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Il s’était fixé un défi fou à 46 ans : 14 ans et 49 paires de baskets plus tard, il a marché l’équivalent du tour de la Terre

Il s'était fixé un défi fou à 46 ans : 14 ans et 49 paires de baskets plus tard, il a marché l'équivalent du tour de la Terre

Aux États-Unis, un chercheur s’est lancé à la quarantaine dans un défi personnel insensé, mené en silence pendant près de quatorze ans.

Aux États-Unis, un universitaire de l’Indiana a passé plus d’une décennie à accumuler les kilomètres, jour après jour, sans médaille ni ligne de départ officielle. Comme le raconte le site américain Good News Network, il vient de boucler un objectif que beaucoup jugeraient irréaliste : parcourir, à pied, l’équivalent du tour de la Terre.

Un objectif fixé à 46 ans : marcher la circonférence de la Terre

L’histoire commence en 2012. À 46 ans, Russell Mumper, vice-président chargé de la recherche à l’université de l’Indiana, se fixe un but très précis : marcher la circonférence de la planète, soit 24 901 miles, environ 40 000 kilomètres. Un chiffre qui correspond à la distance à l’équateur.

Ce n’est pas un pari entre amis, ni un défi sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas non plus d’une expédition autour du globe. L’Américain décide de tout faire à partir de son quotidien : marches près de chez lui, balades avec ses chiens, randonnées, trajets à pied. Chaque pas comptera.

Jour après jour, Russell Mumper a aligné 5 900 marches, soit près de 55 millions de pas, pour totaliser 24 901 miles à pied.

Très au fait des chiffres et de la rigueur scientifique, ce responsable de recherche adopte une méthode précise : tout sera mesuré, consigné, additionné. Il commence à enregistrer chacune de ses sorties en 2012, avec une discipline qu’il va maintenir pendant près de quatorze ans.

Une aventure menée dans l’ombre, sans recherche de gloire

Loin des records officiels et des compétitions, Russell Mumper mène son projet discrètement. Sa fille Shannon insiste sur ce point auprès de Good News Network : son père n’a rien fait pour la notoriété. Il marche avant tout parce qu’il y a pris goût.

Avec le temps, la marche et la randonnée deviennent son refuge face au stress du quotidien et aux responsabilités d’un poste à haute exigence. Selon Shannon, ce défi reflète totalement sa personnalité, marquée par le travail et la constance. « Mon père est l’homme le plus travailleur que je connaisse », confie-t-elle.

Le parcours n’a pas été linéaire sur le plan personnel. Durant ces quatorze années, la famille a déménagé à trois reprises, changeant d’État à chaque fois. Le défi, lui, n’a jamais été abandonné. Où qu’il vive, l’Américain trouve le moyen de remettre ses baskets et de repartir.

Des chiffres vertigineux : 5 900 marches, 49 paires de chaussures

Arrivé au bout de son défi, Russell Mumper fait les comptes. Les données qu’il a accumulées donnent la mesure de son engagement.

  • Distance totale : 24 901 miles (environ 40 000 km)
  • Nombre de marches : 5 900 sorties distinctes
  • Nombre de pas : environ 55 millions
  • Chaussures usées : 49 paires de chaussures de trail
  • Distance moyenne : environ 5 miles par jour, soit un peu plus de 8 km

Il résume d’ailleurs lui-même son aventure dans un message rapporté par Good News Network : « Près de 14 ans plus tard, après avoir enregistré 5 900 marches séparées et effectué environ 55 millions de pas, et usé 49 paires de chaussures de trail (merci New Balance !), j’ai atteint mon objectif. »

En cumulant les dénivelés, ses marches équivalent à 46,5 ascensions et descentes complètes du mont Everest.

Autre donnée frappante : le total des montées et descentes correspondrait, selon ses calculs, à 46,5 ascensions du mont Everest, en montée et en descente. De quoi rappeler que même des sorties quotidiennes, modestes en apparence, finissent par représenter un effort colossal lorsqu’elles s’additionnent sur des années.

Indicateur Valeur annoncée
Durée du défi Presque 14 ans (à partir de 2012)
Nombre de marches 5 900
Nombre total de pas Environ 55 millions
Distance quotidienne moyenne 5 miles (un peu plus de 8 km)
Paires de chaussures usées 49 paires de chaussures de trail
Équivalent dénivelé Mont Everest gravi et descendu 46,5 fois

Une arrivée très simple, dans l’allée de la maison

L’instant où il franchit la fameuse barre des 24 901 miles n’a rien d’un show. Russell Mumper boucle son défi le 25 juin, à 60 ans, devant son propre domicile. Sa fille raconte la scène à Good News Network : « Il n’a rien fait de particulièrement spectaculaire pour terminer. »

Pour marquer tout de même le coup, la famille improvise une petite mise en scène. Sa femme se tient dans l’allée de la maison avec un drapeau à damier, comme sur une ligne d’arrivée. Il avance vers elle avec leurs deux chiens, Lucy et Milly, présentés comme ses « bébés à fourrure ». Il franchit ce « finish » symbolique sous les yeux des siens.

