À Londres, une professionnelle du ménage met en garde : sur un parquet, la mauvaise méthode de nettoyage peut faire des dégâts irréversibles.
Dans un article du média en ligne australien Nine, une femme de ménage professionnelle, habituée aux résidences les plus huppées de Londres, détaille les erreurs à éviter absolument sur un parquet en bois. Son principal avertissement vise une habitude très répandue : le fameux seau d’eau et la serpillière, utilisé depuis des générations dans de nombreux foyers.
Une experte des maisons de luxe à Londres sonne l’alerte
Caroline Hughes, 52 ans, travaille depuis plus de vingt ans dans certaines des maisons les plus exclusives et les plus riches de Londres. Cette professionnelle du nettoyage s’est confiée à la société Hyperion Tiles pour expliquer ce qu’elle considère comme la « plus grosse erreur » dans l’entretien d’un parquet.
Nettoyer un parquet avec un seau d’eau et une serpillière, c’est risquer gonflement, déformation et dommages structurels durables du bois, avertit la professionnelle.
Pour elle, l’image traditionnelle de la serpillière plongée dans un seau bien rempli appartient au passé. Si cette méthode fonctionne sur du carrelage, elle se révèle désastreuse sur un sol en bois, en particulier lorsqu’il s’agit de parquets coûteux, souvent présents dans les logements haut de gamme londoniens.
Dans la conversation rapportée par Nine, Caroline Hughes décrit ce qu’elle observe au quotidien : des parquets pourtant récents, déjà marqués, gondolés ou ternis à cause d’un excès d’eau et de mauvais produits.
Pourquoi l’eau est l’ennemie du parquet
Selon cette experte, le problème vient d’abord d’une erreur de perception : beaucoup de gens pensent qu’« il faut mouiller pour bien nettoyer ». Sur le bois, c’est l’inverse.
« L’une des plus grosses erreurs que je vois dans les maisons au quotidien, c’est l’utilisation de trop d’eau pour nettoyer les parquets », explique-t-elle.
Elle détaille les conséquences : l’eau pénètre dans les lames, notamment par les joints ou les microfissures du vernis. À la longue, le bois gonfle, se déforme, et le sol peut finir par présenter des vagues ou des irrégularités.
- Gonflement : le bois absorbe l’humidité et prend du volume.
- Gondolage : les lames se soulèvent ou se tordent.
- Dommages structurels : le sol perd sa stabilité et son aspect initial.
- Vieillissement prématuré : le parquet se tache, ternit et marque plus vite.
Caroline Hughes rappelle que l’excès d’humidité laisse les parquets « sans défense face aux signes de vieillissement », avec des taches tenaces et un aspect usé qui apparaît bien plus rapidement que prévu. Pour des propriétaires qui ont investi lourdement dans un beau parquet, la facture des réparations peut vite s’envoler.
La méthode approuvée dans les maisons les plus chics
Un balai microfibre à peine humide, pas de serpillière trempée
Face à ces risques, la professionnelle propose une routine basée sur un minimum d’eau. Sa solution : oublier le sol ruisselant et passer à un nettoyage léger, mais régulier.
« Au lieu d’imbiber les sols, utilisez un balai microfibre légèrement humidifié avec un nettoyant spécial bois. Cela ramasse la saleté sans saturer le bois », explique-t-elle.
Ce type de balai, combiné à une très faible quantité de liquide, permet de capturer la poussière et les salissures fines sans que l’eau ne pénètre en profondeur. Le but : que le parquet sèche presque immédiatement après le passage du balai.
Choisir un produit adapté, pas un nettoyant multi-usages
Autre erreur fréquente pointée par Caroline Hughes : se contenter d’un produit multi-usages acheté au supermarché. Pour elle, ces nettoyants tout-en-un agressent la finition protectrice du parquet.
« Évitez les nettoyants multi-usages de supermarché, qui peuvent retirer la couche protectrice. Un nettoyant pH neutre pour bois, c’est ce que les propriétaires de maisons de luxe utilisent pour conserver la brillance et la durabilité », assure-t-elle.
Les parquets vernis, huilés ou cirés reposent sur une protection de surface qui fait barrière à l’humidité et aux taches. Des produits trop alcalins, trop acides ou trop dégraissants affaiblissent cette barrière. À long terme, le bois devient plus vulnérable aux liquides, aux rayures et aux marques de chaussures.
La poussière, véritable ennemi caché des parquets
Si l’eau et les mauvais produits posent problème, Caroline Hughes insiste aussi sur un adversaire moins visible : les poussières et les petits grains abrasifs.
