Aux États-Unis, une sexothérapeute expérimentée alerte sur trois comportements très courants en couple qui peuvent saboter la relation sans même qu’on s’en rende compte.
Dans une récente vidéo relayée par le média britannique en ligne LADbible, la sexothérapeute américaine Vanessa Marin a dressé la liste de trois attitudes qu’elle s’interdit absolument dans son propre couple. Des réflexes pourtant très répandus, notamment en France, mais qui peuvent abîmer la confiance, la complicité et la vie sexuelle sur le long terme.
Une sexothérapeute forte de vingt ans de pratique
Vanessa Marin est une psychothérapeute diplômée, spécialisée en sexualité humaine, qui exerce depuis près de vingt ans aux États-Unis. Avec son compagnon Xander, qu’elle présente comme « un mec normal », elle anime une chaîne YouTube où le duo propose des conseils sur la sexualité et la vie de couple, ainsi que des discussions sans filtre autour des difficultés les plus fréquentes.
Dans cette vidéo reprise par LADbible, la thérapeute ne se contente pas de théoriser. Elle explique très concrètement quelles attitudes elle s’interdit, même dans les moments de tension ou de fatigue, parce qu’elle les sait destructrices pour la relation. Ces trois « lignes rouges » concernent à la fois la communication, la manière de gérer le désir sexuel et la façon de réagir face au plaisir de l’autre.
Les trois comportements pointés par Vanessa Marin ont un point commun : ils sapent la confiance et transforment le sexe en terrain de honte, de tests et de mensonges.
Première erreur : humilier son partenaire quand il initie un rapport
Premier comportement que Vanessa Marin refuse catégoriquement : faire honte à son partenaire lorsqu’il propose un rapport sexuel à un moment où elle n’en a pas envie. Elle rappelle que le simple fait d’oser initier un rapport n’a rien d’anodin.
« Je sais que quand votre partenaire initie, parfois cela peut réveiller de la honte, de l’embarras, de la frustration si vous n’êtes vraiment pas partant à ce moment-là », explique-t-elle dans la vidéo, citée par LADbible. Pourtant, elle insiste : le geste de demander reste très vulnérable.
Pour la sexothérapeute, la difficulté ne vient pas du refus en lui-même, tout à fait légitime, mais de la manière de le formuler. Un commentaire cinglant, un rire moqueur ou un soupir agacé peuvent laisser une trace durable.
- Le partenaire qui a osé demander peut se sentir humilié.
- Il risque de ne plus oser initier par peur de se faire rejeter.
- La sexualité devient un sujet sensible, entouré de malaise.
Vanessa Marin précise qu’elle ne voudrait « jamais faire sentir [son] partenaire mal pour s’être exposé et avoir demandé ». Elle recommande au contraire de valider le désir de l’autre, tout en posant calmement ses limites. Par exemple en répondant qu’on apprécie ce geste mais qu’on n’est pas disponible, ou en proposant un autre moment.
Refuser sans blesser : un équilibre délicat
Pour un couple, apprendre à dire non sans vexer l’autre reste un exercice subtil. En France, les sexologues rappellent régulièrement que le consentement implique la liberté totale de refuser, mais aussi l’importance de l’empathie dans la manière de le formuler.
Un simple changement de ton peut tout modifier : « j’en ai marre, tu penses qu’à ça » ne produit pas le même effet que « j’aime quand tu me montres que tu as envie de moi, mais là je suis crevé, on s’en reparle demain ? ».
Refuser un rapport fait partie de la vie de couple. Humilier l’autre pour avoir essayé d’en demander un, en revanche, casse la sécurité émotionnelle.
Deuxième piège : arrêter d’initier le sexe comme un test
Deuxième comportement que la thérapeute bannit : cesser délibérément de proposer des rapports pour « tester » son partenaire. L’idée, très répandue, consiste à se dire : « si je ne fais plus le premier pas, je verrai bien s’il m’aime vraiment, s’il me désire encore ».
« Je ne cesserai jamais d’initier le sexe comme un test pour mon partenaire », affirme-t-elle fermement. Elle reconnaît que la situation peut sembler « frustrante » quand on a une libido plus élevée que celle de l’autre. Certains finissent par bouder, se fermer ou entrer dans un rapport de force silencieux.
Pour Vanessa Marin, cette stratégie est vouée à l’échec : « Ces tests ne marchent jamais pour personne. Le sexe ne devrait pas être un jeu psychologique. » Au lieu d’éclairer la situation, le test crée confusion et rancœur :
- le partenaire testé ignore souvent l’existence du test ;
- son absence d’initiative peut avoir mille causes (fatigue, stress, complexes) ;
- celui qui teste attend un signe qui ne vient pas et se sent encore moins désiré.
Parler plutôt que tester
Les spécialistes des relations de couple rappellent régulièrement que les « tests » silencieux nourrissent surtout les malentendus. Au lieu d’évaluer l’amour ou le désir de l’autre, ils créent un climat de méfiance où chacun tente de deviner ce que l’autre pense.
