Au Royaume-Uni, une nouvelle mode baptisée « Bob le Bricoleur » inquiète un coach amoureux, qui alerte les femmes sur un risque bien réel.
Cette tendance, repérée par le média en ligne britannique LADbible, fait parler d’elle sur les réseaux sociaux. Sous des airs de bon plan pour économiser sur les travaux, elle peut pourtant exposer les utilisatrices de sites de rencontres à des situations dangereuses, prévient un spécialiste.
La tendance « Bob le Bricoleur » : un rendez-vous contre un coup de perceuse
Dans cet article de LADbible, le coach en rencontres britannique Jacob Lucas décrit une pratique qui s’installe dans le paysage des applis de dating. Son principe : utiliser les rendez-vous amoureux pour faire réaliser des petits travaux de bricolage à domicile.
Concrètement, certaines femmes, confrontées à la crise du coût de la vie au Royaume-Uni, ciblent volontairement des hommes doués de leurs mains, rencontrés sur des applications ou dans la vie quotidienne, avec une idée derrière la tête : les inviter chez elles pour monter un meuble, fixer une étagère ou réparer une porte, tout en présentant cela comme une « date » potentielle.
Jacob Lucas résume ainsi ce fonctionnement pour LADbible : la tendance « Bob le Bricoleur » consiste à « rechercher activement un homme sur une application de rencontres, ou même dans la vraie vie, avec l’intention que quelqu’un fasse du bricolage chez soi, en plus de, potentiellement, sortir avec cette personne ».
La mode « Bob le Bricoleur » mélange rendez-vous galant et petits travaux à domicile, au prix d’un sérieux flou sur les intentions réelles.
Dans un contexte où les tarifs des artisans, des plombiers ou des électriciens pèsent de plus en plus sur les budgets, l’idée peut paraître « maligne » à première vue : on réduit la facture tout en rencontrant un éventuel partenaire. Jacob Lucas reconnaît lui-même que cela peut sembler « économique » pour celles qui osent le demander à un quasi-inconnu.
Un danger bien concret : ouvrir sa porte à un inconnu
Pour ce coach en rencontres suivi par près de 785 000 personnes sur TikTok, cette tendance franchit toutefois une ligne rouge en matière de sécurité personnelle. Son avertissement est clair : faire venir chez soi quelqu’un rencontré seulement en ligne représente un risque important, encore aggravé lorsque l’objectif principal est le bricolage plutôt que la rencontre.
Il explique à LADbible : « Honnêtement, je ne suis pas fan de cette nouvelle tendance. Je vois le bénéfice de trouver un homme qui est bon en bricolage et que cela peut être pratique, mais cela soulève de sérieuses inquiétudes si c’est la raison pour laquelle vous sortez avec quelqu’un ».
Jacob Lucas rappelle une règle qu’il dit répéter systématiquement à ses clientes : ne jamais indiquer son adresse à un homme dès le premier rendez-vous. « Vous ne savez pas, l’homme peut être complètement bizarre et vous pourriez vous retrouver dans de très mauvaises situations si vous invitez la mauvaise personne chez vous. Le risque ne vaut pas quelques charnières de porte à réparer », insiste-t-il.
Inviter un inconnu perdu de vue sur une appli à venir bricoler chez soi revient à lui livrer son adresse et son intimité, sans filet de protection.
Il rappelle les consignes de base pour limiter les dangers lors d’une première rencontre :
préférer un lieu public et fréquenté, comme un café ou un bar animé ;
prévenir un proche du lieu et de l’horaire du rendez-vous ;
si possible, partager sa localisation en direct avec une personne de confiance ;
prévoir un moyen autonome de rentrer chez soi (transport en commun, VTC, taxi, véhicule personnel).
En ouvrant directement la porte de leur domicile à un inconnu, les adeptes de la tendance « Bob le Bricoleur » court-circuitent ces précautions de base. Le coach insiste sur le fait que, même si la majorité des rencontres se passent bien, il suffit d’une mauvaise personne pour que la situation bascule.
Une démarche jugée malhonnête qui brouille le sens même de la rencontre
Au-delà de la question de la sécurité physique, Jacob Lucas pointe aussi un problème de fond : pour lui, cette manière d’utiliser les applis s’apparente à une forme d’instrumentalisation des partenaires potentiels.
Il estime que la tendance est « malhonnête » parce qu’elle repose sur un décalage entre le discours et l’intention réelle : on prétend chercher une relation, alors qu’on cherche d’abord un service gratuit. « Cela enlève l’idée de sortir avec quelqu’un pour ce qu’il est, et à la place, on le fréquente pour économiser de l’argent et pour ses compétences. Cela semble très malhonnête et on utilise les gens », développe-t-il.
Quand le marteau et la perceuse deviennent l’argument principal d’un match, l’échange se transforme en relation de service déguisée.
Pour ce spécialiste, l’objectif d’un rendez-vous devrait rester la recherche d’un lien sincère. Il n’y voit aucun problème si quelqu’un est attiré par un homme manuellement habile, qu’il soit artisan, maçon ou bricoleur aguerri. L’attirance pour un « homme qui est bon de ses mains » reste complètement légitime à ses yeux, à condition que la personne ne soit pas réduite à cette image.
Ce qu’il critique en revanche, c’est l’idée d’« attendre » qu’un date se mette obligatoirement à faire des travaux, ou de le « piéger » en l’invitant chez soi sous un prétexte romantique pour finalement sortir la boîte à outils. Selon lui, l’aide dans la vie quotidienne doit venir naturellement, une fois la relation installée et la confiance mutuelle établie.
