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Thérapeute de couple depuis 45 ans, elle révèle la vraie raison pour laquelle on trompe : ce n’est ni le sexe ni l’amour

Thérapeute de couple depuis 45 ans, elle révèle la vraie raison pour laquelle on trompe : ce n'est ni le sexe ni l'amour

Une sexologue et thérapeute de couple américaine, forte de 45 ans de pratique, bouscule nos certitudes sur l’infidélité et ses vraies causes.

Dans un article relayé par le média en ligne américain Decider, une thérapeute de couple expérimentée partage ce qu’elle observe depuis des décennies aux États-Unis : si l’infidélité fait exploser autant de couples, ce n’est pas, selon elle, pour les raisons auxquelles on pense spontanément. Son analyse, nourrie de centaines de consultations, interroge directement la façon dont on se parle, dont on se regarde… et la place du désir dans la durée.

Une spécialiste des couples qui parle après 45 ans de cabinet

La professionnelle interrogée par Decider exerce aux États-Unis comme sexologue et thérapeute conjugale depuis près d’un demi-siècle. Elle a reçu des couples mariés, des partenaires de longue date, mais aussi des trentenaires vivant ensemble depuis seulement quelques années. Tous viennent, un jour ou l’autre, avec la même blessure : une infidélité révélée ou redoutée.

Au fil de ses consultations, elle a entendu toutes les explications possibles : manque de sexe, routine, rencontre « coup de foudre », crise de la quarantaine, pression du travail ou encore envie de « se sentir vivant ». Pourtant, quand elle creuse avec les patients, un fil rouge revient sans cesse.

Selon cette thérapeute, la majorité des tromperies ne naissent ni d’un manque de sexe ni d’un désamour, mais d’un vide émotionnel installé dans le couple.

Ce vide ne se résume pas à l’absence de grandes discussions. Il touche des détails du quotidien : le ton employé, les petites marques d’attention qui disparaissent, la sensation de ne plus être vraiment vu, ni écouté.

Ce qui se cache derrière l’infidélité : un besoin de se sentir à nouveau « vivant »

Pour la spécialiste, la « vraie » raison de la tromperie se situe rarement dans le lit. Elle la relie plutôt à un besoin de reconnaissance, de validation et de sentiment d’exister pour quelqu’un. Elle décrit des personnes qui expliquent ne plus se sentir importantes pour leur partenaire officiel, tout en continuant à l’aimer.

L’infidélité devient alors, dans son analyse, une tentative de répondre à plusieurs besoins émotionnels :

  • se sentir désiré et désirable ;
  • retrouver une forme d’admiration ou d’écoute ;
  • avoir l’impression de repartir de zéro, avec une image de soi plus flatteuse ;
  • échapper, pour quelques heures, aux tensions et aux non-dits du foyer.

La thérapeute souligne que beaucoup de ses patients ne cherchaient pas « mieux » ailleurs, mais « autrement ». Ils n’avaient pas forcément envie de quitter leur conjoint, ni cessé de l’aimer. Ils cherchaient surtout à échapper au sentiment d’indifférence ou de jugement permanent.

Dans sa pratique, l’infidélité apparaît souvent comme un symptôme d’usure relationnelle : peu de temps à deux, peu de paroles vraies, une intimité émotionnelle qui s’est étiolée bien avant la baisse de la fréquence des rapports sexuels.

Le rôle discret, mais central, du quotidien

Ce qui frappe cette professionnelle, c’est le poids du quotidien dans les récits qu’elle entend. Répartition des tâches ressentie comme injuste, critiques répétées, manque de gratitude, ou encore vie familiale qui laisse peu de place au couple : ces éléments créent, sur la durée, un terreau favorable à la rupture de confiance.

Elle décrit des hommes et des femmes qui, sans s’en rendre compte, glissent d’une simple complicité avec un collègue ou une connaissance à une vraie relation parallèle, parce qu’ils y trouvent enfin un espace où ils se sentent valorisés et entendus.

Ce que les gens croient souvent Ce que la thérapeute observe en séance
« S’il ou elle trompe, c’est qu’il n’y a plus d’amour. » Beaucoup de personnes infidèles disent encore aimer leur partenaire officiel.
« Tout est une question de sexe. » Le manque de connexion émotionnelle est plus fréquemment évoqué que la frustration sexuelle.
« C’est un coup de tête. » L’infidélité arrive souvent après des années de ressentiment ou de solitude silencieuse.

Quand on trompe sans vouloir forcément partir

La sexologue met en avant un paradoxe fréquent aux États-Unis dans les couples qu’elle suit : beaucoup de personnes infidèles veulent rester avec leur conjoint. Elles se disent surprises par ce qu’elles ont fait, parfois même choquées par elles-mêmes. Elles ne réclament pas une nouvelle vie, mais racontent s’être « laissées embarquer ».

Ce discours l’amène à insister sur la notion de responsabilité partagée. Sans excuser la tromperie, elle invite les couples à regarder ce qui, dans leur fonctionnement, a ouvert la porte à un tiers : absence de temps de qualité à deux, dialogues qui tournent au règlement de comptes ou au rapport de force, proximité limitée aux sujets pratiques (enfants, travail, factures).

La tromperie apparaît alors comme le point de rupture visible d’un malaise beaucoup plus ancien, où l’un des deux s’est senti relégué au second plan.

