Au Portugal, laisser sa voiture des semaines sur la même place est toléré, mais au-delà d’un certain délai, la loi bascule.
Le site d’actualité portugais qui publie ces informations rappelle que le Code de la route local encadre strictement la durée de stationnement d’un véhicule laissé sans bouger. Entre délai maximum sur voirie gratuite, règles spécifiques dans les zones payantes et cas des voitures qui semblent abandonnées, les automobilistes portugais s’exposent à des sanctions s’ils ignorent ces limites.
Ce que prévoit le Code de la route portugais pour une voiture laissée dans la rue
Au Portugal, l’équivalent du Code de la route français, appelé Código da Estrada, fixe une règle de base : laisser sa voiture dans la rue plusieurs semaines n’est pas en soi interdit, mais cela ne peut pas durer indéfiniment.
Le Código da Estrada considère qu’un véhicule en stationnement gratuit devient en stationnement « indû ou abusif » s’il reste 30 jours d’affilée au même endroit sur la voie publique.
Le texte vise les places situées sur la voie publique ou dans des parcs ou zones de stationnement qui ne sont soumises à aucune redevance. Tant que le véhicule ne dépasse pas ces 30 jours consécutifs, le stationnement reste légal.
Trente jours consécutifs… et déplacer la voiture ne suffit pas toujours
Un point de détail, mentionné par le média portugais, change tout pour les automobilistes qui pensent contourner la règle. Le délai de 30 jours ne repart pas systématiquement à zéro dès que le véhicule bouge un peu.
La loi précise en effet que le simple fait de déplacer la voiture d’une place à une autre dans la même zone de stationnement ne suffit pas forcément à interrompre la période de 30 jours. Autrement dit, avancer son véhicule de quelques mètres ou le passer d’une place à la suivante ne garantit pas que le stationnement ne sera plus considéré comme abusif.
Dans les faits, ce sont les services de contrôle qui vont apprécier la situation : une voiture qui ne quitte jamais une même portion de rue pendant plus d’un mois et ne semble jamais utilisée risque davantage d’être considérée comme laissée abusivement.
Comment les autorités portugaises constatent-elles la durée de stationnement ?
Le Código da Estrada portugais ne met pas en place de système national qui suivrait quotidiennement toutes les voitures garées dans les rues. Aucun dispositif automatique généralisé n’enregistre chaque jour la position des véhicules stationnés.
Le contrôle reste donc ponctuel et repose sur le travail des agents. Pour démontrer qu’un véhicule est resté trop longtemps au même endroit, les autorités peuvent s’appuyer sur différents éléments de preuve :
- photographies prises à plusieurs dates montrant la voiture sur la même place ;
- registres internes de contrôle ou de patrouille ;
- signalements répétés de riverains ou de services municipaux.
Le média portugais souligne qu’une voiture garée très souvent au même endroit n’est pas automatiquement en infraction. Un habitant peut très bien l’utiliser régulièrement et revenir se garer au même emplacement, sans dépasser la durée maximale autorisée.
Ce qui change si le stationnement est payant ou limité dans le temps
La règle des 30 jours ne s’applique pas partout au Portugal. Le Código da Estrada prévoit un régime spécifique pour les zones de stationnement payant ou limité dans le temps, souvent signalées par des panneaux et des horodateurs.
Dans une zone payante, le stationnement peut être qualifié d’abusif bien avant 30 jours, dès que la durée payée ou autorisée est dépassée.
Le texte distingue plusieurs cas :
| Type de zone | Condition | Quand le stationnement devient abusif |
|---|---|---|
| Zone payante | Stationnement soumis au paiement d’une taxe | Taxe non payée ou dépassement de deux heures au-delà du temps payé |
| Zone à durée limitée | Stationnement autorisé seulement pour une durée maximale fixée | Dépassement de plus de deux heures au-delà du temps permis |
| Zone gratuite sans limite spécifique | Aucune taxe, aucune durée maximale affichée | Stationnement continu de 30 jours |
Concrètement, laisser une voiture plusieurs semaines sur une place payante ou dans une zone où le temps de stationnement est limité conduit très vite à un stationnement abusif. La tolérance n’a rien à voir avec celle d’une rue gratuite où aucune durée maximale n’est indiquée.
Quand une voiture paraît abandonnée : un délai beaucoup plus court
Le Código da Estrada portugais prévoit un cas particulier : celui des véhicules qui semblent clairement abandonnés ou inaptes à circuler.
