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Ce calmar s’enterre dans le sable et agite ses tentacules comme une plante : les caméras révèlent enfin pourquoi

Ce calmar s'enterre dans le sable et agite ses tentacules comme une plante : les caméras révèlent enfin pourquoi

À plus de 4 000 mètres de profondeur dans le Pacifique, un mystérieux calmar reste planté dans le fond marin, immobile… ou presque.

Dans une zone obscure du Pacifique, filmée en décembre 2025, des chercheurs ont capté une scène qui intrigue la biologie marine : un calmar inconnu qui s’enterre dans le sédiment, pointe la tête vers le bas et agite ses tentacules comme une touffe de plantes. Un comportement si déroutant qu’il vient d’être décrit comme une nouvelle forme de mimétisme agressif, rapporte le média économique indien The Economic Times en s’appuyant sur les analyses de sites spécialisés comme Live Science et IFLScience.

Un calmar enfoui jusqu’aux yeux à 4 100 mètres de profondeur

Les images ont été tournées dans le Pacifique, dans une zone abyssale située à environ 4 100 mètres sous la surface, là où la lumière du soleil ne pénètre plus et où la nourriture se fait rare. Les chercheurs y observent un calmar d’une espèce encore non identifiée qui adopte une posture totalement inhabituelle pour un céphalopode.

L’animal s’enfonce presque entièrement dans le fond meuble, ne laissant émerger que ses tentacules au-dessus du sédiment. Ceux-ci se déploient vers la colonne d’eau, comme des tiges dressées, et bougent lentement au rythme du courant.

Ce calmar se camoufle en imitant des organismes fixés du fond marin, attendant qu’une proie passe à portée pour fondre sur elle.

Contrairement à la majorité des calmars connus, qui patrouillent activement pour chasser, ce spécimen reste sur place, presque statique. Sa « stratégie » consiste à se faire oublier, en se confondant avec les structures végétales ou les organismes immobiles du fond.

Du mimétisme agressif : se faire passer pour une plante pour mieux attaquer

Les chercheurs cités par Live Science qualifient ce comportement de « très inédit » et « très déconcertant ». Les observations suggèrent en effet un cas clair de mimétisme agressif : un prédateur qui se fait passer pour quelque chose d’inoffensif afin de piéger ses proies.

Dans la colonne d’eau, les petits poissons ou invertébrés reconnaissent généralement la silhouette d’un chasseur et s’en écartent. Ici, le calmar brouille les pistes.

  • Son corps reste caché sous le sédiment.
  • Seuls les tentacules dépassent, dressés comme des tiges ou des frondes.
  • Le mouvement est lent, régulier, sans brusquerie, comme celui d’une plante soumise au courant.
  • Aux yeux d’une proie, l’ensemble ressemble à un élément du décor, pas à un danger.

IFLScience souligne que la position de l’animal indique une tactique d’embuscade : il attend que des proies curieuses ou peu méfiantes passent à proximité, attirées par ce qui semble être une forme de vie fixée banale. Quand elles s’approchent à portée, le calmar peut bondir momentanément, saisir la proie avec ses bras enfouis et la ramener sous le sédiment.

Les biologistes classent ce comportement comme du mimétisme agressif, une stratégie où le prédateur imite quelque chose de bénin pour mieux capturer ses proies.

The Economic Times rappelle qu’un exemple classique de ce type de mimétisme se trouve chez la mante orchidée ou « mante fleur » : cet insecte ressemble à une fleur et reste parfaitement immobile jusqu’à ce que des pollinisateurs imprudents se posent… directement dans ses pattes.

Un atout dans un océan pauvre en nourriture

La zone abyssale représente un environnement extrême pour la faune marine : températures très basses, obscurité totale, pression écrasante et nourriture rare. La plupart des organismes dépendent des « chutes » de matière organique venant des eaux de surface, irrégulières et limitées.

Dans ce contexte, chaque dépense d’énergie compte. Chasser activement demande des efforts considérables : se déplacer, battre des nageoires, poursuivre une proie qui peut fuir à tout moment. Pour un calmar, adopter une tactique d’affût permettrait d’économiser un capital énergétique précieux.

Rester enfoui et attendre peut coûter bien moins d’énergie que parcourir de longues distances à la recherche de quelques proies dispersées.

Selon les éléments rapportés par The Economic Times à partir de Britannica, de nombreux comportements de mimétisme ont justement évolué parce qu’ils augmentent les chances de survie et de reproduction. Dans les profondeurs, une stratégie qui réduit la dépense énergétique tout en assurant un apport minimal de nourriture peut faire la différence entre la survie et la disparition.

Quand les animaux imitent les plantes : un phénomène rare

Le mimétisme est omniprésent dans la nature : insectes feuilles, poissons plats qui se confondent avec le sable, lézards aux couleurs de rocher… En revanche, les cas où un animal imite une plante restent beaucoup moins fréquents.

