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Une étude auprès de 600 adultes le confirme : quand les femmes prennent le pouvoir dans le couple, ce critère cesse de compter

Un couple hétérosexuel dans une relation où la femme tient les rôles de leader et de décisionnaire, illustrant la dynamique inversée du « quatrième amour ».

Menée en Chine auprès de plus de 600 adultes, une récente étude montre que, quand les femmes dominent le couple, leurs priorités changent nettement.

Publiée dans la revue scientifique Personality and Individual Differences et relayée par le média spécialisé PsyPost, cette recherche réalisée en Chine s’intéresse à un sujet sensible : ce que les femmes attendent de leur partenaire quand les rapports de force au sein du couple se transforment. Et les résultats bousculent une idée pourtant bien ancrée dans la psychologie évolutionniste.

Quand les femmes dominent le couple, l’argent recule dans la liste des priorités

Les chercheurs chinois sont partis d’une question simple : si une femme dispose de plus de pouvoir dans sa relation amoureuse, ses critères de choix amoureux restent-ils les mêmes ?

Quand les femmes se sentent puissantes dans leur relation, elles accordent moins d’importance au portefeuille de leur partenaire et davantage à son apparence physique.

Selon les auteurs, les femmes qui déclarent avoir plus de pouvoir dans leur couple se montrent moins sensibles :

  • au niveau de revenu de leur partenaire,
  • à sa stabilité financière,
  • à son potentiel de carrière.

À l’inverse, ces mêmes femmes valorisent davantage l’attrait physique et l’allure générale de leur compagnon. Pour les chercheurs, ce basculement illustre une adaptation des préférences féminines au niveau de contrôle qu’elles estiment avoir dans la relation.

Pourquoi les femmes privilégiaient traditionnellement la sécurité financière

Les psychologues évolutionnistes rappellent depuis longtemps un schéma classique : les hommes regarderaient d’abord la jeunesse et l’apparence, tandis que les femmes se concentreraient sur le statut social et la capacité à subvenir aux besoins du foyer.

Historiquement, ce modèle s’explique par le coût biologique de la reproduction. Grossesse, accouchement, soins aux enfants exigent un investissement bien plus important du côté des femmes. Elles auraient donc, à travers l’histoire, tiré avantage de partenaires capables d’apporter des ressources et un soutien durable.

Les travaux récents, dont cette étude chinoise, nuancent cependant fortement cette vision. Les auteurs soulignent que ces préférences ne sont pas figées. Elles varient selon les contextes économiques, les normes de genre et le niveau d’indépendance des femmes. Quand celles-ci disposent déjà de leurs propres ressources et d’un statut social affirmé, la nécessité de choisir un « bon pourvoyeur » s’érode, laissant la place à d’autres critères comme l’attirance physique ou la compatibilité personnelle.

Un contexte chinois marqué par l’évolution rapide des rôles de genre

Les recherches ont été menées en Chine, où les codes amoureux évoluent vite. La montée du niveau d’études, l’accès accru des femmes à des postes qualifiés et la progression de leur autonomie financière modifient la façon de former et de vivre le couple.

Les auteurs citent aussi des contextes où les rôles de genre sont déjà inversés : dans certaines communautés juives ultra-orthodoxes, par exemple, les femmes assurent souvent le revenu du foyer pendant que les hommes se consacrent essentiellement à l’étude religieuse. Dans ces milieux, les femmes accorderaient davantage de valeur aux qualités intellectuelles et religieuses qu’au revenu potentiel.

En Chine, un phénomène comparable intéresse particulièrement les chercheurs : la communauté dite du « quatrième amour », où les codes traditionnels sont volontairement renversés.

La communauté du « quatrième amour », quand les rôles sont retournés

Le « quatrième amour » désigne des couples dans lesquels les femmes tiennent délibérément le rôle dominant. Elles prennent les décisions principales, assument souvent plus de responsabilités matérielles et se placent en position de leadership dans la relation.

Les hommes, eux, adoptent une posture plus soutenante, parfois carrément soumise. Ces couples fonctionnent à rebours du modèle classique où l’homme est le décideur principal et le pilier économique.

