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Les couples qui rencontrent ce problème dès la première année de mariage ont 67 % de risques de divorcer en plus : ce n’est ni l’argent ni les disputes

Les couples qui rencontrent ce problème dès la première année de mariage ont 67 % de risques de divorcer en plus : ce n'est ni l'argent ni les disputes

Une étude menée aux États-Unis sur des couples mariés montre qu’un facteur relationnel méconnu, présent dès la première année, fait exploser le risque de divorce.

Un article du média en ligne américain YourTango s’appuie sur une recherche scientifique pour montrer qu’un élément très précis, lié aux amis et au cercle social, peut faire dérailler un mariage sur la durée. L’argent, les disputes ou l’arrivée d’un enfant ne sont pas les seuls coupables : la façon dont un conjoint perçoit les amis de l’autre pèserait lourd sur la solidité du couple.

Une étude sur 16 ans qui pointe un risque accru de 67 %

L’étude citée par YourTango a été publiée en 2017 dans la revue scientifique Journal of Social and Personal Relationships. Les chercheurs y ont suivi 355 couples nouvellement mariés pendant 16 ans, en se concentrant sur leurs réseaux amicaux au cours de la toute première année de mariage.

Les participants devaient répondre à des questions simples, mais révélatrices, comme :

  • « Combien de bons amis pourriez-vous appeler pour obtenir de l’aide ou un conseil si vous en aviez besoin ? »
  • « Votre femme ou votre mari a-t-il des amis avec lesquels vous préféreriez qu’elle ou il ne passe pas de temps ? »

Les résultats, pour les couples blancs étudiés, sont frappants. Lorsque le mari approuve les amies de sa femme, le taux de survie du mariage au bout de 16 ans atteint environ 70 %. Lorsque le mari désapprouve les amies de sa femme, ce taux tombe à 50 %.

Parmi les couples étudiés, le simple fait que le mari n’aime pas les amies de sa femme dès la première année augmente de 67 % la probabilité de divorce à long terme.

Les chercheurs ont aussi relevé un autre point critique : lorsque le mari estime que les amies de sa femme « interfèrent » vraiment dans le mariage, le risque de séparation grimpe encore. YourTango précise que cet impact sur le divorce se révèle plus fort que celui du niveau de revenu, du niveau d’études ou même de la présence d’enfants.

Quand la désapprobation masculine pèse, et la désapprobation féminine… pas vraiment

La différence entre femmes et hommes est l’un des aspects les plus surprenants de cette étude. Selon les résultats repris par YourTango, le fait que la femme n’aime pas les amis de son mari ne modifie pas significativement le risque de divorce. En clair, le désaccord féminin sur le cercle amical masculin n’a pas le même poids que l’inverse.

L’étude met aussi en avant un autre constat : les couples dans lesquels la femme déclare partager davantage le soutien de la famille élargie (famille au sens large, au-delà du couple) apparaissent paradoxalement plus susceptibles de divorcer. Les auteurs interprètent ce point comme un signe possible de tensions, d’ingérences ou de loyautés concurrentes qui fragilisent l’équilibre conjugal.

Les données suggèrent que, dans ces couples, le réseau social de la femme — amis, proches, famille — peut devenir un facteur déterminant dans la trajectoire du mariage, parfois jusqu’à la rupture.

Pourquoi les amies d’une femme inquiètent certains maris

L’article de YourTango propose une lecture sociale de ces chiffres. Selon la journaliste Maria Cassano, le problème ne vient pas forcément d’amies « toxiques » ou « mauvaises influences ». Il s’agirait plutôt d’un mélange de dépendance affective, d’insécurité et d’isolement chez de nombreux hommes.

Un réseau amical masculin plus pauvre et plus silencieux

Les données mises en avant dans l’article rappellent un phénomène déjà documenté dans plusieurs enquêtes aux États-Unis : les hommes déclarent, en moyenne, moins d’amis proches que les femmes. YourTango mentionne que seuls 27 % des hommes affirment avoir un petit groupe d’amis très proches, et qu’une partie significative des jeunes hommes disent ne pas avoir de proche ami du tout.