Un véhicule peut être considéré en stationnement abusif s’il reste plus de 48 heures au même endroit et qu’il présente des signes extérieurs évidents :
- d’abandon (pneus à plat, vitres brisées, carrosserie très dégradée, absence manifeste d’entretien) ;
- d’inutilisation ou d’impossibilité de se déplacer en sécurité par ses propres moyens ;
- d’absence de plaque d’immatriculation ou de plaque illisible.
Une voiture sans plaque, très dégradée ou manifestement inutilisable peut être considérée en stationnement abusif au Portugal dès qu’elle reste plus de 48 heures au même emplacement.
La loi portugaise vise aussi les véhicules transformés en supports d’annonces de vente sur certains parkings. Un véhicule exposant des informations destinées à sa transaction, sur un parc de stationnement, peut être qualifié de stationné de manière indue ou abusive.
Remorquage, blocage : ce que risquent les automobilistes au Portugal
Une fois le stationnement qualifié d’illégal, la loi portugaise autorise des mesures concrètes. L’article 164 du Código da Estrada prévoit la possibilité de retirer le véhicule stationné de façon indue ou abusive.
Les autorités compétentes peuvent donc :
- faire enlever la voiture par un service de remorquage ;
- bloquer le véhicule sur place, par exemple avec un sabot.
Le texte désigne comme responsable financier le titulaire du document d’identification du véhicule, l’équivalent du certificat d’immatriculation en France. Ce propriétaire doit assumer toutes les dépenses liées à la remorque et à la mise en fourrière, sans préjudice des sanctions prévues par la loi (amendes notamment). Il conserve ensuite la possibilité de se retourner contre le conducteur réel, s’il n’était pas au volant au moment des faits.
Quelle règle pour une voiture laissée des semaines dans la rue en France ?
En France, le Code de la route ne reprend pas mot pour mot le dispositif portugais, mais la logique générale est proche : le stationnement très prolongé sur la voie publique peut être assimilé à un usage abusif du domaine public ou à un abandon de véhicule.
Les maires, via leurs arrêtés municipaux, fixent souvent des durées maximales de stationnement continu sur la même place, y compris dans les zones gratuites. Cette durée peut varier d’une commune à l’autre, et certaines villes rappellent sur leur site que laisser un véhicule des semaines sans bouger peut entraîner son enlèvement.
En zone payante, le principe reste similaire à celui du Portugal : dès lors que le ticket ou la durée autorisée est dépassé, le véhicule se retrouve en infraction. Le stationnement abusif répété ou prolongé peut conduire à un enlèvement par la fourrière, en plus de l’amende.
La France dispose aussi d’un cadre pour les véhicules « manifestement abandonnés » : lorsqu’une voiture paraît inutilisée, très dégradée ou sans plaque, les autorités (police municipale, gendarmerie) peuvent enclencher une procédure spécifique qui peut mener à son enlèvement puis à sa destruction ou à sa cession, selon les règles en vigueur.
Quelques réflexes utiles avant de laisser sa voiture longtemps immobile
Pour un automobiliste portugais qui part plusieurs semaines et envisage de laisser sa voiture dans la rue, la première étape consiste à vérifier le type de zone :
Dans une zone gratuite, la règle des 30 jours consécutifs sert de repère clair. Dans une zone payante ou limitée, la prudence impose de ne pas s’absenter sans solution alternative, car l’infraction est caractérisée bien avant ce délai.
Un autre point souvent négligé tient à l’entretien du véhicule. Une voiture laissée longtemps dehors, sans démarrer, peut accumuler des signes qui ressemblent à ceux d’un abandon : pneus qui se dégonflent, couche de saleté très épaisse, essuie-glaces collés. Au Portugal, ces éléments peuvent peser dans l’appréciation d’un « stationnement abusif » de plus de 48 heures si l’état général laisse penser que le véhicule ne roule plus.
Pour limiter les risques, certains automobilistes préfèrent demander à un proche de déplacer réellement la voiture au bout de quelques jours, sur un autre secteur de stationnement, ou de la garer dans un parking privé ou résidentiel. Cette solution, lorsqu’elle est possible, réduit fortement la probabilité d’un contrôle aboutissant à un enlèvement pour stationnement abusif.









