Aux États-Unis, un propriétaire de Kia EV6 a laissé son SUV électrique dans un garage glacé pendant près d’un mois, batterie débranchée.
Le site spécialisé américain InsideEVs raconte l’expérience menée par l’un de ses collaborateurs, basé dans le nord de l’État de New York. Objectif : mesurer la perte d’autonomie réelle d’une Kia EV6 restée 28 jours sans être branchée, dans un garage non chauffé, en plein hiver. Une situation qui parle aussi aux conducteurs français d’électriques, souvent inquiets à l’idée de laisser leur voiture au froid pendant les vacances.
Un mois loin de sa Kia EV6 en plein hiver new-yorkais
Le test se déroule dans le nord de l’État de New York, une région connue pour ses hivers rudes. L’auteur explique que les températures ont pris des allures de plein hiver dès Thanksgiving, avec des maximales souvent limitées à quelques degrés au-dessus de zéro.
Avec sa famille, il prévoit de passer près d’un mois au Texas, son État d’origine, avant d’enchaîner avec un déplacement à Las Vegas pour couvrir le salon technologique CES 2025. L’occasion rêvée, selon InsideEVs, de transformer ce départ en petit « crash test » pour leur Kia EV6 Dual Motor AWD Wind, un modèle à transmission intégrale officiellement donné pour 282 miles d’autonomie par l’agence environnementale américaine (EPA).
Avant de partir, le propriétaire charge son EV6 à 80 %, comme il le fait habituellement pour préserver la santé de la batterie haute tension, sauf longs trajets. L’ordinateur de bord indique alors 183 miles d’autonomie estimée, soit près de 295 kilomètres.
La voiture est ensuite laissée :
- dans un garage séparé de la maison, non chauffé ;
- sans être branchée à la borne domestique de type « Level 2 » ;
- sans consultation à distance via l’application Kia, afin de ne pas réveiller régulièrement l’électronique et la petite batterie 12 V.
Sur la période, les températures extérieures varient d’environ -11 °C à 12 °C, avec une moyenne dans les alentours de 0 à 5 °C, un contexte réputé peu favorable aux batteries lithium‑ion.
À la rentrée : presque la même autonomie qu’au départ
Après 28 jours sans recharge, la Kia EV6 affiche encore environ 78 % de batterie et jusqu’à 183 miles d’autonomie estimée, soit quasiment aucune perte mesurable.
Au retour, le propriétaire s’attend à constater une baisse sensible d’autonomie, une crainte fréquente chez ceux qui hésitent à passer à l’électrique. Il découvre pourtant une situation bien différente.
À l’ouverture de la voiture, l’ordinateur de bord indique :
- 78 % de charge restante ;
- 180 miles d’autonomie estimée, soit environ 290 kilomètres.
Autrement dit, seulement deux points de batterie perdus sur 28 jours, et une estimation de distance quasiment inchangée. Mieux : en revenant quelques minutes plus tard pour prendre une photo, la voiture affiche de nouveau 183 miles de portée théorique, au même niveau qu’au départ.
InsideEVs en tire une conclusion nette : la perte d’autonomie réelle est quasi nulle. L’auteur estime que la voiture a pu perdre environ 2 % de batterie, tout au plus, ce qui reste indétectable dans le calcul d’autonomie, très dépendant de la température et des conditions d’utilisation précédentes.
Une réponse à une peur fréquente des futurs acheteurs
Le média américain rappelle qu’une inquiétude récurrente chez les non‑initiés concerne le risque de retrouver une voiture électrique totalement déchargée après un long stationnement, par exemple sur un parking d’aéroport. Cette « angoisse de la panne à froid » est renforcée par la mauvaise réputation des batteries en hiver.
L’expérience montre qu’au moins sur cette Kia EV6, dans ces conditions précises, la voiture supporte très bien plusieurs semaines d’immobilisation au froid, sans recharge. L’électronique limite manifestement la consommation d’énergie à l’arrêt, et la petite batterie 12 volts – indispensable pour réveiller le véhicule – ne s’est pas vidée non plus.
Ce que recommande le constructeur pour un stationnement longue durée
InsideEVs rappelle toutefois que chaque modèle a ses propres instructions de stockage, détaillées dans le manuel d’utilisation, et que celles‑ci restent la référence pour un stationnement vraiment long.
Le manuel de la Kia EV6 conseille, en cas de non‑utilisation prolongée, de recharger la batterie haute tension tous les trois mois pour éviter une décharge excessive.
Pour la Kia EV6 testée, le guide d’utilisation prévoit notamment :
- une recharge de la batterie haute tension au moins tous les trois mois si le véhicule reste immobilisé ;
- en cas de niveau de charge bas, une recharge sans délai et une visite en atelier si nécessaire.
L’auteur précise que, s’il devait laisser sa voiture trois mois sans rouler, il choisirait probablement de la laisser branchée dans son garage, tout en surveillant ponctuellement le niveau de charge via l’application Kia et en programmant les recharges en conséquence.
