En Espagne, un neurologue met en cause certains aliments du quotidien dans les crises de migraine et appelle à revoir ses habitudes.
Dans une vidéo relayée par l’hôpital privé espagnol Hospital Centro Andalucía, le neurologue Juan Manuel Ceballos détaille comment l’alimentation, associée au sommeil et à l’activité physique, peut influencer l’apparition des migraines. Il met particulièrement en garde contre le vin, le chocolat et le fromage affiné, qu’il conseille de surveiller, voire de réduire, chez les personnes sujettes à ces maux de tête invalidants.
« Ajuster la nutrition » : l’alerte du neurologue espagnol
Installé à Lucena, près de Cordoue, le neurologue Juan Manuel Ceballos rappelle d’abord la nature de la maladie. « La migraine est un type de mal de tête qui limite la qualité de vie des patients », explique-t-il dans la vidéo diffusée par l’Hospital Centro Andalucía.
Il décrit un tableau clinique bien connu des spécialistes : douleur souvent intense et pulsatile, gênée par la lumière (photophobie), intolérance au bruit (sonophobie), nausées, parfois vomissements. Dans de nombreux cas, cette douleur nécessite un traitement pour être supportable.
Pour ce neurologue, la migraine ne doit jamais être banalisée : des crises fréquentes justifient une prise en charge médicale et des ajustements concrets du mode de vie.
Interrogé sur les changements à mettre en place, Juan Manuel Ceballos se montre catégorique : il faut, selon lui, « ajuster la nutrition ». L’alimentation devient un levier majeur pour tenter de réduire la fréquence et l’intensité des crises, en complément des traitements médicamenteux.
Vin, chocolat, fromage affiné : des déclencheurs fréquents
Dans cette perspective, le neurologue cible plusieurs produits bien ancrés dans les habitudes alimentaires en Espagne, comme en France. Il déconseille globalement la consommation d’alcool et insiste sur un responsable récurrent : le vin, en particulier le vin rouge.
Selon lui, le vin rouge contient des substances susceptibles d’augmenter le risque de crise ou d’amplifier la douleur chez certains patients. Les migraineux réguliers sont ainsi invités à limiter, voire à supprimer, ce type de consommation lorsqu’ils constatent un lien temporel entre verre de vin et début de douleur.
Le médecin attire aussi l’attention sur deux autres produits :
Le chocolat : souvent pointé du doigt par les patients, il pourrait, chez certains, précéder les crises. Le lien n’est pas systématique, mais il mérite d’être évalué individuellement.
Le fromage affiné (équivalent du « queso añejo » évoqué par le neurologue) : il fait partie des aliments que Juan Manuel Ceballos conseille de surveiller, en ajustant la quantité ou la fréquence de consommation.
Le spécialiste ne présente pas ces aliments comme des poisons universels, mais comme des facteurs à risque potentiels, à repérer au cas par cas.
Vin rouge, chocolat, fromage affiné : pour certains migraineux, réduire ces aliments peut diminuer le nombre de crises ou leur intensité.
Sommeil et activité physique, deux piliers négligés
Au-delà de l’assiette, le médecin insiste sur deux autres axes majeurs : le sommeil et l’exercice. Il évoque l’activité physique régulière et un sommeil ordonné comme des « piliers » pour limiter les épisodes de migraine.
L’idée n’est pas de pratiquer un sport intensif, mais de garder une pratique régulière, adaptée à ses capacités, et de respecter des horaires de coucher et de lever relativement stables. Les changements brusques de rythme, les nuits écourtées ou, au contraire, très longues, peuvent perturber l’équilibre des migraineux sensibles.
Pour Juan Manuel Ceballos, intégrer ces gestes quotidiens aux ajustements alimentaires offre des chances supplémentaires de réduire l’impact de la migraine sur la vie personnelle et professionnelle.
Des traitements nombreux, mais une démarche individualisée
Le neurologue andalou veut aussi rassurer les patients. « Aujourd’hui, nous avons un grand arsenal thérapeutique », souligne-t-il. Il mentionne des médicaments qui stoppent la crise une fois déclenchée, mais aussi des traitements préventifs pour ceux qui souffrent de formes récurrentes.
Il recommande toutefois d’éviter l’automédication prolongée. Les personnes concernées sont invitées à consulter un spécialiste pour obtenir un diagnostic précis, identifier le type de migraine et bénéficier d’une stratégie de soin personnalisée.
Pour Juan Manuel Ceballos, la migraine doit être évaluée de manière globale : alimentation, sommeil, activité, traitement de crise et prévention forment un ensemble cohérent.
Observer ses propres déclencheurs, une étape clé
Dans la vidéo rapportée par l’Hospital Centro Andalucía, le neurologue insiste sur la grande variabilité des déclencheurs d’un patient à l’autre. Tout le monde ne réagit pas au chocolat, au vin ou au fromage affiné de la même façon.
Il conseille donc de tenir un registre :
Noter la date et l’heure de chaque crise de migraine.
Relever ce qui a été consommé dans les heures ou la journée précédant la douleur.
Indiquer le niveau de stress, la durée de sommeil, un éventuel effort physique inhabituel.