« La poussière et les gravillons sont les plus grands ennemis des parquets, car ils agissent comme du papier de verre sous les pieds », explique-t-elle.
Selon elle, chaque pas effectué sur un sol recouvert de poussière ou de sable microfin finit par rayer légèrement la surface. À l’œil nu, ces impacts restent d’abord discrets, mais à la longue, ils donnent au parquet un aspect terne et rayé.
Sa recommandation est simple, mais exigeante :
- passer l’aspirateur tous les jours dans les zones très passantes ;
- utiliser une brosse douce sur l’aspirateur pour ne pas abîmer la finition ;
- insister sur les entrées, couloirs et cuisines, où les saletés s’accumulent vite.
Elle affirme dire systématiquement à ses clients de privilégier cette aspiration régulière, plutôt que des lavages à l’eau fréquents.
Polir, oui, mais rarement et avec mesure
La professionnelle reconnaît qu’un parquet peut retrouver son éclat grâce à un produit de polissage adapté. Elle met toutefois en garde contre un usage excessif.
« Une petite quantité de polish tous les quelques mois peut restaurer la brillance naturelle, mais trop en utiliser crée une couche collante. Les propriétaires fortunés savent que, pour l’entretien du bois, moins on en fait, mieux c’est », explique-t-elle.
Une trop grande accumulation de polish forme un film gras où la poussière se colle, ce qui donne rapidement un aspect sale et irrégulier. Un entretien raisonnable et espacé suffit, selon elle, à maintenir un beau rendu, surtout si les autres règles sont respectées : peu d’eau, bon produit, aspiration régulière.
La règle d’or des maisons de luxe : pas de chaussures d’extérieur
Caroline Hughes évoque enfin ce qu’elle décrit comme « la règle que presque tous les propriétaires de maisons de luxe suivent » : interdire les chaussures d’extérieur sur le parquet.
« Les talons hauts, les gravillons ramenés de la rue et même les griffes des animaux peuvent rayer la surface », détaille-t-elle.
Dans de nombreux foyers londoniens aisés, cette consigne est devenue systématique à l’entrée. Elle limite :
- les marques de talons aiguilles, très agressives pour les parquets tendres ;
- les impacts de petits cailloux coincés dans les semelles ;
- les micro-rayures répétées causées par les pas, humains ou animaux.
La professionnelle recommande de prévoir des chaussons ou chaussures d’intérieur, ainsi que des tapis aux entrées pour retenir au maximum les particules abrasives.
Ce que cela change pour un parquet en France
Si les conseils de Caroline Hughes proviennent de maisons de luxe londoniennes, les principes valent aussi pour les parquets français, qu’ils soient posés dans un appartement haussmannien, une maison ancienne ou une construction récente.
En France, les professionnels du parquet, artisans parqueteurs ou entreprises de rénovation, insistent généralement sur les mêmes points : limiter l’eau, privilégier un nettoyant adapté au bois, aspirer souvent et protéger les zones sensibles avec des tapis ou des patins sous les meubles. Les aspirateurs vendus dans l’Hexagone intègrent d’ailleurs souvent une brosse spécialement prévue pour les parquets.
Les produits « spécial parquet » vendus en grande surface ou en magasin de bricolage correspondent à cette logique de nettoyant doux, souvent pH neutre. Les recommandations de la professionnelle londonienne rejoignent donc les préconisations habituellement données aux particuliers en France, même si la rigueur quotidienne (aspiration journalière, interdiction stricte des chaussures) reste plus courante dans les intérieurs très haut de gamme.
Quelques réflexes simples pour prolonger la vie d’un parquet
Pour un lecteur français qui souhaite s’inspirer de cette experte, quelques gestes concrets permettent déjà de s’aligner sur les bonnes pratiques décrites dans l’article publié par Nine :
Derrière ces conseils, l’enjeu est autant esthétique que financier. Un parquet entretenu avec soin garde son aspect d’origine plus longtemps, nécessite moins de ponçages et de rénovations lourdes, et conserve mieux la valeur du logement.
Un excès d’eau ou de mauvais produits, à l’inverse, peut conduire à des déformations et à des taches impossibles à rattraper sans travaux importants. C’est ce constat, répété pendant vingt ans dans les plus belles maisons de Londres, qui pousse Caroline Hughes à déclarer que le fameux duo seau et serpillière reste, selon elle, la plus grosse erreur commise sur un parquet.