Dans le même temps, beaucoup d’hommes hésitent à se confier à leurs pairs lorsqu’ils traversent une difficulté personnelle ou conjugale. Le partenaire conjugal devient alors leur unique ou quasi unique source de soutien émotionnel, de sociabilité et de régulation affective.

Dans ce contexte, lorsque la femme investit du temps et de l’énergie dans ses propres amitiés, certains maris peuvent se sentir mis à l’écart, négligés, voire jaloux. Maria Cassano évoque cette dynamique pour expliquer pourquoi le réseau amical féminin est parfois perçu comme une menace plutôt que comme un simple complément à la vie de couple.

Les soirées entre amies, un espace de parole… et de vigilance

YourTango rappelle, en s’appuyant sur un sondage réalisé auprès de 2 000 femmes, que 83 % d’entre elles décrivent leur « vraie » soirée entre filles comme un moment calme, centré sur des conversations libres, souvent profondes, loin des clichés de soirées excessives.

L’article avance aussi quelques données de contexte sur les comportements masculins : selon les chiffres cités, les hommes sont statistiquement plus susceptibles de s’adonner à des conduites à risque comme l’alcoolisation massive, les jeux d’argent ou la fréquentation de clubs pour adultes, et plus enclins à tromper leur partenaire. YourTango souligne ce contraste pour montrer que les amies de la femme ne sont pas forcément les « mauvaises influences » de l’histoire.

Les amies d’une femme jouent souvent un rôle de soutien, mais aussi de vigilance : elles écoutent, questionnent, alertent lorsque la relation dérape.

La psychothérapeute et assistante sociale clinicienne Stephanie Roth Goldberg, citée par YourTango, rappelle que les femmes parlent bien davantage de leurs problèmes de couple avec leurs amies. Selon elle, ces échanges mènent à des avis parfois critiques sur la relation.

Pour un mari sûr de lui et respectueux, ces conversations peuvent servir de filet de sécurité pour la relation. Pour un mari très insécurisé, elles deviennent sources de malaise. Et pour un conjoint violent ou abusif, elles représentent une menace directe.

Isolement, contrôle et violences conjugales

L’article rappelle un chiffre marquant aux États-Unis : plus de 20 % des femmes subissent des violences au sein du couple au cours de leur vie. Dans ces situations, l’isolement social constitue souvent l’un des premiers signaux d’alerte.

YourTango décrit un mécanisme bien identifié par les associations spécialisées : pour prendre le contrôle, certains partenaires cherchent à couper la victime de ses soutiens. Ils critiquent les amies, demandent à réduire les sorties, font naître un climat de tension dès qu’un rendez-vous amical est prévu, voire posent des interdits explicites.

Dans les relations violentes, le fameux « je n’ai jamais aimé tes amies » devient un outil de plus pour isoler la victime et rendre la sortie de la relation encore plus difficile.

Une fois la personne isolée, l’emprise se renforce, les violences psychologiques et physiques tendent à s’aggraver. Maria Cassano imagine que, dans une partie des divorces constatés dans l’étude, ce sont justement ces amies considérées comme « problématiques » par le mari qui ont fini par dire à la femme : « Ce n’est pas acceptable, tu dois partir. »

Quand les amitiés protègent au lieu de fragiliser

Dans son témoignage, la journaliste raconte ses propres amitiés de longue date, qu’elle considère comme un pilier de son équilibre. Elle explique consacrer du temps à ses amies, qu’elle soit en couple ou non, et voir ces liens comme un élément non négociable de sa vie.

Elle souligne que son futur mari apprécie ses amies. Et elle pose une limite claire : même s’il ne les aimait pas, il serait nécessaire qu’il respecte ces relations. Selon elle, aucun partenaire ne peut combler tous les besoins affectifs, sociaux et émotionnels d’une personne. Les amitiés jouent un rôle complémentaire, presque thérapeutique.

