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Huile d’olive sur les cheveux : une trichologue alerte, pure elle est trop épaisse pour être absorbée et peut provoquer excès de gras et pellicules

Huile d'olive sur les cheveux : une trichologue alerte, pure elle est trop épaisse pour être absorbée et peut provoquer excès de gras et pellicules

Sur les réseaux sociaux en Espagne, les recettes capillaires à base d’huile d’olive font un carton. Des spécialistes mettent pourtant en garde.

En Espagne, le magazine féminin Telva relaie l’alerte de plusieurs expertes du cheveu face au retour en force des « astuces de grand-mère » popularisées par TikTok et Instagram. En ligne de mire : l’huile d’olive appliquée pure sur la chevelure ou le cuir chevelu, loin d’être aussi inoffensive qu’elle en a l’air.

L’huile d’olive, un ingrédient nourrissant… mais trop lourd sur le cuir chevelu

Avec son image naturelle et méditerranéenne, l’huile d’olive est souvent présentée comme un soin miracle pour les cheveux secs. Sa richesse en lipides explique cette réputation nourrissante. Mais appliquée directement depuis la cuisine sur les longueurs ou, pire, sur le cuir chevelu, son comportement change.

La trichologue Fernanda Niemes, spécialiste de la santé du cuir chevelu, tranche : l’huile d’olive pure « n’est pas le meilleur choix ni pour les cheveux ni pour le cuir chevelu ». Elle souligne que ce corps gras est « trop épais pour être absorbé complètement » par la fibre capillaire ou par la peau.

Selon cette trichologue, l’huile d’olive pure reste en surface, forme un film occlusif et peut favoriser excès de gras, pellicules et pores obstrués.

Au lieu de pénétrer, l’huile peut s’accumuler, en particulier à la racine, et piéger d’autres résidus (poussière, pollution, restes de coiffants). Fernanda Niemes explique que cela « pourrait contribuer à un excès de graisse, des pellicules ou même une obstruction des follicules », ces petits orifices d’où pousse le cheveu.

Wilma Sortino, experte en santé capillaire au sein de la chaîne de salons Llongueras, abonde dans le même sens. Elle appelle à la « prudence avec les huiles lourdes comme celles d’olive, de coco ou d’argan lorsqu’elles sont utilisées de manière inadaptée sur le cuir chevelu ».

Cheveux doux après l’huile : une illusion de réparation

Sur le coup, l’expérience peut pourtant sembler très positive. Les internautes parlent de cheveux « ultra doux », « brillants », « réparés en une nuit ». Pour les spécialistes interrogées par Telva, cette sensation prête justement à confusion.

Après l’application d’une huile, la fibre paraît plus souple et agréable à toucher parce que les lipides recouvrent la surface du cheveu. Ils lissent les écailles et réduisent de façon temporaire la sensation de rugosité ou de sécheresse.

Un cheveu qui paraît soyeux après de l’huile n’est pas forcément un cheveu réparé : l’effet est surtout cosmétique et momentané.

La styliste et formatrice Sonia de Teresa, du groupe de salons Luis&Tachi, rappelle que les agressions profondes (décolorations répétées, chaleur des lisseurs, colorations, casse mécanique) demandent autre chose qu’un simple film gras. Elle souligne que « la cosmétique capillaire actuelle permet de traiter des problèmes très spécifiques avec des formules pensées pour améliorer la fibre, réduire la perte d’eau ou la protéger de nouvelles agressions ».

Autrement dit, une chevelure qui semble immédiatement plus douce après un bain d’huile n’a pas forcément cicatrisé en profondeur. « Une sensation soyeuse immédiate et une véritable stratégie de soin ne sont pas exactement la même chose », insiste la professionnelle.

Huile d’olive de cuisine et huile d’olive cosmétique : deux usages très différents

Les expertes ne jettent pas pour autant l’huile d’olive aux oubliettes. Elles distinguent clairement l’ingrédient brut de la bouteille d’épicerie et sa version travaillée dans un laboratoire de cosmétique capillaire.

Telva cite par exemple la marque Valquer, qui utilise l’huile d’olive dans certains produits pour ses « propriétés adoucissantes et conditionnantes ». Dans ces formules, l’ingrédient est dosé, transformé et surtout combiné à d’autres actifs.

Ce qui change tout, c’est la formulation : concentration maîtrisée, texture étudiée, mélange avec d’autres composants pour garantir efficacité sans surcharge.

Dans un shampoing, un après-shampoing ou un masque, l’huile d’olive se retrouve à une concentration précise, intégrée dans une base lavante ou soignante qui facilite rinçage, répartition et pénétration. Sonia de Teresa rappelle qu’il existe aujourd’hui « des formules très avancées conçues pour chaque besoin du cheveu et capables de traiter la fibre sans l’alourdir ».

À l’inverse, une huile de cuisine versée généreusement sur la tête reste difficile à éliminer. Elle nécessite souvent plusieurs shampoings, ce qui peut irriter le cuir chevelu, décaper les longueurs et aboutir au résultat opposé à celui recherché : des cheveux ternes, poisseux ou fragilisés.

