Le 20 mars 2027, une rare coïncidence entre mécanique céleste et calendrier se produit, au cœur du printemps astronomique en Europe.
Comme le rapporte le média en ligne néerlandais à l’origine de cet article, l’équinoxe de printemps de 2027 sera un moment particulier pour les habitants des Pays-Bas et de Belgique, mais aussi pour tout l’hémisphère Nord. Cette date marque la fin officielle de l’hiver astronomique, l’arrivée du printemps et un basculement net de la durée du jour face à la nuit. Avec, cette année-là, une promesse souvent annoncée, mais rarement tenue au sens strict : un jour et une nuit quasiment d’égale durée.
Pourquoi l’équinoxe de printemps 2027 est une date à part
En 2027, l’équinoxe de printemps tombe le samedi 20 mars, à 21 h 24, heure locale aux Pays-Bas et en Belgique. À cet instant précis, le centre du Soleil se trouve exactement à la verticale de l’équateur terrestre.
Pour les astronomes, ce moment scelle la transition officielle entre l’hiver et le printemps sur l’hémisphère Nord. Les journées continuent alors de s’allonger, jusqu’à la prochaine grande étape du calendrier céleste : le solstice d’été, qui aura lieu le 21 juin sur cette zone du globe.
Le 20 mars 2027, à 21 h 24, la position du Soleil au-dessus de l’équateur marquera le passage définitif à la saison lumineuse sur l’hémisphère Nord.
D’ici au solstice de juin 2027, les journées gagnent en moyenne près de trois minutes de lumière par 24 heures à la latitude d’Amsterdam. Ce rythme de rallongement, particulièrement sensible au printemps, explique pourquoi de nombreux habitants perçoivent cette période comme un basculement moral : soirées plus claires, activités extérieures facilitées, impression de « sortir de l’hiver ».
Équinoxe 2027 : ce que prévoit le calendrier aux Pays-Bas et en Belgique
Le média néerlandais publie un calendrier d’équinoxes valable pour les Pays-Bas et la Belgique, qui permet de situer cette date dans une série de années où le phénomène tombe sensiblement au même moment.
| Année | Date de l’équinoxe de printemps | Heure locale (Pays-Bas / Belgique) |
|---|---|---|
| 2027 | 20 mars | 21 h 24 |
| 2028 | 20 mars | 03 h 17 |
| 2029 | 20 mars | 09 h 01 |
| 2030 | 20 mars | 14 h 52 |
| 2031 | 20 mars | 20 h 41 |
On constate que, sur cette période, l’équinoxe de printemps reste fixé au 20 mars sur cette partie de l’Europe, mais à des heures très différentes d’une année sur l’autre. Cette variation d’horaires est directement liée au fonctionnement du calendrier et à la durée réelle de l’année terrestre.
Qu’est-ce qu’une équinoxe au juste ?
L’équinoxe est un événement strictement astronomique : il désigne le moment précis où le centre du Soleil passe au-dessus du plan de l’équateur terrestre. Il existe deux équinoxes chaque année :
- l’équinoxe de printemps, en mars, sur l’hémisphère Nord ;
- l’équinoxe d’automne, en septembre, sur cette même moitié du globe.
Dans le langage courant, ces dates sont souvent présentées comme celles où « le jour et la nuit durent exactement 12 heures ». En réalité, cette égalité parfaite ne coïncide pas au millimètre avec le moment de l’équinoxe. Elle survient un peu avant l’équinoxe de printemps et un peu après l’équinoxe d’automne.
L’équinoxe ne correspond pas exactement au jour où l’on compte 12 heures de lumière et 12 heures d’obscurité, même si ces deux moments restent très proches dans le temps.
Pourquoi jour et nuit ne durent pas exactement 12 heures
Deux phénomènes physiques expliquent ce léger décalage entre l’équinoxe astronomique et l’égalité pratique entre jour et nuit :
- la manière dont on définit le lever et le coucher du Soleil ;
- la réfraction atmosphérique, c’est-à-dire la déviation des rayons lumineux par l’atmosphère.
Pour les astronomes, le lever du Soleil correspond au moment où le centre du disque solaire franchit la ligne de l’horizon. C’est cette définition qui sert à déterminer l’instant exact de l’équinoxe, lorsque le centre du Soleil coupe le plan de l’équateur.
Dans le langage courant, le lever du Soleil est plutôt vu comme le moment où la partie supérieure du disque apparaît au-dessus de l’horizon. Le coucher, lui, est associé à l’instant où ce même bord supérieur disparaît complètement. Ce décalage allonge artificiellement la durée du jour de quelques minutes.
S’ajoute à cela la réfraction atmosphérique. Lorsque le Soleil se situe juste sous l’horizon, ses rayons sont déviés par l’atmosphère terrestre. L’astre apparaît alors légèrement plus haut qu’il ne l’est réellement : environ un demi-degré à l’œil nu. À nos latitudes, cette illusion prolonge la visibilité du Soleil d’environ quatre minutes avant son lever et quatre minutes après son coucher.
À cause de la réfraction atmosphérique, le Soleil semble se lever plus tôt et se coucher plus tard, ce qui allonge artificiellement la durée du jour autour de l’équinoxe.
