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Ce pigeon de Nouvelle-Zélande se gave de fruits fermentés : il finit ivre et tombe des arbres

Ce pigeon de Nouvelle-Zélande se gave de fruits fermentés : il finit ivre et tombe des arbres

Dans les forêts de Nouvelle-Zélande, un gros pigeon au plumage irisé se rend parfois groggy après avoir trop picoré des fruits bien mûrs.

Le kererū, aussi appelé pigeon de Nouvelle-Zélande, est devenu une petite célébrité locale, non seulement pour avoir été élu « oiseau de l’année » en 2018, mais aussi pour ses étonnants excès alimentaires. Comme le rapporte un média anglophone spécialisé dans la nature, ce grand pigeon frugivore peut finir désorienté, voire au sol, après avoir ingéré des fruits fermentés qui produisent de l’alcool dans son organisme.

Un pigeon « bourré » aux fruits fermentés

Le kererū est un oiseau massif, reconnaissable à son ventre blanc et à ses reflets verts et pourpres sur la tête et le dos. Sa particularité : une passion marquée pour les fruits bien mûrs. À certaines périodes de l’année, lorsque la nourriture abonde et que les températures sont élevées, ces fruits commencent à fermenter rapidement.

Dans le jabot de l’oiseau, sorte de poche située au début du système digestif, cette fermentation se poursuit et produit de l’alcool. Le pigeon ne boit donc pas de liquide alcoolisé, mais se retrouve malgré lui à en fabriquer à partir de sa nourriture.

Rassasié de fruits fermentés, le kererū peut présenter des signes très proches de l’ivresse : perte d’équilibre, vols approximatifs et chutes depuis les branches.

Les images relayées par le média montrent des kererū maladroits, vacillant sur leurs pattes, se déplaçant de façon hésitante sur les branches. Certains finissent par tomber au sol, incapables de voler correctement le temps que l’alcool soit éliminé.

Où vit ce pigeon emblématique de Nouvelle-Zélande ?

Le kererū porte le nom scientifique Hemiphaga novaeseelandiae. L’espèce est endémique de la Nouvelle-Zélande, c’est-à-dire qu’on ne la trouve nulle part ailleurs dans le monde. Elle est présente sur la quasi-totalité du pays, du Northland au nord jusqu’à l’île Stewart au sud, ainsi que sur plusieurs îles au large, lorsqu’un habitat adapté existe.

  • Présent dans de nombreux types de forêts
  • Fréquent aussi les parcs urbains et les jardins
  • Souvent observé perché sur les lignes électriques
  • Peut se montrer peu farouche face aux humains

Selon les données du département néo-zélandais de la conservation, ce pigeon est actuellement classé « non menacé » à l’échelle nationale. Des déclins existent toutefois localement lorsqu’aucun contrôle n’est exercé sur les prédateurs introduits.

Les kererū se rassemblent parfois en groupes de 20 à 50 individus, voire davantage, sur certains arbres très fructifères. Ces rassemblements saisonniers augmentent mécaniquement les risques d’excès de fruits… et donc d’épisodes d’ivresse collective pour une partie d’entre eux.

Un régime très fruité… qui tourne parfois mal

Le cœur du régime alimentaire de ce pigeon se compose de fruits, de fleurs, de bourgeons et de feuilles, issus d’une grande variété de plantes indigènes et introduites. Quand les fruits sont abondants, ils deviennent sa nourriture privilégiée.

Lorsque les fruits se raréfient, le kererū se rabat davantage sur les feuilles. Parmi les végétaux importants pour lui figurent notamment le kōwhai (un arbre natif à fleurs jaunes), le tree lucerne, certains genêts, les saules, ormes et peupliers.

Ce goût marqué pour les fruits fait du kererū l’un des principaux « jardiniers » des forêts néo-zélandaises, en dispersant les graines sur de longues distances.

La plupart du temps, l’oiseau se nourrit dans les arbres, les arbustes et les lianes. Il a aussi été observé au sol, consommant du trèfle et sans doute d’autres petites plantes herbacées. Mais c’est en hauteur, sur les arbres fruitiers, que surviennent les scènes les plus spectaculaires, lorsque les fruits très mûrs fermentent vite sous l’effet de la chaleur.

Des menaces bien réelles, au-delà des fruits fermentés

Si les kererū ivres attirent l’attention et les sourires, les dangers les plus sérieux résident ailleurs. Le média rappelle que la destruction d’habitats a longtemps constitué un problème important, notamment au début du XXe siècle, même si son impact régional serait aujourd’hui moins marqué.

Les principales menaces actuelles viennent des mammifères introduits par l’humain :

  • Chats harets (chats domestiques retournés à l’état sauvage)
  • Hérons (stoats), des mustélidés prédateurs
  • Possums (phalangistes), omnivores et opportunistes
  • Rats des navires, qui s’attaquent aux œufs et aux jeunes

Les nids sont particulièrement vulnérables à ces prédateurs. Les kererū subissent également des collisions avec les véhicules, les vitres, les lignes électriques et téléphoniques. Certains meurent électrocutés sur les poteaux ; d’autres sont victimes de chasse illégale.

