Aux États-Unis, une vidéo montre une chauve-souris traversant un ruisseau à la nage, révélant une aptitude étonnante pour un animal volant.
Relayée par le site spécialisé américain The A-Z Animals, une séquence filmée illustre une scène peu connue du grand public : une chauve-souris nageant pour rejoindre la berge. L’occasion de rappeler que ces mammifères, pourtant taillés pour le ciel, ne sont pas totalement démunis lorsqu’ils se retrouvent dans l’eau, et qu’ils utilisent même un mouvement qui rappelle la brasse papillon.
Une vidéo virale montre une chauve-souris traversant un ruisseau
La scène à l’origine de l’article de The A-Z Animals provient d’une vidéo publiée sur Instagram par l’utilisateur @mack2526. On y voit une chauve-souris progresser dans un petit cours d’eau, se dirigeant vers un homme qui se tient au bord du ruisseau. L’animal avance régulièrement, la tête hors de l’eau, en battant ses ailes comme des nageoires.
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, une chauve-souris tombée à l’eau ne coule pas immédiatement : elle est capable de nager et de se diriger.
Les spécialistes cités par le média américain rappellent que la nage ne fait pas partie du comportement habituel des chauves-souris. Elles vivent dans les airs et se déplacent en vol, surtout la nuit, grâce à l’écholocalisation. Mais lorsqu’elles chutent dans un plan d’eau, elles disposent d’un « plan B » : leurs ailes leur servent alors de moyen de propulsion.
Pourquoi les chauves-souris se retrouvent-elles dans l’eau ?
En temps normal, ces mammifères nocturnes évitent soigneusement la surface des étendues d’eau. Elles s’en approchent uniquement pour boire, en rasant l’eau à grande vitesse. Elles ouvrent alors la bouche pour capter quelques gouttes ou effleurent l’eau avec la mâchoire inférieure.
- Elles volent bas au-dessus d’un lac, d’un étang ou d’une rivière.
- Elles gardent toujours assez de vitesse pour reprendre immédiatement de l’altitude.
- Le contact avec l’eau doit rester très bref.
La chute reste donc rare, mais elle peut survenir en cas de changement brutal de trajectoire, de rafale de vent ou d’erreur de perception. L’article de The A-Z Animals insiste sur un point : tomber dans l’eau représente une situation à risque pour une chauve-souris, pas tant à cause de la noyade immédiate que pour une raison plus insidieuse.
Le vrai danger : un pelage détrempé qui empêche de redécoller
Les chauves-souris sont recouvertes de fourrure. Une fois trempé, ce pelage devient lourd, se gorge d’eau et complique fortement le retour en vol. Même si l’animal parvient à rejoindre la rive à la nage, il peut rester incapable de redécoller tant que son corps et ses ailes ne sont pas suffisamment secs.
Le principal risque pour une chauve-souris n’est pas l’eau elle-même, mais le poids de sa fourrure mouillée qui rend le vol presque impossible.
Dans la vidéo commentée par The A-Z Animals, la chauve-souris nage justement en direction de l’homme situé sur la berge. Les auteurs y voient un comportement dicté par l’urgence : ces animaux évitent généralement les humains, mais une situation désespérée peut les pousser à se rapprocher pour tenter de sortir de l’eau.
Un comportement inhabituel envers l’humain
Les chauves-souris ne cherchent pas la compagnie des personnes. Elles restent discrètes, se cachent le jour et chassent la nuit. Les spécialistes rappellent qu’une approche directe comme celle montrée dans la vidéo traduit un stress important. L’animal semble chercher une structure solide ou une aide pour quitter l’eau, rompant avec sa méfiance habituelle.
Une nage qui ressemble à la brasse papillon
Si la scène intrigue autant, c’est aussi à cause du style de nage. La chauve-souris ne patauge pas au hasard : elle adopte un mouvement coordonné qui rappelle, vus de dessus, la brasse papillon pratiquée par les nageurs.
Selon The A-Z Animals, l’animal :
- utilise ses ailes comme des palettes souples,
- battant de manière symétrique pour se propulser vers l’avant,
- tout en s’aidant de ses mains et de ses pieds pour garder la direction.
