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Une étude a classé les races de chiens les plus intelligentes : ce n’est ni le Border Collie ni le Berger allemand qui arrive en tête

Berger belge malinois au pelage fawn doré présentant une posture alerte, symbole de concentration et de réactivité

Une vaste étude menée en Finlande bouscule le classement des chiens les plus intelligents : un berger méconnu y surpasse les stars habituelles.

Un travail de recherche de l’université d’Helsinki, relayé notamment par le journal britannique The Telegraph, rebat les cartes des « races de chiens les plus intelligentes ». Loin de placer le Border Collie ou le Berger allemand en tête, l’étude met en lumière un autre berger, souvent croisé dans les unités cynophiles mais bien moins connu du grand public : le Berger belge malinois.

Une étude scientifique de grande ampleur en Finlande

L’étude, publiée en 2023 dans la revue Scientific Reports, a été menée en Finlande sur 1 002 chiens appartenant à 13 races différentes. Les chercheurs ont utilisé une batterie de tests standardisés baptisés smartDOG, déjà employés dans le cadre de travaux précédents sur la cognition canine.

Ces tests ne se contentent pas de mesurer l’obéissance. Ils évaluent plusieurs dimensions des capacités mentales d’un chien :

  • mémoire et rappel d’informations ;
  • résolution de problèmes simples ;
  • contrôle des impulsions (capacité à se retenir d’agir) ;
  • compréhension des gestes humains ;
  • imitation de comportements humains ;
  • raisonnement logique élémentaire.

L’originalité du travail, soulignent les chercheurs, tient au fait qu’il s’intéresse à des races précises plutôt qu’à de grands groupes génériques (chiens de berger, chiens de chasse, etc.). Il examine aussi des traits cognitifs peu étudiés jusque-là, comme la mémoire, le contrôle inhibiteur ou le raisonnement spatial.

Trois tests clés pour comparer l’« intelligence » des races

Dans cette étude, toutes les races ne sont pas départagées sur tous les aspects. Sur la mesure la plus directement liée au raisonnement logique, par exemple, les chercheurs n’ont pas constaté d’écart significatif entre races.

Les auteurs ont donc retenu trois épreuves comme indicateurs principaux pour comparer le niveau d’intelligence globale des races testées.

D’après les éléments rapportés par The Telegraph, ces trois tests sont les suivants :

Le test du détour en V

Dans ce test, le chien doit contourner une barrière en forme de V transparent pour atteindre une récompense alimentaire placée de l’autre côté. L’animal voit la friandise mais ne peut pas l’atteindre en ligne droite. Il doit donc inhiber son réflexe d’aller tout droit et trouver le bon chemin en contournant le dispositif.

La lecture des gestes humains

Les chercheurs évaluent la capacité du chien à interpréter différents signaux donnés par une personne. Cinq types de gestes sont utilisés :

  • un pointage continu de la main vers la nourriture ;
  • un pointage bref ;
  • un pointage du pied ;
  • un pointage vers un objet alors que la personne regarde ailleurs ;
  • le simple fait de suivre le regard de l’humain.

Chaque chien est noté en fonction de sa capacité à utiliser ces indices pour trouver la récompense. Ce test reflète la sensibilité du chien à la communication non verbale humaine, un point central de la coopération homme–chien.

La tâche impossible

Dernier test clé : une friandise est placée dans une boîte que le chien ne peut pas ouvrir. Les chercheurs observent la réaction de l’animal : persévère-t-il seul ? Se tourne-t-il rapidement vers l’humain pour demander de l’aide ? S’arrête-t-il complètement ?

Ce test renseigne à la fois sur l’indépendance du chien, sa persévérance et la façon dont il compte sur l’humain pour résoudre un problème qu’il ne peut pas régler seul.

Le Berger belge malinois, grand gagnant loin devant

Sur ces trois épreuves considérées comme centrales, une race se démarque nettement. Le Berger belge malinois obtient 35 points sur 39 possibles, ce qui en fait le meilleur score global parmi les 13 races testées.

Le Berger belge malinois domine le classement avec 35 points sur 39, loin devant le Border Collie, deuxième avec 26 points.

Le Border Collie, souvent présenté comme « le chien le plus intelligent du monde », arrive en deuxième position avec 26 points. Une autre race de berger, le hovawart, prend la troisième place avec 25 points.

