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Il étend son linge à l’intérieur tout l’hiver : un expert prévient, « ne le faites jamais dans votre chambre » et voici les trois règles à suivre

En Espagne, un spécialiste de l’humidité tire la sonnette d’alarme sur le séchage du linge en intérieur, très courant l’hiver.

Dans de nombreuses grandes villes espagnoles, où balcons et terrasses se font rares, les habitants n’ont souvent d’autre choix que de faire sécher leur linge à l’intérieur. Une habitude qui paraît anodine mais qui peut vite tourner au casse-tête pour la santé et le logement, comme l’a rappelé récemment un expert interrogé par le média en ligne espagnol qui relaie ses conseils diffusés sur TikTok.

Un problème de place qui se transforme en problème de santé

Dans les appartements exigus des centres urbains, l’absence de terrasse, de cour ou de fil à linge extérieur oblige de nombreux foyers à étendre leur linge dans le salon, le couloir ou la chambre. En hiver ou par temps de pluie, cette solution devient quasi systématique.

Or, chaque t-shirt, chaque drap fraîchement sorti de la machine libère une grande quantité d’eau dans l’air. Cette eau ne disparaît pas : elle se transforme en vapeur, augmente l’humidité de la pièce et finit par se déposer sur les parois, le mobilier ou les textiles.

Un simple séchage de linge peut suffire à faire grimper brutalement l’humidité d’un logement déjà peu ventilé.

Le média espagnol rappelle que cette accumulation de vapeur peut entraîner :

  • la formation de moisissures sur les murs ou les plafonds ;
  • un odeur persistante de renfermé dans le logement ;
  • le détérioration progressive des meubles, peintures et revêtements ;
  • une dégradation de la qualité de l’air intérieur, défavorable aux personnes allergiques ou asthmatiques.

C’est dans ce contexte que l’expert espagnol en humidité et qualité de l’air, Valentín Naranjo, très suivi sur TikTok, s’est penché sur les erreurs les plus fréquentes commises lorsqu’on fait sécher son linge à l’intérieur.

« Ne le faites jamais dans votre chambre » : l’avertissement d’un expert

Dans une de ses vidéos, relayée par le site d’actualité espagnol, Valentín Naranjo insiste d’abord sur un point : la pièce choisie pour étendre le linge n’est jamais anodine.

Selon lui, une faute très fréquente consiste à installer le séchoir dans la chambre, au pied du lit ou près de la fenêtre. Il met en garde de manière très directe :

« Ne fais jamais sécher ton linge dans ta chambre, car l’humidité s’accumule dans les murs et dans le matelas », alerte Valentín Naranjo.

Pour le spécialiste, cette habitude pose un double problème :

  • un risque pour la santé : la chambre est la pièce où l’on passe le plus d’heures d’affilée, en respirant un air potentiellement plus humide et plus chargé en spores de moisissure ;
  • un risque pour les matériaux : murs peu ventilés, matelas, tête de lit, textiles épais servent de support idéal à l’humidité résiduelle.

Avec le temps, cette humidité répétée peut favoriser l’apparition de taches noires derrière un meuble, d’odeurs de moisi dans le lit ou encore d’allergies respiratoires chez les occupants les plus fragiles, avertit-il.

Trois règles simples pour limiter les dégâts quand on sèche son linge dedans

1. Toujours aérer la pièce pendant le séchage

Premier réflexe recommandé par l’expert espagnol : ouvrir la fenêtre pendant que le linge sèche, dès que la configuration du logement le permet.

« Pendant que tu tends, ouvre la fenêtre ou utilise un extracteur », conseille Valentín Naranjo.

L’objectif est clair : créer un renouvellement d’air, voire un léger courant d’air, pour que la vapeur d’eau ne reste pas prisonnière du logement. Une aération régulière, même de quelques minutes, limite la condensation sur les surfaces froides et empêche l’humidité de s’installer durablement.

Dans les appartements disposant d’une cuisine ou d’une salle de bains avec fenêtre, l’expert suggère de privilégier ces pièces, naturellement plus ventilées, plutôt que la chambre ou un couloir aveugle.

2. Utiliser un déshumidificateur en dernier recours

Tous les logements ne disposent pas d’ouvertures vers l’extérieur. En Espagne comme en France, certains appartements intérieurs n’ont presque pas de fenêtres ou donnent sur des patios peu ventilés. Dans ces configurations, aérer ne suffit pas toujours.

Pour ces cas-là, Valentín Naranjo recommande un autre outil : le désehumidificateur électrique.

« Si tu n’as ni fenêtre ni extracteur, utilise un déshumidificateur », propose le spécialiste.