Ces unions inversées offrent aux chercheurs un laboratoire grandeur nature pour observer ce que deviennent les critères amoureux quand les règles du jeu sont renversées.

C’est dans cet univers particulier que l’équipe a cherché à comprendre comment se reconfigurent les préférences féminines.

Comment l’étude a été menée auprès de plus de 600 adultes

Les chercheurs, menés par Wei Bai de l’université Southwest en Chine, ont recruté 661 adultes hétérosexuels via des plateformes de réseaux sociaux chinoises.

  • 385 participants appartenaient ou se reconnaissaient dans la communauté du « quatrième amour » ;
  • 276 vivaient des relations plus classiques, avec des rôles de genre traditionnels.

Chacun a rempli un questionnaire mesurant à la fois :

  • son niveau de pouvoir perçu dans la relation (contrôle des grandes décisions, gestion des dépenses, influence émotionnelle, sentiment de domination ou de dépendance) ;
  • ses préférences en matière de partenaire, organisées en quatre catégories.
Catégorie Exemples de critères
Bonnes ressources Revenu élevé, propriété immobilière, sécurité financière
Bon potentiel Intelligence, bonnes perspectives de carrière
Bonne qualité Valeurs familiales, loyauté, fidélité émotionnelle
Bon physique Attractivité, apparence jugée agréable

Les participants devaient indiquer l’importance accordée à chaque catégorie dans le choix d’un partenaire amoureux.

Ce que les chercheurs ont observé chez les femmes

Les résultats font apparaître une différence marquée entre les femmes vivant dans des couples traditionnels et celles engagées dans des relations de type « quatrième amour ».

Les femmes qui tiennent les rênes du couple accordent moins de poids au compte en banque, et davantage au charme physique de leur partenaire.

Dans les relations aux rôles inversés :

  • les critères liés aux ressources financières et au potentiel économique du partenaire masculin sont moins jugés importants ;
  • les critères liés au physique, à l’attrait et à l’apparence gagnent en importance.

Le même schéma apparaît dans l’ensemble de l’échantillon féminin, au-delà de la seule communauté du « quatrième amour ». Les femmes qui déclarent avoir plus de pouvoir dans leur relation, quel que soit son type, attachent généralement moins de valeur à la richesse ou à la carrière de leur partenaire, et plus à son attractivité.

Les chercheurs montrent ainsi que le sentiment de pouvoir explique en partie les différences observées entre les adeptes du « quatrième amour » et les femmes en couple plus classique.

Des limites à garder en tête

L’équipe souligne néanmoins plusieurs limites à ses conclusions.

  • L’étude est dite « transversale » : elle photographie une situation à un instant donné, sans permettre d’affirmer qu’un facteur cause directement l’autre. On ne peut pas dire avec certitude si c’est le pouvoir qui modifie les critères, ou si ce sont certains critères qui conduisent à rechercher des relations où la femme domine.
  • L’échantillon est très diplômé, ce qui réduit la possibilité de généraliser les résultats à l’ensemble de la population chinoise.
  • Certains participants étaient célibataires au moment de l’enquête et répondaient à partir de situations idéales ou théoriques, pas forcément d’expériences vécues.
  • Les personnes attirées par des rôles de genre inversés peuvent aussi présenter des traits psychologiques spécifiques qui influencent leurs préférences indépendamment du pouvoir dans la relation.

Les auteurs insistent donc sur la prudence avec laquelle il faut interpréter ces résultats, même s’ils s’inscrivent dans une tendance plus large à la flexibilité des préférences amoureuses.

Ce que cela dit des couples français et des critères amoureux en France

La recherche porte sur la Chine, mais certaines dynamiques évoquées résonnent avec la situation française. En France, la progression de l’emploi féminin, la hausse du niveau d’études et la diffusion du modèle de double carrière ont, là aussi, bousculé le schéma classique de l’homme « pourvoyeur » et de la femme « dépendante ».