Les chercheurs notent toutefois que chaque race présente un profil nuancé. Certaines brillent dans des tests précis mais chutent dans d’autres. D’autres affichent des performances moyennes mais homogènes sur l’ensemble du protocole.

Interrogée par The Telegraph, la chercheuse finlandaise Katriina Tiira, autrice de l’étude et dirigeante de smartDOG, résume ainsi les résultats :

« Le Berger belge malinois s’est distingué dans de nombreuses tâches cognitives, avec de très bons résultats dans la majorité des tests », explique-t-elle, avant de préciser : « Les Border Collies ont aussi bien réussi dans un grand nombre de tests. »

Un chien brillant… mais pas parfait sur tous les plans

Le Malinois n’obtient pas les meilleurs scores partout. Selon le site de vulgarisation scientifique IFLScience, cette race fait partie des plus faibles au « test du cylindre ».

Le protocole est le suivant : on apprend d’abord au chien à prendre une friandise dans un cylindre opaque, en passant par les extrémités. Une fois ce comportement acquis, le cylindre est remplacé par un cylindre transparent, toujours ouvert aux extrémités. La friandise reste visible au centre.

Le chien va-t-il reproduire la bonne stratégie (contourner et passer par l’ouverture), ou va-t-il tenter d’atteindre directement la nourriture en fonçant sur la paroi transparente ? Ce test mesure la capacité à inhiber une réponse impulsive et à appliquer une solution déjà apprise.

Au test du cylindre, les Malinois figurent parmi les races les moins performantes, ce qui suggère un contrôle des impulsions plus limité.

Ce « défaut » peut se transformer en qualité dans certains contextes de travail. Un chien de sécurité ou de police doit réagir vite, rester très réactif à l’environnement et aux ordres, parfois sans passer par de longues hésitations. Une inhibition faible peut alors être vue comme un avantage opérationnel, à condition que l’animal soit encadré par un maître-chien expérimenté et très présent.

Pourquoi le Malinois est-il tant utilisé par les forces de l’ordre ?

Le Berger belge malinois est déjà très connu des professionnels : on le retrouve dans de nombreuses unités de police, de gendarmerie, dans les armées ou dans la sécurité privée, dans plusieurs pays européens et en Amérique du Nord.

Les raisons mises en lumière par l’étude finlandaise recoupent les qualités recherchées sur le terrain :

  • capacité élevée à interpréter les signaux de l’humain ;
  • bonne résolution de problèmes simples en situation ;
  • grande motivation pour le travail et la récompense ;
  • réactivité et peu d’inhibition dans l’action.

Son gabarit intermédiaire, son agilité et sa rusticité en font aussi un chien adapté aux interventions physiques, aux longs entraînements et aux environnements parfois hostiles.

Et pour un maître « lambda », faut-il choisir un Malinois ?

Pour un lecteur français qui envisage l’adoption, ce classement peut être trompeur. Un chien très intelligent, très réactif et peu inhibé, comme le Berger belge malinois, exige un cadre de vie et une disponibilité rarement compatibles avec une vie de famille standard en appartement.

Les professionnels de l’éducation canine rappellent régulièrement qu’un Malinois a besoin :

  • de beaucoup d’exercice physique quotidien ;
  • d’une forte stimulation mentale (jeux de recherche, obéissance, sports canins) ;
  • d’un encadrement solide, cohérent et bienveillant ;
  • d’objectifs clairs, notamment dans le cadre d’un « travail » ou d’une activité sportive régulière.

Un Border Collie ou un Malinois sous-stimulé peut développer des comportements gênants : destruction, aboiements, agitation permanente. À l’inverse, des races réputées moins « brillantes » dans ces tests peuvent s’avérer plus faciles à vivre pour un foyer peu sportif, dès lors qu’elles reçoivent éducation et sorties adaptées.

Quelle place pour ces résultats en France ?

En France, la question de la « race la plus intelligente » revient régulièrement, que ce soit chez les particuliers ou dans les clubs canins. Les résultats de cette étude finlandaise peuvent servir de repère, mais ils ne constituent pas un classement définitif et universel.

Pour un maître français, le choix d’une race devrait davantage reposer sur la compatibilité avec son mode de vie que sur un podium d’intelligence.

