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Des étudiants italiens construisent un avion en papier de 20 mètres d’envergure : il entre dans le livre des records

Avion en papier géant de 20 mètres d'envergure lancé depuis une plateforme surélevée au-dessus d'une foule dans un hall d'exposition

Dans un hall d’exposition de Bologne, en Italie, un groupe d’étudiants en ingénierie a transformé un simple avion en papier en véritable exploit aéronautique.

À Bologne, au nord de l’Italie, des étudiants de l’université de Pise ont réussi un pari insensé : faire voler un avion en papier géant, baptisé Icarus, au point d’obtenir l’homologation du Guinness World Records, rapporte le site scientifique américain qui relate l’initiative à partir des informations fournies par l’université et par l’organisme chargé des records.

Un avion en papier… de 20 mètres d’envergure

Tout est parti d’un geste que tout le monde connaît : plier une feuille en avion entre deux cours. Selon le récit de l’université de Pise, le groupe d’étudiants s’est peu à peu demandé jusqu’où il pouvait pousser ce passe-temps, en appliquant de vraies méthodes d’ingénierie aéronautique à un simple morceau de papier.

Icarus, construit uniquement en papier et colle, mesure 7 mètres de long, 20,04 mètres d’envergure et pèse 28,49 kilos.

L’appareil a été testé le 25 juin dans un hall d’exposition de Bologne, lors du salon technologique We Make Future. Lancé depuis une plateforme surélevée, l’avion a parcouru environ 50 mètres (194 pieds) en vol plané, une distance largement suffisante pour satisfaire les critères du Guinness World Records pour le « plus grand avion en papier ayant volé ».

Le nom de l’appareil, Icarus, renvoie au personnage de la mythologie grecque qui s’est brûlé les ailes pour s’être trop approché du soleil. Ici, la référence est assumée mais l’issue a été plus heureuse : le géant de papier a bel et bien volé, sous les yeux d’un public massé dans le hall d’exposition.

D’un pliage de couloir à un projet d’ingénieurs

Dans une déclaration transmise au Guinness World Records, le groupe d’étudiants résume l’état d’esprit de départ : « Tout a commencé avec quelques avions en papier entre deux cours. Nous étions des étudiants convaincus qu’avec la bonne approche, même une feuille pouvait devenir de la véritable ingénierie. »

À l’échelle d’une feuille A4, l’exercice est simple : quelques plis, un lancer énergique, et l’avion trouve sa trajectoire… ou pique du nez. À 20 mètres d’envergure, la physique change complètement d’échelle. Le papier se plie sous son propre poids, l’humidité fragilise la structure, le moindre déséquilibre peut faire cabrer l’appareil ou le faire partir en tonneau avant qu’il ne produise suffisamment de portance.

Pour réussir, l’équipe a dû traiter Icarus non comme un bricolage de salle de classe, mais comme un véritable planeur.

Les contraintes sont multiples :

  • un rapport poids/rigidité suffisamment favorable pour que les ailes ne vrillent pas ;
  • une structure interne capable de tenir sans métal ni matériaux composites ;
  • une répartition des masses précise pour éviter le décrochage ou la mise en roulis ;
  • une peau extérieure assez légère pour ne pas pénaliser le vol, mais assez rigide pour ne pas se déformer.

C’est ce changement d’échelle qui a donné au projet sa dimension d’exercice grandeur nature pour futurs ingénieurs aéronautiques.

Une structure interne digne d’un véritable avion

Pour rendre le géant de papier pilotable… au sens du vol plané, l’équipe a complètement repensé l’intérieur de l’appareil. Les étudiants ont intégré des longerons et des nervures, ces pièces que l’on retrouve dans les ailes des avions de ligne ou des planeurs grandeur nature.

Icarus disposait ainsi :

  • d’un bord d’attaque renforcé, chargé de « couper » l’air ;
  • d’un bord de fuite affiné, pour favoriser la portance ;
  • d’un empennage arrière, agissant comme une queue de planeur pour stabiliser la trajectoire.

