Max Verstappen, quadruple champion du monde de Formule 1, s’est offert une parenthèse karting au Royaume-Uni, face à cent adversaires réunis pour un défi spectaculaire.
Organisé sur le circuit Kart Silverstone, au Royaume-Uni, l’événement spécial « Max vs 100 » a vu Max Verstappen revenir à ses premières amours, le karting, pour une course hors normes. Mis en avant par le média automobile Hagerty, ce format original a opposé le pilote Red Bull Racing à une centaine de concurrents, entre sportifs et influenceurs, avec un dispositif impressionnant et une diffusion en direct sur une plateforme de streaming.
Un retour aux sources pour Verstappen au Kart Silverstone
Quadruple champion du monde de F1, Max Verstappen n’a jamais caché son attachement au karting, discipline dans laquelle il a brillé très tôt. À Kart Silverstone, au Royaume-Uni, il a retrouvé ce terrain de jeu dans un cadre bien particulier : une course géante, sur un kart identique à ceux de ses rivaux, face à 100 pilotes alignés sur la grille.
L’événement, baptisé « Max vs 100 », avait un principe simple mais spectaculaire : Verstappen partait dernier, tout au fond du peloton, et devait remonter le maximum de positions. Tous les karts étaient similaires, pour gommer autant que possible l’avantage matériel et mettre en lumière le pilotage.
Le défi « Max vs 100 » : même kart pour tout le monde, Verstappen dernier sur la grille et cent adversaires à doubler.
Les organisateurs estimaient, avant le départ, qu’il lui faudrait environ 30 tours, soit près de 75 minutes, pour venir chercher la tête de course. Un scénario pensé pour maintenir le suspense et offrir une longue bataille en piste.
Une grille composée d’athlètes et d’influenceurs
Face à lui, le plateau n’avait rien d’un simple championnat de karting amateur. Hagerty indique que ses rivaux étaient des sportifs et des créateurs de contenu très suivis, avec une audience cumulée évaluée à un demi-milliard d’abonnés sur les réseaux sociaux. Un casting pensé pour maximiser l’impact médiatique de l’événement.
Parmi les plus en vue figuraient notamment :
- le photographe automobile Larry Chen ;
- le youtubeur Zac Alsop ;
- Lewis Osler, technicien chez Red Bull Ford Powertrains ;
- le journaliste néerlandais de Formule 1 Jacky Martens.
La course était diffusée en direct sur une grande plateforme de streaming, avec un habillage digne d’un événement international. Les pilotes, eux, devaient respecter une règle centrale : tout concurrent dépassé par Verstappen devait immédiatement rentrer aux stands, sans tenter de reprendre sa position.
Une règle radicale : une fois dépassé par Verstappen, un pilote devait abandonner la course et rentrer au stand.
Ce dispositif renforçait la dramaturgie : chaque dépassement du Néerlandais éliminait définitivement un adversaire, faisant mécaniquement fondre le peloton tour après tour.
Un départ chaotique qui change tout
Dès les premiers mètres, le scénario théorique imaginé par les organisateurs a volé en éclats. Sur le premier tour, Verstappen a profité d’un énorme accrochage pour remonter un nombre impressionnant de places.
Hagerty décrit un « pile-up » massif, un carambolage qui a mis hors course une large partie des 100 pilotes engagés. En un tour seulement, Verstappen a gagné plus de 60 positions, bénéficiant à la fois de sa vitesse, de son expérience et du chaos devant lui.
Après cette première boucle marquée par la casse et les têtes-à-queue, près des deux tiers du plateau étaient déjà éliminés. La course changeait alors de physionomie : moins de trafic, des adversaires globalement plus solides, et un rythme plus régulier.
Une remontée express jusqu’au top 10
Une fois ce premier tour terminé, Verstappen a continué sa progression avec une facilité déconcertante. Au quatrième tour, il figurait déjà dans le top 20. Deux tours plus tard, au sixième, il était parvenu à se hisser dans les dix premiers.
À ce stade, la résistance devenait plus sérieuse. Les derniers pilotes encore en lice présentaient un niveau de pilotage plus proche d’un amateur expérimenté, voire semi-professionnel, qu’un simple néophyte. Larry Chen, Zac Alsop, Lewis Osler ou encore Jacky Martens ont tenté de défendre leur position, avec quelques duels plus serrés.
Le rythme de Verstappen restait pourtant hors de portée. Habitué à piloter des monoplaces de plus de 1000 chevaux, le Néerlandais n’a pas semblé perturbé par le retour au kart, une machine beaucoup plus simple mais très exigeante physiquement et techniquement.
Victoire en 14 tours, bien avant les prévisions
Alors que les organisateurs tablaient sur trente tours pour que Verstappen puisse viser la victoire, le quadruple champion du monde a littéralement pulvérisé cette estimation.
Au bout de seulement 14 tours et 35 minutes de course, il a franchi la ligne d’arrivée en tête, bien avant la limite de temps anticipée. Une démonstration de maîtrise, mais aussi une illustration de l’écart de niveau entre un pilote de Formule 1 au sommet de son art et des adversaires majoritairement peu aguerris en compétition.
