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Ils félicitent leur enfant sans lui parler directement : les psychologues confirment que cette méthode fonctionne vraiment

Aux États-Unis, un couple filme sa manière de complimenter sa fille sans s’adresser à elle directement. Leur vidéo fait réagir des psychologues.

Dans un article publié par le média en ligne américain à vocation familiale, le cas de Namwila Mulwanda et de son compagnon illustre une façon surprenante de renforcer la confiance des enfants : parler d’eux en bien, à voix haute, alors qu’ils écoutent… sans être officiellement dans la conversation.

Une scène du quotidien devenue virale sur Instagram

Namwila Mulwanda et son partenaire, Zephi, élèvent leur fille Nhyara en suivant les principes du « gentle parenting », une approche éducative bienveillante très répandue dans les pays anglo-saxons. Leur vidéo, publiée sur Instagram, a dépassé le million de mentions « j’aime » et a déclenché une vague de témoignages de parents.

Le principe de la scène est simple : le couple s’installe dans un coin du salon, échange tranquillement à propos de leur fille, pendant que celle-ci joue à proximité, assez près pour entendre chaque mot, mais sans être explicitement incluse dans la discussion.

Namwila commence en disant à son compagnon à quel point elle est fière de leur enfant et de ce qu’elle accomplit au quotidien. Zephi rebondit immédiatement. Il souligne par exemple les efforts de la fillette pour progresser en lecture, notamment sur un mot difficile qu’elle a pris le temps de déchiffrer seule. Ils mettent aussi en avant son envie d’autonomie, comme lorsqu’elle répète qu’elle veut se brosser les dents elle-même.

Sans la regarder ni l’interpeller, les parents décrivent ce qu’ils admirent chez leur fille : ses efforts, ses progrès, son courage, sa volonté d’apprendre.

La séquence se termine par un échange touchant. « Elle est incroyable », lâche Namwila. « Tellement, tellement, tellement incroyable », répond Zephi. Pendant tout ce temps, la petite reste absorbée dans son activité… tout en tendant l’oreille.

Une mère très exposée en ligne et une démarche assumée

Dans la légende de sa publication, Namwila écrit en anglais : « Tu parles dans le dos de ton enfant pour qu’il t’entende ». Elle se présente comme une mère passionnée, créatrice de contenus et cheffe d’une petite entreprise. Elle anime notamment une newsletter intitulée « She Who Blooms », centrée sur l’idée de « fleurir à son propre rythme », et tient une boutique, Rooted, autour de produits liés à la croissance personnelle et à l’ancrage de soi.

Sa démarche n’est pas improvisée. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’éducation bienveillante et la manière de nourrir l’estime de soi des enfants sans tomber dans le compliment automatique ni la flatterie creuse.

Des parents du monde entier se reconnaissent dans cette méthode

Dans les commentaires, de nombreux parents disent utiliser une technique similaire, parfois en l’adaptant. Une mère qui élève seule son enfant explique par exemple qu’elle fait semblant de téléphoner à un membre de la famille pour vanter les qualités de son fils, en sachant qu’il écoute.

Une autre raconte une scène marquante. Son petit garçon avait peur de descendre les escaliers. Un jour, son mari a déclaré volontairement à voix haute : « Il est très courageux, il a montré beaucoup de bravoure ces derniers temps. » Le lendemain, lorsque les parents ont voulu le porter pour le descendre, l’enfant a répondu : « Non, j’ai beaucoup de courage en moi. »

D’anciens enfants, aujourd’hui adultes, réagissent également. L’un d’eux écrit qu’il serait « une personne complètement différente » si ses parents avaient eu ce type de discours positif à son égard. D’autres projettent déjà d’adopter cette pratique avec leurs futurs enfants, en s’imaginant tenir « de grandes conversations » à voix haute pour dire combien ils les aiment et à quel point ils sont fiers d’eux.

Pour de nombreux internautes, ces scènes réparent symboliquement un manque : celui des compliments sincères et précis qu’ils n’ont jamais entendus quand ils étaient enfants.

Pourquoi les psychologues estiment que cette approche fonctionne

Le média américain rappelle des travaux de recherche montrant que les compliments entendus de manière indirecte peuvent avoir un impact psychologique plus fort que les compliments adressés en face à face, surtout chez les plus jeunes.

La raison ? Dès le plus jeune âge, les enfants comprennent que les adultes dosent souvent leurs mots lorsqu’ils s’adressent directement à eux, parfois pour les encourager, parfois pour les pousser à changer de comportement. En revanche, une conversation entre adultes, entendue « par hasard », paraît plus spontanée, moins manipulatrice, donc plus authentique.

L’influenceuse parentalité Cara Nicole, également devenue virale pour ses conseils éducatifs, résume ce mécanisme dans l’article : selon elle, entendre les adultes parler de soi sans s’adresser directement à soi renforce l’idée que ces compliments sont « vrais », qu’ils n’ont pas été fabriqués pour faire plaisir ou pour obtenir quelque chose en retour.

Des compliments ciblés sur l’effort, pas sur le « talent »

Les psychologues cités dans l’article soulignent toutefois une nuance importante : cette technique donne de meilleurs résultats lorsque les compliments portent sur les efforts et le processus, plutôt que sur un « don » ou une qualité figée.

Le père de Nhyara illustre bien ce principe en parlant de lecture : il insiste sur la façon dont sa fille a pris le temps de décomposer un mot difficile, pas seulement sur le fait qu’elle serait « douée » pour lire.

