Au Costa Rica, une psychologue détaille pourquoi certaines personnes ressassent chaque parole échangée et comment apaiser enfin ce tourbillon mental.
Invitée de l’émission costaricienne « Buen Día », la psychologue Viviana García a expliqué, dans un entretien relayé par le site d’actualité Teletica.com, pourquoi une simple conversation peut tourner en boucle dans la tête pendant des heures, voire toute une nuit. Elle décrit un mécanisme fréquent, lié à la peur du jugement et au manque de sécurité personnelle, et propose des pistes concrètes pour retrouver de la tranquillité au quotidien.
Quand une conversation se termine, mais pas dans votre tête
La scène est familière : la discussion est finie, chacun rentre chez soi, mais dans votre tête, tout continue. Les phrases reviennent, les intonations aussi. Les questions se bousculent : « Pourquoi m’a-t-il répondu comme ça ? », « Est-ce qu’elle est fâchée contre moi ? », « Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? ».
C’est précisément ce que décrit l’article de Teletica.com. Selon la psychologue Viviana García, certaines personnes « repassent ce qui s’est passé et cherchent des réponses sur les réactions des autres ». Ce besoin de tout analyser prend parfois une ampleur telle qu’il empêche de profiter du moment présent.
Ce va-et-vient incessant dans la tête, après une conversation, peut grignoter la tranquillité et rendre très difficile le fait de profiter du présent.
Ce fonctionnement ne relève pas d’un simple trait de caractère. Il peut révéler une inquiétude constante face au regard des autres et une difficulté à se sentir en sécurité avec soi-même.
Pourquoi ressasse-t-on autant ce que les autres ont dit ?
Sur le plateau de « Buen Día », Viviana García décrit un engrenage bien connu des psychologues : la rumination. Après une interaction banale, la personne se met à interpréter chaque détail. Une réponse un peu sèche, un silence, un changement de ton deviennent des indices d’un possible conflit ou d’un rejet.
D’après la spécialiste, ce fonctionnement repose souvent sur trois piliers :
- la peur de déplaire ou de déranger ;
- une forte dépendance à l’opinion d’autrui ;
- une estime de soi fragile, qui cherche une validation permanente.
L’article de Teletica.com rapporte que cette préoccupation excessive « peut affecter la tranquillité et rendre difficile le fait de profiter du présent ». Au lieu de tourner la page après un échange, la personne reste mentalement coincée dans la scène, à la recherche d’une certitude rassurante qu’elle n’obtiendra jamais vraiment.
Des pensées à « entifier » pour mieux les remettre à leur place
Viviana García insiste sur un point : pour reprendre la main, il faut commencer par reconnaître ces pensées pour ce qu’elles sont. La psychologue parle de la nécessité d’« entifier » ces pensées, c’est-à-dire de les considérer comme un objet extérieur, identifiable, plutôt que comme un reflet fidèle de la réalité.
En identifiant clairement ces pensées, on peut les voir comme des hypothèses, et non comme des faits.
Ce travail de mise à distance permet de se dire : « Je suis en train de penser qu’il est fâché contre moi, mais je n’en ai pas la preuve ». Cette petite nuance réduit déjà la charge émotionnelle.
Fixer des limites au poids de l’opinion des autres
Pour la psychologue, une étape clé consiste à « établir des limites pour éviter que l’opinion d’autrui n’occupe un espace excessif ». L’enjeu n’est pas de se fermer aux autres, mais de remettre leur jugement à une place raisonnable.
Très concrètement, il s’agit, selon elle :
- de repérer les situations où l’on donne trop de pouvoir au regard extérieur (réunions, groupes d’amis, réseaux sociaux) ;
- de se demander, après coup, ce qui relève de faits observables et ce qui relève d’interprétations ;
- d’accepter que tout le monde ne nous apprécie pas, sans en faire une remise en cause totale de sa valeur personnelle.
Teletica.com précise que renforcer sa sécurité personnelle « aide à réduire le besoin d’interpréter chaque réaction des autres ». Plus la personne se sent solide intérieurement, moins elle se sent obligée de décoder chaque regard ou chaque phrase comme un verdict sur elle-même.