Ses ailes, composées d’une fine membrane de peau tendue entre les doigts et le corps, se comportent presque comme des nageoires. Elles déplacent une quantité d’eau suffisante pour assurer une progression étonnamment rapide pour un animal non aquatique.
Les chauves-souris peuvent nager grâce à leurs ailes membraneuses, qu’elles utilisent avec un mouvement proche de la brasse papillon.
Cette capacité reste une stratégie de secours, pas une méthode de déplacement régulière. Tout leur corps est optimisé pour le vol, pas pour la nage. La moindre immersion prolongée les expose à la fatigue, au froid, aux prédateurs et au problème du pelage saturé d’eau.
Quand aller à l’eau devient… une stratégie de chasse
L’article rappelle toutefois que toutes les chauves-souris ne fuient pas systématiquement les surfaces aquatiques. Certaines espèces, comme la chauve-souris pêcheuse appelée « greater bulldog bat » en anglais, utilisent justement l’eau comme terrain de chasse.
Cette espèce survole des zones calmes, détecte les mouvements de poissons proches de la surface grâce à l’écholocalisation, puis rase l’eau au ras des vagues pour saisir les proies avec ses grandes pattes arrière. Elle n’a pas vocation à nager longuement, mais son lien avec les milieux aquatiques est plus étroit que celui de la plupart de ses cousines insectivores.
L’écholocalisation, un radar naturel pour éviter la chute
Pour la majorité des espèces, l’objectif reste d’éviter toute immersion. Leur meilleure arme : l’écholocalisation. Les chauves-souris émettent des ultrasons qui se répercutent sur les surfaces. L’eau renvoie ces signaux de manière caractéristique, comme un miroir sonore.
Ce fonctionnement offre deux avantages majeurs :
Les scientifiques savent ainsi que la chute dans l’eau reste un événement accidentel pour la plupart des espèces, rendu rare grâce à ce système de « vision sonore » particulièrement efficace.
Que faire si l’on voit une chauve-souris dans l’eau en France ?
Les scènes comme celle filmée aux États-Unis peuvent aussi se produire en France, où vivent de nombreuses espèces de chauves-souris, insectivores pour la plupart. Il peut arriver qu’un promeneur ou un pêcheur aperçoive un individu en difficulté dans un étang, une piscine ou une rivière calme.
En France, les spécialistes recommandent généralement :
- d’éviter de toucher l’animal à mains nues, pour limiter le stress et le risque de morsure défensive ;
- si la situation l’exige, de le sortir de l’eau à l’aide d’un objet (planche, épuisette) plutôt que de le saisir directement ;
- de le placer à l’abri, sur une surface rugueuse où il peut s’agripper et se sécher ;
- et de contacter un centre de soins pour la faune sauvage ou une association de protection des chauves-souris pour obtenir des consignes adaptées.
Les chauves-souris sont protégées par la loi en France. Leur manipulation reste donc encadrée et doit, autant que possible, être confiée à des structures spécialisées, comme les centres de sauvegarde ou les réseaux de chiroptérologues bénévoles.
Un animal volant, mais loin d’être démuni face à l’eau
La vidéo mise en avant par The A-Z Animals rappelle que ces mammifères nocturnes possèdent des ressources insoupçonnées. Leur corps, optimisé pour le vol, parvient à se reconvertir momentanément en système de nage d’urgence grâce à la souplesse de leurs ailes.
Pour un lecteur français, cette information apporte un éclairage utile sur le comportement de ces animaux souvent mal connus et parfois craints. Savoir qu’une chauve-souris peut tenter de rejoindre la berge à la nage permet de mieux comprendre certaines scènes observées en bord de rivière ou près d’une piscine.
Cette capacité pose aussi une question pratique : une chauve-souris qui nage vers un humain ne manifeste pas nécessairement une agressivité. Elle peut simplement chercher un support solide ou une issue. La meilleure attitude consiste alors à garder ses distances, à limiter le stress de l’animal et à solliciter, si possible, un professionnel ou une association spécialisée.