  • Mettre l’accent sur la persévérance plutôt que sur le « génie ».
  • Décrire précisément ce que l’enfant a fait : une action concrète, un progrès, un choix.
  • Employer un ton calme et naturel, comme dans une conversation ordinaire.
  • Éviter les promesses irréalistes ou les projections sur l’avenir.

Les spécialistes préviennent qu’un compliment exagéré ou visiblement forcé peut produire l’effet inverse. Les enfants perçoivent assez vite les décalages entre le discours et la réalité. S’ils sentent que leurs parents « en font trop », cela peut entamer leur confiance et les mettre sous pression.

La limite à ne pas franchir : l’excès et l’irréalisme

Selon l’article, il vaut mieux éviter les déclarations grandiloquentes du type : « Elle réussira toutes ses dictées sans une seule faute toute sa vie. » Ce type de phrase crée une attente irréaliste que l’enfant n’a aucun moyen de tenir.

De la même façon, décrire comme « incroyable » une performance moyenne finit par brouiller les repères : l’enfant peut soit se sentir obligé de maintenir un niveau toujours exceptionnel, soit ne plus croire du tout à ce qu’on lui dit.

Un compliment efficace reste concret, mesuré et crédible aux yeux de l’enfant. Il doit décrire une réalité qu’il peut lui-même reconnaître.

Les psychologues privilégient donc des formulations simples, du genre : « J’ai vu comme Maya a rangé ses jouets sans qu’on le lui demande. C’était vraiment attentionné, ça nous aide à garder la maison propre. » Cette phrase constate un fait, relie le geste à une conséquence positive et transmet un message valorisant sans exagération.

Pourquoi cette vidéo touche autant : la question des blessures d’enfance

Le succès massif de la vidéo de Namwila Mulwanda tient aussi à sa dimension émotionnelle. Beaucoup d’internautes y projettent leur propre histoire, et notamment l’absence d’encouragements dans leur enfance.

Dans un commentaire mis en avant, la jeune mère s’adresse directement à celles et ceux qui ont surtout entendu des remarques négatives lorsqu’ils étaient enfants. Elle leur rappelle qu’ils n’étaient « pas le problème », qu’ils ne méritaient pas ce traitement et que le simple fait de se lever chaque jour montre leur force. Elle les invite à « prendre dans leurs bras leur enfant intérieur » et à lui dire qu’ils sont désormais là pour lui.

Pour de nombreux lecteurs, ces mots viennent faire écho à des thérapies autour de l’enfance et aux réflexions sur la transmission intergénérationnelle. L’idée sous-jacente est claire : adopter aujourd’hui une parole positive envers ses enfants, y compris de manière indirecte, permet aussi de réparer une partie de ce qui a manqué hier.

Qu’est-ce que cela change pour des parents en France ?

En France, la parentalité bienveillante et la psychologie de l’enfant occupent une place croissante dans les médias, les livres et les consultations de psychologues. Les mécanismes décrits par le média américain sont tout à fait transposables au contexte français.

Les psychologues de l’enfance et les pédopsychologues installés en France insistent eux aussi sur l’impact des paroles parentales. Compliments précis, reconnaissance de l’effort, absence d’humiliation publique : ces principes se retrouvent dans de nombreux ouvrages de référence sur l’éducation.

Pratique observée Équivalent ou usage possible en France
Parler positivement de l’enfant à portée d’oreille Conversation entre parents dans le salon ou la cuisine, en sachant que l’enfant entend
Mettre l’accent sur l’effort Valoriser un devoir fait avec sérieux, un geste d’entraide, une peur surmontée
Compliment indirect jugé plus authentique Paroles échangées entre adultes, perçues comme plus sincères par l’enfant

Un parent français peut, par exemple, mentionner devant un autre adulte que son enfant s’est montré patient chez le médecin, ou qu’il a mis beaucoup de soin à préparer son cartable. L’enfant n’est pas directement sollicité, mais il reçoit quand même le message : son comportement a été vu et reconnu.

Une pratique à articuler avec le dialogue direct

Les psychologues rappellent toutefois que ces compliments indirects ne remplacent pas le dialogue frontal avec l’enfant. En France comme ailleurs, les recommandations mettent l’accent sur les échanges réguliers, l’écoute et la mise en mots des émotions.

La technique popularisée par Namwila peut s’ajouter à ce socle. Elle devient un outil parmi d’autres, à utiliser par touches et sans mise en scène excessive, pour éviter de transformer chaque compliment en stratégie calculée.

Un levier simple pour nourrir l’estime de soi des enfants

Pour un parent, cette méthode a un avantage non négligeable : elle ne nécessite ni matériel, ni planning précis, ni grand discours. Elle s’appuie sur des scènes déjà présentes dans le quotidien familial, comme une discussion entre conjoints ou un échange avec un proche.

Employée avec sincérité, elle peut contribuer à ancrer chez l’enfant quelques idées clés : « Je suis vu », « Mes efforts comptent », « Les adultes que j’aime sont fiers de moi, même quand je n’ai rien demandé ». Ces croyances positives jouent souvent un rôle dans la construction d’une confiance en soi stable à l’adolescence et à l’âge adulte.

Certains psychologues mettent toutefois en garde contre un risque fréquent : n’encourager l’enfant que lorsqu’il réussit. Pour équilibrer, ils suggèrent aussi de souligner son courage après un échec, sa manière de gérer une frustration ou sa capacité à demander de l’aide. Là encore, une phrase dite à un autre adulte, mais clairement audible, peut marquer durablement l’enfant.

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