Pourquoi l’équinoxe ne tombe pas chaque année au même jour
L’article néerlandais rappelle une autre subtilité : les équinoxes ne tombent pas exactement à la même date d’une année sur l’autre. L’équinoxe de printemps peut ainsi survenir le 20 ou le 21 mars, l’équinoxe d’automne le 22 ou le 23 septembre.
La raison tient à la durée réelle de l’année terrestre. La Terre met environ 365,24219 jours pour faire une révolution complète autour du Soleil. Or notre calendrier civil repose principalement sur des années de 365 jours.
Pour corriger ce décalage, le calendrier grégorien, instauré en 1582, ajoute une journée tous les quatre ans : le fameux 29 février des années bissextiles. Sans ce rattrapage régulier, les saisons se décaleraient progressivement dans le calendrier.
- pendant trois ans, les équinoxes et solstices surviennent environ six heures plus tard que l’année précédente ;
- l’année bissextile suivante « rattrape » ce retard en les faisant revenir environ 18 heures plus tôt.
Les règles spécifiques du calendrier grégorien pour les siècles (les années 1700, 1800, 1900, par exemple) affinent encore ce mécanisme, afin de coller au mieux au rythme réel de la Terre. Résultat : la durée moyenne de l’année civile (365,2425 jours) reste très proche de la durée de révolution de notre planète, ce qui stabilise la position des saisons au fil des siècles.
La Terre penchée : l’origine des saisons
On pourrait croire que les saisons dépendent principalement de la distance entre la Terre et le Soleil, puisque l’orbite terrestre est légèrement elliptique. Pourtant, la cause majeure est ailleurs : dans l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre.
Cette inclinaison fait qu’au cours de l’année, l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud se présentent tour à tour davantage face au Soleil. Quand l’hémisphère Nord est plus exposé, c’est l’été sur nos latitudes et l’hiver dans l’hémisphère Sud. Six mois plus tard, la situation s’inverse.
Les équinoxes marquent les moments où aucun hémisphère n’est avantagé : les deux reçoivent globalement la même quantité de lumière. Les solstices, eux, correspondent aux instants où l’écart d’ensoleillement entre Nord et Sud est maximal.
Équinoxe, solstice : deux repères différents
L’article rappelle enfin la différence entre équinoxe et solstice. Les solstices sont les journées les plus longues et les plus courtes de l’année sur un hémisphère donné :
- le solstice d’été, en juin, quand le Soleil atteint sa hauteur maximale dans le ciel ;
- le solstice d’hiver, en décembre, quand il culmine au plus bas.
Les équinoxes, eux, jalonnent deux périodes de transition, au printemps et à l’automne, pendant lesquelles la durée du jour se rapproche le plus de celle de la nuit sur la majorité des latitudes habitées.
Solstice : extrême de lumière ou d’obscurité. Équinoxe : rééquilibrage entre jour et nuit sur les deux hémisphères.
Ce que change l’équinoxe de 2027 pour un lecteur en France
En France métropolitaine, le principe reste exactement le même qu’aux Pays-Bas ou en Belgique. La date et l’horaire précis diffèrent légèrement selon le fuseau horaire utilisé, mais la dynamique saisonnière est la même : autour du 20 mars, la durée du jour dépasse définitivement celle de la nuit et ne cesse d’augmenter jusqu’à fin juin.
Pour un lecteur français, l’équinoxe de printemps de 2027 a plusieurs effets concrets :
- des levers de Soleil de plus en plus matinaux, des couchers de plus en plus tardifs ;
- un allongement sensible des soirées, propice aux activités de plein air après le travail ;
- un basculement psychologique souvent associé à un regain d’énergie, à la réouverture des terrasses ou au retour des loisirs extérieurs.
La France utilise aussi le calendrier grégorien, ce qui explique que les dates d’équinoxes et de solstices restent globalement stables d’une année sur l’autre. Les variations de quelques heures d’une année à l’autre suivent les mêmes principes que ceux décrits dans l’article néerlandais.
Comment profiter concrètement de l’équinoxe de printemps
Pour les passionnés d’astronomie ou les simples curieux, l’équinoxe de 2027 offre plusieurs occasions pratiques :
- observer la trajectoire du Soleil, qui se lève et se couche alors très proche de l’est et de l’ouest géographiques ;
- comparer les heures officielles de lever et de coucher avec la sensation réelle de lumière, afin de percevoir l’effet de la réfraction atmosphérique ;
- suivre, semaine après semaine, le gain de minutes de jour sur une application météo ou un site d’éphémérides.
Pour ceux qui s’intéressent au vocabulaire, le terme « équinoxe » vient du latin et signifie littéralement « nuit égale ». Le phénomène de « réfraction atmosphérique », lui, désigne la déviation des rayons lumineux lorsqu’ils traversent l’air à faible angle, comme au lever ou au coucher du Soleil. Ces notions se traduisent très concrètement dans le ciel que chacun peut observer, sans matériel sophistiqué.
Le 20 mars 2027 invitera donc à lever les yeux vers l’horizon, non pas pour assister à un retournement spectaculaire de la nature en une seule journée, mais pour saisir un point d’équilibre subtil dans le cycle annuel de la lumière.









