Ils filent le long des plinthes, adorent l’humidité et se cachent dans les moindres recoins : aux Pays-Bas, ces insectes inquiètent une experte du nettoyage.
Le site d’information néerlandais AD relaie les conseils de la spécialiste du ménage Marja Middeldorp, qui met en garde contre les poissons d’argent, ces petits insectes argentés que l’on croise aussi bien aux Pays-Bas qu’en France dans les salles de bains et les cuisines. Longtemps considérés comme inoffensifs, ils seraient en réalité de redoutables transporteurs de bactéries et de moisissures. La professionnelle détaille plusieurs méthodes simples pour s’en débarrasser, sans recourir à des produits chimiques.
Des insectes discrets… mais loin d’être anodins
Le poisson d’argent, ou lépisme, est un petit insecte sans ailes, à la silhouette allongée, recouverte de petites écailles argentées qui lui donnent son aspect brillant. Il affectionne les endroits sombres, chauds et humides : salle de bains, cuisine, placards, derrière les plinthes ou sous les meubles.
Selon AD, Marja Middeldorp ne mâche pas ses mots à leur sujet : elle les juge « vraiment insalubres ». Sous leurs pattes restent collées des bactéries et des spores de moisissures qu’ils disséminent ensuite partout où ils passent. Ils se nourrissent de matières riches en amidon ou en glucides : miettes de pain, pâtes, farine, mais aussi papier, colle de reliure ou de tapisserie.
La spécialiste néerlandaise souligne un autre problème : ces insectes sont très résistants. Ils supportent longtemps l’absence de nourriture, ce qui rend l’éradication lente et exigeante. Une fois bien installés dans un logement, ils peuvent être difficiles à faire disparaître.
De petits insectes discrets, capables de survivre longtemps sans manger, peuvent transporter bactéries et moisissures dans toute la maison.
Comment reconnaître une infestation de poissons d’argent ?
Un poisson d’argent isolé, aperçu en pleine nuit dans la salle de bains, n’est pas forcément synonyme d’invasion. En revanche, si vous en voyez régulièrement, surtout en groupe, AD rapporte que pour Marja Middeldorp, c’est le signe qu’il faut agir.
Les indices les plus fréquents sont :
- présence répétée d’insectes argentés, surtout dans les pièces humides ;
- petits dégâts sur les livres, papiers, cartons ;
- tapisseries qui se décollent et derrière lesquelles les insectes se réfugient ;
- apparition dans les placards alimentaires mal fermés.
La spécialiste citée par AD prévient qu’ils peuvent causer des dommages « considérables » à certains objets : peintures, papiers peints, livres ou archives. Un papier peint qui se décolle devient « une invitation » à ces insectes, qui vont se nicher derrière et y trouver un abri idéal.
Première priorité : assécher et ventiler le logement
Pour Marja Middeldorp, « prévenir vaut mieux que guérir ». Sa première recommandation, rapportée par AD, consiste à faire baisser l’humidité dans le logement. Les poissons d’argent adorent l’air humide ; en dessous d’un certain seuil, ils survivent mal.
Aux Pays-Bas, la professionnelle conseille de maintenir un taux d’humidité inférieur à 50 %. Elle recommande l’usage d’un hygromètre pour surveiller ce taux, ainsi que des gestes concrets :
- aérer régulièrement toutes les pièces, y compris en hiver ;
- entretenir et nettoyer la ventilation mécanique pour éviter de faire circuler un air déjà chargé d’humidité ;
- installer des absorbeurs d’humidité ou un déshumidificateur dans les pièces problématiques ;
- laisser les placards et dressings s’aérer en journée, car ces insectes fuient la lumière.
En dessous d’un taux d’humidité d’environ 50 %, les poissons d’argent perdent leur principal terrain de jeu : les salles de bains ou cuisines trop humides.
Boucher les refuges et sécuriser les aliments
Fermer les fissures, recoller les papiers peints
La lutte passe aussi par la suppression des cachettes. AD rapporte que Marja Middeldorp recommande de traquer les fentes, plinthes décollées, trous et interstices où les insectes se logent en journée. Un papier peint qui se détache doit être recollé rapidement pour éviter qu’ils ne s’y installent en masse.
Protéger les denrées alimentaires
Marja met en garde contre les emballages ouverts dans la cuisine. Elle conseille de :
- transvaser farine, riz, pâtes ou céréales dans des boîtes hermétiques ;
- éviter les paquets simplement repliés ou mal fermés ;
- passer l’aspirateur régulièrement dans les placards pour éliminer miettes et résidus.
Selon ses propos rapportés par AD, les poissons d’argent sont de « véritables acrobates » et grimpent facilement dans les placards. En cas de contamination d’aliments, elle estime que l’ingestion pourrait rendre malade, en raison des bactéries transportées.
Garder les araignées… alliées inattendues
Un conseil surprenant ressort de l’interview diffusée par AD : ne pas systématiquement détruire les toiles d’araignées. Les araignées sont présentées comme les « ennemies naturelles » des poissons d’argent. Les laisser en place dans certaines zones peu visibles peut donc contribuer à limiter la prolifération des insectes.
