Venue se faire opérer à Pékin pour un problème au visage, une patiente chinoise a surpris ses chirurgiens en pleine intervention.
En Chine, une femme de 33 ans, suivie pour une maladie rare touchant un côté de son visage, s’est présentée dans un hôpital de Pékin pour une opération de chirurgie réparatrice. Comme le rapporte le site d’actualités insolites Oddity Central, l’intervention a pris une tournure inattendue lorsque les médecins ont découvert, derrière son œil gauche, plusieurs lentilles de contact qu’elle croyait perdues.
Une patiente venue corriger une malformation du visage
La trentenaire, identifiée uniquement sous le nom de « Mme A » dans le rapport médical, avait pris rendez-vous au Plastic Surgery Hospital de l’Académie chinoise des sciences médicales, à Pékin. Elle souhaitait améliorer la symétrie de son visage, altérée par une hémiatrophie faciale.
Cette pathologie rare se manifeste par une fonte des tissus graisseux d’un seul côté du visage. Dans son cas, les médecins ont constaté une atrophie de la partie gauche du visage et un léger enfoncement de l’œil gauche.
Après examen, l’équipe de chirurgie plastique a opté pour une greffe de graisse autologue, une technique qui consiste à prélever de la graisse sur le corps de la patiente pour la réinjecter dans les zones manquantes de volume. L’objectif : remplir l’espace autour et derrière le globe oculaire afin de corriger le creux visible.
En tentant de redonner du volume à l’orbite, les chirurgiens ont mis au jour cinq lentilles de contact coincées derrière l’œil gauche.
Des lentilles « perdues » depuis des mois en réalité bloquées derrière l’œil
Au cours de l’intervention, alors que les praticiens injectaient la graisse dans la zone située derrière le globe oculaire, un phénomène surprenant s’est produit : la pression exercée a fait ressortir successivement plusieurs lentilles de contact.
Au total, les médecins ont récupéré cinq lentilles souples distinctes, dissimulées dans la conjonctive, la fine membrane qui recouvre le blanc de l’œil et l’intérieur des paupières. Les praticiens indiquent qu’il s’agit, à leur connaissance, du premier cas documenté au monde où plusieurs lentilles sont ainsi restées cachées dans cette zone.
Interrogée sur ces découvertes, la jeune femme a reconnu avoir « perdu » plusieurs lentilles au cours des derniers mois. Elle pensait qu’elles étaient simplement tombées au sol, sans imaginer qu’elles étaient restées coincées dans son œil gauche.
Une maladie qui crée un espace où les lentilles peuvent se loger
Selon le rapport cité par Oddity Central, Mme A portait des lentilles de contact depuis plusieurs années. L’hémiatrophie faciale avait créé un espace inhabituel dans l’orbite gauche, suffisamment grand pour que les lentilles puissent se déplacer vers l’arrière du globe oculaire et s’y loger.
Les médecins expliquent que l’hémiatrophie faciale provoque une atrophie de la graisse intra-orbitaire, ce qui entraîne un léger rétrécissement et un affaissement de l’œil. Cet espace vide a servi de « cachette » involontaire aux lentilles.
En injectant la graisse derrière l’œil, les chirurgiens ont comblé cet espace… et poussé les lentilles oubliées vers l’avant.
La patiente n’avait pas signalé de douleur ou de gêne particulière, ce qui a rendu la situation encore plus surprenante pour les praticiens.
Un cas sans complication grave, mais un risque bien réel
Dans leur rapport, les médecins de l’hôpital de Pékin soulignent que, dans ce dossier précis, la présence de ces cinq lentilles n’a pas entraîné de complication sévère. Aucune lésion majeure ni infection grave n’a été constatée.
Ils mettent toutefois en garde contre les risques potentiels d’une telle situation si elle se prolonge :
- blessures de la cornée (microtraumatismes ou ulcérations) ;
- infections microbiennes, dues à la stagnation de germes sur les lentilles ;
- réactions inflammatoires locales ;
- rougeurs chroniques et gêne oculaire persistante.
« Si les lentilles étaient restées longtemps en place, le risque d’effets secondaires comme des plaies cornéennes ou des infections microbiennes aurait augmenté », ont prévenu les médecins chinois, cités par Oddity Central.
Ce cas reste exceptionnel, mais il attire l’attention de la communauté ophtalmologique, justement parce qu’il combine une maladie rare à une erreur banale du quotidien : penser qu’une lentille a glissé au sol alors qu’elle se trouve encore dans l’œil.