YourTango insiste : avec un partenaire sain, les amitiés ne nuisent pas au couple, elles le renforcent. Elles offrent un espace pour se confier, relâcher la pression, recevoir des conseils, et parfois mettre des mots sur un malaise que l’on peine à reconnaître soi-même.

Qu’est-ce que cela signifie pour les couples en France ?

L’étude citée a été réalisée auprès de couples mariés aux États-Unis, avec un focus sur les couples blancs. Le cadre légal français, la place de la famille et les habitudes amicales ne sont pas identiques, mais certaines dynamiques restent comparables.

En France, plusieurs enquêtes montrent aussi une fragilité des amitiés masculines, notamment chez les jeunes hommes, et une tendance des femmes à disposer de réseaux de soutien plus denses. Les associations de lutte contre les violences conjugales, comme les structures d’aide aux victimes, repèrent, elles aussi, l’isolement comme un signal préoccupant.

Dans le contexte français, un lecteur peut retenir plusieurs points pratiques :

  • Un conjoint qui critique systématiquement vos amis et cherche à limiter vos contacts sociaux ne « protège » pas forcément le couple, il exerce peut-être un contrôle.
  • Le fait pour une femme d’entretenir des liens forts avec ses amies peut être perçu comme protecteur sur le long terme, surtout si la relation devient toxique.
  • Le respect mutuel du temps passé avec les amis de chacun, dans un cadre transparent, rassure bien davantage qu’une demande de renoncement.

En France, en cas de violences au sein du couple, des services comme le numéro national d’écoute 3919, géré par des associations spécialisées, encouragent justement les victimes à maintenir ou renouer des liens avec leurs proches pour sortir de l’isolement. Cette approche va dans le même sens que les constats relayés par YourTango : un réseau amical solide agit comme un facteur de protection.

Comment repérer ce « problème » dès la première année de mariage

Pour un couple marié ou en voie de l’être, le signal pointé par l’étude consiste moins dans la simple réserve face à un ou deux amis que dans une attitude durable et globale de rejet des amitiés du conjoint. Plusieurs indices peuvent alerter :

  • Le mari exprime régulièrement qu’il n’aime pas les amies de sa femme, sans donner de raisons factuelles ou en les caricaturant.
  • Il reproche à sa femme de « perdre son temps » avec elles, même lorsque ces rencontres restent raisonnables.
  • Il cherche à limiter les sorties entre amies, ou à se rendre présent systématiquement, empêchant les moments entre femmes.
  • Il se montre agacé par le fait que sa femme parle de sa relation à ses amies.
  • Il présente les amies comme un obstacle au bonheur du couple plutôt que comme un soutien possible.
  • Lorsque ce type de comportement apparaît dès la première année, l’étude rappelle qu’il peut annoncer un risque accru de divorce, parfois associé à d’autres formes de contrôle.

    À l’inverse, un partenaire qui encourage des liens amicaux équilibrés, fait l’effort de connaître les amis de l’autre et accepte que certains temps soient réservés au cercle amical, envoie un signal rassurant pour la suite du mariage.

    Un éclairage utile sur la place des amis dans le couple

    Le travail relayé par YourTango ne cherche pas à faire des amies de la femme les responsables des séparations. Il invite plutôt à regarder de près la manière dont le partenaire masculin réagit à ces amitiés. L’enjeu dépasse largement la jalousie : il touche à la capacité du couple à tolérer l’indépendance, les confidences et l’existence de soutiens extérieurs.

    Pour les couples français comme pour les couples américains, cette étude rappelle qu’un mariage ne se joue pas seulement dans le huis clos du foyer. Les réseaux d’amis, les familles et la façon dont chacun accepte ou non ces présences autour du couple peuvent orienter, silencieusement mais durablement, la trajectoire d’une vie à deux.

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