Après quatorze années d’effort, pas de podium ni de chrono officiel, mais un drapeau à damier familial et deux chiens à ses côtés.

Shannon ne cache pas sa fierté : « Nous sommes extrêmement fiers de lui », assure-t-elle. Son père, lui, rappelle qu’il n’avait aucune idée du temps que cela prendrait au départ. L’essentiel, finalement, était de garder le cap sur la durée, quitte à avancer petit à petit.

La marche, un moyen simple de réduire le stress

Si ce défi frappe par ses chiffres, il repose sur une activité accessible à presque tout le monde : marcher. Russell Mumper y a vu l’un des moyens les plus simples et les plus sains pour s’extraire des tensions quotidiennes, qu’elles soient professionnelles ou familiales.

La marche régulière est aujourd’hui largement recommandée par les autorités de santé dans de nombreux pays, France comprise, pour entretenir le cœur, limiter le risque de diabète de type 2 ou encore améliorer la qualité du sommeil. Sans prétendre poser un diagnostic, de nombreux médecins conseillent souvent au moins une activité physique modérée, comme la marche rapide, plusieurs fois par semaine.

Pour un lecteur français, l’exemple de cet universitaire américain montre qu’une pratique modeste mais régulière peut, sur la durée, produire des effets spectaculaires. La clé : la répétition quotidienne, et non la performance exceptionnelle.

Comment fixer un objectif de marche réaliste au quotidien

Le défi de Russell Mumper peut sembler inatteignable, mais sa méthode reste transposable à petite échelle. Plutôt que de viser d’emblée des milliers de kilomètres, il est possible, par exemple :

  • de commencer par une distance fixe par jour (1, 2 ou 3 km) et l’augmenter progressivement ;
  • de choisir un nombre de minutes quotidiennes à pied (20 à 30 minutes pour débuter) ;
  • d’utiliser une application ou un podomètre pour suivre ses pas et visualiser les progrès ;
  • de transformer certains trajets courts en déplacements à pied (école, boulangerie, courses de proximité).

L’histoire de l’Américain rappelle que quelques kilomètres répétés chaque jour finissent par représenter, sur plusieurs années, des distances considérables. Ce principe de « petits pas » s’applique aussi à d’autres habitudes : lecture, apprentissage d’une langue, économies régulières.

Et en France : quelle place pour la marche au quotidien ?

En France, la marche est souvent mise en avant par les services publics de santé comme une activité physique de base. L’assurance maladie, par exemple, encourage les déplacements à pied ou à vélo pour limiter la sédentarité. De nombreuses collectivités aménagent des chemins de randonnée, des circuits urbains balisés ou des « boucles de promenade » accessibles à tous.

Les clubs de randonnée, fédérations sportives et associations locales proposent aussi des sorties encadrées, parfois adaptées aux seniors ou aux personnes reprenant une activité après un problème de santé. Le principe reste le même que dans le cas de Russell Mumper : régularité, écoute de son corps, et adaptation à son propre rythme.

Il existe également en France des groupes de marche liés à des enjeux de santé mentale, inspirés d’initiatives étrangères. L’idée est de créer un cadre convivial pour sortir de l’isolement, en mélangeant activité physique douce et échanges informels. Ces dispositifs ne remplacent pas une prise en charge médicale lorsqu’elle est nécessaire, mais peuvent constituer un complément utile.

Ce que son défi dit de la persévérance au long cours

Le défi de Russell Mumper met en lumière une logique simple : un objectif énorme peut devenir atteignable lorsqu’il est découpé en toutes petites unités répétées dans le temps. En visant environ 5 miles par jour, il a fini par rejoindre, sur près de quatorze années, la barre symbolique des 24 901 miles.

Pour un lecteur français, cette histoire peut donner des idées à adapter à sa propre vie : un tour de France virtuel à pied, la distance Paris–Marseille parcourue en plusieurs mois autour de chez soi, ou encore un objectif d’heures de marche sur l’année. La marche est peu coûteuse, ne demande pas d’équipement sophistiqué en dehors de chaussures adaptées, et peut s’intégrer à des journées déjà chargées.

Reste une vigilance : une activité intensive ou mal adaptée peut provoquer douleurs articulaires ou blessures, surtout en cas de surpoids ou de pathologie préexistante. En cas de doute, les professionnels de santé en France recommandent souvent de commencer en douceur et de demander conseil à un médecin avant d’augmenter nettement la durée ou l’intensité de l’effort.

En additionnant patiemment ses pas, Russell Mumper a démontré qu’un objectif gigantesque pouvait naître d’un geste simple répété des milliers de fois. Une manière concrète de montrer que, parfois, avancer un peu chaque jour suffit à faire, littéralement, le tour de la question.

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