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Génie des mathématiques adulé en Chine, il vit avec presque rien : son quotidien stupéfie Internet

Génie des mathématiques adulé en Chine, il vit avec presque rien : son quotidien stupéfie Internet

Adulé pour ses exploits en mathématiques en Chine, ce chercheur mène une vie d’une sobriété extrême, qui fascine et interroge les internautes.

Star des concours internationaux, enseignant dans l’une des universités les plus prestigieuses de Chine, Wei Dongyi vit pourtant comme s’il n’avait presque rien. Son portrait, relayé par le site d’actualité insolite anglophone Oddity Central, intrigue des millions de Chinois, autant pour son génie que pour son refus de l’argent et de la célébrité.

Un prodige des mathématiques repéré dès le lycée

Né en 1991 en Chine, Wei Dongyi s’impose très tôt comme un surdoué des chiffres. Au lycée, il enchaîne les performances dans les compétitions internationales.

  • Il décroche deux médailles d’or aux 49e et 50e Olympiades internationales de mathématiques.
  • Il obtient le score maximal lors de ces deux éditions, un exploit rarissime.
  • Ses résultats lui ouvrent les portes de l’université de Pékin, sans passer le redouté « gaokao », l’examen d’entrée à l’université.

À la suite de ces succès, Wei poursuit ses études à l’université de Pékin, l’un des deux plus grands établissements du pays avec l’université Tsinghua. Il y devient ensuite enseignant-chercheur en mathématiques, reconnu dans son domaine pour ses capacités de résolution de problèmes complexes.

À tout juste un peu plus de 30 ans, Wei Dongyi est déjà considéré comme l’un des mathématiciens les plus brillants de Chine.

Une apparition filmée qui fait exploser sa notoriété

En 2021, tout bascule pour ce chercheur jusque-là discret. Une courte vidéo tournée sur le campus de l’université de Pékin est diffusée sur les réseaux sociaux chinois. On y voit un jeune professeur à l’allure négligée, sac plastique à la main et cheveux en bataille, répondre maladroitement à des questions.

Sur les images, Wei porte des vêtements très simples, tient une grande bouteille d’eau et un sachet contenant des brioches vapeur. Loin de l’image du professeur brillant et sûr de lui, il semble gêné par la caméra, peine à trouver ses mots et termine souvent ses phrases par : « Je ne sais pas quoi dire d’autre. »

De nombreux internautes ont d’abord du mal à croire qu’il s’agit d’un enseignant, et encore moins d’un professeur de l’une des meilleures universités du pays. La vidéo devient virale et lui vaut un surnom moqueur : certains le décrivent alors comme « le professeur le moins séduisant de l’université de Pékin » sur les réseaux chinois.

Mais derrière ce ton moqueur, beaucoup découvrent surtout un personnage atypique, totalement détaché des codes de réussite sociale, indifférent à son apparence comme à la célébrité.

Un mode de vie quasi ascétique avec 300 yuans par mois

Après cette première vague de buzz, plusieurs médias chinois cherchent à en savoir plus sur cet « anti-héros » du campus. Sa famille finit par donner quelques détails sur sa vie quotidienne, qui surprennent encore davantage le public.

Selon son cousin, cité par Oddity Central, Wei Dongyi toucherait un salaire confortable pour un enseignant-chercheur de l’université de Pékin, équivalent à environ 85 000 dollars par an. Pourtant, il ne dépenserait presque rien pour lui-même.

Malgré un salaire élevé, Wei Dongyi vivrait avec seulement 300 yuans par mois, soit à peine une quarantaine d’euros.

Ce choix ne serait pas imposé par la nécessité, mais par principe. Le mathématicien se contente d’un quotidien extrêmement frugal :

  • alimentation simple, à base notamment de brioches et de plats bon marché ;
  • aucun goût affiché pour les vêtements de marque ou les objets coûteux ;
  • loisirs quasi inexistants : pas de sorties, peu ou pas d’accès à Internet pour se divertir ;
  • préférence pour la radio plutôt que la télévision ou les plateformes vidéo.

Dans son temps libre, il se consacre aux mathématiques et écoute des programmes radio. Il se lie peu, sort rarement et semble totalement indifférent aux tentations de la consommation ou du confort matériel.

Refus de l’argent, passion pour les équations

L’une des anecdotes les plus commentées en Chine concerne son rapport à l’argent lorsqu’il aide d’autres chercheurs. Oddity Central rapporte ainsi une scène qui a marqué ses confrères.

Un groupe de doctorants en mathématiques travaillait depuis des mois sur un modèle complexe, sans parvenir à un résultat satisfaisant. Ils finissent par solliciter Wei Dongyi. Celui-ci examine leur travail, modifie quelques équations et parvient rapidement à obtenir un taux de réussite de 96 % pour leur modèle.

Reconnaissants, les doctorants veulent le rémunérer pour cette aide décisive. Mais Wei refuse tout paiement, estimant que le problème n’était pas si compliqué.

« Il est inutile de me payer pour un problème aussi facile », aurait-il déclaré, avant de n’accepter qu’un simple rechargement de sa carte de transport.