Recettes maison contre soins formulés : pourquoi les expertes privilégient les produits dédiés

La styliste de Luis&Tachi rappelle que ces remèdes maison avaient surtout du sens « à une époque où il existait beaucoup moins d’alternatives ». Faute de choix, on misait sur quelques ingrédients polyvalents trouvés dans la cuisine. Le contexte a changé : l’offre actuelle couvre pratiquement tous les besoins capillaires, du cheveu très sec au cheveux coloré et abîmé.

La trichologue interrogée par Telva conseille, si l’on tient à intégrer les huiles dans une routine, de se tourner plutôt vers des « huiles fractionnées ou préparées spécifiquement pour l’usage cosmétique ». Elles sont plus légères, plus simples à doser et à rincer.

  • Huiles capillaires sèches formulées pour les longueurs et pointes.
  • Sérums à base d’huiles légères pour apporter brillance sans graisser.
  • Masques nourrissants incluant des dérivés d’huiles végétales et des agents réparateurs.

Le message de ces professionnelles reste clair : l’huile d’olive garde toute sa place… mais plutôt dans l’assiette que comme soin improvisé pour le cuir chevelu.

Ce qui se fait en France pour nourrir et protéger les cheveux

Pour un lecteur français, les mêmes enjeux se posent. Les salons de coiffure et les dermatologues en France mettent aussi en avant la prudence avec les huiles végétales pures appliquées sur le cuir chevelu, surtout en cas de tendance grasse ou de pellicules.

Les équivalents français des expertes citées sont :

En Espagne En France
Trichologue en cabinet ou en salon spécialisé Dermatologue orienté vers la trichologie, parfois coiffeur spécialisé en conseil cuir chevelu
Salons Llongueras, Luis&Tachi Grandes chaînes de salons ou enseignes indépendantes avec services de diagnostic capillaire

Les conseils fréquemment donnés en France rejoignent ceux rapportés par Telva :

  • Réserver les huiles (olive, coco, ricin, etc.) aux longueurs et pointes, en évitant la racine.
  • Privilégier des huiles capillaires formulées, souvent plus fines et enrichies en silicones légères ou en esters pour limiter l’aspect gras.
  • Adapter la fréquence des bains d’huile à la nature du cheveu, en espaçant les applications sur cheveux fins ou rapidement alourdis.
  • Consulter un dermatologue en cas de pellicules persistantes, irritation, démangeaisons ou chute inhabituelle.

En France, les gammes de soins capillaires vendues en pharmacie, parapharmacie ou en grande surface reposent plus souvent sur des mélanges d’huiles (argan, jojoba, karité, olive) associés à des agents filmogènes et hydratants. L’objectif affiché est similaire à celui décrit par Sonia de Teresa : hydrater, limiter la déshydratation, lisser la fibre, sans déséquilibrer le cuir chevelu.

Comment utiliser l’huile d’olive sans ruiner sa chevelure

Pour ceux qui tiennent malgré tout à conserver l’huile d’olive dans leurs habitudes capillaires, quelques précautions simples limitent les désagréments évoqués par la trichologue espagnole.

  • Ne pas l’appliquer sur le cuir chevelu, mais uniquement sur les longueurs très sèches et les pointes.
  • Utiliser une très petite quantité, chauffée entre les mains, plutôt qu’un « bain » saturant.
  • Laisser poser un temps raisonnable (une vingtaine de minutes) au lieu de nuits entières sous serviette.
  • Procéder à un shampoing doux, voire deux, pour éliminer le surplus sans décaper.
  • Ces gestes n’annulent pas le caractère lourd de l’huile d’olive, mais réduisent le risque d’excès de gras, de pellicules ou de démangeaisons lié à une utilisation massive sur le cuir chevelu, point central de l’alerte relayée par Telva.

    Ce que recouvre le terme « trichologue » et quand le consulter

    La trichologie désigne l’étude scientifique des cheveux et du cuir chevelu. En France comme en Espagne, le terme « trichologue » peut désigner soit un dermatologue spécialisé, soit un professionnel du cheveu formé à ces problématiques, parfois en lien avec des laboratoires de cosmétique ou de dermatologie.

    Consulter ce type de spécialiste prend tout son sens lorsque :

    • les pellicules résistent aux shampoings spécifiques du commerce ;
    • le cuir chevelu réagit à de nombreux produits (rougeurs, brûlures, prurit) ;
    • la chute de cheveux s’intensifie ou s’installe sur la durée ;
    • des plaques, croûtes ou suintements apparaissent sous les cheveux.

    Dans ce cadre, les conseils diffusés sur les réseaux sociaux – bains d’huile, recettes maisons, mélanges improvisés – peuvent aggraver un terrain déjà fragile. D’où la prudence exprimée par Fernanda Niemes et les professionnelles citées par le média espagnol.

    L’exemple de l’huile d’olive illustre un point plus large : un ingrédient reconnu dans l’alimentation ou la cosmétique ne se manipule pas de la même façon à la maison que dans un produit conçu par des formulators. Un cheveu plus brillant après un « hack » viral ne dit rien, à lui seul, de l’état réel de la fibre ou du cuir chevelu.

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