Après une longue période sans évolution, les revenus complémentaires de nombreux anciens salariés du privé devraient bouger cet automne.
La prochaine échéance approche pour les affiliés de l’Agirc-Arrco. Le régime de retraite complémentaire prévoit une revalorisation au 1er novembre 2026, après près de deux années sans hausse. Le nouveau montant devrait apparaître sur les comptes bancaires dès le lundi 2 novembre, date habituelle du versement mensuel.
Une revalorisation attendue après le gel de 2025
Pour les personnes ayant travaillé dans le secteur privé, la retraite ne dépend pas uniquement du régime de base versé par l’Assurance retraite. Une part parfois conséquente des revenus mensuels vient aussi de l’Agirc-Arrco, le régime complémentaire obligatoire des salariés du privé.
Or, cette part n’a pas progressé en 2025. Une situation ressentie par de nombreux retraités, surtout depuis le retour de tensions sur les prix du quotidien. Carburant, énergie, alimentation, assurances : même une hausse modérée peut peser lorsque les dépenses fixes occupent une large place dans le budget.
La revalorisation doit prendre effet le 1er novembre 2026. Les retraités devraient percevoir le premier paiement tenant compte de ce changement le 2 novembre.
La décision définitive n’est pas encore connue. Elle doit être prise en octobre par le conseil d’administration du régime, composé de représentants des organisations patronales et syndicales.
Un taux théorique de 1,6 % selon l’inflation
La méthode de calcul prévue par les règles de l’Agirc-Arrco s’appuie sur l’évolution annuelle des prix à la consommation hors tabac. À ce chiffre, le régime retire normalement 0,4 point.
Les dernières données disponibles de l’Insee font état d’une inflation qui pourrait atteindre 2 %. En appliquant strictement la formule, la hausse atteindrait donc 1,6 % au 1er novembre.
Ce niveau donnerait un léger bol d’air aux foyers concernés, même si le gain mensuel restera limité pour une grande partie des bénéficiaires. Tout dépendra naturellement du montant de la retraite complémentaire perçue aujourd’hui.
Montant mensuel actuel
Hausse avec un taux de 1,6 %
Nouveau montant estimé
300 euros
4,80 euros
304,80 euros
600 euros
9,60 euros
609,60 euros
900 euros
14,40 euros
914,40 euros
1 200 euros
19,20 euros
1 219,20 euros
Ces montants restent des estimations. Le taux final peut encore varier, car les partenaires sociaux disposent d’une marge de manœuvre au moment de leur décision.
Une hausse comprise entre 1,2 % et 2 % reste possible
Le conseil d’administration peut ajuster le résultat de la formule de 0,4 point, à la baisse comme à la hausse. Avec une inflation de référence de 2 %, le pourcentage retenu pourrait donc se situer dans une fourchette allant de 1,2 % à 2 %.
Avec une hausse de 1,2 %, une complémentaire de 800 euros progresserait de 9,60 euros par mois.
Avec une hausse de 1,6 %, ce même montant gagnerait 12,80 euros mensuels.
Avec une hausse de 2 %, le gain atteindrait 16 euros par mois.
Sur une année complète, l’écart devient plus visible. Pour une pension complémentaire de 800 euros, la différence entre un taux de 1,2 % et un taux de 2 % représente 76,80 euros sur douze mois.
Aucun rattrapage annoncé pour l’année précédente
Les retraités qui espéraient une compensation liée à l’absence d’évolution en 2025 risquent d’être déçus. À ce stade, aucun mécanisme de rattrapage n’est prévu. La prochaine décision portera uniquement sur la revalorisation applicable à compter de novembre 2026.
Cette absence de correction rétroactive explique pourquoi certains bénéficiaires jugeront l’augmentation modeste. Une hausse de quelques euros par mois ne compense pas toujours les dépenses accumulées depuis le dernier ajustement, en particulier pour les ménages aux revenus les plus serrés.
Comment vérifier le nouveau montant versé
Les retraités n’ont normalement aucune démarche à réaliser. Le régime applique la revalorisation automatiquement. Dès le début du mois de novembre, il sera possible de comparer le montant reçu avec celui du mois précédent.
Pour contrôler sa situation sans attendre le virement bancaire, il convient de consulter son espace personnel sur le site officiel de l’Agirc-Arrco. Le relevé de paiement permet de vérifier le montant brut, les prélèvements sociaux éventuels et la somme réellement versée.
Il faut garder en tête qu’une hausse brute ne produit pas toujours exactement le même gain net. Le montant qui arrive sur le compte peut varier selon la CSG, la CRDS, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie et, dans certains cas, le taux de prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.
Attention aux faux messages adressés aux retraités
À l’approche d’une revalorisation, les tentatives d’arnaque peuvent se multiplier. Des fraudeurs utilisent le nom, le logo ou les couleurs d’organismes sociaux pour envoyer de faux courriels et de faux SMS. Leur objectif consiste souvent à récupérer un numéro de compte, un mot de passe ou des coordonnées bancaires.
L’Agirc-Arrco ne demande pas de coordonnées sensibles par message et ne vend ni mutuelle, ni complémentaire santé, ni offre commerciale.
Un message promettant de débloquer une hausse, de régulariser un dossier ou de verser une somme exceptionnelle doit donc alerter. Mieux vaut ne pas cliquer sur un lien reçu par SMS ou par courriel, même lorsqu’il paraît crédible.
Les réflexes à adopter face à un message douteux
Ne répondez pas dans la précipitation à un appel ou à un message inattendu.
Ne communiquez jamais votre mot de passe, votre code bancaire ou votre numéro fiscal.
Connectez-vous directement à votre espace personnel en saisissant vous-même l’adresse du site officiel.
Conservez une capture du message suspect avant de le signaler et de le supprimer.
La revalorisation de novembre sera automatique. Aucun conseiller n’a besoin de réclamer des frais, un code reçu par téléphone ou une validation urgente pour que le nouveau montant soit appliqué. Cette règle simple permet d’éviter une grande partie des tentatives de fraude visant les retraités.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.