Une démarche plus constructive consiste à dire clairement ce qui se joue : expliquer que l’on souffre de se sentir le seul à initier, demander comment l’autre perçoit la sexualité dans la relation, évoquer les freins ou les blocages éventuels.
Transformer la sexualité en épreuve à réussir ou à rater éloigne le couple du plaisir partagé. La parole ouverte reste l’outil principal pour ajuster les désirs.
Troisième habitude toxique : simuler l’orgasme
Dernier comportement que Vanessa Marin s’interdit dans sa vie de couple : feindre l’orgasme. Un sujet largement débattu et, surtout, extrêmement fréquent.
LADbible rappelle qu’un sondage au Royaume-Uni a montré que 58 % des Britanniques ont déjà simulé un orgasme, un taux très élevé qui laisse penser que la pratique reste banale dans de nombreux couples.
La sexothérapeute ne juge pas celles et ceux qui l’ont déjà fait. Elle confie même avoir, elle aussi, simulé « des tonnes » de fois par le passé. « Je comprends vraiment pourquoi on simule », explique-t-elle, disant « sympathiser » avec les nombreux motifs qui poussent à le faire : pression à « bien faire », peur de vexer l’autre, envie d’écourter un rapport, fatigue, inquiétude face au temps qui passe sans jouissance.
Mais pour elle, le constat est sans appel : « Personne ne gagne quand vous simulez. Vous avez des rapports sexuels insatisfaisants, votre partenaire n’apprend jamais ce que vous aimez et vous vous retrouvez seulement à devenir de plus en plus rancunier. »
Pourquoi la simulation fragilise la relation
Simuler un orgasme peut sembler, sur le moment, une solution de facilité. Pour beaucoup, c’est une manière d’éviter une explication délicate ou de ménager l’ego de l’autre. Vanessa Marin met toutefois en avant plusieurs conséquences à long terme :
| Sur vous | Sur votre partenaire | Sur le couple |
|---|---|---|
| Vous vous habituez à mettre de côté votre propre plaisir. | Il ou elle croit que ce qu’il fait fonctionne. | Le même scénario peu satisfaisant se répète. |
| Votre frustration augmente peu à peu. | Il ne comprend pas vos véritables besoins. | Un ressentiment silencieux peut s’installer. |
| Vous pouvez finir par redouter les rapports. | Il peut se sentir trahi s’il découvre la simulation. | La confiance autour du sexe se fragilise. |
Pour éviter ce cercle vicieux, de nombreux sexologues préconisent d’apprendre à parler du plaisir de manière plus directe, au moins par petites touches : dire ce qui fait du bien, ce qui aide à se rapprocher de l’orgasme, ou au contraire ce qui coupe l’excitation.
Simuler évite un malaise sur le moment, mais enferme le couple dans un scénario où personne ne sait vraiment ce qui procure du plaisir à l’autre.
Ces conseils font-ils écho à la réalité des couples en France ?
Les trois mises en garde de Vanessa Marin s’appliquent largement aux couples français. En France, les sexologues et les conseillers conjugaux décrivent souvent les mêmes mécanismes : peur du rejet, difficultés à formuler un refus sans blesser, tentation de « tester » l’autre, et gêne à parler franchement d’orgasme.
Les organismes d’information comme les centres de planification et d’éducation familiale, les centres de santé sexuelle ou les cabinets de sexologie insistent sur quelques repères proches de ceux de la thérapeute américaine :
- le consentement implique la possibilité de refuser sans être culpabilisé ;
- la communication directe vaut mieux que les sous-entendus ou les « tests » ;
- le plaisir n’est pas censé être joué mais construit à deux.
Les professionnels français rappellent aussi que l’orgasme ne devrait jamais être vu comme une obligation de performance. Certains couples se mettent sous pression à l’idée d’« atteindre l’orgasme à chaque fois », quand d’autres privilégient plutôt la tendresse, l’intimité ou l’exploration, même sans jouissance finale.
Des repères concrets pour ajuster sa vie de couple
Pour un lecteur ou une lectrice en France, ces trois interdits peuvent servir de base à une réflexion sur sa propre relation. Plusieurs pistes pratiques peuvent en découler :
Les spécialistes expliquent aussi que ces changements demandent du temps. On ne passe pas du jour au lendemain d’années de simulation à une transparence totale. Certaines personnes choisissent d’en parler à un·e professionnel·le de santé sexuelle ou à un·e psychologue spécialisé·e dans le couple pour se faire accompagner.
Communication, vulnérabilité et sécurité émotionnelle
Au-delà des trois comportements précis, le message de Vanessa Marin rejoint celui de nombreux experts : une sexualité épanouie repose sur un climat de sécurité émotionnelle. Chacun doit pouvoir exprimer son envie, son absence d’envie, ses doutes ou ses préférences sans craindre la moquerie, le rejet ou la colère.
Refuser sans humilier, éviter les jeux de pouvoir et renoncer aux mensonges autour du plaisir ne garantissent pas une relation parfaite, mais réduisent nettement les malentendus. À partir de là, les couples peuvent construire, à leur rythme, une intimité plus ajustée à leurs besoins réels, loin des scénarios imposés ou des performances feintes.