Pour gagner en rigidité sans exploser le poids, l’équipe a assemblé des feuilles en structures alvéolaires, à la manière d’un nid d’abeilles. Cette architecture, couramment utilisée en aéronautique et en construction, augmente considérablement la rigidité pour une masse minime.

Au total, environ 300 kilos de papier et 60 kilos de colle ont été consommés durant le développement, pour une masse finale d’à peine 28,49 kilos.

Les zones les plus sollicitées recevaient un papier plus épais. Le reste de la surface était recouvert de feuilles plus fines, formant une sorte de « peau » aéronautique 100 % papier.

Un YouTubeur scientifique italien dans la boucle

Le projet a aussi bénéficié du soutien d’un vulgarisateur scientifique italien bien connu en ligne, Jacopo D’Alesio, alias Jakidale. Il a contribué à l’organisation et à la documentation de l’aventure pour son audience.

« Quand j’ai rencontré les gars de Pise, je suis tombé amoureux d’une idée en apparence folle : utiliser du papier, de la colle et la même logique que pour concevoir l’aile d’un avion de ligne afin de construire quelque chose qui n’avait jamais existé auparavant », explique-t-il dans une déclaration rapportée à partir de la vidéo et des informations communiquées au Guinness World Records.

Avant d’oser construire Icarus en taille réelle, l’équipe s’est appuyée sur des simulations numériques, en particulier avec le logiciel MATLAB, pour anticiper le comportement d’un tel engin. Les étudiants ont ensuite enchaîné les prototypes :

  • Prometheus, premier modèle, a servi à définir les renforts internes nécessaires.
  • Daedalus, un prototype de 8 mètres, a validé l’idée qu’une structure uniquement en papier et colle pouvait tenir à cette échelle.
  • Un modèle plus petit, de 4 mètres, a montré que la configuration choisie pouvait vraiment planer.
  • « Des mois d’étude, de simulations, d’erreurs et de recommencements, et au final, ce gigantesque morceau de papier a pris un record aux Allemands qui tenait depuis 2013 », a indiqué le groupe aux équipes du Guinness World Records.

    Des contraintes strictes pour le Guinness World Records

    Construire le plus large avion en papier ne suffisait pas pour décrocher le record officiel. Le Guinness World Records imposait un cahier des charges très précis :

    • l’avion devait décoller depuis une plateforme située à maximum 3 mètres de hauteur ;
    • il devait parcourir au moins 15 mètres en vol plané ;
    • le lancer devait être réalisé par une seule personne.

    À Bologne, un membre de l’équipe a couru sur un échafaudage avant de projeter Icarus dans le vide, sous les yeux des visiteurs du salon We Make Future.

    L’avion a alors survolé la foule, planant sur près de 50 mètres, soit presque quatre fois la distance minimale exigée. L’homologateur présent sur place, Lorenzo Veltri, a salué la performance : « Voir Icarus parcourir toute la longueur de ce hangar était vraiment émouvant. Ces gars ont mérité leur place dans le livre des records », a-t-il déclaré, cité par le Guinness World Records.

    L’engin bat ainsi l’ancien record d’envergure, qui datait de 2013. Celui-ci était détenu par des étudiants de l’Institut de technologie de Brunswick, en Allemagne, avec un avion en papier de 18,21 mètres d’envergure.

    Que représente un tel avion en papier ?

    Pour mesurer l’ampleur du projet, les organisateurs rappellent que l’envergure d’Icarus dépasse la largeur de la cabine d’un Boeing 737. Un simple avion en papier issu d’une feuille A4 affiche environ 20 à 30 centimètres d’envergure ; Icarus en mesure plus de 20 mètres.

    Objet Ordre de grandeur de l’envergure
    Avion en papier « classique » 0,25 m
    Voiture citadine 1,8 m de largeur
    Cabine d’un Boeing 737 environ 3,5 à 4 m de largeur intérieure
    Icarus (avion en papier géant) 20,04 m d’envergure

    Pour des étudiants en ingénierie, un tel projet sert autant de vitrine que de laboratoire. Il mobilise la mécanique des structures, l’aérodynamique, la modélisation numérique, la logistique et la gestion de projet, tout en restant fondé sur un matériau déroutant pour ce type d’application : le papier.

