Une rare motocross Husqvarna des années 1970, associée à la légende hollywoodienne Steve McQueen, s’apprête à passer sous le marteau au Royaume-Uni.
Cette machine de collection de 1972, estampillée Husqvarna 250 cm³ et reliée à la société de production de Steve McQueen, sera proposée chez Bonhams lors d’une vente organisée en Angleterre. L’information est rapportée par le média britannique spécialisé moto MCN.
Une Husqvarna de 1972 associée à Steve McQueen
La moto en question est une Husqvarna de motocross 250 cm³ de 1972, conçue à l’origine pour le marché américain. Elle est annoncée à la vente lors de l’« Autumn Stafford Sale » de la maison Bonhams, programmée le 11 octobre 2026 au Staffordshire County Showground, dans le cadre du Classic Motorcycle Mechanics Show.
Cette Husqvarna 250 cm³ de 1972, rattachée à la société de Steve McQueen, est estimée entre 30 000 et 50 000 livres et sera vendue sans prix de réserve.
Selon MCN, la moto présente une « liaison documentée » avec Solar Productions, la société de production de Steve McQueen. L’acteur, véritable passionné de deux-roues, avait l’habitude d’acheter et de gérer ses véhicules via cette structure.
Une machine d’origine, destinée au marché américain
Ce modèle a été construit pour les États-Unis. Il conserverait toujours ses autocollants d’origine, notamment :
- l’avertissement de non-garantie (« disclaimer of warranty ») ;
- les stickers d’homologation et d’approbation de type ;
- des marquages d’époque sur le cadre et le moteur.
L’exemplaire est décrit comme « apparemment non restauré », ce qui renforce l’intérêt des collectionneurs friands de machines dans leur configuration d’origine. Sur le réservoir figurent des décos « G.P. Winning Replica » portant la signature du Finlandais Heikki Mikkola, quadruple champion du monde de motocross et figure très liée à la marque Husqvarna.
Une estimation jusqu’à 50 000 livres… mais sans certitude absolue
La moto est proposée dans le cadre d’un ensemble intitulé « The Connoisseurs’ Collection, Part IV ». Bonhams avance une estimation comprise entre 30 000 et 50 000 livres sterling, soit une fourchette élevée pour une 250 cm³ ancienne, même prestigieuse, mais justifiée par la notoriété de McQueen et l’intérêt des Husqvarna de cette époque.
Fait notable pour une machine à la provenance aussi séduisante : le lot est proposé sans prix de réserve. Concrètement, si les enchères ne s’envolent pas, l’acheteur pourrait repartir avec la moto à un niveau bien inférieur à l’estimation haute.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Marque / modèle | Husqvarna 250 cm³ motocross |
| Année | 1972 |
| Lien revendiqué | Société de production de Steve McQueen (Solar Productions) |
| Lieu de la vente | Staffordshire County Showground, Royaume-Uni |
| Date de la vente | 11 octobre 2026 |
| Estimation | 30 000 à 50 000 livres |
| Prix de réserve | Aucun (vendue sans réserve) |
Une provenance séduisante, mais documentée de manière incomplète
MCN précise que les documents établissant le lien avec Solar Productions existent, mais qu’ils se trouvent dans une collection privée. Ils ne seront donc pas fournis avec la moto lors de la vente. Bonhams invite ainsi les amateurs à se forger leur propre avis sur l’importance réelle de cette provenance avant de lever la main.
La maison d’enchères recommande aux acheteurs potentiels d’évaluer eux-mêmes la portée de l’association avec Steve McQueen, les documents n’étant pas inclus avec la moto.
Cette absence de dossier complet limite la solidité de la traçabilité par rapport à d’autres machines de l’acteur déjà passées sous le marteau, dotées, elles, de certificats d’authenticité ou de factures d’époque issues directement de sa succession.
Un possible détour par le réalisateur Sam Peckinpah
La trajectoire exacte de cette Husqvarna après son passage par Solar Productions demeure floue. MCN cite Don Ince, gardien des archives restantes d’Edison Dye et reconnu comme spécialiste des premières Husqvarna. Selon lui, la machine aurait pu atterrir chez le réalisateur américain Sam Peckinpah après le tournage du film « Guet-apens » (« The Getaway ») en 1972.
Cette hypothèse n’a cependant pas de confirmation écrite. Aucun document ne vient, à ce stade, valider formellement ce scénario. Là encore, les collectionneurs intéressés devront composer avec un mélange d’indices, de suppositions et d’attrait émotionnel pour le nom de McQueen et l’univers du cinéma américain des années 1970.