Cette scène renforce son image de chercheur obsédé par la beauté des mathématiques, comme s’il vivait dans un univers entièrement tourné vers les nombres, sans convoitise matérielle.

Un « Dieu des maths » réticent à la célébrité

En Chine, certains internautes le surnomment « God Wei », littéralement « Dieu Wei », en référence à son niveau en mathématiques. Ce surnom traduit à la fois l’admiration et l’étrangeté que suscite ce personnage hors norme dans une société marquée par une forte compétition scolaire et professionnelle.

Récemment, une nouvelle étape a encore renforcé sa notoriété : l’ouverture de comptes officiels sur Douyin, la version chinoise de TikTok, et sur la plateforme RedNote.

Pour se présenter, Wei publie une simple vidéo de quatre secondes. Sur les images, il apparaît très mince, les dents en partie abîmées, toujours avec son allure modeste. Cela ne l’empêche pas d’attirer une audience gigantesque.

En cinq jours, le mathématicien rassemble plus de 23 millions d’abonnés sur ses comptes de réseaux sociaux.

Ce chiffre montre l’ampleur de la fascination qu’il exerce en Chine. Pourtant, sa famille assure qu’il n’a aucune intention de se transformer en influenceur.

Selon leurs explications, son objectif est seulement de partager des contenus liés aux mathématiques, pas de se mettre en scène ni de monétiser son image. Ses proches veulent éviter que la curiosité du public ne se transforme en pression ou en harcèlement.

Un internaute, cité par Oddity Central, résume d’ailleurs l’inquiétude d’une partie de ses fans : « Son univers est remarquablement pur – seulement des nombres et des formules. S’il vous plaît, ne lui faites pas de mal. Laissez-le tranquille. »

Que révèle son cas de la société chinoise ?

La trajectoire de Wei Dongyi est d’autant plus commentée qu’elle contraste avec la culture dominante en Chine, où la réussite scolaire est souvent associée à un mode de vie plus ostentatoire.

Aspect Wei Dongyi Tendance courante en Chine urbaine
Consommation Dépenses minimales, pas de recherche de confort Recherche de marques, de gadgets technologiques, de logement moderne
Carrière Focalisé sur la recherche et l’enseignement Quête de promotions, de salaires élevés, parfois de carrière à l’étranger
Image publique Indifférent à son apparence, communication maladroite Soins esthétiques, présence travaillée sur les réseaux sociaux

Son refus de l’argent, son désintérêt pour la notoriété et son mode de vie presque monastique en font une figure à part, qui questionne la valeur donnée à la réussite matérielle. Pour certains internautes chinois, il incarne une forme de résistance à la pression sociale, à la compétition scolaire extrême et au culte de la performance.

En France, des chercheurs aussi éloignés des paillettes

En France, il n’existe pas de figure médiatique exactement comparable à Wei Dongyi, mais le contraste entre l’image du « génie » et une vie simple rappelle certains grands mathématiciens ou chercheurs connus pour leur discrétion. Les enseignants-chercheurs français, qu’ils travaillent au CNRS, dans les universités ou dans des grandes écoles comme l’École normale supérieure ou Polytechnique, mènent souvent une vie éloignée des codes des influenceurs.

Le système français valorise davantage la stabilité de l’emploi et la carrière académique que l’exposition médiatique. Le salaire d’un enseignant-chercheur varie selon son grade, son ancienneté et son établissement, mais l’idée d’un universitaire vivant volontairement avec une somme dérisoire par mois relève davantage d’un choix personnel extrême que d’une situation habituelle.

Les lauréats de grandes compétitions scientifiques ou de prix prestigieux, comme la médaille Fields en mathématiques, peuvent eux aussi devenir des figures publiques. Néanmoins, la plupart d’entre eux restent concentrés sur leur travail de recherche et d’enseignement, loin d’une vie « starisée ».

Frugalité volontaire : un choix, pas un modèle universel

Le cas de Wei Dongyi illustre ce que certains économistes ou sociologues décrivent comme une « frugalité volontaire » : une décision de réduire fortement sa consommation alors même que l’on pourrait dépenser davantage. En France, ce choix peut se rapprocher de démarches comme le minimalisme ou la « sobriété heureuse » défendue par certains intellectuels.

Vivre avec très peu d’argent tout en ayant un revenu confortable peut présenter certains avantages concrets :

  • moins de pression financière au quotidien ;
  • capacité à épargner ou à donner davantage, si on le souhaite ;
  • temps et énergie disponibles pour un projet intellectuel, artistique ou scientifique.

À l’inverse, ce type de vie peut comporter des risques si la santé, l’alimentation ou le logement sont négligés. La vidéo montrant Wei très amaigri et avec des dents abîmées inquiète une partie de ses admirateurs, qui redoutent que sa dévotion totale aux mathématiques se fasse au détriment de sa condition physique.

Pour un lecteur français, son histoire invite à s’interroger sur la place accordée à l’argent, au confort et à l’image dans une carrière réussie. Elle montre aussi comment un chercheur, habituellement invisible du grand public, peut se retrouver propulsé en pleine lumière par une simple vidéo virale, sans forcément y être préparé.

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