    Ce que cela évoque pour des projets étudiants en France

    En France, les écoles d’ingénieurs et universités mènent régulièrement des projets pédagogiques d’ampleur autour de l’aéronautique ou de la robotique : mini-fusées encadrées par le Centre national d’études spatiales (CNES), concours de drones, challenges de voitures solaires ou encore compétitions étudiantes de planeurs radiocommandés.

    Le projet Icarus s’inscrit dans la même logique que ces « grands projets » étudiants français : un prétexte ludique pour mettre en pratique des méthodes d’ingénierie avancées.

    Dans l’Hexagone, un projet similaire pourrait être encadré par un laboratoire universitaire ou une association étudiante, comme c’est souvent le cas pour les clubs d’aéromodélisme ou de fusées. Les questions de sécurité seraient centrales : structure stable, zones de vol dégagées, validation par les organisateurs du site d’accueil.

    Pour un lecteur français, l’exemple italien montre ce que peut apporter un défi un peu décalé techniquement :

    • motiver des étudiants autour d’un objectif concret et visuel ;
    • favoriser la collaboration entre profils variés (simulation, conception, fabrication, communication) ;
    • offrir un support de communication pour l’université et les filières scientifiques ;
    • donner envie à des lycéens ou collégiens de se tourner vers les études d’ingénierie.

    Un intérêt pédagogique bien réel derrière l’exploit

    Derrière l’image spectaculaire d’un avion en papier géant, le projet Icarus illustre plusieurs principes clés de l’aéronautique. La portance, d’abord : la force qui permet à un objet plus lourd que l’air de se maintenir en vol grâce à la forme de ses ailes et à sa vitesse. La rigidité des structures, ensuite : une aile qui se déforme trop change de profil en cours de vol et perd ses qualités de planeur.

    Les étudiants italiens ont aussi dû composer avec la sensibilité du papier aux conditions extérieures. L’humidité peut ramollir les fibres, alourdir la structure et modifier la géométrie des ailes. La température et les courants d’air dans le hall d’exposition jouent également sur la trajectoire. Autant de paramètres qui, à petite échelle, passent souvent inaperçus lors d’un lancer d’avion en papier sur un bureau.

    Pour des enseignants comme pour des diffuseurs de culture scientifique, un tel record fournit un excellent support : on peut y aborder la notion d’échelle, l’utilisation d’outils de simulation comme MATLAB ou encore l’approche par essais-erreurs, indispensable dans la recherche et le développement industriel.

    Enfin, l’histoire d’Icarus rappelle que l’innovation ne naît pas toujours de technologies complexes. Un matériau banal, comme une simple feuille de papier, devient un terrain de jeu scientifique dès lors que l’on lui applique des méthodes rigoureuses. C’est ce pari qu’ont tenu, et gagné, ces étudiants italiens, sous le regard du Guinness World Records.

    Questions fréquentes

    Combien de temps a pris la construction d'Icarus ?

    L'article ne précise pas la durée totale de construction, mais mentionne que le projet a mobilisé des mois d'étude, de simulations, d'erreurs et de recommencements avant le vol final du 25 juin.

    Pourquoi Icarus n'a-t-il pas besoin de moteur ?

    Icarus est conçu comme un planeur, pas un avion motorisé. Il a été lancé depuis une plateforme surélevée à 3 mètres de hauteur et a plané sur 50 mètres en utilisant uniquement la gravité et l'aérodynamique de sa structure.

    Quel ancien record Icarus a-t-il battu ?

    Icarus a dépassé le record détenu depuis 2013 par des étudiants de l'Institut de technologie de Brunswick en Allemagne, dont l'avion en papier mesurait 18,21 mètres d'envergure.

    Quel rôle a joué le YouTubeur Jakidale dans ce projet ?

    Jacopo D'Alesio, alias Jakidale, est un vulgarisateur scientifique italien qui a contribué à l'organisation et à la documentation de l'aventure pour son audience en ligne.

    Combien de papier et de colle ont été utilisés en total ?

    Environ 300 kilos de papier et 60 kilos de colle ont été consommés durant le développement complet du projet, aboutissant à un avion final pesant seulement 28,49 kilos.
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