Franco Colapinto a provoqué un carambolage qui a coûté cher à Alpine, à Gasly et à Norris lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan.
Norris réclame une suspension. Russell, Verstappen et Hadjar jugent la sanction trop dure. Briatore, lui, ne décolère pas en interne.
En bref
Colapinto a percuté Gasly et gêné Norris lors d’une relance au tour 36 du GP d’Azerbaïdjan 2026.
Norris demande une suspension d’une course à la FIA, mais Russell, Verstappen et Hadjar jugent cela trop sévère.
Colapinto écope de 10 secondes de pénalité, converties en recul de cinq places sur la grille en Malaisie.
Le chiffre clé : 5 places, recul sur la grille de Colapinto au prochain Grand Prix, converti de sa pénalité.
Un blocage de roues fait chuter deux voitures d’un coup
Tout se joue au 36e tour du Grand Prix d’Azerbaïdjan, lors d’une relance derrière la voiture de sécurité. Sur la partie intérieure poussiéreuse du virage 1 du circuit de Bakou, Franco Colapinto freine trop tard. Ses roues avant se bloquent et il percute violemment le flanc de la voiture de son coéquipier Pierre Gasly.
Les deux pilotes Alpine sont mis hors course sur le champ. Lando Norris, pris dans l’incident, voit également sa course gâchée. Pour Alpine, qui visait une probable double arrivée dans les points, la sanction sportive est immédiate : leurs rivaux de Racing Bulls inscrivent six points de plus au classement constructeurs le même jour.
Norris veut des suspensions, Russell juge la sanction disproportionnée
Lando Norris ne mâche pas ses mots après l’incident. Il demande à la FIA de durcir le ton face à ce type d’erreur.
« Je pense que la FIA devrait être plus sévère et commencer à infliger des suspensions pour ce genre de choses. C’est de la négligence de la part de certains. Ça coûte beaucoup d’argent : toutes mes pièces sont maintenant à la poubelle. Les gens devraient simplement être suspendus, parce que ce n’est pas un pilotage qui mérite d’être vu en Formule 1. » Lando Norris
Interrogé en conférence de presse sur ces propos, le vainqueur du jour, George Russell, prend le contre pied. Il estime qu’une suspension serait excessive au regard des circonstances : des pneus froids après une relance, sur une portion de piste où l’adhérence manque. Pour lui, les suspensions doivent rester réservées aux actes commis intentionnellement, et non à une erreur de pilotage malheureuse.
Verstappen relativise, lui aussi déjà victime d’un scénario similaire
Max Verstappen, deuxième de la course, a vécu une mésaventure comparable l’an dernier, éliminé au départ du Grand Prix d’Autriche par Kimi Antonelli. Son jugement sur le cas Colapinto est nuancé : tant que le pilote responsable reconnaît son erreur et présente ses excuses, l’incident relève selon lui des aléas de la course plutôt que d’une faute à sanctionner lourdement.
Il pointe lui aussi le manque d’adhérence à l’intérieur de la trajectoire au virage 1, qui explique en partie le blocage de roues. Pour Verstappen, une suspension d’une course reste une réponse disproportionnée à ce type d’incident.
Hadjar accuse un circuit trop bosselé hors trajectoire
Monté sur la troisième marche du podium lors de son retour de blessure, Isack Hadjar élargit le débat au tracé lui même. Selon lui, l’erreur de Colapinto n’est qu’un cas parmi d’autres blocages de roues observés sur cette surface à faible adhérence.
Il explique que dès qu’un pilote s’écarte de la trajectoire idéale, la piste devient très bosselée, ce qui dissuade les dépassements au virage 1, pourtant la principale zone de dépassement du circuit urbain de 6 km. Il ajoute que la lenteur de la voiture de sécurité complique la montée en température des pneus, ce qui pousse les pilotes à forcer au moment de la relance, avec des conséquences potentiellement lourdes.
