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Rester assis sur sa moto pendant le plein ? Dans de nombreuses stations, c’est désormais interdit, et voici pourquoi

Beaucoup de motards restent assis sur leur moto pour faire le plein : dans de nombreuses stations, c'est désormais interdit

En Allemagne, certaines stations-service demandent désormais aux motards de descendre de leur machine au moment de faire le plein, au nom de la sécurité.

Le média en ligne allemand CHIP s’est intéressé à une habitude très répandue chez les motards : rester assis sur la moto pendant le ravitaillement. Une pratique jugée plus pratique par de nombreux bikers, mais que plusieurs grandes enseignes de stations-service encadrent, voire interdisent désormais en Allemagne, en invoquant des risques d’incendie.

Pourquoi tant de motards préfèrent rester assis pour faire le plein

Pour un automobiliste, la scène paraît simple : on sort de la voiture, on insère le pistolet dans l’orifice du réservoir, on remplit, et c’est terminé. Pour une moto, la configuration change complètement, et c’est là que les débats commencent entre motards.

Sur beaucoup de modèles, l’ouverture du réservoir se trouve au-dessus du réservoir, sur la partie supérieure du « tank ». Quand la moto est posée sur la béquille latérale, elle se penche. Des motards expliquent que cette inclinaison limite légèrement la quantité de carburant qu’ils peuvent faire entrer dans le réservoir.

Rester assis permet, selon eux, de maintenir la machine droite avec les jambes, donc de remplir davantage et plus précisément :

  • la moto reste en position verticale, le volume utile du réservoir est optimisé ;
  • le motard contrôle mieux l’équilibre, surtout avec un réservoir haut et lourd ;
  • la poignée du pistolet est plus facile à manier sans passer son bras au-dessus de la moto.

Cette habitude est tellement ancrée que de nombreux bikers en discutent régulièrement : faut-il descendre pour faire le plein ou rester en selle ? En Allemagne, cette discussion a pris un tournant plus réglementaire dans certaines stations.

Ce que prévoient les règles des stations-service en Allemagne

En droit allemand, comme le rappelle CHIP, aucun texte ne contraint les motards à descendre de leur machine à la pompe. Il n’existe pas d’« obligation légale » de mettre pied à terre pour faire le plein.

En revanche, plusieurs groupes pétroliers utilisent leur droit d’admission, l’équivalent du « règlement intérieur » d’un commerce, pour imposer des consignes de sécurité plus strictes.

Chez Shell, la règle interne est claire : les motards doivent descendre de leur moto pendant le ravitaillement, pour des raisons de sécurité.

Shell explique à CHIP que des consignes visibles sont généralement affichées sur les stations, afin d’informer les clients. L’entreprise met en avant la volonté de réduire les risques liés aux liquides inflammables.

Shell détaille le mécanisme : même une petite quantité de carburant renversée peut libérer des vapeurs inflammables. En présence d’une source d’ignition, ces vapeurs peuvent s’enflammer.

Sur une moto, ces sources sont nombreuses :

  • le moteur, souvent très exposé ;
  • l’échappement, qui peut être brûlant après un trajet ;
  • certains éléments électriques ;
  • une éventuelle décharge électrostatique.

Le groupe Aral, autre acteur majeur en Allemagne, ne va pas aussi loin. Selon un porte-parole cité par CHIP, il n’existe pas d’interdiction formelle pour les motards de rester assis. L’enseigne recommande toutefois de descendre, estimant que cela réduit les risques et permet une réaction plus rapide en cas de problème.

Rester sur la moto à la pompe : quels dangers concrets ?

Pour de nombreux motards, l’interdiction de rester assis peut sembler exagérée. Pourtant, les scénarios envisagés par les pétroliers ne relèvent pas seulement de la théorie.

Un feu de carburant sous un motard assis sur sa machine limite fortement sa capacité à fuir et augmente le risque de brûlures graves.

En cas de départ de feu, le conducteur est directement au-dessus de l’ouverture du réservoir et du flux de carburant. Les flammes peuvent gagner très rapidement les vêtements, les gants, le casque, tout l’équipement textile. La présence de matières synthétiques peut aggraver les brûlures.

Autre risque : sous l’effet de la panique, le motard peut lâcher la moto. Une machine en flammes peut alors tomber sur lui et le coincer au sol. La combinaison d’un feu à la pompe, d’un véhicule qui bascule et d’une personne entravée crée une situation de danger vital.