Renforcer sa sécurité personnelle pour calmer le mental
Selon Viviana García, la priorité est de travailler cette fameuse sécurité personnelle. Elle la présente comme un socle qui permet d’affronter ce type de situations « avec plus de tranquillité ».
Renforcer sa sécurité personnelle permet d’affronter ces situations avec davantage de calme et diminue l’urgence de tout interpréter.
L’article indique que la psychologue a partagé plusieurs outils pour « travailler ces pensées et développer une plus grande confiance en soi ». Parmi ces pistes, on retrouve :
L’idée n’est pas de ne plus jamais se poser de questions, mais de réduire la place que ces questionnements prennent dans la journée – et surtout dans la nuit.
Entre interactions sociales et tranquillité intérieure
L’article de Teletica.com rappelle une évidence que l’on oublie parfois : écouter l’opinion des autres fait partie de la vie sociale. Sans ce souci, il serait impossible de nouer des liens, de coopérer, de tenir compte de l’impact de nos paroles.
Viviana García met toutefois en garde : la tranquillité personnelle « demande aussi de l’attention ». Autrement dit, il ne s’agit pas uniquement de soigner la relation à l’autre, mais aussi la relation que chacun entretient avec lui-même.
En prenant soin de sa tranquillité personnelle, on évite que chaque interaction ne se transforme en source d’angoisse ou d’auto-critique permanente.
Lorsque chaque échange devient un motif d’inquiétude, le coût émotionnel est élevé : fatigue, difficulté à se concentrer, insomnies, irritabilité. À terme, ces ruminations peuvent affecter la qualité de vie et le fonctionnement familial ou professionnel.
Comment cette question se pose pour un lecteur en France ?
Le mécanisme décrit par Viviana García au Costa Rica est universel et se retrouve en France dans les cabinets de psychologues, de psychiatres ou de médecins généralistes. Les termes varient – on parle souvent d’« anxiété sociale », de « rumination » ou de « peur du jugement » – mais la logique reste la même : un poids excessif accordé à ce que les autres pensent.
Un lecteur vivant en France peut s’adresser à différents professionnels : psychologue, psychothérapeute, psychiatre, ou encore médecin traitant qui orientera si besoin vers un spécialiste. Les approches utilisées sont parfois proches de ce que la psychologue costaricienne évoque, notamment les thérapies cognitives et comportementales, qui apprennent à remettre en question certaines pensées automatiques et à redonner une place centrale à ses propres besoins.
Contrairement à ce que certains imaginent, ce type de difficulté ne nécessite pas toujours un suivi très long. Un accompagnement ciblé peut déjà aider à :
- identifier les situations où la peur du jugement est la plus forte ;
- comprendre les pensées automatiques qui surgissent après une conversation ;
- acquérir des techniques pour limiter le temps passé à ressasser.
Le principe reste le même que celui présenté dans l’émission « Buen Día » : reconnaître ce qui se passe dans sa tête, lui donner un nom, instaurer des limites et travailler la confiance en soi.
Apprendre à faire de la place au silence intérieur
L’interview mise en avant par Teletica.com rappelle un enjeu simple, mais difficile à appliquer : accepter que tout ne soit pas clair, que l’on ne sache pas toujours ce que l’autre pense réellement, et que cette incertitude fasse partie de toute relation humaine.
Une activité couramment recommandée par les professionnels, en France comme au Costa Rica, consiste à s’entraîner à revenir au présent lorsque les pensées partent en boucle. Cela peut passer par des exercices de respiration, une marche en restant attentif aux sensations, ou encore un rituel apaisant avant de se coucher. Ces pratiques ne remplacent pas un suivi psychologique si la souffrance est forte, mais elles offrent un terrain plus stable pour mettre en œuvre les conseils donnés par des spécialistes comme Viviana García.
Pour certains, tenir un carnet où l’on note les idées qui tournent en rond peut aussi aider. Écrire la pensée (« Il doit être en colère contre moi »), puis se demander : « Quelles preuves ai-je vraiment ? », « Quelle autre explication possible existe ? », permet de prendre un pas de côté. Ce geste simple rejoint la démarche d’« entifier » les pensées décrite par la psychologue : faire de ses idées un objet que l’on peut regarder, interroger, puis poser de côté pour reprendre sa vie là où on l’avait laissée.