Pilote
Position au GP
Avis sur une suspension
George Russell
1er
Trop sévère
Max Verstappen
2e
Exagéré
Isack Hadjar
3e
Trop sévère, pointe le circuit
Lando Norris
victime collatérale
Favorable à une suspension
Briatore hausse le ton en interne et n’exclut pas de nouvelles mesures
Du côté d’Alpine, le ton est nettement moins conciliant. Flavio Briatore, conseiller exécutif et dirigeant de fait de l’équipe, n’a pas ménagé son pilote dans sa communication d’après course.
« Je suis évidemment extrêmement déçu du résultat d’aujourd’hui, d’autant que nous avons perdu de précieux points dans la lutte au championnat. Ce genre d’incident ne devrait pas se produire, encore moins lorsque nos deux voitures sont bien placées et en mesure de marquer des points. Je suis vraiment désolé pour l’équipe et pour Pierre, qui a réalisé un excellent travail. Mes excuses vont également à Lando et à McLaren pour avoir gâché leur course. Il a freiné beaucoup trop tard dans le contexte d’une relance après une voiture de sécurité. C’était une manœuvre très maladroite de la part d’un pilote de son expérience. » Flavio Briatore
Briatore indique vouloir prendre le temps d’évaluer les mesures à prendre pour que la situation ne se reproduise pas, une phrase qui laisse planer le doute sur d’éventuelles conséquences internes pour Colapinto. Ce dernier a de son côté reconnu ce qu’il a qualifié de grosse erreur et s’est excusé auprès de Gasly et de l’équipe.
Vos questions
Que s’est il passé exactement lors de l’accident de Colapinto ?
Au 36e tour du Grand Prix d’Azerbaïdjan, lors d’une relance après voiture de sécurité, Colapinto a bloqué ses roues avant sur la partie intérieure poussiéreuse du virage 1 et a percuté Pierre Gasly, mettant les deux hors course. Lando Norris a aussi été touché par l’incident.
Colapinto a t il été sanctionné ?
Oui, les commissaires lui ont infligé 10 secondes de pénalité. Comme il a abandonné, cette sanction a été convertie en un recul de cinq places sur la grille de départ du prochain Grand Prix, en Malaisie.
Pourquoi Russell, Verstappen et Hadjar jugent une suspension trop sévère ?
Ils estiment qu’il s’agit d’une erreur de pilotage liée aux pneus froids et au faible grip hors trajectoire à Bakou, pas d’un acte intentionnel dangereux. Pour eux, la suspension devrait rester réservée aux fautes volontaires et très imprudentes.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Que s'est-il passé exactement lors de l'accident de Colapinto au Grand Prix d'Azerbaïdjan ?
Au 36e tour, lors d'une relance après voiture de sécurité, Colapinto a bloqué ses roues avant sur la partie intérieure poussiéreuse du virage 1 et a percuté violemment Pierre Gasly, mettant les deux Alpine hors course. Lando Norris a également été touché par l'incident.
Quelle sanction Colapinto a-t-il reçue ?
Les commissaires lui ont infligé 10 secondes de pénalité. Comme il a abandonné la course, cette sanction a été convertie en un recul de cinq places sur la grille de départ du Grand Prix suivant, en Malaisie.
Pourquoi Russell et Verstappen jugent-ils une suspension trop sévère ?
Ils estiment qu'il s'agit d'une erreur de pilotage liée aux pneus froids et au faible grip hors trajectoire à Bakou, pas d'un acte intentionnel dangereux. Pour eux, la suspension doit rester réservée aux fautes volontaires et très imprudentes.
Quel rôle Isack Hadjar joue-t-il dans ce débat ?
Hadjar, troisième du podium, élargit la critique en pointant l'état du circuit lui-même : la piste est très bosselée hors trajectoire, ce qui dissuade les dépassements et complique la gestion des pneus lors des relances.
Quelle est la position interne d'Alpine sur cet incident ?
Flavio Briatore se montre très critique envers Colapinto, jugeant sa manœuvre extrêmement maladroite et déplorant la perte de points précieux. Il indique vouloir évaluer les mesures à prendre, laissant planer le doute sur d'éventuelles conséquences internes.