Les forces de l’ordre françaises utilisent déjà largement des Bergers allemands et des Bergers belges (dont le Malinois), notamment au sein des brigades cynophiles de la police nationale, de la gendarmerie et des armées. Leur sélection tient autant à leurs aptitudes cognitives qu’à leur morphologie, leur endurance et leur tempérament au travail.

Pour les particuliers, les vétérinaires et éducateurs recommandent plutôt de regarder :

  • le niveau d’activité de la race ;
  • son besoin d’interaction sociale ;
  • son tempérament général (réservé, exubérant, calme, méfiant, etc.) ;
  • les éventuels problèmes de santé connus ;
  • l’expérience du futur maître avec les chiens.

Comment interpréter concrètement la notion d’« intelligence canine » ?

Dans le langage courant, on associe souvent intelligence canine et obéissance. Or les tests utilisés par l’université d’Helsinki s’intéressent davantage à la manière dont le chien apprend, s’adapte, comprend nos signaux et résout des situations nouvelles.

Aspect évalué Ce que cela signifie au quotidien
Mémoire Capacité à retenir des ordres, des lieux, des routines et à les réutiliser plus tard.
Contrôle des impulsions Capacité à attendre, à ne pas se jeter sur une friandise ou un stimulus.
Lecture des gestes humains Facilité à comprendre où aller, quoi faire, à partir de simples signes du corps.
Résolution de problèmes Capacité à contourner un obstacle, à trouver un accès, à insister ou changer de stratégie.

Un chien qui obtient de très bons résultats n’est pas forcément plus « facile » à vivre. Il apprendra vite… le bon comme le mauvais. Il saura ouvrir une porte, trouver une faille dans une clôture ou associer très rapidement un comportement à un avantage, y compris si ce comportement est indésirable pour ses maîtres.

À l’inverse, un chien au profil plus « moyen » peut se montrer parfaitement adapté à une vie de famille, réceptif à une éducation simple et constant dans son comportement, même s’il n’excelle pas aux tests cognitifs les plus pointus.

L’étude finlandaise rappelle surtout que les chiens n’ont pas tous les mêmes forces. Certains excellent à lire l’humain, d’autres à persévérer seuls face à un problème, d’autres encore à se contrôler en toutes circonstances. Pour les maîtres français comme pour les professionnels, l’enjeu consiste à choisir la race – puis l’individu – dont les qualités correspondent réellement aux attentes et au cadre de vie proposé.

Questions fréquentes

Quels types de tests ont été utilisés pour mesurer l'intelligence des chiens ?

L'étude a employé une batterie standardisée appelée smartDOG évaluant six dimensions : la mémoire et le rappel d'informations, la résolution de problèmes simples, le contrôle des impulsions, la compréhension des gestes humains, l'imitation de comportements humains et le raisonnement logique élémentaire. Les trois tests principaux du classement étaient le détour en V, la lecture des gestes humains et la tâche impossible.

Pourquoi le Berger belge malinois dépasse-t-il le Border Collie au classement ?

Le Berger belge malinois a obtenu 35 points sur 39 aux trois épreuves centrales, contre 26 points pour le Border Collie. Selon la chercheuse Katriina Tiira, le Malinois s'est distingué dans de nombreuses tâches cognitives avec de très bons résultats dans la majorité des tests.

Le Malinois est-il intelligent dans tous les domaines ?

Non, le Malinois figure parmi les races les moins performantes au test du cylindre, qui mesure le contrôle des impulsions et la capacité à appliquer une solution déjà apprise. Cependant, cette réactivité plus importante peut être un avantage dans les contextes de travail policier ou militaire.

Pourquoi le Berger belge malinois est-il si utilisé par la police et l'armée ?

L'étude met en lumière des qualités recherchées sur le terrain : capacité élevée à interpréter les signaux humains, bonne résolution de problèmes en situation, grande motivation pour le travail et la récompense, ainsi qu'une réactivité importante. Son gabarit intermédiaire, son agilité et sa rusticité le rendent aussi adapté aux environnements hostiles et aux interventions physiques.

Un Malinois est-il recommandé pour un propriétaire lambda ?

L'article souligne que ce classement peut être trompeur pour un foyer familial ordinaire. L'intelligence n'est pas le seul critère d'adoption, et les besoins énergétiques et comportementaux d'un Malinois le destinent plutôt à des maîtres expérimentés et à des contextes de travail spécialisé.
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