Ces appareils aspirent l’air ambiant, en retirent une partie de l’eau et la stockent dans un réservoir. Résultat : le taux d’humidité de la pièce baisse progressivement, ce qui aide le linge à sécher plus vite et limite l’apparition de moisissures ou de mauvaises odeurs.

Le média espagnol rappelle que certains modèles récents intègrent en plus des filtres à air, capables de retenir une partie des particules en suspension. Une fonction appréciable pour les personnes sensibles à la poussière ou aux pollens.

3. Ne jamais poser le linge directement sur les radiateurs

Dernier point soulevé par Valentín Naranjo : la tentation de gagner du temps en posant chemises, chaussettes ou serviettes directement sur un radiateur ou une autre source de chaleur.

« Même si tu l’as déjà fait, ne pose pas le linge sur un radiateur », met-il en garde.

À première vue, la méthode semble efficace : la chaleur accélère l’évaporation de l’eau contenue dans les tissus. Mais cette vapeur se retrouve aussitôt dans la pièce, en grande quantité et sur une courte durée. L’air se charge en humidité, se condense sur les vitres et les murs froids, puis finit par nourrir moisissures et salpêtre.

À long terme, répète l’expert, cette pratique peut :

  • abîmer les murs, enduits et peintures ;
  • favoriser l’apparition de taches noires de moisissure ;
  • aggraver les troubles respiratoires préexistants.

Sécher son linge en France : les mêmes risques dans les logements mal ventilés

Les mises en garde relayées en Espagne trouvent un écho direct en France. Les organismes de prévention et les agences de santé rappellent régulièrement que l’excès d’humidité intérieure est un facteur de risque pour la santé et pour le bâti.

Dans les logements français, les recommandations officielles vont dans le même sens que celles de l’expert espagnol :

Situation fréquente Conseil généralement donné en France
Linge séché dans une pièce peu ventilée Aérer au moins quelques minutes matin et soir, même en hiver
Présence de moisissures sur les murs Traiter la cause (humidité, ventilation) avant de repeindre ou nettoyer
Appartement sans ouverture suffisante Installer ou entretenir une ventilation mécanique, ou utiliser un déshumidificateur
Séchage sur radiateur Déconseillé, en particulier dans les chambres et pièces déjà humides

En France, la ventilation mécanique contrôlée (VMC) joue le rôle de l’« extracteur » évoqué par Valentín Naranjo. Elle renouvelle en continu l’air intérieur, à condition d’être correctement entretenue et de laisser libres les bouches d’extraction et les entrées d’air.

Pour un lecteur français, les conseils de l’expert espagnol se traduisent donc par des réflexes concrets :

  • éviter autant que possible d’étendre dans la chambre, même en hiver ;
  • aérer régulièrement pendant le séchage, surtout si le linge est nombreux ;
  • préférer une pièce équipée d’une VMC ou d’une fenêtre ;
  • réserver le déshumidificateur aux pièces fermées ou très humides ;
  • renoncer au séchage direct sur les radiateurs.

Pourquoi l’humidité du linge est si problématique

Si les spécialistes insistent autant, c’est que l’humidité excédentaire agit à la fois sur le bâtiment et sur le corps humain. Quand l’air est saturé en vapeur d’eau, les matériaux respirent mal. Le plâtre se fragilise, les peintures cloquent, le bois gonfle. Les moisissures, elles, se développent rapidement dans les zones sombres et mal ventilées.

Sur le plan sanitaire, l’humidité favorise la prolifération des acariens et des spores fongiques. Ces micro-organismes peuvent déclencher ou aggraver :

  • des crises d’asthme ;
  • des rhinites allergiques ;
  • des irritations des yeux et des voies respiratoires.

Pour un foyer déjà confronté à des problèmes d’isolation ou de ventilation, un séchage de linge répété dans la mauvaise pièce suffit à faire basculer l’équilibre.

Quelques alternatives pour limiter le séchage à l’intérieur

Sans inventer de nouvelles solutions, les conseils relayés par le média espagnol s’inscrivent dans une approche globale : réduire la quantité de linge à faire sécher dedans et accélérer, autant que possible, son séchage.

Certains gestes simples aident à limiter l’humidité générée :

  • lancer l’essorage le plus efficace possible sur la machine à laver, dans la limite acceptée par les textiles ;
  • espacer les lessives lorsque la météo ou la taille du logement ne permettent pas de tout étendre correctement ;
  • répartir le linge sur le séchoir pour éviter les amas qui sèchent très lentement ;
  • placer le séchoir dans une pièce déjà prévue pour l’humidité, comme la salle de bains, à condition d’aérer ensuite.

Combinés aux trois règles rappelées par Valentín Naranjo – ne pas utiliser la chambre, ventiler ou extraire l’air, bannir les radiateurs comme support –, ces gestes limitent l’impact d’un séchage en intérieur devenu quasi inévitable durant les mois froids.

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