Des pratiques différentes selon les marques
Le média cite également les recommandations relayées par Recurrent, une start‑up américaine spécialisée dans l’analyse de la santé des batteries :
- pour les modèles Hyundai proches techniquement de la Kia EV6, Recurrent conseille en général de les laisser branchés pendant un stockage prolongé ;
- Ford, pour sa part, recommande pour la Mustang Mach‑E un stockage non branché, autour de 50 % de charge, avec déconnexion de la batterie 12 V si le véhicule reste immobilisé plus de 30 jours ;
- Tesla préconise de laisser la voiture branchée lors d’un stationnement long, en limitant au maximum les consultations par l’application et en désactivant des fonctions gourmandes comme la surveillance vidéo « Sentry Mode ».
Ces différences montrent que la gestion de la batterie à l’arrêt dépend beaucoup de la marque et du modèle. Les systèmes de surveillance à distance, de préchauffage ou de sécurité influencent la consommation d’énergie à l’arrêt, d’où l’importance de suivre précisément les consignes du constructeur.
Et pour un conducteur d’électrique en France ?
En France, la problématique est similaire, notamment pour les automobilistes qui laissent leur voiture sur un parking extérieur, dans un box ou sur le parking d’un aéroport pendant les vacances d’hiver.
Les constructeurs présents sur le marché français – Renault, Peugeot, Hyundai, Kia, Tesla, Volkswagen, Mercedes, entre autres – adoptent des philosophies proches : il est généralement conseillé d’éviter de laisser une batterie haute tension stockée longtemps à 100 % ou totalement vide. Beaucoup recommandent un niveau intermédiaire, et souvent le fait de laisser le véhicule branché, avec une limite de charge fixée dans les menus.
Les modèles récents vendus en France intègrent, pour la plupart :
- un système de gestion de la batterie qui réduit les pertes à l’arrêt ;
- la possibilité de programmer une limite de recharge (par exemple entre 70 % et 80 %) pour un usage quotidien ;
- des applications smartphone permettant de vérifier ponctuellement le niveau de batterie, sans multiplier inutilement les connexions.
Les conditions hivernales françaises, même dans l’Est ou en montagne, restent souvent moins extrêmes que dans le nord de l’État de New York. L’expérience rapportée par InsideEVs laisse donc penser qu’un véhicule électrique moderne, bien géré, peut très bien supporter quelques semaines d’immobilisation chez un conducteur français, à condition de respecter les recommandations officielles.
Pourquoi le froid inquiète autant les propriétaires de véhicules électriques
Le froid agit sur une batterie lithium‑ion à deux niveaux :
Dans le cas présent, la voiture ne roulait pas, donc seule la gestion électronique « de fond » entrait en jeu : surveillance des systèmes, éventuelle mise en veille de certains calculateurs, veille de la connexion à distance. La faible perte de charge observée montre que la Kia EV6 limite efficacement ces consommations à l’arrêt.
La dégradation à long terme de la batterie, elle, dépend surtout de deux facteurs : le temps et la température moyenne d’utilisation. Des températures très élevées peuvent être plus problématiques sur la durée qu’un froid modéré, même si, au quotidien, les conducteurs ressentent davantage les effets négatifs de l’hiver sur l’autonomie.
Conseils pratiques pour laisser son électrique au repos
Une voiture électrique moderne peut rester plusieurs semaines immobile au froid, à condition de respecter quelques règles de base propres à chaque modèle.
L’expérience d’InsideEVs et les recommandations des constructeurs permettent de dégager quelques grands principes utiles, y compris pour un propriétaire français :
- vérifier les consignes du manuel d’utilisation avant un stationnement de plusieurs semaines ;
- éviter de laisser la batterie haute tension proche de 0 % ou bloquée à 100 % pendant longtemps ;
- envisager un niveau de charge intermédiaire, souvent autour de la plage dite « confortable » indiquée par la marque ;
- si le constructeur le conseille, laisser le véhicule branché, avec une limite de charge paramétrée ;
- réduire ou désactiver les fonctions qui sollicitent la batterie à l’arrêt (surveillance vidéo, climatisation programmée trop fréquente, réveils répétés via l’application).
L’auteur d’InsideEVs rappelle aussi que les voitures thermiques ne sont pas épargnées par les longues périodes d’immobilisation : batterie 12 V à plat, carburant qui vieillit, fluides qui se dégradent. À ses yeux, sa Kia EV6 a finalement mieux encaissé ce mois de repos hivernal que certaines de ses anciennes voitures essence.
Autonomie à l’arrêt : un sujet à relativiser
Pour un lecteur français, l’enseignement principal reste que la peur de retrouver une voiture électrique « morte » après trois ou quatre semaines de vacances est souvent exagérée, du moins avec les modèles récents. L’exemple de cette Kia EV6 garée dans un garage froid new‑yorkais montre que la perte de charge à l’arrêt peut rester très faible, même dans des conditions loin d’être idéales.
La question majeure devient alors moins celle de la survie de la batterie que celle de la préparation : niveau de charge adapté, respect des consignes du constructeur, et usage raisonné des services connectés. Un propriétaire qui anticipe ces points a toutes les chances de retrouver son véhicule prêt à repartir, même après un long repos sous les températures hivernales françaises ou nord‑américaines.