Dans les zones où des programmes de lutte contre les espèces invasives ont été mis en place, les populations de kererū ont nettement augmenté, preuve que ces actions portent leurs fruits.

Que faire si l’on trouve un kererū désorienté au sol ?

Face à un oiseau visiblement sonné, la tentation d’intervenir est forte. Les organismes de sauvetage de la faune en Nouvelle-Zélande donnent cependant des consignes précises pour éviter d’aggraver la situation.

  • Le placer dans un endroit calme, chaud et à l’abri des prédateurs (chats, chiens).
  • Limiter les manipulations au strict nécessaire pour ne pas augmenter son stress.
  • Contacter rapidement un centre de soins pour oiseaux ou un service spécialisé dans la faune sauvage.
  • Ne pas tenter de le nourrir ni de lui donner de l’eau par la bouche.
  • Donner à boire ou à manger à un kererū groggy risque de provoquer des fausses routes ou des complications respiratoires. Les soigneurs recommandent d’attendre l’avis de professionnels.

    Dans la plupart des cas, un oiseau simplement « alcoolisé » retrouve ses moyens au bout de quelques heures, dès que son organisme a métabolisé l’alcool. En revanche, une chute violente peut entraîner des traumatismes nécessitant une prise en charge vétérinaire.

    Un rôle écologique clé, comparable à certains pigeons français

    En Nouvelle-Zélande, le kererū est considéré comme l’un des principaux disperseurs de graines de grandes espèces d’arbres indigènes. Grâce à sa taille imposante, il peut avaler des fruits volumineux, puis rejeter les graines loin de l’arbre d’origine, contribuant à la régénération de la forêt.

    En France, plusieurs espèces d’oiseaux jouent un rôle similaire, même si elles ne sont pas strictement comparables :

    • Le pigeon ramier, commun dans les campagnes et en ville, consomme des baies et contribue à la dispersion de certaines plantes.
    • Les merles et les grives dispersent largement les graines de nombreux arbustes, comme le houx, l’aubépine ou le sorbier.
    • Certains passereaux frugivores participent aussi à ce « service écologique » indispensable aux écosystèmes.

    La différence majeure tient au fait que la flore de Nouvelle-Zélande comprend des arbres dont la survie à long terme dépend particulièrement de grands frugivores comme le kererū. En France, cette fonction est davantage répartie entre plusieurs espèces d’oiseaux et de mammifères.

    L’ivresse chez les animaux, un phénomène connu

    Le cas du pigeon de Nouvelle-Zélande n’est pas isolé dans le règne animal. Les biologistes ont documenté à plusieurs reprises des comportements d’animaux semblant désorientés après consommation de fruits très mûrs, naturellement chargés en alcool.

    Le mécanisme est simple : lorsque des sucres fermentent sous l’action de levures, ils produisent de l’éthanol. Qu’il s’agisse d’un oiseau, d’un mammifère ou d’un insecte, l’absorption de ces substrats peut entraîner, à partir d’une certaine dose, des effets sur le système nerveux et le comportement.

    Chez le kererū, ce phénomène prend une ampleur particulière en raison de son appétit pour de gros volumes de fruits à certaines saisons. Ce comportement lui apporte un énorme bénéfice énergétique… au risque ponctuel de voir son sens de l’équilibre mis à rude épreuve.

    Questions fréquentes

    Pourquoi le kererū devient-il ivre ?

    Le kererū consomme des fruits très mûrs qui fermentent rapidement sous l'effet de la chaleur. Cette fermentation se poursuit dans son jabot et produit de l'alcool que l'oiseau absorbe involontairement.

    Combien de temps dure l'ivresse du kererū ?

    Un oiseau simplement alcoolisé retrouve ses moyens au bout de quelques heures, une fois que son organisme a métabolisé l'alcool.

    Où peut-on trouver le kererū ?

    Le kererū est endémique de Nouvelle-Zélande et présent sur la quasi-totalité du pays, du Northland au nord jusqu'à l'île Stewart au sud, ainsi que sur plusieurs îles au large.

    Que faire si je trouve un kererū désorienté au sol ?

    Il faut le placer dans un endroit calme, chaud et à l'abri des prédateurs, limiter les manipulations, et contacter rapidement un centre de soins pour oiseaux. Ne pas le nourrir ni lui donner à boire risquerait des complications respiratoires.

    Quel est le rôle écologique du kererū ?

    Le kererū est l'un des principaux disperseurs de graines de grandes espèces d'arbres indigènes en Nouvelle-Zélande, ce qui contribue essentiellement à la régénération des forêts.
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