Dans son cabinet, les séances suivant la révélation d’une infidélité ne se limitent pas au récit de la liaison. Elles tournent surtout autour de questions comme : « Depuis quand ne te sens-tu plus entendu ? », « À quel moment as-tu cessé de partager ce que tu ressentais vraiment ? », ou encore : « Qu’est-ce qui te manquait dans notre relation ? ».

Ce que cette analyse change pour un couple en France

Si les propos relayés par Decider concernent des couples vivant aux États-Unis, les mécanismes décrits se retrouvent largement dans les cabinets de thérapeutes de couple en France. Les centres de planification familiale, les psychologues de couple libéraux ou les conseillers conjugaux observant les mêmes tensions : surcharge mentale, fatigue, difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle.

Plutôt que de surveiller uniquement la fréquence des rapports sexuels, des spécialistes français insistent, eux aussi, sur quelques signaux d’alerte relationnels :

  • Les discussions se limitent à l’organisation pratique, sans partage d’émotions.
  • Un des partenaires se plaint régulièrement de ne pas être écouté.
  • Les compliments disparaissent, remplacés par des reproches ou de l’ironie.
  • Chacun a l’impression de marcher sur des œufs pour éviter les conflits.
  • On se sent davantage soi-même avec des amis, collègues ou sur les réseaux sociaux qu’à la maison.
  • En France, un couple confronté à ces difficultés peut se tourner vers plusieurs solutions : consultations chez un psychologue spécialisé, travail avec un thérapeute de couple, participation à des ateliers de communication non violente, voire accompagnement via les services de santé au travail quand la fatigue professionnelle pèse sur la vie privée.

    Avant qu’une liaison ne se noue, beaucoup de spécialistes français conseillent d’agir dès les premiers signes de distance : s’accorder des moments sans écrans, programmer de vrais temps à deux, ou encore apprendre à formuler les reproches sans humiliation.

    Prévenir l’infidélité : des pistes concrètes issues de la thérapie

    L’expérience de cette thérapeute américaine met l’accent sur des gestes simples, mais réguliers. Elle encourage les couples à ne pas attendre la crise pour réinvestir la relation. Son approche rejoint celle d’autres sexologues et psychologues, qui insistent sur quelques axes récurrents :

    • Réintroduire de la curiosité pour l’autre : poser des questions, s’intéresser aux émotions plutôt qu’aux seules obligations.
    • Ritualiser des moments à deux, même courts : un café ensemble, une marche, un dîner sans téléphone.
    • Exprimer les besoins de manière directe, sans les cacher derrière des reproches.
    • Valoriser ce que l’autre fait bien, surtout dans les périodes de stress.
    • Accepter de demander de l’aide extérieure avant que la situation ne se fige.

    Pour beaucoup de couples, ce travail paraît difficile au départ, car il oblige à mettre des mots sur des frustrations anciennes. Mais les thérapeutes rappellent qu’un dialogue authentique, même imparfait, offre souvent une meilleure protection contre la tentation d’aller chercher du réconfort ailleurs qu’un contrôle strict du téléphone ou des réseaux sociaux de l’autre.

    Un sujet qui dépasse le simple « adultère »

    Dans la perspective décrite par la spécialiste citée par Decider, l’infidélité devient aussi un révélateur social : pression de performance, culte de l’image, injonction à tout réussir (carrière, couple, parentalité). Ce contexte peut accentuer le sentiment d’échec quand la relation traverse une phase de fatigue ou de désenchantement.

    Certains psychologues français soulignent que parler de ces pressions, nommer le poids du travail, de la charge mentale, ou des attentes familiales, permet déjà d’alléger une partie de la tension dans le couple. Ce cadre plus lucide rend souvent moins attirante l’idée de « tout recommencer ailleurs » avec un nouveau partenaire, en montrant qu’une grande part des difficultés tient à la vie moderne elle-même, pas uniquement à la personne avec qui l’on vit.

    Ce regard plus nuancé, où l’acte de tromper reste une blessure mais s’inscrit dans une histoire relationnelle plus large, peut aider certains couples français à aborder la question autrement : ni comme une faute inexplicable, ni comme une fatalité, mais comme un signal d’alarme sur ce qui manque vraiment, bien avant le sexe ou l’amour déclaré.

    Questions fréquentes

    Pourquoi trompe-t-on selon cette thérapeute ?

    Selon elle, on trompe principalement à cause d'un vide émotionnel : le sentiment de ne plus être entendu, vu ou valorisé par son partenaire officiel. L'infidélité répond alors à des besoins de reconnaissance et de validation.

    L'infidélité signifie-t-elle toujours qu'on n'aime plus son partenaire ?

    Non. Beaucoup de personnes infidèles déclarent continuer à aimer leur conjoint. Elles cherchent plutôt à échapper au sentiment d'indifférence ou à retrouver une image de soi plus valorisée.

    Quels sont les signaux d'alerte d'un couple en difficulté ?

    Les discussions limitées à l'organisation pratique sans partage d'émotions, l'absence de compliments remplacés par des reproches, le manque d'écoute, et le sentiment d'être davantage soi-même avec d'autres qu'à la maison.

    Comment prévenir l'infidélité en France ?

    Les spécialistes conseillent de s'accorder des moments sans écrans, de programmer des vrais temps à deux, de formuler les reproches sans humiliation, ou de consulter un psychologue spécialisé dès les premiers signes de distance.

    Les couples français vivent-ils les mêmes problèmes que les couples américains ?

    Oui. Les mécanismes décrits par la thérapeute américaine se retrouvent largement dans les cabinets français : surcharge mentale, fatigue, difficulté à concilier vie professionnelle et personnelle, et usure relationnelle.
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