Les études en sociologie de la famille montrent que, lorsque les femmes disposent d’un revenu autonome et stable, leur tolérance envers un partenaire peu investi au travail tend à diminuer. À l’inverse, elles peuvent se permettre de valoriser davantage des critères non économiques : affinités, partage des tâches domestiques, implication auprès des enfants, ou encore attirance physique.

À l’image de ce que suggère l’étude chinoise, le pouvoir dans le couple en France se joue aussi sur plusieurs terrains : qui décide des grosses dépenses, qui gère le quotidien, qui assume la charge mentale, qui a le dernier mot sur un déménagement ou un projet d’enfant. Quand ce pouvoir se rééquilibre ou penche en faveur des femmes, les attentes envers le partenaire masculin se transforment.

Un éclairage sur la notion de « pouvoir relationnel »

Les chercheurs parlent de « pouvoir relationnel », une notion parfois mal comprise. Elle ne se limite pas à celui qui gagne le plus d’argent. Elle englobe :

  • la capacité à influencer les grandes décisions de couple ;
  • la maîtrise ou non des finances au quotidien ;
  • le degré de dépendance émotionnelle ;
  • la possibilité pour chacun de partir ou de rester sans craindre de tout perdre.

Quand une personne se sent moins dépendante – financièrement, socialement ou affectivement – elle a plus de marge pour imposer ses préférences. Dans ce contexte, certaines femmes semblent moins prêtes à « échanger » une large part de pouvoir contre la promesse de sécurité économique, et se tournent vers des critères plus personnels, comme l’attirance physique.

À l’inverse, dans des situations à forte dépendance – chômage, précarité, pression familiale – la stabilité financière du partenaire peut rester un critère prioritaire, quelle que soit la société concernée.

Un changement qui rebat les cartes de la négociation amoureuse

Cette étude chinoise ne décrit pas un modèle unique vers lequel toutes les femmes convergeraient, mais met en évidence une tendance : là où les femmes gagnent en autonomie et en pouvoir dans le couple, l’argent perd du terrain comme critère numéro un, au profit d’éléments plus subjectifs comme le désir, l’apparence ou la compatibilité de valeurs.

Pour les lecteurs français, ces résultats offrent un miroir intéressant des transformations en cours : à mesure que les rapports de force se rééquilibrent, les règles implicites de la « négociation amoureuse » s’ajustent, et avec elles, la manière dont chacun évalue ce qui compte vraiment chez un partenaire.

Questions fréquentes

Pourquoi les femmes accorderaient-elles traditionnellement plus d'importance à la richesse d'un partenaire ?

Selon la psychologie évolutionniste, ce schéma s'explique par le coût biologique de la reproduction. La grossesse, l'accouchement et l'éducation des enfants demandant un investissement bien plus important aux femmes, elles auraient historiquement tiré avantage de partenaires capables d'apporter des ressources et un soutien durable.

Qu'est-ce que le « quatrième amour » en Chine ?

Le « quatrième amour » désigne des couples dans lesquels les femmes tiennent délibérément le rôle dominant, prennent les décisions principales et assument davantage de responsabilités matérielles, tandis que les hommes adoptent une posture plus soutenante.

Comment l'étude a-t-elle été réalisée ?

Les chercheurs ont recruté 661 adultes hétérosexuels via des réseaux sociaux chinois : 385 appartenant à la communauté du « quatrième amour » et 276 vivant des relations traditionnelles. Les participants ont rempli un questionnaire mesurant leur pouvoir perçu dans la relation et leurs préférences en matière de partenaire.

Quelles sont les limites principales de cette étude ?

L'étude est « transversale », photographiant une situation à un instant donné sans établir avec certitude si c'est le pouvoir qui modifie les critères ou l'inverse. De plus, l'échantillon est très diplômé, ce qui ne représente pas nécessairement l'ensemble de la population.

Ces résultats s'appliquent-ils en dehors de la communauté du « quatrième amour » ?

Oui, le schéma apparaît dans l'ensemble de l'échantillon féminin. Toutes les femmes qui déclarent avoir plus de pouvoir dans leur relation, quel que soit son type, attachent généralement moins de valeur à la richesse ou à la carrière de leur partenaire et plus à son attractivité.
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