Quand les Husqvarna de McQueen s’envolent aux enchères
MCN rappelle que d’autres Husqvarna associées à Steve McQueen se sont déjà vendues à des montants nettement plus élevés, avec des dossiers de provenance bien plus fournis. Deux Husqvarna 400 Cross de 1971 sont citées :
- un exemplaire adjugé 186 500 dollars en 2022, accompagné d’un certificat d’authenticité et de la facture originale de 1984 issue de la vente officielle de la succession Steve McQueen ;
- un autre exemplaire présenté comme « la Husqvarna de McQueen la plus connue », vendu 144 500 dollars en 2011, avec une facture indiquant un achat direct par Solar Productions.
Face à ces références, la 250 cm³ de 1972 proposée à Stafford apparaît comme une porte d’entrée plus accessible dans l’univers des motos liées à la star, au prix d’un niveau de certitude moindre sur son histoire détaillée.
Cette Husqvarna pourrait se vendre bien en dessous de la moitié du prix atteint par les modèles 400 Cross de McQueen les plus documentés.
Pourquoi cette vente intéresse aussi les passionnés français
Pour un collectionneur ou un amateur français, cette vente au Royaume-Uni illustre la manière dont la provenance liée à une célébrité influence la cote d’une moto ancienne. Une Husqvarna 250 de la même période, sans lien particulier, resterait dans une fourchette nettement plus abordable. MCN rappelle qu’un modèle standard en bon état coûte « une fraction » de l’estimation de la moto proposée par Bonhams.
La situation est comparable à certaines ventes organisées en France par des maisons spécialisées, où des motos ayant appartenu à des pilotes célèbres ou à des artistes se détachent largement des cotes habituelles. En France, ces ventes sont souvent supervisées par des maisons d’enchères généralistes ou par des acteurs dédiés aux véhicules de collection. Le principe reste le même : la valeur dépasse la seule mécanique pour intégrer l’histoire et l’aura du précédent propriétaire.
Marché français des motos de collection : une logique proche
Dans l’Hexagone, les amateurs de motos anciennes se tournent vers des modèles emblématiques de marques européennes ou japonaises. Lorsqu’un exemplaire bénéficie d’un historique lié à un pilote de Grand Prix, à un champion de motocross ou à une personnalité publique, sa valeur peut s’en trouver significativement augmentée. Comme pour cette Husqvarna liée à McQueen, l’existence d’un dossier complet — factures, certificats, photos d’époque — joue un rôle central dans l’appréciation du prix par les enchérisseurs.
Les collectionneurs français accordent une attention particulière :
- à l’authenticité des numéros de cadre et de moteur ;
- à la cohérence des éléments de carrosserie et de l’équipement d’origine ;
- à la présence de documents officiels attestant de la provenance ;
- à l’état général, restauré ou préservé dans son jus.
Ce que représente une Husqvarna de motocross des années 1970
Pour mieux comprendre l’intérêt de cette moto, il faut rappeler le statut de Husqvarna au début des années 1970. Le constructeur suédois dominait alors le motocross mondial, avec plusieurs titres de champion du monde à son actif. Des pilotes comme Heikki Mikkola ont fortement contribué à cette image de marque, renforcée par la présence de ces machines dans les mains de figures publiques comme Steve McQueen.
Une Husqvarna 250 de cette époque offre une architecture typique des motos de cross de la décennie : monocylindre deux-temps, poids contenu, châssis simple berceau et suspensions adaptées à la terre. Pour un passionné, elle incarne une période charnière où le motocross se professionnalisait, tout en restant encore relativement artisanal dans sa conception.
Un objet de collection plus qu’une machine de roulage intensif
Pour un acquéreur potentiel, cette Husqvarna représente avant tout une pièce de collection. La présence des autocollants d’origine, le caractère apparemment non restauré et l’association avec Solar Productions en font davantage un objet d’exposition qu’une moto destinée à être engagée régulièrement en compétition historique. Une utilisation trop intensive risquerait d’altérer son état et donc sa valeur aux yeux des collectionneurs.
Certains passionnés choisissent toutefois de faire rouler ponctuellement ce type de machine lors de démonstrations ou d’événements dédiés aux anciennes. Dans ce cas, ils privilégient souvent des interventions mécaniques réversibles, permettant de conserver au maximum la configuration et les pièces d’époque.
Provenance, mythe et prix final : ce qui va se jouer aux enchères
Au moment de la vente à Stafford, plusieurs paramètres pèseront dans la balance : la confiance que les enchérisseurs accorderont au lien avec Solar Productions, la rareté de l’exemplaire dans cet état, l’effet McQueen sur le marché international et le fait que la moto soit proposée sans prix de réserve.
La remarque finale rapportée par MCN résume l’ambiance qui entoure ce type d’enchères : une fois la moto rentrée dans un garage privé, son propriétaire restera libre d’accorder plus ou moins de poids à la légende associée à son Husqvarna. Pour un passionné, la frontière entre la documentation solide et le récit qu’il se raconte lui-même fait souvent partie du charme de ces machines historiques.