Prévus pour durer 30 tours, le défi n’a finalement tenu que 14 boucles avant la victoire de Verstappen.
Au-delà du résultat brut, l’événement a offert une vitrine spectaculaire pour le karting, discipline souvent présentée comme la base de la formation des pilotes de F1. Les images d’une star mondiale revenant à ce format plus simple renforcent l’idée que le kart reste un passage incontournable, voire un plaisir auquel les champions aiment revenir.
« Revenir aux bases » : la réaction de Verstappen
Interrogé après l’arrivée, Max Verstappen a confié son plaisir de retrouver ces sensations. Le Néerlandais a rappelé qu’il avait commencé le karting très tôt, à l’âge de quatre ans, avant de remporter le championnat d’Europe de karting à 15 ans.
« Tout simplement adorable », a-t-il résumé à propos de cette journée. Il a expliqué que remonter dans un kart lui avait permis de « revenir aux bases » et de se remémorer ses débuts en compétition. Il a également salué le tracé de Kart Silverstone, qu’il a qualifié de « vraiment magnifique » et « bien conçu ».
Verstappen a aussi apprécié une touche technologique ajoutée à l’événement : la transmission des données en temps réel via la radio, comme en Formule 1. « C’était une belle touche de pouvoir avoir toutes les données transmises dans la radio », a-t-il commenté, en évoquant un mélange original entre simplicité du kart et sophistication des outils de F1.
Pour Verstappen, cette journée en kart a été « un grand jour » et « un plaisir » de repartir avec la victoire.
Il a conclu en disant qu’il avait passé un excellent moment et qu’il était heureux de boucler ce défi avec une victoire, tout en savourant surtout le plaisir de la conduite et l’ambiance particulière de cet événement.
Pourquoi le karting reste central pour les pilotes de F1
L’initiative « Max vs 100 » illustre un point souvent mis en avant par les pilotes de haut niveau : le karting n’est pas seulement une étape de formation, c’est aussi un outil de travail et un loisir qu’ils continuent à pratiquer.
Le kart permet :
- de travailler la précision du pilotage, avec des trajectoires très fines ;
- d’entretenir les réflexes, notamment dans le trafic ;
- de garder une condition physique orientée vers les efforts courts et intenses ;
- de tester des réglages simples et de ressentir immédiatement leurs effets ;
- de rouler dans un cadre plus détendu que la F1, tout en restant compétitif.
Le fait que Verstappen se sente « comme à la maison » sur un kart rappelle que la majorité des grands noms actuels de la F1 sont passés par cette discipline dès l’enfance. Le kart propose un rapport coût/sensation très favorable, ce qui en fait une porte d’entrée accessible pour les jeunes pilotes, même si la compétition de haut niveau reste onéreuse.
Et en France, quelle place pour le karting ?
Pour un lecteur français, le cas Verstappen met aussi en lumière la structure du karting dans l’Hexagone. En France, cette discipline est encadrée par la Fédération française du sport automobile (FFSA), qui supervise les licences, les championnats et la sécurité des pistes.
De nombreux pilotes français de F1 ou d’Endurance sont passés par les championnats de karting nationaux, qu’il s’agisse de compétitions régionales ou de séries comme le championnat de France de karting. Le principe reste le même : des karts souvent standardisés dans une catégorie donnée, afin de mettre en avant le talent du pilote.
| Aspect | Royaume-Uni (événement Max vs 100) | France (karting loisir/compétition) |
|---|---|---|
| Cadre | Événement unique, format spécial | Championnat structuré, courses régulières |
| Participants | Athlètes et influenceurs, un champion de F1 | Licenciés FFSA, pilotes amateurs et jeunes espoirs |
| Objectif | Show médiatique, démonstration | Formation, compétition, détection de talents |
| Matériel | Karts identiques fournis pour l’événement | Karts de location ou de compétition suivant le niveau |
En France, un particulier peut pratiquer le kart sur des circuits de location, avec des karts moins puissants mais suffisants pour se familiariser avec les bases du pilotage. Pour la compétition, l’obtention d’une licence et la participation à des épreuves encadrées permettent de progresser vers un niveau plus élevé.
Un format spectaculaire aux limites assumées
Le dispositif mis en place à Kart Silverstone repose largement sur le contraste entre un pilote de F1 et des adversaires pour la plupart peu expérimentés. L’énorme carambolage du premier tour, qui a éliminé une grande partie du peloton, montre aussi les limites d’un plateau très hétérogène.
Ce type d’événement ne reflète donc pas une compétition « pure » de karting, comme un championnat national ou européen. Il s’agit d’un show pensé pour mettre en valeur un champion et produire des images fortes, tout en faisant découvrir le kart à une large audience via les réseaux sociaux et la diffusion en streaming.
Pour les amateurs de sport auto, un tel rendez-vous offre toutefois un aperçu intéressant de la manière dont un pilote de F1 gère le trafic, les dépassements multiples et le placement en courbe, même avec une machine simple. Les images de Verstappen remontant un peloton dense en quelques tours illustrent concrètement ce que signifie avoir un sens de la course bien au-dessus de la moyenne.