Comparer les épisodes pour repérer d’éventuels schémas récurrents.
Si certains aliments reviennent systématiquement avant la douleur, le patient peut alors les réduire ou les retirer pendant un temps, puis évaluer l’effet avec l’aide de son médecin. L’approche se veut progressive, sans interdictions arbitraires.
Ce que cela change pour un lecteur français
Les recommandations de ce neurologue espagnol rejoignent, pour une large part, l’approche en France. Les neurologues français, qu’ils exercent à l’hôpital ou en cabinet libéral, adoptent eux aussi une stratégie globale : traitement médicamenteux, identification des facteurs déclenchants et mesures d’hygiène de vie.
En France, un patient migraineux se tournera le plus souvent vers :
son médecin généraliste, premier interlocuteur pour poser le diagnostic et initier un traitement de crise ;
un neurologue, en consultation hospitalière ou en ville, en cas de migraines fréquentes ou d’échec des premières prises en charge ;
un centre spécialisé dans certains hôpitaux, lorsque les crises sont très invalidantes.
Les conseils alimentaires s’inscrivent alors dans une démarche très proche de celle décrite par Juan Manuel Ceballos : observation personnelle, suppression ciblée de certains produits (alcool, fromages très affinés, chocolat chez certains, boissons très sucrées ou café en excès), travail sur le rythme de vie et le sommeil.
Aspect
En Espagne (cas présenté)
En France (principe général)
Spécialiste référent
Neurologue de l’Hospital Centro Andalucía
Neurologue hospitalier ou libéral
Aliments à surveiller
Vin, chocolat, fromage affiné
Alcool, fromages affinés, chocolat, autres selon le patient
Mesures associées
Sommeil régulier, activité physique
Hygiène de vie globale, gestion du stress, sommeil
Suivi recommandé
Registre des crises et des repas
Journal de bord, consultations régulières
Pourquoi certains aliments semblent aggraver la migraine
L’article de l’Hospital Centro Andalucía ne détaille pas les mécanismes biologiques, mais plusieurs hypothèses sont aujourd’hui bien connues des spécialistes. Certains fromages affinés, le vin rouge ou certains produits chocolatés contiennent par exemple des substances comme des amines biogènes ou de l’alcool, qui peuvent agir sur les vaisseaux sanguins ou les circuits de la douleur chez les personnes prédisposées.
Ces éléments n’entraînent pas forcément une migraine chez tout le monde. Ils composent plutôt un terrain propice, qui se combine à d’autres facteurs : stress, variations hormonales, manque de sommeil, changements de météo ou écrans prolongés. L’ensemble finit parfois par déclencher la fameuse crise.
Un mot sur la photophobie et la sonophobie
Le neurologue espagnol rappelle aussi deux symptômes souvent mal compris : la photophobie et la sonophobie. La première désigne une sensibilité anormale à la lumière. Une pièce trop éclairée ou un écran lumineux devient insupportable. La seconde correspond à une hypersensibilité au bruit : conversations, télévision, sons du quotidien peuvent majorer la douleur.
Ces manifestations expliquent pourquoi beaucoup de migraineux cherchent le silence et l’obscurité au moment des crises. Comprendre ces termes aide à mieux décrire ses symptômes au médecin et à se faire entendre par l’entourage, qui minimise parfois l’impact de la maladie.
Les informations partagées par Juan Manuel Ceballos dans cette vidéo espagnole rejoignent donc une préoccupation très concrète pour les patients : comment réduire, au jour le jour, la place de la migraine dans leur vie. Surveiller le vin, le chocolat et le fromage affiné, structurer ses nuits et bouger davantage peuvent représenter, pour certains, un premier pas utile avant ou en parallèle d’un suivi spécialisé.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Le vin rouge provoque-t-il systématiquement la migraine chez tous les patients?
Non, selon le neurologue, les déclencheurs varient beaucoup d'une personne à l'autre. Seuls ceux qui constatent un lien temporel entre la consommation de vin et l'apparition de la douleur sont invités à réduire ou supprimer cette consommation.
Dois-je supprimer définitivement le chocolat et le fromage affiné?
Le neurologue ne présente pas ces aliments comme des poisons universels, mais comme des facteurs à risque potentiels à évaluer individuellement. Une réduction progressive, suivie d'une évaluation avec votre médecin, est préconisée plutôt qu'une suppression arbitraire.
L'activité physique intense peut-elle aider à réduire les migraines?
Non, l'important n'est pas l'intensité mais la régularité. Le neurologue recommande une pratique régulière adaptée à ses capacités, avec des horaires de coucher et lever stables, plutôt qu'un sport intensif.
Existe-t-il d'autres traitements que les ajustements alimentaires?
Oui, le neurologue souligne qu'il existe « un grand arsenal thérapeutique » comprenant des médicaments pour stopper les crises et des traitements préventifs pour les formes récurrentes, à prescrire par un spécialiste.
Comment savoir si un aliment est vraiment mon déclencheur de migraine?
En tenant un registre précis sur plusieurs semaines: notez la date, l'heure et le contenu de vos repas avant chaque crise, ainsi que votre sommeil et stress. En comparant les épisodes, vous repérerez des schémas récurrents à valider avec votre médecin.