À force d’utiliser sèche-cheveux et lisseurs, une lésion discrète mais définitive peut s’installer au cœur du cheveu, surtout en été.
Le site italien de santé Ok Salute met en garde contre le « bubble hair », un dommage thermique profond de la fibre capillaire, observé par les dermatologues en Italie. Ce phénomène reste largement méconnu du grand public alors qu’il est lié à des gestes quotidiens très courants, comme le brushing, le lissage ou l’usage intensif d’outils chauffants.
Un cheveu plein de bulles : qu’est-ce que le « bubble hair » ?
Le cheveu n’est pas un simple filament uniforme. Les spécialistes rappellent qu’il est constitué de trois couches principales : la cuticule (la couche externe protectrice), la cortex (la partie qui donne sa force au cheveu) et le médulla (le cœur du cheveu, parfois absent des cheveux fins). Le tout est principalement composé de kératine, une protéine tenue par des liaisons chimiques très robustes, les ponts disulfure.
Quand la fibre est exposée à une chaleur trop forte, ces ponts se rompent. Dans les cas sévères, Ok Salute rapporte l’apparition de véritables bulles d’air à l’intérieur du cheveu. C’est ce phénomène que les spécialistes appellent « bubble hair ».
Le bubble hair correspond à la formation de bulles d’air dans le cœur du cheveu, signe d’un stress thermique extrême et irréversible.
La cosmétologue Benedetta Basso, de l’Association italienne de dermatologie et de cosmétologie (AIDECO), explique qu’il s’agit d’« une condition irréversible qui indique un dommage profond de la cortex ». Selon elle, un cheveu touché a été tellement surchauffé qu’il ne peut plus retrouver ses propriétés initiales de souplesse et de résistance.
À partir de quelle température le cheveu commence-t-il à brûler ?
D’après les informations relayées par Ok Salute, la fibre capillaire commence à se déstabiliser dès 140 °C. Le seuil des 180 °C représente une zone à risque élevé, où les altérations deviennent souvent permanentes.
Au-delà de 180 °C, la structure interne de la kératine peut être modifiée de façon définitive, bien avant que le cheveu ne paraisse « brûlé » à l’œil nu.
Les sèche-cheveux, lisseurs et fers à boucler atteignent fréquemment, voire dépassent, ces températures, surtout lorsqu’ils sont utilisés au maximum de leur puissance. Le danger n’est donc pas réservé à quelques appareils professionnels : une routine quotidienne trop chaude et trop longue suffit à fragiliser la fibre.
Comment repérer un dommage thermique sur ses cheveux
Les premiers signes ne sont pas toujours spectaculaires. Ok Salute décrit plusieurs symptômes typiques d’un cheveu trop chauffé :
aspect terne, perte progressive de brillance ;
diminution de l’élasticité, cheveux qui « cassent » au lieu de se plier ;
multiplication des fourches ;
fibre qui se casse facilement au brossage ou au coiffage ;
dans les cas avancés, présence de petits renflements visibles le long du cheveu, correspondant au bubble hair.
Ces renflements traduisent une véritable déformation interne : la vapeur d’eau, coincée dans un cheveu trop chaud, forme des bulles qui distendent le fût et fragilisent définitivement la structure.
Pourquoi l’été aggrave le risque de bubble hair
Les experts italiens cités par Ok Salute pointent un effet cumulatif : soleil, mer, piscine et vent affaiblissent les cheveux, qui deviennent beaucoup plus vulnérables à la chaleur du sèche-cheveux ou du lisseur.
Rayons UV : ils dégradent la mélanine et fragilisent les liaisons de la kératine. Le cheveu devient plus poreux et se dessèche.
Eau salée : le sel aspire l’eau contenue dans la fibre, assèche la cuticule et favorise les cassures.
Chlore des piscines : il attaque la couche externe protectrice et élimine une partie des lipides naturels du cheveu.
Vent et sable : ils augmentent les frottements mécaniques sur une fibre déjà fragilisée.
Chaleur, sueur et humidité : ils incitent à lisser, sécher ou recoiffer plus souvent, multipliant les expositions au chaud.
Un cheveu déjà fragilisé par le soleil et la mer réagit beaucoup plus mal à la même température de lisseur qu’un cheveu en bon état.
À la fin de l’été, un simple brushing trop chaud peut ainsi suffire à déclencher ou accentuer des lésions profondes qui, elles, ne se voient pas immédiatement.
Shampooings et soins : jusqu’où peuvent-ils protéger ?
Ok Salute rappelle qu’aucun shampooing ne peut, à lui seul, empêcher la formation du bubble hair ni « recoller » un cheveu déjà abîmé en profondeur. En revanche, une routine de lavage douce contribue à maintenir la fibre dans un état plus résistant.
Les spécialistes italiens recommandent des formules destinées aux cheveux secs ou abîmés, avec des ingrédients hydratants et conditionneurs, comme :
glycérine ;
panthénol (provitamine B5) ;
céramides ;
protéines hydrolysées ;
acides aminés.
L’idée est de limiter les détergents agressifs si vous utilisez régulièrement sèche-cheveux et lisseur. Une fibre bien hydratée, entourée d’agents gainants, encaisse mieux les agressions thermiques répétées, même si cela ne suffit pas à annuler le risque.
Pourquoi le thermoprotecteur devient indispensable
Pour Benedetta Basso, les produits thermoprotecteurs constituent « une vraie stratégie de prévention du dommage », et non un simple plus cosmétique. Leur action est double :
Les thermoprotecteurs forment un film qui répartit mieux la chaleur et aide la fibre à conserver son eau, limitant les pics de température internes responsables des bulles d’air.