Dans l’article relayé par The Economic Times, un exemple cité concerne la vigne sud-américaine Boquila trifoliolata. Cette plante étonnante peut changer la forme de ses feuilles pour imiter celles des végétaux voisins. D’après les informations issues de la section botanique de Wikipédia mentionnée dans le texte, ce mimétisme permettrait à la vigne de se fondre dans le paysage végétal et de passer inaperçue auprès des herbivores.

Chez les animaux, on trouve plutôt des formes de mimétisme où la proie imite autre chose pour se protéger (bâtonnet, feuille, écorce) plutôt que l’inverse. L’exemple de ce calmar du Pacifique tranche donc avec les schémas classiques, car il s’agit d’un prédateur qui emprunte le « costume » d’une plante pour tromper ses victimes.

Un exemple parmi d’autres stratégies d’embuscade

Dans les mers plus superficielles, certains poissons se camouflent dans les herbiers marins ou les champs d’algues, mais ils restent généralement visibles et ne poussent pas le mimétisme jusqu’à imiter la forme des plantes. Ici, la frontière entre décor et prédateur devient floue.

Ce comportement pourrait s’accompagner d’un choix spécifique de micro-habitat : le calmar pourrait privilégier des zones où des organismes fixés ou des structures végétales analogues sont déjà présents, renforçant encore l’illusion. Les scientifiques évoquent toutefois la nécessité de nombreuses observations supplémentaires pour confirmer l’ampleur de cette tactique dans la vie quotidienne de l’espèce.

Des robots et des caméras pour traquer les secrets des abysses

Si ce calmar a pu être filmé, c’est grâce aux progrès rapides de l’exploration sous-marine. The Economic Times rappelle que les scientifiques s’appuient désormais sur des véhicules téléopérés, bardés de caméras haute résolution capables de supporter des pressions extrêmes et l’obscurité totale.

Chaque descente de robot dans les grands fonds révèle des espèces inconnues et des comportements qui n’avaient jamais été observés auparavant.

Selon Live Science, ces engins permettent d’enregistrer des scènes entières de vie, dans des conditions qui rendaient autrefois toute observation impossible. Là où les expéditions se limitaient à remonter des spécimens morts dans des filets, les chercheurs disposent maintenant d’images montrant les animaux dans leur habitat naturel, avec leurs postures, leurs interactions et leurs techniques de chasse.

Les spécialistes soulignent néanmoins que la vidéo, aussi nette soit-elle, ne représente qu’un instantané. Pour comprendre pleinement ce calmar mimétique, il faudra multiplier les plongées, repérer d’autres individus, vérifier si cette stratégie s’applique à toutes les phases de sa vie ou uniquement à certains moments, et déterminer la fréquence de ce comportement.

Que sait-on des calmars des profondeurs, y compris au large de la France ?

Dans toutes les mers du globe, y compris dans l’Atlantique Nord au large des côtes françaises, les grands fonds restent largement inexplorés. Les biologistes marins estiment qu’un grand nombre d’espèces de calmars abyssaux n’ont encore jamais été décrites.

Les campagnes océanographiques menées depuis la France utilisent aussi des robots sous-marins et des engins téléguidés. Ils contribuent à dresser un inventaire des espèces profondes, à la manière de ce qui se fait dans le Pacifique. Des calmars géants ou de grandes espèces mésopélagiques ont déjà été filmés, mais des comportements aussi spécialisés que ce mimétisme végétal restent, à ce jour, rarement documentés.

Pour un lecteur français, ce type de découverte illustre surtout l’ampleur de ce qui reste à comprendre dans les abysses, y compris dans les eaux sous responsabilité française. Les techniques employées par ce calmar du Pacifique pourraient inspirer des pistes de recherche pour traquer des comportements analogues ailleurs, dans l’Atlantique ou l’océan Indien.

Ce que signifie le mimétisme agressif, avec un cas pratique

Le mimétisme agressif, décrit par Britannica dans les travaux cités par The Economic Times, désigne un ensemble de stratégies où un prédateur profite de la confiance ou de l’inattention de sa proie. Plutôt que de se cacher purement pour disparaître, il se déguise en « faux ami » : une fleur, une feuille inoffensive, un congénère non menaçant.

Type de mimétisme But principal Exemple cité
Mimétisme défensif Échapper aux prédateurs Vigne Boquila trifoliolata qui imite d’autres plantes
Mimétisme agressif Piéger les proies Calmar abyssal imitant une plante, mante fleur

Dans le cas de ce calmar du Pacifique, la ruse combine plusieurs avantages :

  • réduire la dépense d’énergie en chassant à l’affût ;
  • ne pas déclencher la fuite des proies, qui ne perçoivent pas de silhouette de prédateur ;
  • profiter du courant qui amène les organismes vers lui, comme des pollinisateurs vers une fleur.

Pour les scientifiques, chaque scène de ce type sert de laboratoire naturel. Elle permet de tester des hypothèses sur l’évolution des comportements, la manière dont les animaux tirent parti de la pénurie de nourriture dans les profondeurs et la façon dont des formes de vie si éloignées les unes des autres — une vigne sud-américaine, un insecte en surface, un calmar du Pacifique — convergent vers des solutions semblables : tromper le regard de l’autre pour survivre.

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