Ce que recommande l’expert à la place de la tendance « Bob le Bricoleur »
Jacob Lucas encourage les célibataires à mettre l’énergie ailleurs que dans ces stratégies. Pour lui, le temps passé à chercher « un bon bricoleur » sur les applis serait mieux utilisé à filtrer les personnes partageant réellement les mêmes valeurs, un projet de vie compatible ou un humour commun.
Sa recommandation : nouer d’abord une relation authentique, basée sur l’échange, la confiance et le respect mutuel. Si les choses avancent dans la bonne direction et que le lien devient solide, l’entraide suit généralement d’elle-même. Dans ce cadre, un partenaire qui sait bricoler proposera volontiers de réparer un meuble ou de poser une tringle à rideau, sans se sentir exploité.
Pour les personnes qui ont réellement besoin de travaux chez elles, le coach suggère implicitement de recourir à des solutions plus transparentes : faire appel à un professionnel, solliciter son entourage ou utiliser des plateformes d’entraide clairement dédiées à ce type de services, plutôt que de mélanger ces demandes avec la sphère amoureuse.
En France, quelles précautions pour les rencontres en ligne ?
La mode « Bob le Bricoleur » vient du Royaume-Uni, mais la question de la sécurité lors des rendez-vous organisés via les applis se pose aussi en France. Gendarmerie nationale, police nationale et associations spécialisées rappellent régulièrement les mêmes réflexes de prudence, valables quel que soit le « concept » du rendez-vous.
Situation
Réflexe recommandé
Première rencontre avec un contact en ligne
Lieu public, fréquenté, en journée ou début de soirée
Partage d’informations personnelles
Éviter de donner adresse, codes d’accès, habitudes de vie
Sentiment d’insécurité ou d’insistance
Interrompre la rencontre, se rapprocher d’un tiers, appeler les secours si nécessaire
Invitation à domicile dès le début
Refuser, proposer un autre lieu, ou mettre fin au contact
En France, aucune règle spécifique ne vise ce type de « tendance », mais le principe reste le même : ne pas exposer son domicile ni ses habitudes à une personne que l’on connaît très peu. Les forces de l’ordre recommandent aussi, lorsqu’une situation devient inquiétante, de conserver les échanges (captures d’écran, messages) pour pouvoir les présenter en cas de dépôt de plainte.
Pour les travaux, plusieurs solutions existent sans passer par un rendez-vous arrangé : artisans déclarés, services de petits travaux, plateformes de jobbing ou associations d’entraide locale. Ces cadres offrent des règles plus claires, ainsi que des garanties minimales comme des avis, une estimation écrite ou une assurance, selon les cas.
Quand les applis de rencontres se transforment en marché de services
La tendance « Bob le Bricoleur » illustre un phénomène plus large : l’utilisation des sites et applications de rencontres pour autre chose que la recherche d’une relation affective. Certains y cherchent un logement temporaire, un relai de covoiturage, des contacts professionnels… ou désormais un coup de main pour percer un mur porteur.
Pour un lecteur français, elle pose donc une double question. D’un côté, la sécurité : laisser entrer chez soi un inconnu reste un geste lourd de conséquences potentielles, qu’il vienne pour un dîner romantique ou pour installer un meuble de cuisine. De l’autre, l’éthique : mélanger visées utilitaires et rencontre amoureuse crée souvent des quiproquos, des déceptions, voire un sentiment d’exploitation chez la personne sollicitée.
Ce signal d’alerte venu du Royaume-Uni rappelle enfin que derrière chaque « tendance » de dating relayée sur TikTok ou Instagram, il existe des risques bien concrets. Que l’étiquette soit drôle ou non, voir un rendez-vous comme une solution pratique à des problèmes matériels finit rarement par une relation épanouissante, et peut exposer, surtout les femmes, à des dangers que quelques euros économisés sur un artisan ne compensent jamais.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Qu'est-ce que la tendance « Bob le Bricoleur » exactement ?
C'est une pratique consistant à rechercher volontairement des hommes sur les applis de rencontres pour les inviter chez soi faire du bricolage (monter un meuble, réparer une porte, etc.), tout en présentant cela comme une date. L'objectif est d'économiser sur les travaux tout en prétendument chercher une relation.
Pourquoi cette tendance est-elle considérée comme dangereuse ?
Inviter un inconnu rencontré en ligne à son domicile court-circuite les précautions de sécurité essentielles comme les rendez-vous en lieu public. Jacob Lucas insiste sur le fait qu'il suffit d'une mauvaise personne pour que la situation bascule.
Quelles sont les règles de base pour un rendez-vous sûr en ligne ?
Préférer un lieu public et fréquenté (café, bar), prévenir un proche du lieu et horaire du rendez-vous, partager sa localisation en direct avec une personne de confiance, et prévoir un moyen autonome de rentrer chez soi.
Pourquoi Jacob Lucas juge-t-il cette tendance malhonnête ?
Selon lui, elle repose sur un mensonge : on prétend chercher une relation sincère alors qu'on utilise en réalité la personne pour ses compétences en bricolage et pour économiser de l'argent. Cela instrumentalise les partenaires potentiels plutôt que de les apprécier pour ce qu'ils sont.
Que recommande l'expert à la place de cette tendance ?
Jacob Lucas conseille de chercher d'abord une relation authentique basée sur des valeurs communes, un projet de vie compatible ou un humour commun. Une fois la confiance établie, l'entraide vient naturellement sans risque d'exploitation.