Ils créent un film à la surface du cheveu qui ralentit la montée en température et la rend plus homogène.
Ils contribuent à maintenir l’hydratation et à renforcer mécaniquement le fût, grâce aux protéines et acides aminés.
Ok Salute cite notamment :
les protéines et acides aminés, capables de cibler les zones abîmées ;
les polymères filmogènes, qui aident à dissiper la chaleur ;
les silicones, qui lissent la cuticule et limitent la perte de kératine.
En été, les experts italiens conseillent des formules combinant protection thermique et filtres UV, particulièrement si les cheveux restent longtemps au soleil.
Les bons réflexes pour limiter les dégâts au quotidien
Selon les conseils compilés par Ok Salute, quelques changements d’habitudes suffisent parfois à réduire nettement le risque de bubble hair :
appliquer un thermoprotecteur sur cheveux humides avant le séchage, puis sur cheveux secs avant le lisseur ou le fer ;
rincer les cheveux à l’eau douce après la mer ou la piscine pour éliminer sel et chlore ;
porter un chapeau ou utiliser un spray capillaire avec filtre UV en cas d’exposition prolongée au soleil ;
baisser la température des appareils autant que possible et réduire la durée d’exposition ;
intégrer régulièrement des masques hydratants et restructurants, riches en protéines et acides aminés.
Ces mesures n’annulent pas le risque, mais elles peuvent retarder l’apparition des dommages profonds et limiter la casse, surtout sur cheveux colorés, décolorés ou naturellement fragiles.
Que fait-on d’un cheveu déjà atteint de bubble hair ?
Lorsque les renflements sont visibles le long du cheveu, la situation est déjà avancée. Ok Salute indique que des signes persistants de fragilité, des cheveux qui se rompent au moindre frottement ou ces fameuses bulles visibles justifient une consultation chez un dermatologue ou un spécialiste du cuir chevelu (tricologue).
Une fois les ponts disulfure rompus et la structure déformée, aucun soin cosmétique ne peut ramener le cheveu à son état initial : la partie atteinte doit être coupée.
D’après les dermatologues italiens cités par le média, la seule solution réellement efficace reste donc le ciseau. En revanche, une bonne routine de prévention évite que le dommage ne progresse sur le reste de la chevelure.
Le cas des cheveux en France : mêmes gestes, mêmes risques
Les mécanismes décrits en Italie valent aussi pour des cheveux exposés aux habitudes courantes en France. L’usage régulier du sèche-cheveux, du lisseur ou du fer à boucler, combiné à des vacances au soleil, crée des conditions comparables.
Les dermatologues français alertent eux aussi sur les dommages thermiques liés aux appareils coiffants. Les principes de protection restent identiques :
privilégier un séchage à température modérée, à distance raisonnable du cuir chevelu ;
éviter le lissage quotidien à très haute température ;
associer systématiquement un soin thermoprotecteur ;
adapter la fréquence de brushing à la nature des cheveux (fins ou déjà décolorés étant plus fragiles).
En France, les dermatologues et les coiffeurs spécialisés dans la santé du cheveu jouent un rôle comparable aux tricologues italiens. Ils peuvent proposer un diagnostic précis de la fibre et du cuir chevelu, repérer les lésions thermiques et conseiller des routines adaptées.
Un phénomène discret, mais à ne pas négliger
Le bubble hair illustre un point souvent sous-estimé : un cheveu peut être gravement atteint sans forcément paraître « brûlé » au premier regard. La déformation interne liée aux bulles d’air résulte d’un excès de chaleur, parfois répété pendant des années, sans douleur ni alerte immédiate.
Pour limiter ce risque, la combinaison de plusieurs leviers reste la plus efficace : appareils réglés sur des températures raisonnables, temps d’exposition réduit, thermoprotecteur appliqué systématiquement, soins hydratants et protecteurs, et coup de ciseaux rapide en cas de zones déjà atteintes. Un suivi dermatologique ou en salon spécialisé peut compléter cette approche pour celles et ceux qui ont beaucoup recours au coiffage à chaud.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Comment reconnaître le bubble hair sur ses cheveux ?
Les signes incluent un aspect terne, une perte de brillance, une diminution de l'élasticité, la multiplication des fourches et une casse facile. Dans les cas avancés, des petits renflements visibles le long du cheveu correspondent au bubble hair.
Le bubble hair peut-il être réparé par un shampooing ou un soin ?
Non, aucun shampooing ne peut empêcher la formation du bubble hair ni « recoller » un cheveu déjà abîmé en profondeur, car le dommage est irréversible. Les soins peuvent seulement maintenir la fibre dans un état plus résistant pour prévenir d'autres dégâts.
À quelle température utiliser son sèche-cheveux pour éviter le bubble hair ?
La fibre capillaire commence à se déstabiliser à 140 °C et subit des altérations permanentes au-delà de 180 °C. Il est recommandé de baisser la température des appareils autant que possible et de réduire la durée d'exposition.
Pourquoi le thermoprotecteur est-il vraiment indispensable ?
Le thermoprotecteur forme un film qui répartit mieux la chaleur, aide la fibre à conserver son eau et limite les pics de température internes responsables des bulles d'air. Il ralentit la montée en température et la rend plus homogène sur toute la fibre.
Pourquoi l'été augmente-t-il le risque de bubble hair ?
L'été combine plusieurs agressions : les rayons UV dégradent la kératine, l'eau salée dessèche les cheveux, le chlore attaque la cuticule, et ces cheveux fragilisés réagissent beaucoup plus mal à la chaleur des appareils coiffants.