La relation entre les interlocuteurs, le sujet du message, son degré d’urgence et les habitudes de l’entreprise changent la perception d’une même phrase.

La politesse reste attendue dans les échanges professionnels

Malgré les irritations relevées par l’enquête, les formules de courtoisie gardent une fonction utile. Elles donnent un cadre au message, indiquent l’attention portée au destinataire et évitent qu’un courriel très direct soit interprété comme sec.

Le philosophe Jean-Claude Monod rappelle qu’elles servent à « montrer du respect et améliorer la compréhension des messages ». Leur absence peut, à l’inverse, être perçue comme un manque d’égards, en particulier lors d’un premier contact ou dans une relation hiérarchique.

Un courriel de travail gagne donc à rester lisible et adapté à sa situation. Avant de l’envoyer, plusieurs points peuvent être vérifiés :

  • un objet clair, qui annonce immédiatement le sujet ;
  • une demande formulée sans ambiguïté ;
  • un ton cohérent avec le lien professionnel ;
  • une relecture pour corriger les fautes et les oublis ;
  • une formule de fin choisie en fonction du contexte.

Dans un échange quotidien entre collègues qui se connaissent, un simple « Bonjour » suivi du prénom, puis une signature, peut suffire. Face à un client, un partenaire ou une personne rencontrée pour la première fois, une formulation plus complète reste souvent préférable.

Le contexte compte davantage que la formule parfaite

Un message adressé à un collègue avec qui l’on échange chaque jour ne se rédige pas comme une candidature. Une demande rapide, une transmission de document ou une relance nécessitent aussi des tons différents. L’enjeu consiste moins à trouver une expression miracle qu’à éviter le décalage.

Une formule très solennelle dans un échange informel peut sembler distante. À l’inverse, une clôture trop relâchée risque de mal passer auprès d’un interlocuteur peu connu. Le nom de la personne, la nature de la demande et l’historique de la conversation offrent des repères plus fiables que les automatismes.

Les émojis, autre sujet de désaccord au bureau

L’étude s’est aussi intéressée aux symboles graphiques employés dans les courriels professionnels. Leur usage ne fait pas consensus. Parmi les hommes interrogés, 51 % déclarent utiliser des symboles souriants dans leurs messages de travail, contre 43 % des femmes.

Le jugement sur cette pratique varie également : 40 % des femmes interrogées la considèrent inappropriée dans un contexte professionnel, contre 32 % des hommes. Ces écarts rappellent qu’un symbole censé alléger un message peut être compris de manières très différentes.

Un symbole graphique peut préciser une intention amicale, mais il peut aussi paraître déplacé si le destinataire, le sujet ou la culture de l’entreprise ne s’y prêtent pas.

La source évoque le cas d’un salarié licencié après l’envoi d’une image animée humoristique sur Teams. Cet exemple souligne le risque d’une plaisanterie mal reçue sur les outils de communication internes. Dans le doute, mieux vaut privilégier une formulation explicite plutôt qu’un sous-entendu graphique, surtout lorsqu’un échange concerne une décision, un désaccord ou une hiérarchie.

Quelle situation en France ?

En France, aucune formule de fin unique ne s’impose à tous les courriels professionnels. Les usages diffèrent selon les secteurs, les entreprises et les relations de travail. La courtoisie reste attendue, sans imposer systématiquement les longues phrases utilisées dans les courriers administratifs ou les lettres formelles.

Dans une lettre de motivation, les formulations plus classiques conservent leur place. « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées » reste adaptée à une candidature lorsque le nom du destinataire est inconnu. Une formule telle que « Dans l’attente de votre retour, je vous souhaite une agréable journée » peut convenir si le ton général du courrier est plus direct.

Il vaut mieux éviter les tournures très chargées ou grammaticalement maladroites. Par exemple, la formule « Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de mes sentiments distingués » pose problème : on dit croire à une chose, et non croire en l’expression de sentiments. Une phrase simple et correctement construite inspire davantage confiance qu’un empilement de marques de déférence.

Des alternatives simples selon le destinataire

Changer systématiquement de formule n’est pas nécessaire. Quelques options sobres permettent d’ajuster le niveau de formalité sans donner l’impression d’utiliser un texte préfabriqué.

Situation Ouverture possible Clôture possible
Échange entre collègues Bonjour Prénom, Bonne journée,
Message à un responsable Bonjour Madame, ou Bonjour Monsieur, Respectueusement,
Premier contact professionnel Bonjour Madame, Bonjour Monsieur, Sincères salutations,
Candidature Madame, Monsieur, Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

La personnalisation peut aussi passer par une phrase liée au contenu du message. Remercier une personne pour son retour, confirmer une échéance ou souhaiter une bonne réception d’un document donne davantage de sens à la fin du courriel qu’une formule répétée sans attention.

Une signature complète facilite enfin la lecture, surtout lors d’un premier échange. Nom, fonction et moyen de contact suffisent généralement à identifier clairement l’expéditeur. Ce détail, associé à un message précis et courtois, évite bien des malentendus dans une boîte de réception déjà saturée.

Défiler vers le haut