Un exemple d’incident récent sur un motard

CHIP rapporte un cas survenu en 2024 en Californie, relaté dans un rapport des pompiers et repris dans une vidéo sur YouTube. Un motard venait juste de quitter l’autoroute et arrivait à la station-service. Le moteur, très chaud, aurait favorisé l’embrasement.

Sa moto a pris feu et a été entièrement détruite. L’homme s’en est tiré avec des brûlures légères. Dans ce cas précis, la chaleur du moteur a joué un rôle déterminant, confirmant les craintes des exploitants de stations-service quant à la proximité entre parties chaudes et carburant.

Quand le plein impose de toute façon de descendre

Le débat sur la position à la pompe n’a pas lieu d’être pour tous les modèles. Sur certaines motos, la configuration du réservoir ou de l’orifice de remplissage oblige déjà le conducteur à descendre.

CHIP cite notamment plusieurs séries de BMW, comme les F650, F700 ou F800. Sur ces modèles, la trappe de remplissage se situe à l’arrière, sur le côté droit de la selle. Dans cette configuration, il est presque impossible de manipuler le pistolet correctement en restant dessus.

Pour ces motards, mettre pied à terre est donc une évidence, ne serait-ce que pour accéder confortablement au bouchon et éviter d’arroser la carrosserie – ou les vêtements – de carburant.

Ce que disent les règles et usages pour les motards en France

En France, le cadre général s’apparente à la situation décrite par CHIP en Allemagne. Le Code de la route ne prévoit pas, à ce jour, de règle nationale qui obligerait un motard à descendre pour faire le plein.

En revanche, les exploitants de stations-service disposent, comme en Allemagne, d’un règlement intérieur. Ils peuvent y intégrer des consignes spécifiques pour les deux-roues, par exemple :

  • demander au motard de couper complètement le moteur avant le remplissage ;
  • imposer la descente de la machine pendant le ravitaillement ;
  • interdire l’usage de certaines contenances ou jerricans ;
  • condamner temporairement une pompe en cas de comportement jugé dangereux.

En pratique, en France, beaucoup de stations ne mentionnent pas explicitement la position du motard, mais affichent des consignes générales de sécurité : interdiction de fumer, couper le moteur, ne pas laisser tourner le véhicule, ne pas utiliser son téléphone, etc.

Une station peut tout à fait refuser de servir un client si elle estime que son comportement présente un danger, par exemple si un motard reste en équilibre précaire sur la machine, réservoir ouvert, pistolet à la main, à proximité du moteur chaud.

Comment un motard peut limiter les risques à la pompe

Les consignes des pétroliers allemands traduisent une logique de prévention assez simple. Sans reprendre d’éléments non présents dans la source, plusieurs principes de prudence peuvent être dégagés de leur raisonnement :

  • Couper le moteur et laisser la mécanique redescendre un peu en température avant de manipuler le carburant.
  • Descendre de la moto dès que la station l’exige, ou si l’équilibre de la machine est incertain.
  • Éviter de remplir « à ras bord » au point de provoquer des débordements par agitation du carburant ou dilatation thermique.
  • Surveiller le pistolet et le débit pour limiter les éclaboussures sur le réservoir, la selle ou le moteur.

Ces gestes n’éliminent pas tout risque, mais ils s’inscrivent dans l’objectif évoqué par Shell et Aral : réduire autant que possible les conditions favorables à un départ de feu.

Une habitude confortable, mais jugée trop risquée par certains exploitants

Pour les bikers, rester sur la moto pendant le plein reste une question de confort et de praticité : pas besoin de descendre, la machine reste bien droite, le ravitaillement est rapide. L’argument selon lequel on gagne quelques décilitres de carburant en tenant la moto à la verticale revient régulièrement dans les discussions.

Mais face à cet avantage perçu, les exploitants de stations-service mettent en balance des risques graves, même s’ils restent rares. L’épisode du motard californien dont la moto s’est embrasée avec un moteur très chaud illustre ce type de scénario.

En Allemagne, Shell impose aujourd’hui la descente de la moto pour le ravitaillement, quand Aral la recommande fortement, au nom de la sécurité incendie.

Au final, CHIP rappelle que la décision de rester assis ou non à la pompe revient au motard tant que la station ne fixe pas de règle contraire. Dès lors qu’un panneau ou les instructions du personnel indiquent clairement l’obligation de descendre, le conducteur doit s’y plier, au risque de se voir refuser le service.

Cette évolution illustre un mouvement plus large dans les stations-service modernes : les exploitants cherchent à encadrer davantage les comportements jugés à risque, notamment autour des deux-roues, qui exposent davantage le corps du conducteur au-dessus du réservoir et des vapeurs de carburant.

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