Oubliez les 16 profils du MBTI et les tests de magazine. En passant au crible les réponses de 1,5 million de personnes, des chercheurs américains ont mis en évidence quatre grands types de personnalité, et pas un de plus. Le plus fréquent d’entre eux concerne probablement la majorité d’entre nous.
Une étude d’une ampleur inédite
Publiée en 2018 dans la revue Nature Human Behaviour, cette étude est l’œuvre d’une équipe de l’université Northwestern, près de Chicago. Plutôt que de partir d’une théorie, les chercheurs ont laissé parler les données : 1,5 million de réponses à quatre grands questionnaires de personnalité, collectées en ligne dans le monde entier.
Ces questionnaires mesurent tous les mêmes cinq dimensions, celles du modèle « Big Five », la référence en psychologie depuis les années 1980 : l’ouverture à l’expérience, la conscienciosité (le sens de l’organisation et de la rigueur), l’extraversion, l’agréabilité (la bienveillance envers les autres) et le névrosisme (la tendance à l’anxiété et aux émotions négatives).
Grâce à des algorithmes de regroupement, l’équipe a cherché s’il existait des « zones denses », autrement dit des combinaisons de traits qui reviennent bien plus souvent que le hasard ne le voudrait. Un premier passage a fait ressortir plus d’une dizaine de groupes, dont beaucoup ne tenaient pas la route. Après application de critères statistiques beaucoup plus stricts, quatre seulement ont résisté.
Type 1 : le « moyen », le profil le plus répandu
Le nom n’est pas très flatteur, mais c’est de loin le groupe le plus peuplé. Le profil « moyen » combine un niveau élevé de névrosisme et d’extraversion avec une ouverture à l’expérience plutôt faible. Concrètement : des personnes sociables, qui aiment le contact, mais qui s’inquiètent facilement et préfèrent le connu à la nouveauté.
Selon les auteurs, c’est la catégorie dans laquelle tombe la personne « typique ». Les femmes y sont un peu plus représentées que les hommes.
Type 2 : le « réservé », stable et discret
Le profil « réservé » se distingue d’abord par sa stabilité émotionnelle : peu de névrosisme, donc peu d’anxiété et de sautes d’humeur. Mais il n’est pas non plus très ouvert, ni particulièrement extraverti. En revanche, il tend à être agréable et consciencieux.
C’est le collègue calme et fiable, qui ne cherche pas la lumière mais sur lequel on peut compter, et qui préfère un cadre connu à l’aventure.
Type 3 : le « modèle », celui vers lequel on tend avec l’âge
Le profil « modèle » est en quelque sorte le portrait-robot de la maturité : un névrosisme faible et des scores élevés sur toutes les autres dimensions. Ouvert, organisé, sociable, bienveillant et émotionnellement stable.
Détail intéressant : la probabilité d’appartenir à ce groupe augmente nettement avec l’âge, et les femmes y sont plus nombreuses que les hommes. Les chercheurs y voient le profil des personnes fiables et ouvertes aux idées nouvelles, celles à qui l’on confie volontiers des responsabilités.
Type 4 : l’« égocentrique », surreprésenté chez les adolescents
Le dernier profil est celui de l’« égocentrique » : une extraversion très forte, mais des scores inférieurs à la moyenne en ouverture, en agréabilité et en conscienciosité. Beaucoup d’énergie sociale, peu d’attention aux autres et une organisation approximative.
Ce groupe est largement dominé par les adolescents, et en particulier les garçons. La bonne nouvelle, c’est que sa fréquence chute de façon spectaculaire avec l’âge : la plupart des gens en sortent en grandissant.
Ce que cette étude ne dit pas
Les auteurs eux-mêmes insistent sur un point : il ne s’agit pas de cases rigides. Ces quatre types sont des zones où les personnalités se concentrent, pas des tiroirs dans lesquels chacun serait rangé à vie. Beaucoup de gens se situent entre deux profils, et les données montrent que l’on peut passer de l’un à l’autre au fil de la vie, le plus souvent de l’égocentrique vers le modèle.
C’est aussi ce qui distingue ce travail des tests de personnalité grand public comme le MBTI, régulièrement critiqués par les psychologues pour leur manque de fiabilité. Ici, les types ne sortent pas d’une théorie séduisante, mais d’un volume de données sans précédent.
Alors, lequel est le vôtre ?
Sans passer un questionnaire de 120 questions, quelques repères suffisent pour se situer.
Vous êtes sociable mais facilement inquiet, et peu attiré par la nouveauté ? Vous ressemblez au profil « moyen ». Calme, fiable, discret et peu porté sur le changement ? Plutôt « réservé ». Curieux, organisé, chaleureux et serein ? Vous êtes sans doute un « modèle ». Très extraverti, mais un peu brouillon et pas toujours attentif aux autres ? Le profil « égocentrique » vous parle peut-être… et rassurez-vous, il n’a rien de définitif.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.