Cinq astuces simples pour les piéger à la maison
AD détaille plusieurs méthodes préconisées par Marja Middeldorp, toutes présentées comme des alternatives aux insecticides chimiques.
1. La « nappe » de gypse dans la baignoire
Pour les salles de bains infestées, la spécialiste propose une méthode artisanale. Le soir, il s’agit de :
Attirés par le tissu humide, les insectes se faufilent dessous et se retrouvent piégés par le gypse. Le matin, il suffit de rouler le drap, puis de le jeter dans un sac plastique fermé.
2. Citron, lavande et clou de girofle pour les faire fuir
Certains parfums végétaux seraient très mal tolérés par ces insectes. Marja Middeldorp recommande notamment :
- le jus de citron, à pulvériser sur les zones de passage ;
- l’huile essentielle de lavande, à déposer goutte à goutte dans les fissures, plinthes ou placards ;
- les clous de girofle, à disposer dans les armoires à vêtements ou à linge.
Selon elle, ces odeurs déplaisent fortement aux poissons d’argent. Les clous de girofle auraient un double intérêt : ils éloignent aussi les mites textiles, tout en parfumant le linge.
3. Une « boîte à appâts » à base de pomme de terre
Dernière ruse rapportée par AD : utiliser l’attrait des poissons d’argent pour les pommes de terre. Marja conseille de creuser quelques pommes de terre crues, de les placer dans un sachet, puis de le déposer dans une zone fréquentée par les insectes.
Attirés par l’odeur et les glucides, ils se regroupent dans et autour des tubercules. Le lendemain matin, il suffit de refermer hermétiquement le sachet et de le jeter. Cette méthode permet d’éliminer un grand nombre d’individus en une nuit.
Un vieux drap, un peu de gypse, du citron, de la lavande ou une simple pomme de terre crue : aux Pays-Bas, la chasse aux poissons d’argent se mène avec des moyens du quotidien.
Pourquoi le simple ménage ne suffit pas
AD souligne que pour Marja Middeldorp, un logement impeccable ne garantit pas l’absence de ces insectes. Un « simple coup de serpillière » n’en viendrait pas à bout.
Elle rappelle qu’ils aiment aussi les textiles chauds : les lits, les matelas, les couettes. Aérer la literie en journée reste donc un réflexe utile. La spécialiste va jusqu’à évoquer un scénario extrême : après une longue douche, mieux vaut bien se sécher les oreilles, car un poisson d’argent pourrait, théoriquement, s’y glisser. Une image volontairement « glaçante » destinée à frapper les esprits des lecteurs néerlandais.
Poissons d’argent : quelle situation en France ?
En France, ces insectes sont également fréquents dans les logements humides, anciens ou mal ventilés. Les recommandations émises par la spécialiste néerlandaise, citées par AD, rejoignent celles des organismes français de conseil aux occupants : contrôle de l’humidité, aération quotidienne, colmatage des fissures et nettoyage régulier des zones sensibles.
Les services de désinsectisation en France privilégient souvent, eux aussi, une combinaison de mesures :
- assainissement de l’habitat (ventilation, suppression des infiltrations d’eau) ;
- pièges mécaniques ou collants dans les plinthes et sous les meubles ;
- en dernier recours, traitement chimique ciblé par un professionnel, lorsque l’infestation est massive.
Les autorités sanitaires françaises rappellent généralement qu’un poisson d’argent isolé ne constitue pas un danger majeur pour la santé. En revanche, une présence importante peut signaler un problème d’humidité chronique, avec un risque associé de développement de moisissures, ce qui représente un enjeu réel pour les personnes allergiques ou asthmatiques.
Ce qu’il faut retenir avant d’agir chez soi
Les astuces décrites dans l’article d’AD s’appuient sur des éléments simples et disponibles dans la plupart des foyers : tissus, pommes de terre, agrumes, huiles parfumées. Pour un lecteur français, elles peuvent compléter les démarches classiques de lutte contre l’humidité et de nettoyage.
| Problème | Action recommandée |
|---|---|
| Humidité élevée dans la salle de bains | Aérer, entretenir la ventilation, utiliser un déshumidificateur ou des absorbeurs d’humidité |
| Insectes visibles la nuit dans la baignoire | Tenter le piège drap humide + gypse, à mettre le soir et à jeter le matin |
| Présence dans les placards alimentaires | Fermer hermétiquement les denrées, aspirer les miettes, préparer une « boîte à appâts » avec des pommes de terre |
| Placards à vêtements ou à linge | Aérer en journée, disposer clous de girofle ou lavande, surveiller l’humidité |
Pour bien comprendre, le poisson d’argent n’est pas un parasite comme le pou ou la punaise de lit, qui se nourrit directement du sang humain. Il se contente de matières organiques riches en amidon ou en cellulose. Le problème vient surtout du contexte qu’il révèle : humidité, recoins mal ventilés, poussières accumulées.
Associer lutte contre l’humidité, hygiène régulière et petits pièges ciblés, comme ceux relayés par AD et détaillés par Marja Middeldorp, permet souvent de faire nettement reculer ces insectes tenaces, sans transformer son logement en laboratoire chimique.