Pourquoi on peut « oublier » une lentille derrière son œil
Dans la plupart des situations, une lentille de contact ne peut pas disparaître entièrement derrière l’œil : la conjonctive forme une sorte de sac fermé qui empêche la lentille de passer dans la cavité crânienne. En revanche, elle peut se coincer très haut sous la paupière supérieure ou s’enrouler sur elle-même.
Certains gestes favorisent ce type de mésaventure :
- se frotter énergiquement les yeux avec les lentilles en place ;
- manipuler les lentilles avec les yeux très secs ;
- tenter de remettre une lentille qui gêne, sans miroir ni lavage de mains ;
- dormir avec des lentilles non prévues pour la nuit.
Chez Mme A, l’anatomie modifiée de l’orbite à cause de l’hémiatrophie faciale a amplifié ces risques. L’espace vide derrière l’œil a facilité le glissement des lentilles vers une zone normalement inaccessible.
Les médecins estiment que la combinaison entre une pathologie rare et des gestes du quotidien explique l’accumulation des cinq lentilles.
L’appel des chirurgiens chinois à davantage de prudence
À la suite de cette opération, l’équipe de chirurgie plastique de Pékin recommande aux confrères amenés à traiter des patients atteints d’hémiatrophie faciale et porteurs de lentilles de réaliser des examens oculaires plus complets avant toute intervention.
Les praticiens insistent sur la nécessité, pour les chirurgiens plasticiens, de vérifier systématiquement l’état de l’œil et de la conjonctive lorsque les patients mentionnent l’usage régulier de lentilles de contact.
Ils rappellent également quelques règles de bon sens que relaie en général tout ophtalmologiste :
Port de lentilles et suivi médical : ce qui se fait en France
En France, le port de lentilles de contact passe généralement par une adaptation réalisée par un ophtalmologiste, parfois en coordination avec un opticien. Ce spécialiste vérifie la forme de la cornée, la qualité du film lacrymal et la bonne tolérance des lentilles.
Les recommandations françaises rejoignent largement celles des médecins chinois :
- contrôle régulier chez l’ophtalmologiste pour vérifier l’absence d’irritation ou d’infection ;
- respect strict de la durée de port indiquée (lentilles journalières, mensuelles, etc.) ;
- interdiction de réutiliser une lentille jetable ou de la prêter ;
- consultation rapide en cas de douleur, baisse de vision ou forte rougeur.
Les cas de lentilles coincées sous la paupière existent aussi en France, mais ils restent rares, en général limités à une seule lentille et repérés rapidement grâce à un examen à la lampe à fente, l’appareil utilisé par les ophtalmologistes pour observer l’œil en détail.
Hémiatrophie faciale : une maladie peu connue mais lourde de conséquences
L’hémiatrophie faciale, qui touchait la patiente chinoise, correspond à une perte progressive de volume d’un côté du visage. Les tissus graisseux fondent, parfois les muscles et l’os se modifient, entraînant une asymétrie marquée.
Les répercussions ne sont pas seulement esthétiques : mâchoire décalée, gêne à la mastication, troubles ophtalmologiques liés à la position de l’œil, impact psychologique important. Les traitements reposent principalement sur la chirurgie réparatrice, dont la greffe de graisse autologue fait partie.
En France, ce type de pathologie relève d’équipes pluridisciplinaires en hôpitaux spécialisés : chirurgiens maxillo-faciaux, chirurgiens plasticiens, ophtalmologistes et parfois neurologues, selon les cas. Là encore, le suivi ophtalmologique régulier reste central lorsque l’orbite ou le globe oculaire se trouvent impliqués.
Quelques réflexes utiles pour les porteurs de lentilles
Pour les millions de personnes qui portent des lentilles, ce cas extrême venu de Chine rappelle l’intérêt de gestes simples :
- enlever la lentille dès qu’elle se fait oublier de façon suspecte, en vérifiant vraiment sa présence sur le doigt ou dans l’étui ;
- ne pas chercher une lentille « perdue » en appuyant fortement sur l’œil ;
- utiliser un miroir dans un endroit bien éclairé pour vérifier si la lentille est encore posée sur la cornée ou repliée sous la paupière ;
- demander l’avis d’un professionnel plutôt que multiplier les tentatives maladroites.
Dans la très grande majorité des cas, une lentille introuvable a simplement glissé hors de l’œil. Mais l’expérience de cette patiente de Pékin illustre que, associée à certaines particularités anatomiques ou à des maladies rares, elle peut se cacher là où personne ne s’y attend, au point de rester oubliée pendant des mois.









